Nemausus

Nemausus. 17ème siècle. Après un bal masqué ayant mal tourné, la ville perd peu à peu pied... supporterez-vous la volonté divine ?
 
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 Pourquoi maintenant? (libre)

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Mathys Worrenoff
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MessageSujet: Pourquoi maintenant? (libre)   Lun 9 Juin - 22:08

Pourquoi l'avait-on appelé maintenant ? Après tout, cela fait bien depuis sa naissance qu'il habitait ici et c'était maintenant qu'on lui demandait de se recenser? Soupirant maladroitement sur sa chaise en reposant le morceau de parchemin sur sa table, Mathys posa ses coudes sur cette dernière en laissant ses doigts parcourir ses cheveux. D'après la note, il semblerait que tout habitant soit à présent obligé de passer par les bureaux pour ne pas avoir à être saisit de ses biens et envoyer derrière les barreaux. Non, Mathys n'avait pas la moindre envie de perdre sa maison ... imaginez qu'on lui demande de rendre ses calepins et ses plumes? Qu'allait-il devenir?
Il se releva alors en prenant au passage son crayon, en sentant fermement le cahier dans un des pans de sa veste. Celui ci ne le quittait pas d'un pousse car Mathys savait qu'il n'était rien sans celui-ci. Cela faisait bien des années qu'il développait une certaine dépendance vis à vis d'un "misérable bout de chiffon" comme certains s'amusaient à l'appeler ... Ces certaines personnes étaient aussi soi-disant sympathiques et compatissantes.
Les apparences ne faisaient que l'hypocrisie...

Faisant à peine quelques pas qui ouvrit la porte d'entrée de la minuscule pièce qui lui faisait office de maison, le jeune brun parcourut alors son quartier tout en saluant les quelques aimables personnes d'un signe de tête. Il vit un petit garçon jouer avec un espèce de cerceau le long d'une pente tout en courant après pour ne pas le perdre de vue. Ou ne pas le perdre tout court peut-être. Il fallait dire que c'était à présent le jeu à la mode ... Du moins, dans les bas quartiers.
Les mains dans la poche, il ne fit alors que traverser une modeste ruelle pour se retrouver soudainement dans une toute autre atmosphère. Les petits carrosses à cheval piétinaient les dalles pavées de la rue alors qu'un semblant de bourgoiserie s'évaporait dans l'air. Le propre, les fleurs envahissaient les rues comme une ligne de démarquement franchit. Les riches devenaient riches et les pauvres restaient pauvres ... aucune évolution, aucune possibilité. Sauf si vous découvrez une mine d'or. Et encore, c'était si vous campiez jour et nuit devant votre trouvaille avant que quelqu'un ne prenne égoïstement votre place.

La cloche de l'église retentit alors 11 fois pour sonner l'heure et Mathys accéléra le pas pour arriver devant le bureau. Il espérait qu'il n'était pas fermé pour le repas de midi. Dépoussiérant doucement sa veste, il entra tout en regardant à droite et à gauche de lui, comme pour s'assurer que personne ne l'avait vu faire ce geste. Après tout, c'était là le simple signe d'habiter dans une banlieue défavorisée par le centre ville ... Pourtant, il marcha alors la tête haute vers le comptoir, tout en sortant mécaniquement son calepin de la poche. Il l'ouvrit alors d'un geste en s'arrêtant devant le bureau d'une secrétaire dont il n'arrivait pas à voir le prénom sur sa chemise. Comme dans une banque, la secrétaire était vivement enfermé derrière une vitre, voir même des barreaux qui ne laissaient passé que les papiers importants.

Il attendit patiemment que la place se libère devant lui tout en griffonnant quelques mots à l'aide de son crayon. Le visage baissé et ses cheveux touchant presque le papier, il se rendit compte que la secrétaire raclait sa gorge et Mathys avança tout en rougissant subitement. C'était toujours ainsi ... le simple fait qu'on puisse le regarder ou qu'on veuille lui adresser la parole le mettait toujours dans un état de stresse émotionnellement timide. Alors qu'un petit sourire s'étirait sur ses lèvres, Mathys s'approcha du petit comptoir, tout en glissant le morceau de papier à la gente dame.
Il remarqua alors que plusieurs hommes à coté avaient suivit la scène d'un oeil très abusé. Croyaient-ils que le jeune brun venait le donner une lettre d'Amour à la secrétaire? Comment les gens se permettaient-ils de juger un tel comportement qui se devait d'être naturel chez lui? Il baissa alors immédiatement la tête en ramenant ses mèches devant ses yeux. Les joues rouges, il essayait tant bien que mal de les cacher pour ne pas attirer encore plus l'intention de ses messieurs. Dans ce bout de papier, il y avait simplement écrit:


Mathys Paul Worrenoff
Muet de Naissance.
Habitant à Nemausus depuis sa naissance
Travail dans l'imprimerie de la rue Sébastopol


La secrétaire baiss alors les yeux vers le bout de papier que le jeune homme lui tenait non-chalement. Celle-ci plissa alors son nez en faisant remonter ses montures avant de le saisir d'un doigt et de le lire correctement. Elle approcha même le bout de papier très près de ses yeux, comme une vieille aveugle avant de beugler pour appeler son collègue et lui faire lire le mot. Cela eut pour effet de faire rougir encore plus Mathys à qui on lui disait presque qu'il ne savait pas bien écrire.
Il recula alors d'un pas, heurtant la personne qui était derière lui...
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MessageSujet: Re: Pourquoi maintenant? (libre)   Mar 17 Juin - 3:01

"-Bonjour mademoiselle, bien dormi?
-A merveille, merci. Dites moi... Servez vous le petit déjeuner?
-Oh bien sur! Allez dans les cuisines, c'est la porte à votre gauche. Et demandez à mon mari, il vous servira.
-Merci beaucoup.
-Tant que j'y pense, quand vous aurez fini, allez vous faire recenser aux Bureaux de la ville. L'administration est un peu tatillonne et je n'aimerai pas qu'une gentille fille comme vous ait des problèmes avec les autorités.
-J'y penserai, merci madame.
-De rien. Et la bonne journée!"

