Nemausus

Nemausus. 17ème siècle. Après un bal masqué ayant mal tourné, la ville perd peu à peu pied... supporterez-vous la volonté divine ?
 
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 Splendide et Morbide [May]

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Kim'
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MessageSujet: Splendide et Morbide [May]   Dim 23 Nov - 11:59

Il n'est pas bon de trainer la nuit pour la race humaine. Je hais les Hommes. Je ne peux vraiment pas les supporter. Tous autant qu'ils sont se confondent dans leur bêtise, leur ignorance affligeante, leur incapacité totale de profiter de tout et surtout de rien. Il leur faut toujours plus, bien plus que ce qu'il peuvent déja avoir en se foulant un tantinet plus. Remarque, c'est facile de dire ça... Moi qui ne suis plus tout à fait humain et pas tout à fait disparu. Depuis 1 sècle j'erre. Non, je n'erre pas... je sais, j'apprends, je contemple tout avec un regard nouveau et plus vrai. Je connais des choses que ces gens ne connaissent pas. Certes je ne peux plus ni boire ni manger, et je me passerais bien de mes pouvoirs trop grands pour moi. Mais de tout de même, j'existe encore. Pour le meilleur... et surtout pour le pire, il faut bien l'admettre. Marcher dans les rues au creux d'une nuit sans Lune. L'allée principale n'est remplie que de filles de joie, evidemment. Les marchands sont partis depuis un bon moment maintenant. Les pavés sont glacés, je les sens sous mes vieilles sandales. Pourtant je n'ai pas froid. Mes bras sont nus comme je n'ai pas de quoi m'acheter quelconque autre vêtement que les guenilles que je porte depuis trop longtemps. Je traîne les pieds au bout milieu de la rue. Sur ma droite, sur ma gauche déambulent des hommes silencieux, à demi-cachés dans l'ombre qui disparaissent soudain au detour d'une ruelle au bras d'une femme trop jeune pour eux. Je ralentis le pas. Quand l'argent me sourit, parfois, et que je me sens seul ou triste, je profite egalement de ces malheureuses. Parce que je n'ai d'autre chose agréable à faire, la nuit tombée. J'aime tuer le jour, la nuit c'est trop facile. Seulement cette nuit je me sens bien, et je n'ai pas de sous sur moi. Mais alors que je bifurque dans une rue plus petite, ça ne rate pas: Une femme, mature, s'avance vers moi. D'abord elle, puis deux autres, l'une rachetique autant que l'autre est enorme, le decolleté trop genereux, les hanches craquelantes dans un corset trop etroit, une longue cigarette au coin d'une bouche mal déssinée. Comme elles marchent à côté de moi, ou glissent, dirais-je plutôt, je suis forcé de ralentir. Je suis neutre, je regarde devant moi, les mains dans les poches.
- Et bien dis-moi, ce n'est pas un endroit où traîner la nuit hein ?
- Mais ouiii que va dire ta chère maman ?!
- Ben p'têt qu'elle fait le même métier que nous, pas vrai ?!
Elles partirent toutes les trois dans un rire tonitruant qui me cassa les oreilles. J'avancai toujours. Leurs gestes, à elles trois, commencaient à devenir vraiment agacant comme elles pasaient leurs mains grossières et gantées dans mes cheveux, dans mon dos ou sous ma vieille chemise. Les humains me degoutaient, preuve ajoutée à la liste déja longue de leurs perversités. Je dû m'arrêter, baissant la tête, la face blême mais sans expression aucune. J'esperai pouvoir me contenir. D'ailleurs je commencai deja à sentir en moi, au creux de mes entrailles une force gronder. Les trois femmes poussaient leurs caresses, me donnaient des claques sur les joues, peut-être pour que je me debatte ou je ne sais quoi.
- D'autant plus que tu es mignon, même du haut de ton p'tit àge.
- Tu sais, nous on aime les p'tit gars frais comme toi...
- Ouai c'est sûr, les vieux à force ça nous cause pu tell'ment.
- Aller, boude pas, pour toi on ne reclamera rien !

- Ne m'enervez pas...

Et allez donc, c'était reparti pour une grosse poilade. A laquelle je ne participai pas. Elles riaient tant qu'elles se tapaient dans le dos, dans le miens aussi. J'etouffai un souffle de douleur. Elles avaient une sacrée poigne... Ravis de les avoir fait marrer. Si seulement elles savaient que je disais vrai. Pourtant, malgré mon avertissement, elles continuèrent de m'encombrer de leurs caresses mi-violentes, mi-préssées, de me murmurrer des obscenités à l'oreille, me jurant tour à tour que je devais être doté de talents cachés. Oui justement ! Des talents j'en avais. Mais pas forcement ceux qu'elles s'imaginaient dans leurs crânes plein d'eau et de vice. Je ne faisai toujours rien. Mis à part que je venai de sortir mes poings de mes poches et qe je les crispai jusqu'à faire blanchir les jointures de mes doigts. Elles durent s'en appercevoir.
- Ben quoi, t'veux pas venir avec nous mignon ?
- Tant pis pour toi alors...
- On va être obligées de se servir soi-même.

