Nemausus

Nemausus. 17ème siècle. Après un bal masqué ayant mal tourné, la ville perd peu à peu pied... supporterez-vous la volonté divine ?
 
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 Douce Musique [PV]

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Cassiopée
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MessageSujet: Douce Musique [PV]   Mar 21 Oct - 4:39

Douce Musique
Cassiopée & Eden
Comment faire une entrée remarquée, en tentant de paraître désinvolte
...ou pas.



« Lalalala, je suis la plus jolie. Lalalala, Alex est le plus sexy. »

Ahh, quelle douce musique aux oreilles que la parfaite voix de Cass’, qui chantait allègrement, imprégnant les passants de cet élan de pureté introuvable sur Terre. Elle rendait un service au monde entier en offrant ainsi, bénévolement, sa voix pour le seul plaisir de ceux qui avaient l’immense honneur de se trouver au même endroit que ce modèle inégalé de perfection, l’idylle de tout un peuple. De par sa petite voix fluette, elle osait interpréter, comme ça, sans préparation préalable, un morceau totalement improvisé témoignant de ses sentiments les plus profonds ; son amour pour son beau Alex. Elle s’ennuyait terriblement de celui-ci et, au fond d’elle, elle continuait de nourrir l’espoir secret de le voir ressurgir, un jour, en ange, comme elle, pour qu’ils vivent heureux jusqu’à la fin des temps, débarrassant ensemble le monde des esprits pour partager enfin la joie de leur union destinée depuis la nuit des temps. Ainsi, pour l’occasion, elle avait mis en mots ses sentiments intérieurs, pour démontrer au peuple, à tous, son désespoir et sa hâte de retrouver son âme sœur.

Bien sûr, en terme de garçons, elle était assez difficile, expliquant ainsi la raison de son fantastique, formidable et fabuleux Top Garçons. Elle classait tous ses prétendants potentiels, pour ensuite pouvoir faire facilement le tri entre eux. Bah oui, elle était sollicitée de toutes parts ; une fille aux cheveux roses, c’était décidément le fantasme masculin… Par contre, la première place était, bien sûr, occupée par son beau Alex alors, l’existence d’un tel Top était remise en question mais, si par malchance, celui-ci disparaissait, elle saurait immédiatement vers quel garçon se retourner pour pouvoir continuer sa vie de femme forte et fière. Agace? Non. Seulement prévoyante. Imaginez le drame si elle venait à se retrouver seule dans ce monde de barbares, peuplé d’hommes vils et cruels, cherchant à kidnapper de parfaites jeunes filles comme elle, voulant la réduire en esclavage pour assouvir leurs bas-instincts. Oui, bien sûr, elle était un ange et, ses pouvoirs lui seraient beaucoup plus utiles qu’un copain dans cette situation mais, c’était beaucoup plus valorisant d’imaginer son parfait cavalier en armure, venant la secourir des odieuses mains d’un kidnappeur, non?

Surtout que, ces temps-ci, la menace n’était seulement pas humaine ; les esprits s’y mettaient aussi. Et puis, Cass’ avait déjà rencontré un esprit et, l’entretien ne s’était pas déroulé de la plus cordiale des façons… Elle avait quand même failli y perdre la vie et, si elle n’avait pas commencé à discuter du bal et de leurs morts respectives, la méchante fille ne l’aurait pas lâchée. Par contre, elle avait découvert un point faible pour la prochaine fois. En effet, les esprits étaient ce qu’ils étaient grâce à leurs passées ; ils n’étaient pas heureux et n’acceptaient pas leurs morts alors, si elle réussissait à remuer leurs émotions comme elle l’avait fait avec Elina, elle pourrait peut-être s’en sortir. Mais bon, malgré toutes les bonnes intentions qu’elle pourrait avoir, les esprits étaient des créatures du mal… Dans les derniers jours, plusieurs événements louches s’étaient produits et, plusieurs villageois étaient morts, dans des endroits complètement brûlés. Le feu… C’était la magie des esprits, une magie bien plus dévastatrice, visant à faire le mal, à tuer les autres. L’incompréhension se lisait sur tous les visages à la sortie de cette nouvelle mais Cass’, au fond d’elle, savait très bien ce qui se passait et, qu’en réalité, il y avait une plus grande raison encore de s’inquiéter...