Inés sentait son ventre gargouiller. Elle entra donc dans la pièce que lui avait indiqué la tenancière de l'auberge. Des effluves de bon pain chaud lui parvinrent aux narines. Après que la grande porte de la ville se soit ouvert, la veille au soir, Inés était entrée sur ce qui semblait être la grande place de la ville. Cependant, les rues étaient désertes à cette heure avancée. Par chance, la jeune femme remarqua l'enseigne d'une auberge dans une petite rue adjacente à la place et s'y dirigea dans l'espoir d'y trouver une chambre. Il semblait que la ville n'était pas très fréquentée et l'aubergiste n'eut aucun mal à lui trouver une petite place. Les draps étaient propres, le matelas confortable et le tout ne coûtait qu'une somme très modique. L'affaire du siècle. Le soleil s'était levé et avait trouvé une Inés parfaitement reposée qui n'aspirait qu'à prendre un bon petit déjeuner et à passer beaucoup d'autres nuits du même genre.
La bonne odeur se répandait et son ventre se fit entendre de plus belle. Avec un petit rire discret, elle aborda l'homme qui se tenait face à son fournil, lui demandant de quoi se sustenter.


"-Bonjour Monsieur. Auriez vous de quoi petit déjeuner s'il vous plaît?
-Bien sur Miss. j'ai un bon porridge bien frais avec du lait de vache tout juste arrivé de la ferme. Et j'ai même reçu une petite jarre de miel si vous préférez le sucre. Oh et attendez... Il doit me rester une saucisse par là...
-Je vous laisse la saucisse. Mais le porridge sera parfait."

Après six mois passés en Grande Bretagne, Inés avait eu le temps de s'habituer à ce que ces anglais nommaient "petit déjeuner". Quelle blague! Juste cette bouillie et du lait, tous les jours, même chez les riches. Pas de fruits, de fromage... Mais comme son but était de se fondre dans le décor, elle préférait accepter sans broncher. Dans la cas contraire, la ville entière ne tarderait à jaser sur la Lady qui voulait des fruits et du chocolat pour son petit déjeuner. Les ragots ne restant jamais cloisonnés dans une seule ville, toute la province aurait rapidement entendu parler de cette histoire et alors la retrouver aurait été un jeu d'enfant pour Monsieur son père. Elle prit donc une chaise et s'attabla devant le bol que venait de lui tendre l'homme. En avalant sa première bouchée, elle repensa à ce que lui avait dit la femme, sur cette histoire de recensement. C'était absurde, elle n'avait jamais pensé rester là plus d'une journée.

Deux heures plus tard, après avoir mangé, s'être lavée, habillée de manière convenable et avoir payé son du au couple d'aubergistes, elle sortit, son sac à la main, afin de visiter la ville. Elle resta en admiration devant le château qu'elle n'aurait jamais imaginé si beau ni si vaste. Impressionnant. La quantité de lieux de culte qu'elle croisa lui fit espérer la présence d'une petite église catholique, qu'elle trouva effectivement. Les quartiers riches étaient splendides, le quartier pauvre ne différait pas de ce qu'elle avait vu dans les autres villes. Mais par dessus tout, elle tomba en admiration devant la bibliothèque. La présence de tels édifices était déjà rare dans les villes de province, surtout celles de cette taille. Mais la collection qu'elle possédait était d'une taille extraordinaire. Mille fois plus importante que celle de Madame sa mère, qui était déjà de taille considérable. Inés se promit d'y retourner fréquemment, afin de découvrir la littérature anglaise, écossaise, mais aussi peut être redécouvrir des classiques français, espagnols, allemands, grecs, latins! Que disait-elle? C'était absurde... Elle serait partie demain matin au plus tard... Elle avait vraiment d'étranges idées. Bien sur la ville ne manquait pas de charme, elle était même assez extraordinaire, bien au dessus de tout ce qu'elle avait vu du Royaume Uni jusque là. De plus, son manque de visiteurs en faisait une cachette idéale. Mais c'était encore trop près de Stornoway...

Onze heures sonnèrent à la grande cloche et la jeune espagnole venait d'arriver aux portes des Bureaux de la ville. Bien décidée à ne pas passer pour une hors-la-loi, elle décida d'entrer. Les bâtiments étaient d'une taille absolument incroyable. A croire que l'administration de la ville était la chose la plus importante au monde. Peut être avaient ils beaucoup de lois. Peut être les affaires civiles rassemblaient toute la population qu'il fallait donc rassembler là. Peut être... oh! Inés n'osait y croire. Peut être y avait il là une démocratie, une gouvernance du peuple, à l'athénienne? Passionnée d'histoire grecque, la jeune femme n'avait jamais compris comment un tel système pouvait fonctionner, et là, elle aurait peut être l'occasion d'y prendre part? Incroyable! Alors qu'elle s'apprêtait à s'imaginer élue par la ville, siégeant au château, dirigeant les affaires courantes, un bébé dans chaque bras et un mari autochtone à ses côtés, un petit homme employé des Bureaux fit son apparition à ses côtés.