- Ne me forcez pas à répéter.

Cette fois-ci elles ne plaisantaient plus. Et moi de même. M'entraînant de force dans un coin sombre de la ruelle, je me laissai faire, traîné sur les pavés à l'abris des regards, puis jeté dans les ordures. Les trois femmes, immondes dans leurs péchés, se frottaient presque les mains. C'est à peine si je ne les voyais pas passer leurs langues sur leurs lèvres peintes, comme un chat s'appretant à devorer un malheureux piaf. C'est la grosse femme qui s'avanca vers moi, alors que je tentai en vain de me relever. Son visage n'avait soudain plus rien de comique. Elle montrait les dents. Je savais ce qu'elle voulait faire. Pas forcement du côté physique... Mais psychiquement parlant. Sur moi, elle désirait passer ses colères. Tout ce que les hommes avaient pu lui faire de sadique, terrible, outrageant... elle allait me le faire payer. Parce que j'étais une proie facile, parce que je n'allais rien dire. Parce que j'étais un homme, evidemment. Juste avant qu'elle ne meurre, je sentit apparaître en moi un écran de fumée empreint de sympathie, de compassion. Mais je la tuai. Comme je me promenai toujours avec un couteau dans la poche, j'avais agité mes doigts dans le vide, le guidant derrière elle. Un râle de puissance s'echappa de moi tandis qu'il s'enfonca violemment dans son dos dans un eclaboussement de sang. J'explosai ma colère dans des ondes de choc repetitives et fracassantes... Les bâtiments autour de moi en furent même ébranlés, tandis que dans un cri de douleur, provenant de moi, ma rage s'exorcisai d'un seul coup. A tel point que j'en fus sonné. Je tombai dans les vapes sous le coup d'un puissant vertige. Mon corps, mon enveloppe corporelle, était trop fragile pour la force qu'il contenait. Les grands esprits pouvaient parfaitement maîtriser leurs pouvoirs, tandis que moi, quand je les utilisais, je ne pouvais m'empecher de souffrir. Je repris pourtant connaissance quelques instans plus tard. Me relevant difficilement, tout tremblant, je sentis une nausée monter en moi. D'ailleurs je vomis au pied du mur. Je contemplai le morbide et splendide spectacle de la femme que je venais de tuer. Je repris mon couteau, planté entre ses homoplates, et, du bout du pied, retourna ma victime sur le dos dans un mélange de haine et de degout mélés. Doucement je m'accroupis près d'elle en rangeant ma lame dans ma ceinture.
- Je t'avais pourtant prevenu.
Ma main glissa le long de sa jambe, presque sensuellement, remonta le long de sa cuisse. Je cherchai quelque chose. Mais ne trouva pas. Ses poches étaient vides. Elle n'avait pas d'argent sur elle. Rageur, je me relevai et lui envoya un coup de pied dans les hanches, inutilement. Le craquement qui en resulta sonna jusqu'à mes oreilles. Elle avait de la chance d'être morte. Même pas foutue d'avoir, ne serait-ce qu'un billet sur elle. Je lui crachai dessus, et fit volte-face. Je me figeai soudain. Cette femme... n'avait pas été ma seule victime. Ce soir, trois étaient mortes. Dont deux que je ne désirai pas tuer. Je dûs palir, si possible. Une nouvelle nausée monta en moi et je m'appuyai d'une main contre le mur tandis que je fus pris d'une violente toux. J'avais tué trois femmes au lieu d'une seule. J'avais fait s'otter la vie de deux personnes sans le vouloir. C'était tout moi ça. Le revers de la médaille. Le côté monstrueux de mes pouvoirs. Trop puissants pour moi. Les ondes de choc avaient fait voler quelques briques, et avaient egalement coupés en plusieurs parties ces deux femmes... dont je ne saurai jamais le nom. Je me haissais quelques fois. Dans des moments trop tendres, j'étais capable de faire perde la raison aux autres. Sans le vouloir. Inversement, comme ici, lorsque la colère était maîtresse de mes actes. Je ne me controlai pas. Je souffrai, j'avais mal partout et dû me recroqueviller dans un coin de la rue, sentant deja s'elever dans l'air l'apre odeur de la mort. Malgré tout, d'un regard je pouvais observer ces chairs tailladées, ces yeux remplis d'effroi et ces bouches torduse qui plus jamais ne crieront d'horreur ou d'extase. Et mes forces se recouvrirent peu à peu comme je me nourissais de leurs peurs... de leurs atroces douleurs... Je me sentis un peu plus fort. Et pourtant quelque chose me perturbai. Je ne tardai pas à savoir quoi... Au bout de la ruelle, dans laquelle s'était accomplie ma sentence machiavelique, se tenait quelqu'un. Une personne qui avait dû observer toute la scène, ou une bonne partie, en tout cas... J'étais encore trop faible pour distinguer quoi que ce soit, et egalement pour m'enfuir d'ici. Aussi je m'immobilisai. J'attendai.


