Nemausus

Nemausus. 17ème siècle. Après un bal masqué ayant mal tourné, la ville perd peu à peu pied... supporterez-vous la volonté divine ?
 
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 Désobéissance. [PV]

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Aàodli Sügelan
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MessageSujet: Désobéissance. [PV]   Mar 23 Sep - 21:41

Au début, j’ai eu du mal à m’habituer à sa constante présence. C’était comme si elle me suivait partout où j’allais, ne me laissant aucun moment pour reprendre mon souffle déjà si épuisé. Non. Elle me suivait partout. C’était un fait. Elle que je ne connaissais alors pas et que je découvrais à peine c’était impunément installé dans un quotidien que je ne maîtrisai déjà pas.
Aujourd’hui… J’ai plaisir à la voir. Toute la journée, c’est de sa langoureuse mélodie qu’elle m’accompagne à travers mes déboires tirés de la vie que je traîne. Le soir, elle me berce, m’entraîne dans des songes tout aussi chaotiques qu’inspirants ; quelques heures plus tard, elle m’en retire avec une brutalité que je n’ose pas encore lui associer tant elle m’impressionne. Une amie ? Une amante ? Je ne pourrais dire ça. Elle est simplement toujours là. C’est tout.
Je me prend souvent en plein acte de contemplation devant son œuvre journalière ; elle parle d’imagination, d’expression, de poésie, de rêverie vagabonde, de désir capturé, refoulé, inexprimé. C’est une réelle explosion de fade originalité et d’une tristesse infiniment insatiable.
Je ne comprendrai jamais comment son arrivée peut autant me blesser alors que je nourris pour elle un amour inconditionnel. Je la veux, je la désire même ! Et il m’est si difficile d’admettre que jamais je ne serais apte à la toucher, la capturer entre mes bras le temps d’une cavalcade glacée, preuve de mon naïf dévouement.
Jamais ! Jamais je n’attirais son attention. A jamais elle coulera ainsi, dans un mouvement purificateur sur cette ville aux innombrables péchés.

Qu’as-tu bien pu faire, Nemausus, pour parvenir à la faire tienne ?

Allégorie de la peur. La pluie me trouble, la pluie me fascine, la pluie me boulverse…
Et comme il aurait fallu s’y attendre, aujourd’hui, il pleut.

Il pleut. Alors je reste là, assis sur ce vieux fauteuil dont le tissu qui le recouvre est aussi doux que la soie. Le coude appuyé contre le rebord, je tend les muscles pour me redresser un peu plus haut, mes cuisses frôlant à peine le coussin. Dans cette inconfortable position, je regarde les gouttes, une à une, frapper la fine fenêtre qui me sépare d’elle, avant de choir misérablement à terre. La plus grande partie de mes journées, je la passe ici, à ne rien faire, mes heures tout juste rythmé par l’imperceptible cliquetis de l’horloge en piteux état que le prête a acheté il y a quelques jours au marché. Il me demande d’ailleurs souvent comment je peux dépenser ma vie à ne rien faire, alors que Nemausus regorge d’endroits à explorer, de beauté à découvrir, et de demoiselles à charmer. Moi même, je n’en sais rien. Je ne sais jamais rien. Alors je fais bêtement…
Aujourd’hui, je suis lent et mou. Quelque chose depuis ce matin m’empêche de sourire ; mes muscles sont lourds. Je suis d’une humeur pitoyable et cela fait un sacré moment que le prête m’a renvoyé ici, préférant me porter malade auprès des autres que d’accepter un comportement pareil au sein de son église. Qu’est-ce que j’y peux, au fond ? Ce n’est pas moi qui ai demandé à mon pied gauche d’être plus endurant que le droit précisément ce matin. Et cette pluie qui me nargue, caressant les badauds de son froid toucher, qu’est-ce qu’elle y arrange au juste ? J’aimerai tant la rejoindre, mais tout m’en empêche. Epuisé comme je suis, je pourrai attraper la mort, et rien ne m’angoisse plus que de tomber malade en ce moment ; de plus, on m’a porté souffrant auprès des autres moines, ne se ficherait-on pas plus de moi en me voyant gambader sous la pluie ?
Donc, je reste là, dans ce confortable mais miteux fauteuil, à admirer ce que j’admire jour et nuit, les paupières lourdes et le corps vide. Je n’aime pas être d’humeur aussi grognonne ! Que c’est fatiguant d’avoir toujours quelque chose à contester. Je râle par ci, je râle par là ! Et ça énerve les autres aussi ; du coup, on t’apprécie encore moins. C’est triste. C’est enrageant. Vais-je me taire un jour, oui !?