"-Que venez vous faire ici Mademoiselle?
-Oh je... je viens me faire recenser, et chercher une maison, ainsi qu'un emploi.
-Bien, ce sera cette file, à droite."

Qu'avait elle dit? C'était tout bonnement improbable. Elle n'avait jamais eu l'intention de rester ici, encore mois d'y posséder une maison ou d'avoir un emploi. Jamais les femmes de sa famille n'avaient eu d'emploi! Mais le petit homme avait disparu et comme le recensement paraissait se faire à droite, elle rejoignit la longue file d'attente de droite. Après de longues minutes d'attente, ce fut enfin le tour de son prédécesseur. Il s'agissait d'un jeune homme, légèrement moins âgé qu'elle, très maigre, habillé plutôt de manière pauvre. Il n'était pas ce qu'elle aurait qualifié de beau mais quelque chose en lui l'attirait tout de même, comme le reste de cette ville d'ailleurs. Le jeune homme tendit un papier à la vieille femme qui attendait derrière le comptoir. L'espagnole fut surprise de constater que quelqu'un de cette classe sociale savait écrire. Peut être la ville possédait-elle un système d'éducation très performant et généralisé... Cependant, la vieille femme semblait ne pas réussir à lire le papier, et le garçon eut un mouvement de recul qui bouscula Inés. Après s'être rattrapée au mur, ce qui lui évita de tomber à la renverse, la jeune femme recouvra ses bonnes manières et tendit la main au garçon qui s'était retourné vers elle.

"-Bonjour, excusez moi je devais être trop près. Je m'appelle Inés. Et vous?"


HJ: J'espère que je peux m'incruster. Et je me présenterai au bureau dans le prochain post, là c'est encore ton tour.
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Mathys Worrenoff
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MessageSujet: Re: Pourquoi maintenant? (libre)   Mer 18 Juin - 13:12

Hj : je suis au contraire content de te voir ici, j’espère pouvoir faire avec toi prochainement … et voila l’occasion.

Mince, comment allait-il à présent faire pour se recenser ? Les secrétaires du bureau ne savaient-elles pas lire autre chose que les plus basiques que leur formulaire oral ? Non, ce n’était surement pas cela, il devait y avoir un problème avec son identité tout simplement.
Bousculant donc la personne qui le précédait, Mathys se retourna vivement vers elle pour la rattraper d’une main forte. Pourtant, celle-ci ne semblait guère en avoir besoin car elle se remit bien vite sur pied, après avoir évité le mur de brique de justesse. Rougissait jusqu’au niveau des oreilles, le jeune homme se voulu instantanément d’avoir été pris de court devant le comptoir. Surtout que la jeune femme, à peine quelques années de plus que lui, semblait être des plus dignes. Une allure distinguée qui mettait en valeur des vêtements venus d’ailleurs. Ailleurs dans le sens le plus bon du terme. Soignée et élégante, elle semblait fraiche. Comme une nouvelle venue de quelques heures. D’ailleurs, ce détail ne le surprendrait guère car il semblait ne l’avoir jamais vu avant. Nemausus … une petite ville, un grand village.

Rare était ceux qu’on ne connaissait même pas de vu. Et c’était surement par ce fait là que les rumeurs et les ragots circulaient à une vitesse indomptable. La jeune femme se mit à lui parler ou plutôt à s’excuser. Mathys se pressa de faire un signe négatif de la tête, lui signifiant que c’était entièrement de sa faute. Cette jeune femme était beaucoup trop polie et remarquée pour endosser la responsabilité d’un simple choc. Alors qu’elle se présentait, Mathys remarqua que plusieurs regards s’étaient glissés vers eux, pour ne pas dire l’entière totalité des deux files à coté de la leur. La gêne s’empara alors de ses joues pour les colorer encore plus.

Voila pourquoi il n’avait jamais voulu se présenter en public. Comment faire comprendre à des gens aussi normaux qu’il ne l’était pas ? Un silence s’empara alors de lui alors que sa main triturait le morceau de papier qu’il avait chipper au comptoir quand il avait reculé. Tendant ce simple bout à la jeune femme, Mathys se rendit compte qu’il agissait comme un nouveau perdu.
Mais il était loin d’être nouveau et loin d’être naïf et surtout une victime. La rage de ne pas pouvoir parler était toujours présente. Il aurait voulu parler pour dire à toutes ses personnes de s’occuper de leurs affaires et d’arrêter de les regarder comme des bêtes de foire. L’élégance de la jeune femme ne faisait qu’attirer le regard des plus masculins.
Venant donc de donner ses informations à Inès, Mathys passa une main dans ses cheveux pour cacher ses joues avant de se retourner à nouveau vers le comptoir. Mais avant, il s’excusa auprès de la jeune femme de l’avoir bousculé ainsi d’un maigre sourire. Les yeux à nouveau pétillant, il avança vers la secrétaire pour écrire ses mêmes mots en plus grand et plus nettement. Il osa même alors faire un petit dessin à coté du mot muet pour le mettre encore plus en valeur auprès de la vieille femme.