Dernière édition par Kim' le Ven 28 Nov - 21:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Splendide et Morbide [May]   Mar 25 Nov - 23:21

[Puis-je?]


La nuit, la grande allée devient souvent un endroit de prédilection pour certaines personnes. Peu de personnes empruntent ce chemin lorsque le soleil se couche, comme si le chemin qui menait vers Nemausus devait être caché le soir, ne donnant envie à personne de rebrousser chemin pour partir. Mais la petite ville n'était qu'un village où personne n'avait envie de partir. On y restait pour des raisons beaucoup trop profonde sans vraiment y réfléchir. Peut-être avait-elle une âme qui retenait fermement tous les nouveaux arrivants à s'installer le plus vite possible pour s'y encrer durablement.

Alors dans cette nuit tout aussi profonde, pensais-tu que je ne t'avais pas vu? Toi qui te faisait remarquer par ton aura si instable et par ta taille physique si petite. La grande allée à quelque chose de trop voyante par rapport aux ruelles malfamé où mon siège régnait. Senlÿs était la maison de passe qui n'avait rien à voir avec les trottoirs sans fierté où les femmes gambadaient sans la moindre pudeur. Sans la moindre grâce, sans charme, sans rien. Elles n'avaient rien pour elle, ne serait-ce que des atouts qu'elles ne savaient jamais mettre en valeur et c'était pour cette raison que je ne les avais pas accepté chez moi. Au contraire de la rue, ma maison respirait la témérité, la fierté d'être une femme et de se faire languir avant de toucher qu'une seule partie d'une peau qu'on ne mettait qu'à nue peu souvent.

Alors dans cette nuit toute aussi fière, j'étais là, adossé au mur d'une bâtisse datant de plusieurs siècles déjà. Certainement la bibliothèque en reconnaissant ses aspérités qui se posaient le long de mon dos nu. Faisait-il froid? Je n'en avait cure, ma force me tenait assez chaud ainsi. Ma venue dans ses lieux n'était pas sans raison mais ta silhouette m'avait attiré bien autre part dans cette allée. Les passants se faisaient plus rares alors que tu t'étais aventuré plus loin, quelques femmes te bousculant dans une ruelle qui la coupait comme toutes les autres. Ton aura me fit frémir, par son instabilité que je pouvais saisir des bouts des doigts. Tu semblais être jeune, si jeune que je m'en délectais d'avance. Et si je n'avais pas décelé tes intentions avant, j'aurais pu te prendre comme un simple victime de ses femmes sans féminité naissante. Pourtant, je t'avais suivit pour rester à une distance raisonnable de ta personne, beaucoup trop ambitieuse de savoir ce que tu allais faire. Je voulais te voir réagir mon petit, je le voulais ardemment. Et tu ne m'avais pas fait languir très longtemps, attaqué par les assauts de ses 3 femmes aux corpulences exécrables. Les pieds joints et les mains noués devant moi, j'observais la scène qui se fit d'un rouge aussi sanguinaire que mes propres iris. Cette vue aurait presque put me faire gémir d'extase tant la haine se voyait sur le bout des doigts. Tu étais aveugler par la colère, la haine qui brillait à chaque éclat de ta lame. Elle tranchait les corps, les déchirait jusqu'à ce que ses humains ne furent plus que des loques molles.