À la sortie de la nouvelle, elle s’était transportée dans un endroit isolé, un endroit où se recueillir soit, le cimetière. Entourée de la tombe de sa mère, elle se sentait bien, elle se sentait protégée et, elle avait pleurée. Après tout, qu’est-ce qu’elle pouvait faire d’autre? Elle était complètement démunie dans ce monde infâme, seule, sans parents ni famille vers qui se tourner et, elle devait affronter une menace terrible, qui n’osait pas se montrer, tuant inlassablement des tas d’innocents. Elle était quoi dans ce conflit? Une fillette perdue, sans pouvoirs réels, ne sachant vers qui se tourner… Lorsqu’elle s’était retrouvée ainsi, un grand ange l’avait simplement informée de sa nouvelle condition, la sommant de protéger un humain et d’éloigner les esprits de la Terre. C’était bien beau tout ça mais, elle ne savait pas comment y arriver. Et lui, s’il savait si bien comment s’y prendre, pourquoi ne venait-il pas l’aider? Pourquoi ne venait-il pas combattre le mal ici? Pourquoi devait-elle tout supporter elle-même? Elle n’avait pas la force de le faire, ni le courage ou la volonté ; elle avait douze ans, et se retrouvait coincée de ce conflit terrible, opposant deux forces qui cherchaient à se détruire entre elle…


« Et je chante, pour toi. Pour que tu me rejoignes. Lalalala. »

Mais bon, tout ça, c’était bien loin derrière elle et, aujourd’hui, elle était heureuse! Bien sûr, un changement si soudain d’attitude pouvait paraître louche mais, à son âge, c’était que les hormones, ça lui passerait bien un jour. Et, de toute façon, elle se sentait terriblement mieux après avoir pleuré. Comme si elle avait évacué toutes les tensions et, elle se sentait libérée, prête à détruire le mal une fois pour toute!

Par contre, le plus louche était que, ce matin, alors qu’elle chantait gaiement, elle capta quelques notes de musique venant d’une maison près de la place du village. Des notes de musiques qui semblaient répondre à sa chanson. Et, le petit ange, ne pouvant résister à une telle poésie, n’eut d’autre choix que d’entrer dans la bâtisse, suivant les douces notes, provenant d’un instrument qu’elle ne savait identifier… Elle marcha à petits pas, ne pensant même pas à se servir de ses ailes pour être sûre de ne pas faire de sons. Après tout, elle ne les maîtrisait pas complètement et, l’effet aurait plutôt pu être le contraire complet de ce qu’elle désirait faire… Tendant toujours une douce oreille vers la source du bruit, elle avança vers une pièce avec la porte entrouverte et, s’accotant doucement sur le bord du mur, de façon à ne pas être repérée, elle continua d’écouter la douce musique. Cependant, à son grand désespoir, elle perdit pied et s’effondra de tout son long, juste devant l’ouverture de la porte…

Bravo Cass’… T_T


Paroles extraordinaires d'une fantasque chanson amoureuse
(c) Cass' Cool
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Eden Northen
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MessageSujet: Re: Douce Musique [PV]   Lun 27 Oct - 16:06

.:.

« Quant à moi, maintenant, j'ai fermé mon âme. Je ne dis plus à personne ce que je crois, ce que je pense et ce que j'aime. Me sachant condamné à l'horrible solitude, je regarde les choses, sans jamais émettre mon avis. Que m'importent les opinions, les querelles, les plaisirs, les croyances ! Ne pouvant rien partager avec personne, je me suis désintéressé de tout. Ma pensée, invisible, demeure inexplorée. J'ai des phrases banales pour répondre aux interrogations de chaque jour, et un sourire qui dit : "Oui", quand je ne veux même pas prendre la peine de parler.

Me comprends-tu ? »


Guy de Maupassant, Solitude


.:.