L’entend alors murmurer le mot « canaille », Mathys réprima un sourire alors que ses donnés rentraient enfin dans la base du registre. Alors qu’elle prenait son temps pour écrire le plus lisiblement possible son prénom et ses coordonnées, le jeune écrivain se surprit à regarder par-dessus son épaule en se retournant légèrement. Il venait de remarquer que la jeune femme s’était présenter le plus aimablement possible sans vraiment chercher à savoir ce qu’il s’était passé pour qu’il prenne aussi peur soudainement.
Car c’était bien de la peur qu’il avait éprouvé le temps de quelques secondes. Cette peur que sa différence soit une vraie tare. Il lui accorda alors un mince sourire tandis que son visage se terrait sans ses cheveux éparpillés dans tous les sens. La secrétaire le rappela alors à travers le dispositif pour lui annoncer que tout était en ordre, le remerciant au passage d’être venu. Lui rendant son papier avec un tampon dessus, elle hurla « au suivant » à l’adresse d’Inès qui était surement la prochaine.

Se retourna définitivement sur lui-même en adressant un faible au revoir de la main à la secrétaire, il se dit alors qu’il ferait mieux d’attendre la jeune femme un peu plus loin. Il ne tenait absolument pas à partir sans s’excuser plus convenablement de sa conduite. Il souhaitait aussi lui parler de sa venue à Nemausus. Rare était les nouveaux habitants qui arrivaient sans passer inaperçus. Or, c’était apparemment son cas. Elle faisait surement partie de cette haute société dans les beaux quartiers. Mais contrairement aux autres, il semblait qu’elle n’accordait aucune différence entre les pauvres et les riches.
Bonne éducation ou principe morale ? Cette qualité était rare et un muet savait les reconnaitre.
Lui adressant un mince sourire alors qu’il avançait vers la sortie, il lui indiqua d’un faible signe du menton qu’il l’attendrait patiemment lorsqu’elle aurait fini de donner ses propres coordonnés à la secrétaire. Cette jeune femme avait quelque chose qu’il lui échappait complètement. Peut-être était-ce le pourquoi du comment elle était arrivée à Nemausus. La ville était peut-être attirante quand on y était pour de bon, mais lorsqu’on arrivait, bien souvent, rien ne vous présentait à rester ici. Encore quelque chose que peu de personnes ne comprenaient. Lorsqu’on venait dans cette petite ville d’Ecosse, c’était pour y passer sa vie et y mourir dignement à son dernier âge.

Regauffrant son calepin dans sa poche, il remit correctement sa veste et s’installa confortablement sous l’œil de certains curieux ayant suivit la scène. Tout le monde savait qu’il était muet mais il avait toujours été considéré comme un phénomène anormal. Combien de personne n’avait-il pas essayé de le faire parler ? Pour certains, cette envie était même devenu un défi … pouvoir faire parler un muet était devenu une quête que certains se forçaient à relever. Pour d’autres, c’était une source de moquerie. Ils essayaient de parler avec leur main mais au bout du compte, ils ne faisaient que se faire passer pour des singes dans un zoo. D’autres pourtant lui parlaient comme s’il pouvait leur répondre… et c’était là des plus réconfortant de se savoir comme eux, le temps de quelques échanges.

Alors qu’il s’égarait dans ses pensées, il ne remarqua pas le temps passé et se demanda s’il n’avait pas loupé la jeune femme dans son départ. Il ne savait pourquoi il sentait qu’Inès était quelqu’un de très cultivé. Une impression, une douce impression qui donnait presque une fraîcheur originale. Oh bien sur, la ville n’en manquait pas … mais chacun des habitants étaient uniques … uniques en leur genre et voir d’autres personnes avec leur propre particularité enchantait Mathys. Du nouveau dans une ville dynamique en soi. Au fond, Mathys aimait Nemausus et sa vie. Il était né ici, et c’était presque un devoir pour lui d’apprendre à connaître la moindre personne. De vu comme une simple rencontre.
Inès … elle n’avait dit que son prénom. Son nom était-il tabou ?

Oui, il fallait l’avouer. Mathys n’avait peut-être pas de voix pour parler mais cela ne l’empêcher jamais de mener une réflexion intense sur tous ce qui l’entourait.
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MessageSujet: Re: Pourquoi maintenant? (libre)   Ven 20 Juin - 21:35

Inés était à présent face au jeune homme qui la précédait, un grand sourire affiché sur son visage. Celui-ci affichait un air gêné, désolé qu'il était de l'avoir bousculée. Par contre, il n'ouvrait pas la bouche, ne disait pas un mot pour s'excuser, l'excuser elle ou même se présenter. C'était très étrange. Il secoua la tête, comme pour lui signifier que ce n'était pas de sa faute. Mais toujours pas de paroles. Il se tortillait, légèrement gêné, triturant son morceau de papier qu'elle l'avait vu donner à la secrétaire quelques instants auparavant. Puis, après quelques secondes de battement, il tendit le papier à la jeune fille. Surprise, Inés baissa les yeux vers la fine écriture et lut, sans aucun problème :

