Nemausus

Nemausus. 17ème siècle. Après un bal masqué ayant mal tourné, la ville perd peu à peu pied... supporterez-vous la volonté divine ?
 
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 Marché conclu... Mais pas dans son sens classique...

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Lyle Uailean
Âme brisée et inhumaine
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MessageSujet: Marché conclu... Mais pas dans son sens classique...   Jeu 30 Oct - 22:34

Ce que je pouvais détester cette ville, plus spécifiquement cette atmosphère de joie naïve qui semblait planer sur cet endroit malgré les drames qui se déroulaient sous leurs yeux… Et depuis que, de rage, j’avais exécuté le dernier livreur qui était venu à la prison, il fallait que j’aille me charger moi-même de l’approvisionnement. Ne nous méprisons pas, je parlais ici bien sûr de l’approvisionnement du personnel. Les prisonniers, je m’en moquais comme de mon premier tué. Le personnel lui toutefois avait besoin de choses spécifiques pour bien fonctionner. Et encore là, certain gardiens et geôliers méritaient plus de considération que d’autres. Les plus zélés d’entre eux (il faut comprendre ici les plus cruels et les plus dévoués à ma personne évidemment) recevaient davantage de denrées que les autres. Il fallait se montrer… Persuasif pour maintenir une bonne collaboration avec ses meilleurs éléments. Oh bien sûr j’aurais pu les terroriser pour faire plus simple mais c’eut été stupide. On ne maltraite pas le bon personnel. Ce sont eux qui fomentent les rébellions autrement. Mais je n’avais pas à m’en faire, non… Ceux là me suivraient en enfer si besoin était. Il était… Si simple de réveiller les instincts primaires et animaux de mes confrères et consoeurs humains… Enfin, il fallait un milieu d’isolement complet comme une prison pour y parvenir mais ce n’était pas impossible… C’était justement pour cette raison que la prison était si efficace, si redoutable et si craint par la population… Même si nous répondions de la caserne et de son commandant, nous avions toutefois une très grande marge de manœuvre. Oh je ne me faisais pas d’illusions, le commandant ne m’aimait pas, loin de là mais il ne pouvait nier mon travail. En fait… Je pense que je faisais partie des rares personnes qu’il détestait ce qui était exceptionnel. Que voulez-vous, lui voit les choses avec humanisme et optimisme, ce qui n’est pas mais alors là pas du tout mon style. Et lui qui se veut si juste et si bon… moi je préférais et de loin être crains et haïs, c’était bien moins de trouble pour un être… pour quelqu’un d’aussi brisé que moi. Mais après tout, cette logique ne faisait de sens que pour les gens comme moi qui chevauchaient perpétuellement la mince ligne entre raison et folie… Et je n’étais pas prêt de refaire un jour une différence marquée entre les deux. Un cas perdu, comme on dit, genre de personnes qui d’habitude, ironie du sort, finissent entre mes mains et mes instruments de torture… Une épave humaine sans âme en quelque sorte.

Mais revenons-en à ces fameuses emplettes. Il me fallait bien passer par les rues de cette ville et à ma plus grande horreur, il y avait des gens à l’extérieur. Ne pouvaient-ils pas travailler comme tout le monde? Je détestais els gens et encore plus la foule. Ces gens si normaux alors que moi j’étais défiguré, une grotesque parodie d’être humain forcé d’être couvert de la tête aux pieds pour atténuer les douleurs causées par l’air ambiant et la lumière… même ceux qui avaient des handicaps avaient plus de chance que moi entier mais dans un si triste état… Autant vous dire que je ne m’attardais pas de kiosques en kiosques au marché, bousculant ceux qui se trouvait sur mon passage, jetant l’argent à la face des commerçants, n’adressant mot à personne. Enfin… Jusqu’à ce que quelqu’un me fasse tomber. Quelle douleur mes amis que ce choc quand mon corps déjà en triste état percuta le sol avec violence… On m’aurait plongé dans l’huile bouillante que la chose n’en aurait pas été si différente… Elle aurait peut être été moins pire, la douleur ayant été répartie uniformément sur tout le corps… Je ravalai une exclamation de douleur et me relevai pour invectiver le pauvre commis, véritable furie d’injures à l’encontre du pauvre malheureux. Je sortis mon épée fouet, bien décidé à prendre la vie de cet être pitoyable devant témoin s’il le fallait pour avoir osé me causé pareille souffrance. Hélas, trois fois hélas, quelqu’un s’interposa…
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MessageSujet: Re: Marché conclu... Mais pas dans son sens classique...   Sam 8 Nov - 9:42