Il est difficile d’envisager sérieusement la perte d’un être qui vous est proche avant que celui-ci ne s’en aille. Le moyen importe peu, les sentiments qui le motivent encore moins. Que ce soit par la mort ou par simple lâcheté, seul en découle ce vide intense et froid qui vous berce doucement jusqu’à ce que vous vous endormiez au creux de ses bras, avide de sa présence qui pourtant ne vous réconforte pas.
Ses doigts qui frôlent votre corps, le marquant peu à peu au fer rouge, envisagent sérieusement la possibilité de vous pousser jusqu’au suicide. Ils hantent vos rêves et vos cauchemars, bête féroce aux frontières de votre esprit fragilisé qui guette le moindre relâchement. L’insouciance peut être fatale, aussi elle se cache, à l’abri, s’exilant aux confins de vos pensées pour ne pas être celle qui entraînera votre perte.
Chacun sait que vos rêves représentent tout. Ils sont vous, vos espoirs, votre passé, votre présent, et même votre avenir. Ils vous montrent ce que vous n’avez pas pu accomplir, apparaissant sous la forme d’agaçantes frustrations qui vous narguent jusqu’à ce que vous décidiez d’essayer à nouveau.
Mais la bête rôde. Elle grogne. Elle attend patiemment que le maître de votre corps s’endorme pour passer à l’attaque, cherchant à forcer ces deux portes qui s’obstinent à se maintenir closes. Plus pour longtemps. Déjà, la folie se réveille, prémisses d’une chute inéluctable. Elle plante la graine de la démence, racine de votre future névrose. Votre liberté n’est désormais plus qu’un vague souvenir auquel vous vous raccrochez désespérément sous les rires de ceux qui vous emmènent droit vers le précipice, vers votre cachot sale et froid dans lequel vous demeurerez, à les regarder s’emparer de tout ce qui vous composez autrefois.
Votre âme n’est plus votre, vous n’être plus rien, sinon les vestiges d’un ancien passé, d’une gloire à présent révolue. Avec tristesse, vous contemplez chaque personne que vous avez aimé vous tourner le dos, un à un, déclarant qu’ils ne peuvent plus rien pour vous. Tel un jouet abandonné au fond de la plus sombre des ruelles, l’agonie ne fait que commencer. Les lamentations et les regrets ne vous sont plus d’aucun secours.

Adorable créature.

Le piano se trouvait au centre de la salle, objet de toutes ses convoitises. De lui avait naguère naquit une nouvelle dépendance vis-à-vis de cet homme qui avait si facilement su lui tourner le dos, l’abandonnant dans un monde duquel elle s’était éloignée. Seulement pour lui, elle avait renoncé à toutes ses anciennes relations, refusant les bals et les invitations, juste pour se retrouver un peu plus longtemps dans ses bras, pour espérer profiter de sa présence jusqu’à ce qu’elle n’en puisse plus.
Naïvement, elle s’était persuadée que ses envies s’essouffleraient en écho avec le temps qui s’écoulait, ne laissant qu’un goût fade et amer dans sa bouche. Se débarrasser de lui n’aurait, alors, pas été un problème, et elle aurait été celle qui aurait tourné la situation à son avantage. Il fallait croire que leur jeu s’était terminé sur une fausse note et qu’elle avait perdu. À chaque nouvelle rencontre, ses désirs allaient en s’accroissant, il ne faisait que prendre plus de place dans sa vie, s’imposant et s’étalant là où il n’aurait jamais dû aller. Il avait pénétré bien plus loin que la limite qu’elle s’était fixée et les regrets envahissaient tout son être à chaque évocation de cette partie ratée.
Sa fierté avait été réduite à néant, petit tas de cendre gisant à côté de ce qu’il restait d’elle. L’ancienne Eden n’était plus. Le peu d’arrogance qu’elle avait eu en sa possession, il l’en avait dépouillé, volant jusqu’aux misérables miettes qui essayaient de subsister au creux de ses mains. Au moins avait-il bien fait son travail. Elle pouvait se vanter d’avoir affronter un adversaire digne de ce nom, même si elle ne pouvait rien tirer de la perdition dans laquelle il l’avait laissée.
Tout ça n’avait jamais été qu’une farce, une galéjade dans laquelle s’étaient confrontés deux jeunes gens assoiffés d’expériences nouvelles, et désireux d’en apprendre plus sur l’autre. Si le jeu avait tout d’abord comporté des règles bien claires, celles-ci s’étaient effritées avec le temps, ne laissant rien d’autre que des lignes délimitant le terrain de chacun. Apparemment, elle était celle qui avait le plus souffert de cette frivolité puisqu’elle écopait de dommages bien plus lourds à porter que ce qu’elle n’avait prévu au départ.