Citation :
Mathys Paul Worrenoff
Muet de Naissance.
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Muet de Naissance! C'était donc ça. Le garçon ne risquait pas de lui dire le moindre mot. La jeune femme adressa au dénommé Mathys un petit sourire de compréhension. Une de ses nourrices d'enfance en Espagne avait une fille qui, elle aussi, n'avait pas été dotée de la parole à sa naissance. Elle avait donc côtoyé la jeune fille durant de nombreuses années et avait établi avec elle certains signaux de communication, destinés à faciliter les échanges, puisque la petite fille ne savait ni lire ni écrire. Elle avait d'ailleurs entendu parler d'un abbé en France qui inventait un langage complexe des mains à l'usage des sourds et muets. Elle se demandait si Mathys en avait déjà entendu parler. Après tout, cette ville l'avait déjà surprise de nombreuses fois en moins d'un jour.
Le garçon s'était à présent retourné vers la secrétaire et avait repris son crayon. Il tendit une nouvelle fois son papier à la veille femme qui sembla satisfaite, cette fois ci. Elle nota ses informations, le remercia et appela le suivant. Il s'agissait d'Inés. Mathys passa devant elle non sans lui adresser un sourire timide et un petit signe de tête. Il indiquait la sortie des bureaux. La jeune femme fronça les sourcils, ne comprenant pas ce qu'il voulait lui dire. Puis elle comprit. Il souhaitait l'attendre jusqu'à ce qu'elle finisse son recensement.


"-D'accord. A tout de suite Mathys."

Elle lui adressa un sourire chaleureux et s'avança vers le guichet. Ce faisant, elle remarqua enfin les gens autour. La plupart, hommes comme femmes, la dévisageaient avec insistance. Elle pensait pourtant avoir tout fait pour se fondre dans le décor, mais après tout, Némausus était une petite ville, ou un grand village. Tout le monde devait s'y connaître, et la plupart des personnes n'avaient pas le teint hâlé de l'espagnole, ni des cheveux si bruns. Baissant le regard, elle s'avança vers le guichet, sourit à la secrétaire et présenta son cas, de son plus bel anglais, légèrement accentué.

"-Bonjour.
-Bonjour. Nom, prénom, domicile, profession, autres. Et dépêchez vous, il y a plein de gens qui attendent derrière vous, et c'est bientôt l'heure du déjeuner.
-Nom: Serra de Javea. Prénom: Inés Amaia.
-C'est pas écossais ça.
-Non, je viens d'Espagne. J'ai une lettre du Roy qui justifie de ma présence sur le territoire.
-Ca ira. Domicile, Profession?
-Je viens d'acquérir une villa avenue du château. C'est le... numéro 2, je crois.
-Bien... Profession?
-Je viens d'arriver. Je n'ai pas encore de profession. On m'a dit de m'adresser à vous pour une demande d'emploi. Je ne sais pas si vous avez une école... je pourrai enseigner, ou travailler à la bibliothèque, à la librairie. Ce genre là, ça me plairait bien, s'il reste des postes.
-Je note votre demande, nous vous enverrons un courrier, à votre nouvelle adresse, pour vous informer de la décision de l'Administration.
-Très bien, merci beaucoup. Autre chose?
-Juste une signature s'il vous plait.
-Bonne journée.

Inés apposa sa signature sur le document que la secrétaire venait de lui tendre et se redressa. Elle redressa son sac sur son épaule et sortit de la longue file d'attente. Elle tâcha d'ignorer les regards insistants, souvent des hommes, qui se posèrent sur elle à son passage. Arrivée près de la sortie, elle repéra Mathys qui attendait, nonchalamment appuyé contre le mur. Elle sourit et s'avança vers lui.

"-J'ai fini. Ca a été plutôt rapide. Au fait, vous permettez que je vous appelle Mathys?


[HJ: Je sais pas trop comment vous décidez pour les métier, mais je me fie à votre jugement ^^
Ah et désolée pour les couleurs qui merdent un peu avec les liens ^]


EDIT Gabryël : Parfait, tu es resencée. Pour le métier, ne t'en fais pas, tu recevras un courrier, à ta nouvelle adresse, pour t'informer de la décision de l'administration Razz
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MessageSujet: Re: Pourquoi maintenant? (libre)   Dim 22 Juin - 19:17

Elle semblait avoir comprit le message. Mathys était soudainement soulagé de voir qu'il n'était pas vraiment seul. Elle semblait le comprendre d'une façon étonnante, comme si ce handicap ne la gênait pas, comme si elle l'avait déjà côtoyé. Elle lui souriait si chaleureusement qu'il ne put se sentir bien à ce moment là. Cette femme devait en plus avoir un coeur et une grande ouverture d'esprit. Il espérait que cette ville ne l'a dérouterait pas trop rapidement. Après tout, tout le monde savait que les nouveaux habitants ne ressortaient jamais de la ville.
D'après eux, ils avaient toujours trouvé un point d'encrage dans cette ville qu'ils n'avaient jamais pu décelé ailleurs. Une bibliothèque, une plante dans la forêt, l'Eglise et ses innombrables carreaux coloré et parfaitement propre. Ou peut-être l'écurie qui abritait un terrain si vaste et confortable pour les chevaux. En y pensant bien sur son petit banc, Mathys ne voyait que la ville dans son plus beau profil. Car il faut dire qu'elle en avait des atouts ... son château surtout, un des plus renommé de la région et pas seulement pour son drame mais aussi pour la beauté et les bouches grandes ouvertes qui y gisaient quand on se promenait dans les jardins royaux ...
Depuis que la ville avait autorisé les visites et l'accès libre à ce vaste domaine, tous le monde pouvait en profiter. Oh bien sur, certaines salles restaient fermées et closes aux yeux de tous, abritant sûrement encore des secrets encore inexplorés par les bureaux de Nemausus ...