En ce jour, les nuages qui n'avaient jamais quitté la ville, se contentaient de freiner la course des rayons du soleil, sans jamais ce décidé à crever en pluie, ce qui, à Nemausus pouvait être équivalent à un temps radieux. Et comme toujours par temps radieux, la place du marché était bondée. Des foules d'inconscients se déplaçant dans cette masse, sans même songer qu'à quelques pieds au-dessus d'eux, assis sur le rebord d'un toit, un regard turquoise les scrute. Et quand bien même s'en douteraient-ils, ils seraient bien incapables de voir Eynalem dans ses riches vêtements, aussi voyants soient-ils.
Décidément, il adorait pouvoir se soustraire à la vue des humains, pouvoir marcher parmi eux sans qu'ils ne soupçonnent sa présence, ce qui faisait planner sur chacun d'eux une épée de Damoclés en permanence, qu'une parole pieuse, qu'une prière quitte leur bouche, et ce seraient les flammes qui viendrait apporter réponse à leurs demandes. Car nul en Nemausus ne devait plus adorer ce Dieu, il l'avait décidé, et un jour cet être immonde serait banni de Nemausus. Alors seulement, Anges, humains et esprit trouveraient la paix.
Ainsi, ressassait-il sans fin ce but dans sa tête depuis près de cent ans et à chaque fois, c'était avec plus de haine et de jubilation qu'il caressait l'idée de victoire. De faire de Nemausus la capitale du pêché. Un lieu ou même Dieu ne se sentirait pas à sa place.
Mais cette rêverie pris rapidement fin, car quelque chose dans la foule attira son attention. Quelque chose que l'on répugnerait à appeler "une personne", à savoir le gérant de la redoutable prison de Nemausus, pour ainsi dire, un partenaire d'Eynalem, lui aussi lançait souvent des défi à Dieu, lui aussi se révoltait contre son triste sort, lui aussi avait choisi le sang pour se venger, et se servait de sa prison comme arme. Comment savait-il tout ça? Hé bien, un esprit entre et sort de n'importe quel bâtiment comme bon lui semble, il n'est ni garde, ni serrure qui saurait l'arrêter. Ainsi, il avait déjà remarqué ce reste d'humain qui prenait plaisir à causer d'affreuses souffrances à ses pensionnaires. Il s'était même permis d'ajouter en secret sa touche personnelle à son travail, même pour les bagnards, la prière est interdite. Ainsi, on trouva de nombreux cadavres calcinés aux main jointes dans leur cellule. Paradoxalement, il lui était arrivé de relâcher certain des plus dangereux criminels de la ville. Pour qu'ils continuent à répandre leur mal dans les ruelles.

Pour tuer l'ennuie, peut-être serait-ce une bonne idée d'aller apparaître à ce presque-homme. Ainsi, Eynalem se laissa descendre de son perchoir, et s'enfonça dans la foule, invisibles aux regards de tous, exception faîte de sa cible qu'il suivait à présent, et il ne fallut pas bien longtemps pour rattraper l'individu, et d'une violente bousculade, l'envoyer à terre se tordre comme une limace.
Fou de rage, il se releva, tirant son épée, en injuriant Eynalem, qui ne s'était même pas retourné vers lui, lui présentant ainsi pour toute réponse son dos et sa chevelure blonde.
Alors que le directeur de la prison s'apprêtait à frapper sans succès, un homme intervînt, un garde surveillant le marché:

"Monsieur, rangez votre arme, et puis, peut on savoir à qui vous vous adressez? Vous êtes tombé seul..."
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Lyle Uailean
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MessageSujet: Re: Marché conclu... Mais pas dans son sens classique...   Mar 11 Nov - 3:40