Alors que tu semblais prendre conscience de tes actes dans un éclair aveuglant où tu t'affaissais près du mur, je ne pus que sourire de la vue que tu m'offrais à cet instant là. Je n'avais alors pas perçu à quel point tu semblais jeune mais ta violence pouvait presque atteindre ma hauteur et ma grandeur. Tu étais un esprit vil dans un corps vil. Un point commun, certainement plusieurs encore qui nous unissait tous. Ta jeunesse me passa alors sur le dessus de la tête lorsque ton regard s'ancra au mien sans que la moindre parole ne fut prononcer. Sur ton visage, plusieurs perles de sangs s'étaient agglutiné sous les coups que tu avais prononcé face à ses corps et tes iris auraient aussi pu faire concurrence si la peur ne t'avais pas accablé quelques instants auparavant. Serait-ce le premier meurtre que tu viens de commettre? Il fallait certainement fêter cela ... Mais tes forces redoublaient, par la peur que tu avais pu collecter de tes ex victimes. Tu savais t'y prendre de la bonne façon et un sourire naquit sur mes lèvres.
J'avançais alors d'un autre pas, dénouant mes mains pour laisser retomber mes bras le long de mes flancs. J'étais sobrement habillé pour une courtisane car la nudité n'est pas ce qu'il faut lorsqu'il faut plaire. La tentation si. Continuant d'avancer à la lumière de la seule lampe encore allumé dans cette rue, je te fis voir mes éclats de sang dans mon regard, te dépassant largement pour m'accroupir doucement près des corps. Mon doigt frôla alors une flaque naissante près d'une main inerte et je le déposais en bouche avant de me relever en claquant légèrement ma langue sur mon palais.


Ce sang est immonde ... murmurais-je

Ma démarche était sereine et d'esprit en esprit, tu devais comprendre que si nous avions des ennemis communs, nous devrions nous entendre. Pas forcément être ami, mais ne pas gaspiller des forces alors que nous étions égaux en toute circonstance. J'observais le succulent repas que tu venais de débiter à coté des corps avant de sortir mon éventail pour m'ôter cette horreur de la vue et des narines, laissant échapper l'odeur d'un sang que je n'avais plus dans mes propres veines.


Certaines femmes sont beaucoup trop sourdes pour écouter ce qu'on leur dise. N'use pas trop de ta salive la prochaine fois, cela ne sert à rien ... il faut agir en premier avant de parler sans rien faire.


Un conseil ou peut-être une meilleure façon de faire efficacement le travail pour en accomplir d'autres au plus vite. Au plus vite car cette peur dont il s'était nourrit, il allait bientôt en devenir accroc. M'éloignant des corps et me rapprochant du tien, je me posais devant toi avant d'esquisser un autre sourire qui n'avait rien de joyeusement chaleureux. Ta petite taille m'intrigua pourtant car avoir des pulsions aussi sadiques sans savoir les contrôler démontrait une rude histoire derrière pour en arriver à de telles choix. Mais cela n'était pas mon affaire aussi, je ne prenais que la responsabilité de mieux te guider pour l'avenir. Loin de vouloir te prendre sous mon aile car je savais que tu savais parfaitement te débrouiller tous seul à présent. Nous sommes tous indépendant tout en restant en contact avec tous les autres esprits pour des occasions très spéciales.
Tu m'intriguais et il fallait absolument que je t'ai sous la main pour que tu puisses accomplir des choses encore plus belle que ce soir. Mon regard ne se détacha alors pas de ton visage, aux traits qui devenaient de plus en plus paisibles depuis tes meurtres. Tu te nourrissais de leur peur petit à petit, comme une drogue que tu inhalais le plus lentement que possible pour en savourer l'entière subtilité.


Je te cherchais depuis longtemps Kim' ...

Ma main gantée de noir se posa alors sur le parapluie noir que j'avais replié depuis que je te suivais. Les dentelles en dépassant, j'aurais alors pu incarner la parfaite femme secrète et mystérieuse que les hommes raffoles. Mais mon but ce soir n'était pas dans ce luxe et ce plaisir. Il s'agissait de trouver un esprit jeune qui venait de faire ses preuves devant mes yeux et qui pouvait en faire tant d'autres si on lui donnait les cartes en main. L'autre main, d'ailleurs, quitta mon flanc pour s'élever dans l'air alors que mon regard se posait dessus. Une petite flamme remonta alors sur le bout de mon index pour venir sautiller sur tous les autres doigts, les réchauffant de la chaleur qui manquait en ce moins d'automne. Mais la chaleur n'était pas reposante pour de simples humains. Elle était étouffante alors qu'entre esprit, elle était le signe de reconnaissance. Elle laissait passer l'impatience et l'envie de réduire en cendre tous les humains qui pouvaient croiser son passage.

Ce petit jeu de feu éclaira alors faiblement ton visage ainsi que le mien, nous amenant dans une ambiance intime et qui n'était destiné qu'à nos pulsions. Mes doigts s'abaissèrent vers les tiens pour les frôler sans jamais les toucher de près ni de loin. Mes iris qui avaient alors reprit leur couleur naturelle virèrent rapidement aux mêmes rouges qui les avaient posséder avant.