Soupirant silencieusement, il ne put s'empêcher de blâmer toutes ses personnes qui verront leur discussion d'un mauvais oeil. Une belle femme riche et sûrement intègre parlant avec un pauvre jeune homme muet et beaucoup trop timide pour l'époque. Certains s'amusaient encore à l'appeler simplet ... grotesque. Se retrouvant assis à regarder de dos la jeune femme, il remarqua que la secrétaire qui avait prise en compte son recensement parlait tout aussi sèchement à Inès ... d'ailleurs, lorsque celle-ci revint vers lui, presque soulagé que ce soit fini, il jeta un regard derrière son épaule pour voir qu'elle en faisait de même avec une autre femme ...
Mathys fut alors à deux doigts de se plaindre. Pourquoi est-ce que les administrations n’étaient toujours là pour vous servir sans aucun sourire et sans aucune volonté? Autant faire autre chose comme laver le linge. Cette bonne vieille femme pourrait alors se plaindre d'une tache ne partant pas! Mais non, il fallait qu'elle vienne étaler son mauvais caractère devant tout le monde. Alors qu'il se levait de sa chaise lorsque Inès se rapprocha de lui, il se calma très rapidement pour lui présenter un léger sourire. Elle voulait l'appeler Mathys. Elle l'avait déjà fait toute à l'heure alors qu'il s'était éloigné d'elle pour le recensement.
Ses joues reprirent alors un doux éclat rougeâtre alors que son sourire se faisait de plus en plus caché par ses petites fossettes. Il fit un signe affirmatif de sa tête avant de lui tendre sa main pour se présenter correctement, sans aucun papier à la main. Habitude oblige, il avait juste envie de se sentir normal. D'un clignement de regard et en inclinant poliment son visage, il se présenta et lui présenta de sincères excuses pour la bousculade. Mentalement, il se disait surtout que s'il n'était pas de nature assez timide, il n'aurait pas eu à reculer de surprises et marcher sur les pieds d'une nouvelle arrivante à Nemausus. D'ailleurs, il ne faisait que vouloir lui serrer la main, mais peut-être attendait-elle de lui un baise main, comme toutes les grandes dames?

Car il fallait dire qu'elle en avait les allures et le charisme. Mais pour ne pas la détailler davantage, sachant pertinemment que ce fait était bien déplacé, il l'invita à sortir des bureaux pour pouvoir discuter peut-être ailleurs. Maintenant que les habitants autour d'eux avaient cessé de les regarder, il n'avait pas forcément envie d'attirer à nouveau des regards s'il sortait son calepin pour griffonner dessus. Penseraient-ils que Mathys draguerait la jeune femme après être passé chez la secrétaire qui lui a filé un râteau?
Souriant de ses propres pensées bêtes, il se rendait compte qu'il analysait de plus en plus le monde extérieur qui l'entourait. Il passait presque son temps à penser à ce que les autres pensaient. Mauvaise habitude, il devrait surtout penser à lui maintenant ...

D'un signe de la main, il l'invita donc à sortir pour la suivre et descendre les petits escaliers qui menaient à la rue. Celle-ci débordait encore par la file d'attente qui s'était considérablement agrandit depuis. Le jeune écrivain se sentait presque chanceux de ne pas avoir eu à attendre très longtemps pour se recenser. Il se demanda alors si la jeune femme avait un peu de temps devant elle sans pour autant qu'elle le prenne mal. Ce qu'elle pourrait très bien pensée d'ailleurs. Mais Mathys ne voulait que faire la connaissance d'une personne venue presque d'ailleurs. Il fallait dire qu'il n'était jamais sortir de Nemausus.
Comment était-ce dehors? Comment vivait-on ? Des questions qui auraient pu paraître si stupide mais qui lui semblait presque primordial à présent. Il ne chercherait jamais à quitter Nemausus mais le monde extérieur l'attirait par sa piètre connaissance qu'il avait de lui. Journaliste, il en connaissait le contenu qu'on lui avait appris à l'école. Les continents, les fleuves, les merveilleuses des 4 coins du monde par ses peintures et ses récits. Mais l'avis d'une femme fraîchement débarquée était sûrement beaucoup plus intéressant à avoir.

Il sorti alors adroitement son calepin de sa poche, saisissant rapidement un crayon coincé derrière son oreille pour griffonner quelques mots simples sans tourner autour du mot. Il lui tendit ensuite le cahier pour qu'elle puisse le lire.


"Cela vous plairait-il de me compter le pays d'où vous venez?"
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MessageSujet: Re: Pourquoi maintenant? (libre)   Mar 1 Juil - 2:28

Il semblait donc que le jeune homme muet ne voyait aucun inconvénient à ce qu'Inés l'appelle par son prénom. Tant mieux. Pas que la jeune femme ait quelconque problème à user de toutes les formules de politesse qu'elle connaissait, lorsqu'elle était en présence d'un étranger, mais dans cette nouvelle ville, avec ce nouveau départ, elle souhaitait partir sur des bases saines, sympathiser avec les habitants locaux, se faire des amis sincères. Elle savait que son allure générale, ses manières raffinées, allaient forcément poser problème, créer une légère distance, ne serait-ce qu'au début, mais raison de plus pour montrer tout de suite qu'elle n'était pas celle qu'elle semblait être. Elle n'avait pas peu de travailler, elle l'avait déjà fait quelques fois en Espagne, et aimait traîner avec les gens simples, se débarrasser pour quelques heures du protocole strict de la cour, que sa mère l'obligeait à respecter à la lettre même à la maison.