Ses doigts allèrent se balader le long des touches, heureux de retrouver l’instrument qui les avait suivis durant toute leur enfance et, timidement, elle alla appuyer sur le clavier du bout de l’ongle, savourant le son qui s’en échappait. Ce fut le déclencheur qui balaya toutes ses hésitations et occulta pour un temps le souvenir encore trop vif pour que la musique puisse le briser complètement.
Elle s’assit sur le tabouret, ramenant sa robe blanche sous ses jambes. Fermant les paupières, elle laissa ses mains courir où bon leur semblait, son oreille se réveillant de son engourdissement et saluant la prouesse de la jeune fille. Depuis plusieurs semaines, elle n’avait pas osé toucher à son piano, n’éprouvant que dégoût à son encontre et refusant de tourner son regard vers lui. L’angoisse qui résultait de son utilisation était trop intense pour qu’elle accepte de s’y confronter, abandonnant lâchement le duel avant même que celui-ci n’ait commencé.
Intimement, elle dédiait à présent la mélodie à l’instrument, implorant son pardon pour sa stupidité et sa cruauté, heureuse de voir qu’elle n’avait pas régressé durant son arrêt. Elle n’aurait pas supporté le fait de se retrouver face au piano et de constater l’oubli de cette chose si essentielle à son existence. Elle abhorrait l’oubli et les dégâts irréversibles qu’il cause. Du moins, c’était cette conviction qui l’avait poussée à apprécier chaque moment de sa vie pour en garder des saveurs plus sucrées et plus douces les unes que les autres… Mais il fallait croire que certains souvenirs méritent d’être oubliés pour permettre à l’être humain d’avancer et elle regardait dédaigneusement la petite fille candide qu’elle avait pu être.

Les paupières fermées, elle aurait aimé que le temps se fige à tout jamais en une seule journée pour ne pas avoir à s’arrêter. À mesure que ses doigts couraient sur le piano, toujours plus volages, se réveillait au fond d’elle un vieux fantasme, commun à tous les hommes. Tout ce qui est insaisissable est ce dont nous avons le plus envie et l’éternité faisait parti de ces éléments imprenables qui ne sont là que pour narguer les mortels comme elle.
Les dieux de l’Olympe hurlaient leur grandeur du sommet de la montagne, se riant des maux et des douleurs de chaque misérable humain qui peuplent le monde d’en bas. Eux possédaient l’immortalité, et cette immortalité leur conférait une suprématie absolue sur elle. Elle n’était pas l’égale des dieux, ou du Dieu.
Un seul Dieu, unique et inébranlable. C’était ce que lui dictait sa religion à laquelle elle croyait avec ferveur. Bien qu’elle ne témoigne pas de sa légitimité, sa foi lui assurait une place au Paradis… Ou au Jardin d’Eden, puisque tel était l’endroit où elle désirait réellement aller.
Ainsi, lorsqu’un bruit retentit derrière elle, qu’elle se retourna vivement pour découvrir celui ou celle qui avait brisé le silence et qu’elle découvrit des ailes dans le dos d’une fillette qui devait avoir dans les douze ans, elle resta figée sur place, incapable d’affirmer si ce qu’elle voyait était dû à un mirage ou s’il s’agissait de la réalité.

Immobile, il lui fallut quelques secondes pour assimiler les informations qui parvenaient en vagues inégales jusqu’à son cerveau qui tentait d’analyser avec une vitesse inhumaine la situation. Elle finit cependant par se lever pour s’approcher de la petite et, veillant à ne pas toucher ses ailes qui lui paraissaient irréelles, elle passa ses bras en dessous des siens, l’aidant à se relever.