Je m'appelle May et nous avons beaucoup de chose à faire à présent ... voudrais-tu connaître plus que cela? murmurais-je en montrant du menton les cadavres posés sur le rue d'à coté
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MessageSujet: Re: Splendide et Morbide [May]   Mer 26 Nov - 17:21

Mais bien sûr !

Comme les peurs de ces trois femmes m'avaient apaisé, je pûs me remettre debout, non sans m'adosser contre le mur, la tête emprise de vertiges violents. Je serrai les dents. Mes oreilles bourdonnaient encore, et mon coeur s'emballait alors que l'ombre qui m'avait observé, maintenant j'en étais sûr, s'avancait lentement vers moi. D'un coup d'oeil je pûs savoir qu'il s'agissait d'un Esprit. Son aura machiavelique ne pouvait me dupper. C'était bien ma veine... Je n'avais pas tué pour me nourrir, ni pour faire gonfler mes forces, mais partager mon "repas" n'était pas non plus dans mes idées. Je n'avais jamais été ni partageur, ni genereux. Au contraire, ma nature serait plutôt d'être un egoïste pur et dur. Je n'offrais rien en retour des actes charitables effectués à mon encontre. Quoique ceux-ci étaient plutôt rares. A force, tout le monde finissait par le savoir. Je fermai les yeux, grimacant encore des douleurs sourdes provoquées par mes ondes de choc ayants déchirés mes entrailles vu qu'elles avaient été trop puissantes pour ma pauvre enveloppe corporelle. Les genoux pliés, j'appuyai dessus mes coudes et me tenait la tête entre mes paumes. Peut-être était-ce un risque de s'abandonner ainsi dans sa fatigue, alors que s'approchait un autre Esprit, surement plus puissant que moi. Mais je n'en avais que faire. Et puis l'Esprit en question traduisait des ondes qui n'étaient pas belliqueuses. Je pouvais donc recouvrer mes forces sans risquer d'être attaqué. Et même, en admettant que cet Esprit me porte une attaque, je n'étais pas dupe : Je ne me laisserais pas marcher sur les pieds. S'il fallait se battre, alors je me battrais. Même si l'envie n'y était pas. Je me redressai lentement, gardant toujours un appui sur le mur pour ne pas me faire surprendre par un autre vertige et manquer de tomber à genoux. Mes cheveux étaient encore ebouriffés, malgré tout, entre mes mèches, je pouvais parfaitement distinguer l'Esprit qui, sans que je ne m'en sois appercu, s'était agenouillé près de mes victimes.

Etais-je surpris ou bien totalement comprehensif ? La vision de l'Esprit goûtant d'un doigt le sang de la femme gisant sur le sol ne me laissa pas de marbre. L'Esprit était une jeune fille, je pouvais à présent la distinguer nettement. Ma vue redevenait perçante peu à peu, le flou de mon regard s'estompait sous mes aspirations de peurs et de souffrance. J'inspirai longuement une longue goulée de l'odeur métallique qui se degageait des corps moribonds. Leurs raisons s'en étaient allées je ne sais où, cuire dans le feu des Enfer, très certainement. Pourtant je pouvais encore sentir toutes les craintse projetées autour des trois femmes, même lorsque la mort avait fait son boulot. Et cela me convenait parfaitement, car je savais où puiser mes forces en cas de nouvelle faiblesse. La précédente venait de disparaître, et je me sentais bien. Je me sentais mieux. Attendant que l'autre Esprit, la jeune femme en l'occurence, se remette debout, je croisai les bras et posa sur elle un regard calculateur. Dans ma post-existence, j'avoue ne pas avoir rencontré beaucoup d'Esprits. Tant mieux ou tant pis. Peut-être, de la sorte, avais-je évité nombre de problèmes. Mais peut-être, paradoxalement avais-je esquivé pas mal de relations enrichissantes, ou ignoré les plaisirs des tueries à plusieurs, qu'est-ce que j'en sais finalement ? En tout cas, la venue de cet Esprit, qui avait assisté à mon massacre involontaire, n'était pas vaine. Et n'était pas dûe au hasard, j'en étais certain. D'ailleurs, la manière dont la jeune femme projeta vers moi son regard apporta une preuve, et de taille, quant à son approche. Que me voulait-elle ? Peut-être ne le saurais-je jamais. La curiosité ne cuisait pas en moi, je m'en fichais presque. Tout de même, je lançai à la jeune femme une moue quelque peu méfiante.