Elle l'appellerait donc par son prénom, et la question du vouvoiement ne se posait pas trop dans ce pays où la langue confondait tutoiement et vouvoiement en un seul petit mot, très pratique comparé aux formules alambiquées de l'espagnol. Le jeune homme baissa la tête et s'inclina devant elle, afin, semblait-il, de la saluer de manière plus convenable. Se relevant, il lui tendit la main, qu'avec beaucoup de plaisir la jeune femme saisit et secoua. Voilà, les salutations étaient faites, et de manière correcte. Avec un sourire, Inés reprit sa main et Mathys lui fit un signe qui indiquait clairement qu'il souhaitait qu'elle le suive. Ainsi soit fait. Le jeune homme sortit des immenses bureaux de la ville et elle le suivit. Ils descendirent les quelques marches du perron et se retrouvèrent donc en plein milieu de la place principale de Nemausus. Enormément de gens étaient amassés là, la plupart faisant la queue pour les bureaux, à croire que la ville renfermait autant de monde que Madrid, et qu'ils passaient leur temps en formalités administratives. Elle sentit de nombreux regards se poser sur elle. L'étrangère. Il semblait que ce titre lui collerait à la peau plutôt longtemps. Et pourtant, ni les aubergistes, ni Mathys, ne lui avaient fait sentir que cette différence pourrait être handicapante. Ceci dit, c'était le métier de ces braves gens de savoir accueillir les gens, leur seule manière de vivre. Quant au jeune homme, il devait savoir ce qu'était la différence, et devait avoir une plus grande tolérance que la plupart des gens. Reconnaissante, elle lui sourit et se dirigea vers un banc, s'assit et l'invita à faire de même. Il semblait vouloir passer du temps en sa compagnie, elle était enchantée qu'on s'intéresse à elle, autant être confortablement installés.

Le garçon ressortit son petit carnet de sa poche. L'objet semblait avoir bien vieilli, comme s'il était utilisé depuis des années. Il griffonna quelques mots et le lui tendit. Elle pouvait y lire ce message:


Citation :
Cela vous plairait-il de me compter le pays d'où vous venez?

Le pays d'où elle venait? Mais elle venait de Nemausus... Un froncement de sourcils et ses idées se remirent en place. Pourquoi venait elle de penser ça? Elle venait d'Espagne et n'était arrivée ici que la veille. Comment pouvait elle oublier ça? Comment pouvait elle se croire chez elle alors qu'elle n'avait pas encore emménagé dans sa nouvelle demeure? Improbable. Cette ville lui faisait perdre la tête. Elle secoua la tête puis, pensant que son geste pourrait être mal interprété, afficha un grand sourire. Oui Mathys, je vais vous raconter mon histoire, vous expliquer d'où je viens, comment je vivais là bas. Mais était-ce bien raisonnable? Père n'était peut être pas très loin, à la chercher, en compagnie de son prétendant... Qui lui disait que cet homme n'allait pas la vendre pour quelques piécettes? Non. Il ne ferait pas ça. Ce ne semblait pas être le genre.

La jeune femme prit une profonde inspiration, afin de réfléchir une seconde de plus. Elle lui raconterait l'Espagne. Et rien d'autre pour le moment. Après tout il ne lui avait demandé que le pays d'où elle venait, pas son histoire entière.


"-Je viens d'Espagne. Je pense que vous savez où c'est, les gens de cette ville m'ont l'air très instruits comparés à ceux des autres villes que j'ai traversé. Ma famille possède des terres à Javea, près de la grande Valencia, mais j'ai passé la plus grande partie de ma vie à la cour du roi, à Madrid. Arrêtez moi si vous ne savez pas de quoi je parle. Je pourrai toujours vous montrer sur des cartes, à la bibliothèque, si c'est le cas. Et j'ai passé six mois à Londres, et le dernier à Dundee. Et j'aime l'Espagne plus que tout endroit au monde. C'est si coloré, si beau, si... ensoleillé."

La jeune espagnole leva les yeux vers le ciel chargé d'Ecosse, qui se trouvait au dessus de leurs têtes. Elle eut un petit rire et tourna à nouveau son regard vers Mathys.