« Tu ne t’es pas fait mal ? »

Demanda-t-elle gentiment. Elle avait tutoyé la petite fille, ne se voyant pas vouvoyer une personne qui soit plus jeune qu’elle et n’avait donc pas l’impression de passer pour impolie. Elle adressa un léger sourire à l’inconnue, ses yeux s’attardant une nouvelle fois sur les deux ailes avant de se focaliser sur son regard… Elle essayait de ne pas montrer trop d’insistance sur cette singularité, son éducation ne le lui permettait pas malgré sa curiosité dévorante.
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MessageSujet: Re: Douce Musique [PV]   Mar 28 Oct - 4:56

** Cass’, c’est quoi cette idée de sortir tes ailes à tout vent, des plans pour te faire démasquer. Déjà que tes cheveux roses ne passent pas très inaperçus… T_T **
* Bah oui, tu crois que j’ai fait exprès? T’es bête Conscience, je suis seulement tombée, c’tout. Au fait, Conscience, c’est vachement laid comme nom… si je t’appelais Marthe. Marthe, c’est joli, non? *_* *
** T_T **


Bah oui, malgré sa fantasque tentative pour paraître désinvolte, elle s’était lamentablement écroulée de tout son long sur le sol, juste devant l’ouverture de la porte. Et, malheureusement, lors de son choc avec le sol, elle avait laissé échapper un petit cri de surprise et, sans le vouloir, ses ailes étaient apparues. Pratique… Au moins, elles étaient jolies. ‘Fallait bien trouver un point positif, non? M’enfin, jolie ; elle n’avait jamais eu l’occasion de les comparer avec celles d’un autre ange mais, elle, elle les trouvait belles. Après tout, elle était déjà parfaite alors, c’était d’une banale normalité que ses ailes soient du même calibre que le reste de son corps, non? Ses petites ailes roses, presque immatérielles, se terminant en petites pointes courbées, battaient doucement dans son dos alors qu’elle essayait de se relever mais, ses efforts étaient inutiles. De toute façon, mais si elle s’était envolée, sa tête aurait violemment heurtée le plafond et, elle n’aurait pas plus été avancée…

Alors qu’elle allait tenter une autre (fantastique) manière pour se relever, elle vit une main s’approcher d’elle et, à cette main, se rattachait, bien sûr, un corps. Corps qui, avait deviné Cass’, par son incroyable sens de déduction phénoménale, son intuition féminine sûrement, appartenait à la personne précédemment assise au piano, qui trônait fièrement au centre de la pièce. Bah oui, c’était une extra-lucide, la petite. Surtout lorsqu’on tenait compte du fait qu’elle avait clairement vu la jeune fille au piano se lever de son banc pour venir la voir mais bon, elle perd un peu de son charme lorsque ce (léger) détail est exposé au grand jour alors, pour son bénéfice personnel, nous nous en tiendrons à l’explication, la plus rationnelle bien sûr, selon laquelle elle aurait certains pouvoirs mystiques lui permettant de déterminer ce genre de choses… Si si, j’vous l’jures.

M’enfin, ces mains, oui, elles étaient maintenant deux, l’aidèrent joliment à se relever et à ainsi effacer sa gênante incartade précédente, lui redonnant son habituel voile de grâce qui l’accompagnait, généralement, à chacun de ses déplacements. Généralement… Bah oui, autant laisser le peuple rêver et s’imaginer que le petit ange fait partie de la même classe sociale qu’eux, pour ne pas les gêner et, que, complètement intimidée par l’indéfectible allure exceptionnelle qu’elle arbore en tout temps, en vienne à se suicider, ne pouvant continuer à vivre dans ce monde cruel qui ne leur avait donné que des défauts. Cass’ est trop bonne, je sais… Maintenant debout, elle en profita pour épousseter candidement la poussière qu’elle avait accumulée sur sa jolie robe, en tombant disgracieusement sur ce sol nu. Dans un léger mouvement de tête, elle rencontra alors le visage qui se rattachait aux mains graciles qui l’avaient sauvée précédemment et, rencontrant de magnifiques yeux marron, elle esquissa un sourire. Bah oui, même si c’était les mains qui avaient tout fait, autant remercier la tête également. L’égalité, c’est l’avenir du monde et, comme elle n’était pas ingrate, elle en profita pour se montrer condescendante envers cette tête, bien moins jolie que la sienne bien sûr, mais, tout de même attrayante.