Mon attitude ne laissait pas s'afficher cette méfiance, mis à part mes bras que je gardais croisés, comme pour créer entre elle et moi une sorte de barrière, de frontière à ne pas dépasser. Elle n'était pas sotte, je le sentais. Son aura degageait une lucidité tel que je pensais ne pas avoir besoin de parler pour me faire comprendre. Tant mieux d'ailleurs, je n'étais pas bavard. La jeune femme s'avanca vers moi, affreusement seduisante dans ses gestes fluides et lugubres, son regard penetrant et ses aspects procelaine dont je ne devinais que trop bien l'origine, abscence de vie oblige. C'est cette apparence, quelque peu sensuelle, qui me fit redoubler de méfiance. La beauté pouvait masquer tant de caractères mauvais, violents ou malsains que je restais sur mes gardes. Les apparences trompeuses... j'en étais un bon exemple. Et puis les Esprits étaient bien capables de mettre en avant des strategies d'approche glissantes et enivrantes, douces, presque tendres, juste avant de vous sauter au cou et de vous vider de votre sang sans pitié aucune. Encore une fois, j'étais bien placé pour le savoir. La jeune femme arrêta sa demarche juste devant moi. Le silence se brisa. Elle me glissa quelques paroles que j'assimilai calmement, toujours en la fixant attentivement et en identifiant chacun de ses gestes. J'étais plus crispé que je ne le voulais, et tentai vainement de cacher mes tremblements. Les bras serrés contre moi, je serrai les poings. Mes attitudes n'inspiraient pas la discussion, pourtant la jeune femme n'en sembla pas frustrée. Au contraire. Je craignai qu'elle ne joue avec moi. Quoique jouer avec moi... c'est elle qui devait s'en méfier. Certes j'étais petit. Mais j'étais fermé à double-tours, têtu et presque paranoïaque. La colère s'estompait peu à peu. Mais un rien, un détail, pouvait la faire ressurgir plus forte et plus violente que jamais. Dans mon regard passa une lueur étrange tandis que l'Esprit venait de me parler. D'un ton posé, à voix basse, je lachai en retour, dans un sourire presque imperceptible:

" Probable. Seulement... je ne voulais pas les tuer. Cruel ou non, je m'en fiche. Elles ne le méritaient pas. "

Mes derniers mots s'etouffèrent. Je ne savais pas si la jeune femme les avait entendus. Quelque peu embarassé, je tournai la tête sur le côté et projetai mon regard sur les trois cadavres. Soudain, une bouffée de mélancolie envahie mon coeur, et surtout mes pensées. Non, je n'étais pas de ceux qui agissent sans parler, sans avertir. Certes je tuais de sang froid, sans jamais aucun regret. Certes j'étais bien capable de faire souffrir les gens, de les entraîner dans de monstrueuses agonies, de les rendre fous, parfois, tandis que je les faisais tanguer entre la mort et la douleur. Pourtant, je restais dubitatif lorsqu'à mes pieds se tenaient, gisantes, des victimes d'une folie, la mienne, que je n'avais préméditée. Comme ce soir. Comme avec ces trois femmes. Je revins bien vite sur terre, si je puis m'exprimer ainsi, comme la jeune femme ajouta autre chose. Cette fois, l'evidence était qu'elle n'était pas venue de manière hasardeuse jusqu'à notre rencontre, ici, dans une ruelle, les pieds baignants dans une marre de sang grandissante. Sa phrase resta suspendue dans le silence un instant, entre elle et moi, sans que je n'eus aucune reaction particulière. Je tentait de discerner ses idées, ses attentions. Mais elle devait être douée. Je n'arrivais à rien assimiler d'autre que sa phrase, surement prononcée pour susciter en moi une réponse attendue ou non. De nouveau je la regardai. Elle, puis la flamme qui dansait dans sa main, l'eclairant faiblement de manière à ce que je la distingue mieux. Ou qu'elle me voit mieux... Je ne disais rien, je ne trouvais pas les mots. Tout paraissait soudain si abstrait que, de toutes manières, je ne savais quoi penser. Je decroisai mes bras. Ce fut là ma seule action concrète. Je decroisai mes mains et releva legerement le menton, placide et attentif. Quoique je devins apprehensif. La jeune femme se présenta. Toujours avec ses expressions particulières, sa voix resonnant contre les paroies de mon crâne. Devais-je en faire autant ? Certes non. Elle connaissait mon nom. J'aurais dû m'en douter... Il fallait bien que je me reveille à un moment ou à un autre. Ce moment arriva.

" Si vous savez que je n'ai pas besoin de mentor, j'ose me demander pourquoi vous prenez la peine de venir jusqu'à moi. Si ce n'est pas votre objectf alors, pardonnez ma puérilité mais... que voulez-vous ? Que me voulez-vous exactement ? Parlez sans fioriture, je suis capable de comprendre. "

Mes accents enfantins se confondaient mal avec mes paroles. Logique. Cela surprenait toujours un peu. Et, souvent, j'avoue m'en amuser. Mettre les gens mal à l'aise, les destabiliser... quel délice. Pourtant, avec les Esprits, plus particulièrement avec cette jeune femme, May, je preferai me tenir eloigné de ce plaisir acide qu'était la provocation. Néanmoins, il fallait que je sache ce qu'elle avait dans le ventre. Placer des limites. Aussi dangereux était-ce...