Ni une ni deux, je me retrouve dehors, sous une douche glacée qui me gèle jusqu’aux os des mes premiers pas. Je presse, je cours, je saute, et me voilà loin de cette maison sombre, me voilà loin de tout cet ennui, de tout ces désirs insatisfaits qui creusent une plaie de plus en plus béante. Qu’est-ce qui en a fait ainsi, je n’en sais rien, mais m’être levé et avoir rejoint la pluie au dehors a été ma plus jolie décision de ce jour. Pour un peu, j’en aurai moins à râler. Sautillant, clopinant, ou même dansant, je m’aventure dans les rues de Nemausus sans plus penser à rien, juste aux gouttelettes de pluie qui rafraîchissent mon front brûlant et glace ma peau blanche. Le chemisier trop grand emprunté au prête se colle à ma peau et tombe misérablement de mes épaules, trempés et d’un blanc transparent ; le pantalon tout juste retenu par une ceinture en misérable état devient plus lourd lui aussi et ralentit mes pas. C’est tout ce que j’ai eu idée de vêtir, sans même plus me soucier de ce qui pourrait bien m’arriver si je restais trop longtemps sous cette pluie.

Mais c’est alors que je me retrouve dans des ruelles plus étroites, où l’univers de Nemausus est moins visible, où tout est flou et brumeux ; un endroit où je n’aime pas aller, parce que je m’y sens seule. Brusquement, je freine ma course jusqu’à arrêter complètement mon pas, ma poitrine se soulevant brutalement sous mon souffle sporadique (…) . Mes lèvres entrouvertes créent d’épais nuages de brume alors que je regarde autour de moi, le regard soudain plus vide, le visage marmoréen. Je sens soudainement que j’ai froid. La pluie me fait frissonner. Je lève lentement le regard vers le ciel semblable à une infini toile grise ; impressionnante et intimidante. Devant cette éternité qui s’etend, je me retrouve livré à moi-même sans m’y être attendu. Pourquoi ai-je quitté la place du marché ? Pourquoi n’ai-je pas écouté les conseils du prêtre ? Je ne veux pas me perdre dans un monde d’adulte ; je ne veux pas faire face à ce que je suis. Pas maintenant. Par pitié. Les larmes coulent d’elle-même, je ne peux plus bouger. Mes poings se serrent, mes jambes s’alourdissent de plus en plus. Suis je condamné ? Lentement, mon regard se déplace autour de cette ruelle qui m’emprisonne, s’arrêtant nettement sur le seul commerce ouvert qu’elle abrite. L’imprimerie.


- A l’aide… Quelqu’un...

Un murmure inaudible ; je ne veux pas qu’on m’entende. Qui viendrait m’aider, après tout ? Je n’ai personne…
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Mathys Worrenoff
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MessageSujet: Re: Désobéissance. [PV]   Mar 23 Sep - 23:00

L'effervescence était à son apogée cette après midi là. La lettre du corbeau grouillait de papier et de journaliste lisant et vérifiant le journal à toute vitesse. Il ne fallait pas tarder pour la sortie d'un journal que beaucoup attendait maintenant. Les rumeurs devaient cessaient à présent et faire place à une vérité flagrante que l'administration de Nemausus cachait depuis bien trop longtemps. Courbé en deux, mes mains parcouraient ses ébauches d'articles que j'ai du coller un à un avant de les descendre à l'imprimerie. La 100ème parution était là sous mes doigts alors que je la lisais d'une traite, vérifiant sa forme mais aussi son fond. Tout devait être correcte ... tout devait relater les faits dans cette exactitude que peu de journaux ont.
Je m'installais alors sur mon fauteuil, pliant mes jambes sur le dossier pour paraître décontracter tout en étant tendus. Mon regard parcouraient minutieusement les lignes, les interlignes et même les lignes de travers. Je commençais à croire que j'étais peut-être devenu maniaques et perfectionniste. Mais cet article était important ... mais pas pour l'argent qu'il allait apporté. Non, juste pour rétablir une vérité. Et pourtant, il y en avait une que je n'avais pas laisser filtrer ...
Que pourrait me dire Gabryël, s'il voyait que je vendais presque leur revenue sur Terre? Gabryël, si tu me voyais, comprendrais-tu que je ne fais que cacher votre existence pour ne pas paraître suspect? Tout devait être parfait afin qu'aucun détail ne puisse alarmer les autres ... l'article devait tout dire mais à la fois garder mon secret. Soudainement, je lâchais le journal sur la table alors que l'orage grondait dehors, d'une façon aussi sourde et impressionnante.