« Nan, tout va bien. Merci. » Elle sourit allègrement, encore une fois, pour appuyer sa déclaration.

Alors qu’elle plaçait ses cheveux d’un air désinvolte, elle capta le regard de l’inconnue qui jugeait, inévitablement, ses ailes. D’un côté, c’était tout à fait normal, pour un humain, de s’étonner à la vue d’une fillette aux cheveux roses dotée d’ailes ; elle ne devait sûrement pas avoir la chance d’avoir trouvé son protégé. Pauvre petite. Mais bon, malgré tout, elle devait tout de même les cacher. C’était pas comme si elle avait envie de se faire regarder de travers toute la journée… Elle se concentra et, comme elle l’avait déjà fait auparavant, elle chassa toute lumière de celles-ci. Techniquement, elles étaient toujours là ; elle pouvait toujours voler si elle en avait envie et, elle pouvait même les toucher si elle le voulait. Elles étaient seulement invisibles à l’œil humain, comme aucune lumière ne les frappait, elles étaient impossibles à voir… Bah oui, c’était pas comme si elle aurait pu les faire disparaître momentanément ; elles faisaient maintenant parties d’elle, de son anatomie. Vous pouvez vous faire disparaître un membre? Non. Eh bien, elle n’était non plus. Ses capacités surnaturelles aidaient simplement le processus de camouflage. Pour tenter de rendre la chose plus naturelle, dès la seconde où elles commençaient à devenir transparentes, Cass’ fit, gracieusement bien sûr, voler ses cheveux à l’aide d’un habile geste du doigt. De par sa maîtrise du geste, on savait qu’elle était une habituée des techniques de séduction. Déjà à douze ans, c’était une séductrice aguerrie! Cependant, ne vous y méprenez pas, elle ne voulait en aucun cas séduire l’inconnue, non non. Après tout, si elle essayait de séduire les filles, son (fantastique) Top Garçons n’aurait plus raison de vivre et devrait, honteusement, se transformer en Top Filles. Mouin, ça sonnait déjà moins bien… Elle devrait peut-être suggérer l’idée à Tristan d’en créer, non? Ça pourrait toujours être pratique. Bref, son geste n’avait servi qu’à subtilement diriger son attention autre part que sur ses ailes qui disparaissaient tranquillement…

« C’était toi qui jouait de la musique? C’était vraiment très beau. Aussi beau que ma voix, d’ailleurs. » Son ton était convaincue, aucune trace dans celui-ci ne laissait croire qu’elle venait, à l’instant, de rendre sa paire d’ailes invisibles. « On devrait jouer ensemble. Lorsque je chantais, les notes s’accordaient parfaitement ensemble comme… comme si nous étions destinées. » Elle ouvrit de grands yeux à cette dernière déclaration, pour lui donner plus d’impact.

Contournant doucement la jeune fille, elle trottina gaiement jusqu’au piano et, dans un geste immuable de grâce incarnée, elle prit place sur le banc, fredonnant allègrement la mélodie de sa fantastique chanson qui était, ne le cachons pas, exceptionnelle. De telles paroles étaient tout simplement divines et, seul un être pourvu d’une intelligence supérieure à la moyenne pouvait concevoir une telle harmonie des mots et des rythmes.

« C’est un beau piano. » dit-elle d’un ton de connaisseur.

Bah oui, c’était une experte Cass’. Oui, elle n’avait pas été apte à reconnaître le type d’instrument qui jouait de la musique à son entrée dans la pièce mais, cette légère inattention n’enlevait rien à son incroyable culture musicale.
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Eden Northen
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MessageSujet: Re: Douce Musique [PV]   Ven 16 Jan - 19:38

Dieu.