" J'imagine que votre proposition se doit de me faire frémir de curiosité. Pourtant, je pense que la méfiance est de mise... May. Esprit May... "

Mon regard se porta sur les trois femmes, suivant le geste de May qui désirait certainement les désigner. Je cogitai dur. Et ne pouvai, pour le moment, organiser une conclusion. Sans croiser le regard de la jeune femme, je lachai à demi-mots.

" Ca me paraît evident. Oui. "
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MessageSujet: Re: Splendide et Morbide [May]   Mer 26 Nov - 21:31

[Merci ^^' Ce n'est pas très long d'ailleurs ...]


Tu te posais devant moi dans une attitude des plus dignes que tu pouvais prendre. Celle de ne pas être vu comme un gamin mais comme une personne responsable d'elle même et affichant sa fierté sans qu'elle passe dans l'arrogance. En somme, tu me tenais tête en étalant ta méfiance à mon égard. A vrai dire, je n'en demandais pas moins car tu semblais encore plus effrayer malgré ton envie de m'écarter légèrement de ton passage. Le croisement de tes bras me fit sourire un peu car de cette façon, tu mettais une barrière et tu agissais aussi simplement qu'un petit garçon qui boude d'avoir été pris sur le fait. C'était assez mignon à vrai dire ... sauf si tu n'avais pas cette tâche de sang béante sur la joue. Quoi que l'effet était assez joli à regarder.
Mais ne m'attardant sans plus sur ton aspect physique mais sur l'aura que tu dégageais, je ne pus que constater ton propre prosternement face à la bataille que tu as livré dans ses lieux. Ton regard jonglait très rapidement entre moi et ses 3 autres jeunes femmes sans que je me dise que tu allais certainement me conjurer le même sort. Je t'en savais incapable mais j'étais loin de te prendre pour un minable. Tu venais d'avoir peur de tous ce que tu venais de faire sans même t'en apercevoir. Savais-tu vraiment que ton regard parlait pour toi? Cette peur qui se lit dans ses iris, mêler au vide de la situation. Encore un peu et je pourrais en conclure que tu avais eu un grand trou de mémoire face à cela. D'ailleurs, ce genre de réaction arrive très souvent après un choc ou lorsque la vérité est trop lourde à avaler pour continuer de faire avec. On oublie, on fait un grand trou noir à la même place et on laisse le flou planer au dessus. Mais toi, tu venais de voir ses corps et cette image restera pour longtemps graver dans ton regard.

Dans quelques années voir même dans quelques jours en fait, ce regard se sera durcir pour ne faire passer aucune émotion. Ni peur, ni regret, ni oublie, ni vide. Juste du plaisir. Rien que du plaisir. Dans cette observation qui pouvait être assez superficiel, je n'avais pas bougé d'un pouce, respectant la distance que tu mettais entre nous à ce moment là. Mais ne crois pas que je t'aurais touché pour t'enlever quelconque trace ou approcher d'avantage. Je hais tout contact, sauf lorsque j'y vois un intérêt qui me plait. Dans ses circonstances, non. Tes mots me surprirent alors. Elles ne le méritaient pas?


Ce n'est pas une question de Mérite Kim', leur jours étaient compté, tu as juste abrégé leur souffrance. Regarde comme leur vie était pitoyable.

Certes, ce n'est pas tous les jours qu'on tuait, surtout lorsque nos idées étaient principalement poussé sur les hommes ou ses bêtes à plumes qu'on nommait ange. La guerre était entre ses deux groupes et le mérite n'avait pas sa place. Seule la force et la témérité était au rendez vous. La pitié n'existe pas dans ce bas monde. Tentais-tu de savoir qui j'étais vraiment et ce que je venais faire dans cette ruelle pour te parler? Je te cherchais et mes raisons, je devais te les exposer petit à petit. J'aurais pu tout te déballer d'un coup mais tu semblais beaucoup trop touché par les évènements, à en juger par le tremblement de tes genoux. Très jeune mais pas de trop. Juste assez pour comprendre les valeurs les plus fondamentales de la mort. Ta voix me restait encore dans les oreilles, comme si elle ne convenait pas encore à la mentalité dont tu avais fait preuve avec ses femmes. Tu t'étais peut-être défendu mais se défendre et y prendre une certaine liberté devait être accordé à tous. Je savais alors que tu n'étais peut-être pas près à aller accomplir le devoir qu'on t'avait donné lorsque tu avais fait le choix de revenir libre sur Terre. Libre, sans humain, sans ange. Ta seule phrase me permit un certain doute sur ta personne mais tu restais stoïque sur la flanque de sang qui s'étalait sur tes chaussures.