Pas étonnant en fin de temps, il fallait dire que la mauvaise saison recommençait, nous privant d'un soleil enjoliveur pendant quelques minutes. L'automne, l'hiver? Je n'en savais rien encore ... mais il faisait déjà beaucoup trop froid pour un mois pareil. Cela devrait être interdit ... mais j'avais hâte de rentrer à la maison pour retrouver Gabrÿel. Un mince sourire accompagna mes lèvres qui se muèrent dans une remarque muette. Les joues rougissantes, je ne vais de me rendre compte que cela ne faisait que quelques semaines qu'il abritait chez moi et que cette cohabitation très étrange commençait à être une habitude fort plaisante. Il fallait dire qu'il n'était pas non plus n'importe qui ... mon fauteuil roula alors à quelques mètres de la baie vitrée tandis qu'un martèlement vint la frapper de plein fouet. La pluie ... la pluie retombe enfin sur Nemausus.

Cette nouvelle ne fut pas aussi fortement accueillit par les autres journalistes du magasin qui s'engouffrèrent tous soudainement dans la lettre du corbeau pour se protéger de la pluie. Tandis que mes compagnons s'affairaient à trouver des seaux pour les fixer en dessous des fuites, je m'attelais à fixer le ciel gris par la vitre. Il semblait en colère, prêt à déverser des trombes d'eau sur la ville, à faire dévaler les collines et inonder les rues. Mon regard se repose alors votre silhouette frêle au bout de la rue qui semble s'amuser à sautiller. Cette vue semble m'amuser pendant un moment, rappelant à l'ordre des vieux souvenirs d'enfance où on nous laisser la liberté de nous salir et d'aller jouer avec des cerceaux roulant autour d'un bateau.
Vous vous approchez alors doucement mais surement de ma vitrine, alors que je reconnaissais vos vêtements marqué du temple. Mais surtout, je voyais votre chaine reluire grâce à un orage bien planté quelques part derrière nous. Votre regard s'illumina alors et j'eus cru un moment que vous me regardiez en retour, par cette même fenêtre. Je rougissais sans le vouloir en faisant soudainement semblant de m'affairer à quelques affaires sur le bureau. Le travail me faisait paraître plus adulte que jamais, plus que lorsque je recommençais à rougir stupidement. J'aimais mon travail ...

Pourtant, une voix releva mon attention à nouveau dehors et je me rendit compte que c'était votre murmure que j'entendais depuis la porte. Vous vous étiez soudainement arrêter alors que toute trace d'innocence s'était échapper de votre visage, le rend plus vulnérable, plus craintif. Mon souffle se coupa alors en pensant qu'il venait de vous arriver quelque chose que je n'avais pas prit le temps de voir. Que vous arrivait-il? Quelques secondes plus tard, je dévalais le petit couloir pour ouvrir d'un coup sec la porte qui bâtit contre le mur alors que mes pas marchèrent de façon saccadé vers vous, une cape sous le coude. Le vent avait commencé à souffler, rendant la pluie plus froid et plus piquant à chaque jet. Votre plainte arriva à mes oreilles comme celle d'un aveugle ayant doublé ses autres facultés. C'était bien mon cas ... sauf que je ne pouvais vous demander à voix haute si vous alliez bien. A sa place, ce fut mon regard qui parla à vous, mes mains vous tendant une cape pour que puis puissiez pour protéger de la pluie battante. Je ne savez pas ce que vous faisiez dehors par un temps pareil ... si vous étiez en mission quelconque, vous ne vous serez pas amusé à marcher sous la pluie, éclaboussant sur votre passage à chaque flaque qui se présentait.

Vous allez attrapez froid. D'un geste calme mais rougissant au point d'avoir une douce chaleur sur le visage, je passais ma cape autour de vos épaules pour que ne puissiez pas trembler par la suite. J'évitais pourtant de vous toucher par simple respect et inclina poliment mon visage vers le votre en guise de bonjour. Fermant les yeux quelques secondes, j'eus devant les yeux cette superposition de 2 images très différentes l'une de l'autre. La joie, la peur. Ses deux sentiments d'une opposée presque parfaite mais qui avaient parcourut votre visage dans une fraction de secondes.
Ma main vous invita alors à rentrer à l'intérieur de la lettre du corbeau, quoi que je n'étiez pas sur que vous accepteriez ma demande. Pourtant, mon regard erra un moment sur le votre pour vous signifier que je ne vous voulais rien de mal. Me mettant cote vous à, je vous conviais à me suivre au même rythme que mes pas pour que vous puissiez vous réchauffer un instant.

Mais peut-être que votre regard signifiait bien plus que cela? Après tout, vous ne pouvez pas ressembler à ses garnements qui commencent à comprendre leur propre faute. Vous n'avez surement pas pensé que vous pourriez tomber malade en sortant simplement dehors. Mes pas s'arrêtèrent alors soudainement, nous laissant encore dehors sans qu'une seule autre parole vint perturber le son de la pluie.
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