Ce mot, si familier à son oreille réveillait en elle de vieux souvenirs liés à une église miteuse dans laquelle sa mère l’avait forcée à se rendre lorsqu’elle avait appris ce qu’elle avait fait. Son désir de purifier son enfant n’avait pas échappé à la jeune fille et elle s’était pliée, avec mauvaise grâce, à cet acte si désespéré d’une mère qui ne pouvait accepter que sa petite fille ait grandi et soit entrée dans le monde adulte avant qu’elle-même ne s’y soit psychologiquement préparée.
Rien n’aurait dû venir perturber l’éducation de son enfant et les règles qu’elle s’était évertuée, durant toute son enfance, à essayer de lui inculquer avaient été bafouées. Un homme seul, légèrement stupide et ayant juste les traits semblables à ceux des anges avait suffit à ce que tout son univers s’écroule. Si l’on s’en prenait à sa fille, c’était elle qui en pâtissait. Elle aurait à subir les commérages de ces dames de la haute société qui murmureraient dans son dos qu’elle n’avait pas su tenir une simple adolescente et qu’elle l’avait laissée livrée à elle-même aux bras d’un bellâtre qui l’avait abandonnée.
A cette pensée, sa main s’était resserrée autour du poignet d’Eden qui avait grimacé et elle l’avait traînée de force dans le confessionnal où elle s’était retenue avec peine d’écouter ce que la jeune fille disait au prêtre. Après cela, l’adolescente avait écopé d’un sermon dans lequel sa mère avait mentionné les anges, purs et éternels, qu’elle avait décrit comme étant des êtres auréolés d’une lumière brûlant le regard et tellement divins qu’il était impossible de soutenir leur vue sans rougir de honte d’être si banal.

L’évocation de ce vieux souvenir arracha un maigre sourire à la jeune fille qui regardait la petite fille se redresser. Un ange. Elle n’avait jamais imaginé qu’il puisse exister des enfants pourvus de ces deux ailes qui marquaient la sainteté. Et, plus encore, jamais elle n’aurait pu accepter l’idée qu’un de ces êtres venus des cieux fusse assez clément pour daigner honorer de sa présence de simples mortels.
Cette confrontation entre ses croyances et la vision de la petite fille déclencha une vague de frustration qui l’empêchèrent de parler pendant quelques minutes, la laissant sans voix, alors que les ailes disparaissaient sans qu’elle s’en aperçoive. Le réel lui paraissait tellement invraisemblable qu’elle accusa son esprit de lui jouer de mauvais tours. Elle ne pouvait pas accepter l’idée que ce qui était en train de se dérouler sous ses yeux puisse être vrai. Ce qu’elle touchait, ce qu’elle voyait, ce qu’elle ressentait, tout n’était que mensonges et calomnies.
Il était impossible – voir même absurde – qu’une petite fille ait l’étoffe d’un ange. Dans son imaginaire, les anges n’avaient pas de visage, pas de traits se tordant sous l’effet de différentes humeurs et adoptaient encore moins l’aspect d’une enfant.
L’ébahissement qui se peignait sur les traits d’Eden disparut, cependant, bien vite lorsqu’elle comprit que son silence prolongé pouvait s’avérer gênant.
Son regard se focalisa sur une nouvelle singularité qu’elle n’avait pas remarqué, trop obnubilée par la surprise qui découlait de la découverte d’ailes dans le dos d’une petite fille. Celle-ci avait les cheveux rosés, couleur peu commune qu’elle n’avait jamais croisée… Mais elle se força à maintenir ses lèvres closes, consciente que le fait d’engloutir la jeune ange sous des questions n’ayant aucun sens aux yeux d’Eden ne l’aiderait pas à appliquer cette politesse si sévère que sa mère s’était forcée à lui apprendre et à lui faire appliquer au cours des dernières années… Et ce n’était pas parce que sa si stricte génitrice n’était plus à ses côtés pour surveiller les moindres de ses faits et gestes qu’elle pouvait se permettre d’être grossière.

La jeune ange prit la parole, vantant les mérites d’Eden pour ensuite parler des siens, évoquant sa voix sans pareille. Cet ego démesuré permit à la jeune fille de se détendre et de se rasséréner. Les ailes n’avaient été qu’une chimère crée par son imaginaire et elle se trouvait face à une petite fille qui semblait tout à fait normale. Ce fut plus confiante qu’elle suivit l’enfant jusqu’au piano qu’elle venait d’utiliser, s’asseyant à ses côtés sur le banc.


