Nemausus

Nemausus. 17ème siècle. Après un bal masqué ayant mal tourné, la ville perd peu à peu pied... supporterez-vous la volonté divine ?
 
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 « Elle avait enfin une identité à Nemausus. » [edit Uriel: Ok]

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Louise de Léry


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MessageSujet: « Elle avait enfin une identité à Nemausus. » [edit Uriel: Ok]   Lun 3 Nov - 15:05

Il faut cliquer sur les « # » pour accéder à la fiche de présentation et à la demande d'habitation.


    Devant la porte du secrétariat, Lou eut une pensée pour ses parents. Eux aussi, ils étaient recensés, à Nemausus. Et si tout ça n’était qu’une cruelle blague ? Une blague destinée à nous faire croire que l’on pouvait choisir. Alors qu’en vérité, ils choisissaient à notre place ; que nos professions, nos aspirations, nos envies nous étaient guidés par leurs mains, leurs esprits. « Allons bon, ressaisis-toi, pauvre ignorante, qui donc aurait ce pouvoir, se sermonna Lou à travers son crâne, seul Dieu peut ça et tout le monde sait qu’Il est juste et bon. Qu’Il ne décide pas à notre place, ou juste ce qu’il faut faut, alors. » Lasse de ces tourments invisibles, Lou franchit le seuil de la pièce, laissant derrière elle ses doutes et .. son libre-arbitre. Elle savait quoi faire et laissait son corps agir en tout liberté. Comme si son cerveau s’était mis en pause, pour faire une sieste réparatrice. Chut, laissons faire ce stupide corps, qui allait scellé le destin de la jeune Louise de Léry.

    Lou s’avança prudemment, marchant à petits pas lent dans ses bottines noires. Un des lacets se détacha et elle dû se baisser pour le rattacher. En pliant ses genoux, sa robe émeraude au col blanc dentelé laissa apparaître le deuxième jupon, d’une couleur blanche, immaculé. Le tissu était d’une simplicité affligeante, mais Lou n’assistait pas à un bal masqué ¹ , elle allait juste se faire recensé. Le corset qu’elle portait lui faisait horriblement mal dans cette position. Courageuse, elle serra la mâchoire comme une enfant chez le dentiste. Elle termina de nouer le satané lacet. Une fois debout, elle tira un peu sur sa robe verte et ajusta son corset. Elle inspira et expira bruyamment et, d’un seul coup, sembla aller mieux. Vite, Lou se dépêcha d’avancer vers uns des bureaux de recensement.

    Recensement nm dénombrement officiel des habitants d’une ville, d’un village.

    En se remémorant la définition qu’elle avait lu dans un dictionnaire français, le mot « recensement » perdit de sa grandeur. Pourtant, ce mot et ce qu’il comportait d’importance fascinait Lou. Et si elle décidait de ne pas se faire recenser ? Son nom resterait-il perdu à tout jamais ? Elle deviendrait la femme – non, la personne aux milles visages ; ou, au contraire, elle serait poussière, une chose sur laquelle on marcherait sans s’en rendre compte, sans s’en soucier. « Et voilà que mes résolutions partent en feu et en cendres ² , se lamenta songeusement Lou. » Elle redressa ses épaules et attendit que le secrétaire lui propose de prendre place. L’homme en question était âgé et n’avait que très peu de cheveux, qui retombaient lamentablement sur son large front. Pourtant, son visage émanait de bienveillance et était rassurant. Lou ne pût s’empêcher de secouer de façon qu’elle voulait négligente sa lourde chevelure brune, aux reflets de miel. « Promis, j’irais me confesser pour expier ce pêché d’orgueil, se rassura-t-elle. »

    Enfin, d’un geste dédaigneux de la main, le vieil homme lui demanda de s’asseoir sur la chaise en bois brut qui se trouvait derrière Louise. Le siège était recouvert de velours rouge, que Lou caressa tendrement. Chez elle aussi les chaises étaient recouvertes de velours confortables. Comme par miracle, la peur et l’anxiété qui n’avaient cessé de la taquiner s’évaporèrent. Elle se sentit en terrain connu grâce – ou à cause – d’un malheureux meuble. Sur le bureau du secrétaire, des dossiers, ces feuilles précieuses s’éparpillaient en tas. En jetant un regard par-dessous ses paupières, Lou se demanda s’il les avait tous lu. Et si son dossier à elle, allait finir comme les autres. « Sûrement, pensa la jeune femme. » L’homme tira une liasse de papiers qu’il étala devant lui et Lou aperçut le torse de celui-ci se se soulever de fierté. Il n’y avait pas qu’elle qui allait devoir se confesser. Et cela la soulageait.

    Lorsque l’homme lui demanda de décliner son identité, Louise sursauta de surprise. La voix grave et bourrue attirait la sympathie. Cependant, Lou avait frissonné alors que le vieil homme commençait sa requête. Elle se rendit compte que l’air était frais dans la pièce et que les murs suintaient l’humidité. Ce devait être un vieux bâtiment. Finalement, elle aurait peut-être mieux fait d’emporter son manchon en fourrure de renard. La jeune femme sentait déjà ses doigts se crisper par la froid.

    « Il fait frais ici, n’est-ce pas monsieur. Vous n’avez guère de cheminée ?
    Ça ne répond pas à ma question, demoiselle
    , répondit l’homme. » La voix de ce dernier était devenue plus grave et moins chaleureuse. Lou avait franchit une limite, celle de la patience. Et de l’agacement. Elle se reprit et entama son lapsus de présentation, une habitude devenue machinale. « Mon nom est Louise de Léry. Je suis âgée de dix-neuf ans et j’ai pour métier celui de libraire. Mon père se nomme Quinn de Léry et ma mère, Nora. # » Lou vit l’homme attraper une plume et la tremper dans une encre violine et écrire en patte de mouche ce que récitait Louise. « Votre lieu de vie. L’endroit où vous habitez, corrigea-t-il, comme si Lou était une analphabète.
    Dans le quartier des prolétaires, monsieur. # » Lou affichait clairement une posture insolente, la poitrine cambrée vers l’avant, satisfaite d’avoir affiché une infime partie de son vocabulaire fourni.

    L’homme acheva de tracer les lettres qui formeraient des mots, qui, à leur tour formeraient des phrases puis des paragraphes et, à l’occasion une nouvelle. Ou un document administratif, sans valeur aucune autre que l’utilité administrative, justement. Lou retint avec douleur un soupir de mécontentement. Elle ne connaissait même pas le nom de son interlocuteur mais savait d’ores et déjà qu’elle le détesterait. Parce qu’il avait une enveloppe charnelle fausse et qu’en vérité, il n’était ni savant, ni sage et encore moins empathique. Lou se releva fébrilement quand le secrétaire eut terminé et s’enfonça avec une ferveur nouvelle dans les rues que la nuit avait obscurcies. Elle avait enfin une identité à Nemausus.



¹ Allusion au bal masqué qui valut la vie à d’innombrables personnes.

² Idem que le ¹.

Edit Uriel: Merci de ta fiche Louise, tu es donc à présent recensé. Tu peux voir tes informations sur le tableau récapitulatifs et aussi dans la liste des humains "libres" pour les anges. J'espère que tu trouveras rapidement le tien. Ton nom a aussi été inscrit sur le panneau d'affichage de la librairie ^_^Tu peux donc commencer à RP =) Bon Jeu !
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