"-Et vous, cela vous dérangerait-il de me raconter un peu l'histoire de cette ville, et la vie qu'on y mène? Je ne sais rien de cet endroit, à part que les secrétaires n'y sont pas des plus agréables."
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Mathys Worrenoff
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MessageSujet: Re: Pourquoi maintenant? (libre)   Jeu 24 Juil - 16:29

Sa question, ou plutôt sa requête sembla flotter dans l’air comme une mélodie mélancolique avec qui l’on venait de reprendre contact. Cette étrange sensation que l’on retrouvait une partie de nous même qui avait été enfoui pendant longtemps et qui peinait à refaire surface. Qui peinait ou qui revenait aussi simplement qu’un bonjour au revoir. Cela dépendait du détachement dont on faisait preuve à cet instant.
Mathys était loin de connaitre Inès au point de se dire qu’elle pouvait aisément se détacher d’un fait ou d’un autre pour pouvoir en parler librement. Tous ce qu’il savait, c’est qu’il s’agissait d’une question de force et de courage. C’était déjà beaucoup d’avoir déménagé dans une ville aussi perdu dans l’Ecosse, surtout en sachant qu’on ne voyait qu’en moyenne 2h de soleil par jour. Et d’après les vêtements aisé mais décontracté qu’elle portait, Mathys se demandait si elle ne venait pas tout simplement du Sud. Sorti dehors, la jeune femme répondit d’un ton qui lui sembla calme et réfléchit. Peut-être venait-elle de faire le point sur certains détails insignifiants pour un étranger qui voudrait débarquer dans son pays.

L’Espagne … un pays au Sud de la France, chaud et réputé pour toutes ses traditions latines. La dance sûrement et ses coutumes couvées dans les nombreuses églises et cathédrales dans certaines régions. Mais ce qu’imaginait Mathys à l’évocation du pays était le soleil radieux qui devait saisir chaque visage. Et elle en venait à ce détail en levant son minois vers le ciel très capricieux depuis … depuis toujours. Le jeune écrivain lui rendit son sourire en passant ses doigts dans ses cheveux, rougissant comme s’il venait de commettre une faute. Il faut dire que chaque nouvel arrivant remarquait rapidement que le ciel n’était jamais en leur faveur et qu’il ne fallait pas compter sur lui pour avoir une peau bronzée. C’était surement pour cela que la plupart des habitants semblaient aussi pâles.
Mathys continua donc de descendre la multitude de marche pour se retrouver sur le sol couvert de vieilles feuilles et de la boue d’hier. Les traces de carrosses avaient été progressivement piétiné dans l’allée et les habitants venant se faire recenser commençaient à avancer progressivement dans la file. Peu de monde leur accordait à présent l’attention qu’il avait eue au début et Mathys sentait ses joues et ses oreilles se conditionner. Ses mains renfermant précieusement son calepin, il venait de tilter sur le fait qu’Inès avait beaucoup voyager dans sa vie qui était encore très longue. Madrid près de la famille royale, Londres, Dundee …

A vrai dire, Londres et Dundee ne l’intéressait guerre, sachant que Londres était la capitale et Dundee, une sinistre ville au nord de l’Ecosse. Le détail qui avait attiré son attention était le fait qu’elle avait passé le plus clair de son enfance et plus à Madrid. Et plus particulièrement après de la famille royale. Mathys releva son regard vers la jeune femme si digne qu’il avait devant les yeux. Il n’était guerre étonnant de comprendre qu’elle avait une culture à part entière et qu’elle savait aisément lire. On ne rentrait pas dans la cour du roi comme dans un poulailler. Le jeune muet se demanda alors s’il était correct de lui demander la place qu’elle occupait en ses lieux. Pendant de longues minutes, il débâtât sur le pour et le contre sur le fait qu’elle le lui ait tout de même dit après mure réflexion. Inès semblait être une personne posée et sachant pertinemment de quoi elle parlait. Donc si elle lui avait fait cette confidence, Mathys n’avait aucun mal à lui en demander davantage. Non ?


« Puis-je vous demander en quel honneur étiez-vous proche du Roi d’Espagne, Inès ? »

Une question qui avait été griffonné aussi rapidement qu’une main de journaliste. Et plus le temps passait, plus Mathys se rendait compte qu’il agissait comme un journaliste. « Fouiner » dans les affaires des autres sans qu’on le lui demande. Ses joues prirent alors une jolie teinte rosée qu’il s’empressa presque de cacher en ramenant ses mèches devant. Ses yeux brillant et souriant de timidité laissaient transparaître le petit être qu’il était face à une personne qui semblait avoir eu un rôle important dans un autre Pays. Etait-ce par le Roi d’Espagne qu’elle eut eu vent de Nemausus ? Mais ce n’était peut-être pas le cas … vu qu’elle venait de lui demander l’histoire de cette ville. Ou peut-être était-ce pour confirmer ses doutes déjà fondés.

« Nemausus est une petite ville … ou plutôt un grand village qui abrite une histoire à part entière. Il y a son château et ses jardins qui attirent beaucoup d’habitants le soir de promenade … comme tout village, elle a son marché et ses marchands. Vous devriez un jour y faire un tour, c’est assez rassurant de voir tous ses sourires le matin … elle a ses petits coins pour les restaurants, ses grandes places où l’on peut voir des enfants courir avec une brouette … »

Un petit instant plus tard, Mathys avait arrêté de gribouiller son calepin, comprenant rapidement qu’il ne pourrait pas entrer dans les détails sur un morceau de feuille. Levant les yeux vers la jeune femme, il lui souriait poliment avant de réécrire quelques mots beaucoup plus simples.

« Le mieux, c’est de la voir par votre propre regard »

Rangeant son crayon dans sa poche après l’avoir fait tournoyer entre ses doigts, Mathys garda un instant le calepin entre ses doigts avant de le ranger dans son sac. Il venait d’avoir toute la ville dans un seul regard et il se rendait compte que même si le château n’était pas là, elle serait toujours aussi belle. Avec un ciel moche, mais belle tout de même.
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