« Écoute-moi bien avorton rachitique. Sache que Lyle Uailean ne tombe pas tout seul, il est bien trop fort pour cela. Moi je te dis que quelqu’un m’a fait tomber et ce quelqu’un est là. Devant moi. Et si tu ne le vois pas… C’est que cette immondice se cache. Tu n’écoutes donc pas les nouvelles et les rumeurs, imbécile? On dit à mi voix que de terrifiants esprits rôdent dans cette ville, la malédiction de Nemausus, ça ne te dit rien? Idiot! Je te cracherais bien à la figure mais je gaspillerais ma salive… »

Répliquais-je d’un ton assassin qui n’admettrait aucune réplique. Déjà en partant ce garde devait être idiot pour s’adresser ainsi à moi. Ou alors c’était un des gentils et aimables défenseurs de citoyens du commandant, un de ces idiots à qui on apprenait la politesse et le sens civique… Mais je ne rêvais pas, celui qui m’avait fait tomber me présentait son dos… Et l’envie de lui planter ma lame entre les deux me passa bien vite quand je pris conscience de la délicieuse ironie de la chose. Enfin, il y avait du mouvement dans tous ces acteurs du surnaturel mais ce n’était pas exactement le genre de nouvelle que j’aurais voulu recevoir. Plus spécifiquement, pour un premier contact, c’en était fort désagréable. Mais bon. Au moins j’étais sûr que mes actes n’étaient pas restés totalement sans spectateurs et qu’après les récents événements dans ma vie, les résultats étaient loin d’être si hors de mes attentes que cela. D’un geste impérieux, je congédiai le garde, rangeai mon épée et prit la parole. Après tout, passer pour un fou me laissait de marbre : on le disait bien suffisamment dans cette ville pourrie.

« Non mais à quoi tu joues, petit être surnaturel qui se donne des airs? Tu penses me faire peur, m’intimider, que je vais me subordonner à ta personne parce que tu m’as poussé? J’espère bien que non parce que sinon tu serais un parfait fanfaron et donc inutile à ce que moi je voudrais bien faire. Pour ton information, quand je forme une alliance, c’est en des termes égaux. Et je ne vois pas pourquoi un être dans ton genre viendrait me déranger. J’écoute les prisonniers parler, ils parlent d’anges envoyés par Dieu. C’est ce qu’ils disent avant de perdre la vie évidemment. Mais toi… Toi tu es un démon envoyé par le diable c’est clair. Ça faisait un moment que je me demandais quand les gens de ton espèce se montreraient car les prisonniers, à mon grand désarroi… Ne parlent pas de vous. Et c’est détestable. J’en ai plus qu’assez de les entendre parler de Dieu. On dirait que plus j’en exécute pour oser embrasser cette foi pathétique, plus ils s’entêtent à croire. Mais qu’importe, je viderai cette prison si nécessaire pour éteindre la flamme de leur foi! »

Oh bien sûr, tous les prétextes seraient bons pour exécuter davantage de prisonniers, encore plus, toujours plus… Mais mon interlocuteur n’était pas obligé de connaître ce détail par contre. Loin de là. Après tout… Moins on en sait et mieux l’on se porte disait le proverbe. Et avant d’en dire plus sur le sujet à cet être, car je me moquais bien que le monde entier l’entende car c’était de notoriété publique, je préférais et de loin avoir une petite idée des ses intentions à lui. Histoire de savoir quelle attitude adopter, quelle perspective choisir et bien sûr… Quel ton adopter. Car mon ton était révélateur de bien des choses, promettant tantôt mers et mondes, tantôt mort et agonie. Et même face à l’inconnu, je ne changerais pas d’attitude. On est ce que l’on est et changer pour quiconque serait aussi futile que stupide, aussi insensé que faible. Et j’étais tout, absolument tout (ou presque) sauf faible, quoi que quiconque puisse en dire. Et bien sûr, je n’avais pas froid aux yeux non… Autrement je ne serais pas là mais dans une église à prier pour le salut de mon âme…
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