« Oui, mais il est ancien. »

Elle avait noté en arrivant la peinture qui commençait à s’effriter et le son qui était sorti de l’instrument avait confirmé ce détail qui ne dérangeait pas la pianiste. Elle préférait les vieux piano, qui avaient déjà fait leurs preuves, aux neufs qu’il fallait encore accorder et sur lesquels l’on devait s’exercer durant un temps non négligeable avant de retrouver les sensations que prodiguait l’ancien piano.
Se détacher d’un piano était, pour Eden, comme perdre un ami et, si elle l’avait pu, elle aurait aimé posséder un piano qu’elle n’aurait pas à quitter lorsque celui-ci aurait fait son temps. Il était idiot de s’attacher à un objet qui n’était pas animé d’une vie propre et légèrement mélodramatique de vivre cette séparation comme une déchirure, mais la jeune fille naïve qu’elle avait été avait aimé chacun de ses pianos et les avaient usés jusqu’au bout, rognant jusqu’à la dernière étincelle de vie de l’instrument, prête à tout pour les garder un peu plus longtemps.
Elle constatait à présent combien elle avait pu se montrer stupide. C’était cette compassion immonde qui l’avait perdue. Cette capacité à aimer sans compter, à ne pas savoir réfréner ses envies pour ne pas effrayer. Peut-être lui avait-elle fait peur et qu’il s’était enfui, apeuré face à une pression trop intense qu’elle exerçait sur lui sans s’en rendre compte.


« Est-ce que ça te plairait qu’on essaie de s’accorder ? Toi en chant et moi au piano. »

Sa proposition lui était familière et les réminiscences de ces longues soirées enfermée dans la salle musique du manoir Northen lui sautèrent à la figure, la prenant de court. Ses longs doigts fins étaient tout ce qui avait su combler le vide de sa vie, tout ce qui avait pu remplir ces heures perdues à ne rien faire sinon flâner dans les couloirs, regardant sans vraiment regarder et parlant sans comprendre le sens même des mots qui s’échappaient de ses deux lèvres qu’elle était pourtant persuadée de maintenir indéniablement closes.
Avait-elle le droit de jouer avec quelqu’un d’autre ? … Pour quelqu’un d’autre ? Devait-elle accorder ces moments d’intimité à une autre personne qui lui, emprisonnant les souvenirs qu’elle chérissait et haïssait, prisonnière d’un cercle vicieux duquel elle ne pouvait pas s’échapper.
Il lui avait coupé les ailes, faisant d’elle un oiseau déchu, incapable de voler pour atteindre le soleil, incapable de continuer cette course sans fin qu’elle avait entamé contre lui. Elle était tombée dans le piège et s’était arrêtée, attirée par les plaisirs terrestres et avait renoncé à cette vie volage et sans attaches qu’elle avait menée jusqu’à son arrivée.

Son index appuya inconsciemment sur une touche, la tirant de ses réflexions. Il était absurde de penser qu’il la surveillait toujours et, pourtant, elle ne pouvait s’empêcher d’espérer que ce fusse toujours le cas, qu’il continuait à être là sans qu’elle ne s’en rende compte et, qu’un jour, il surgirait pour la faire à nouveau rentrer dans son jeu. Ce jeu interdit qui l’éloignait un peu plus chaque jour du jardin d’Eden auquel elle aspirait et auquel elle renonçait, simplement pour avoir droit à une dernière caresse, à un dernier baiser.
Elle pinça les lèvres et appuya sur une nouvelle touche, réfléchissant à ce qu’elle pourrait interpréter.


« Je vais jouer la même chose que tout à l’heure… Comme ça tu me feras entendre ta propre musique. »

Déclara-t-elle.
Ses dix doigts s’élevèrent légèrement pour retomber sur les touches du piano, virevoltant au gré des notes, allant où bon leur semblait, suivant scrupuleusement une mélodie qu’ils connaissaient par cœur.


« ... Si tu en as envie, bien évidemment. »

Il lui avait un jour demandé ce qui la terrorisait le plus, ce qui entraverait définitivement sa vie et l’empêcherait d’avancer. Elle avait d’abord penser que ce serait le fait de le perdre puis, après quelques secondes supplémentaires, elle avait finalement arrêté son choix sur le fait d’être dans l’incapacité de jouer. Elle devait jouer.

Toujours.
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