Non, tu ne seras pas ma pupille pour le coup ... mais je souhaite te faire découvrir d'autres choses dans cette ville qui ont plus de couleur, plus de saveurs et plus de plaisirs. Ses corps là sont déjà trop souillés ... et un esprit comme toi a besoin de jouet plus solide et plus rentable que cela ... qu'en dis-tu?

Tout en posant mes questions, je ne vis que m'écarter légèrement pour te montrer l'issu de la ruelle qui menait bien ailleurs que dans ce coin. Mes doigts en feu brulèrent alors le sang qui s'était accroché sur ma peau pour le faire entièrement disparaître. Le feu avait une propriété très intelligente: elle détruisait tout sur son passage. Tes pouvoirs, tu ne semblaient pas encore les maîtriser totalement, sauf la force que tu as eu pour tuer 3 personnes ce soir. Cette force, je devais te montrer que tu avais le choix de la gaspiller dans des occasions comme celle ci ou la mettre au service de la noble cause qui reliait tous les esprits de Nemausus. Extermination. Crève, crève oiseau de malheur que l'on puisse faire cuire tes œufs tranquillement. Un rire traversa alors ma gorge sur cette pensée et j'eus la fin de ta réponse qui contrastait durablement avec tous ce que tu voulais dire avec ton corps et tes yeux.
Tu étais vraiment prêt à me suivre, Kim'? Tu voulais en savoir plus, tout en me donnant une faible confiance qui ne ferait que s'affuter dans les prochains temps. Sans me pencher pour me mettre à ta hauteur mais pour te laisser la chance d'être considérer comme un grand garçon, je te souriais légèrement d'une façon si innocente que mes paroles auraient pu paraître hors de contexte.


Je ne demande qu'à pouvoir te faire confiance aussi ... mais il n'y a pas que moi. Pas que moi qui a ses pouvoirs, tu les as aussi comme tous les autres. Et pour les mettre en pratique, il faut bien des cobayes idéals ... sais-tu ce que sont les anges ?

Ma question n'était pas adressé comme on pourrait le faire dans les petites sections à l'école mais simplement posée sur le ton de la conversation. Dans ton regard, j'ai cru voir que c'était certainement la première fois que tu parlais à tes semblables, par ta méfiance et également par la simple question que tu m'avais posé. Alors pour combler ta curiosité personnelle, je me devais de te dire tous ce que tu devais savoir sur toi-même. Ton regard me fuyait et je détestais personnellement cette attitude. Sans te réprimander car tu n'étais pas sous mes ordres, j'en fis presque de même en m'écartant brutalement de toi en posant mon regard sur les corps enchevêtrés sur le sol, les flaques de sang glissant progressivement sur le trottoir de la grande allée. Il aurait alors mieux fallu partir avant que quelqu'un ne remarque cette anomalie mais May pouvait toujours s'échapper rapidement contrairement à Kim' qui était barbouillé de la tête au pied.
Soupirant légèrement en resserrant le châle par dessus mes épaules, je me mordais doucement les lèvres sans pousser la moindre parole en plus. Je n'étais guerre plus bavarde que toi en temps normal mais certaines situations valaient mieux être expliquer par des mots que par un regard incertain dans la pénombre. Tu avais alors deux choix décisifs à faire. Me suivre d'une façon où d'une autre pour être un peu plus en sécurité le temps de devoir te mettre au courant des projets se déroulant dans la ville ou te laisser libre, sans aucune sûreté pour la suite. Mais j'avais espérer que ta venue et notre rencontre puisse éclater un point clé. Les autres esprits m'avaient déjà beaucoup parlé de toi, lorsqu'il sentait un jeune vif instable mais aussi très calculateur parfois. C'était rassurant de voir qu'une âme pouvait être aussi forte dans un corps aussi jeune.

Par mes paroles, je te donnais aussi l'occasion d'esquiver la conversation pour t'activer dans tes devoirs ailleurs. La pression et la force n'avait pas de place dans mes mots et je te donnais à nouveau juste un choix à faire pour toi même, en sachant qu'une seule solution était la bienvenue pour toi. Un autre choix, comme celui que tu avais entre devenir un ange ou un esprit pour ta propre conscience.

Le choix d'avoir des victimes au hasard ou des cibles bien précises qui te donneraient encore plus de force.
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MessageSujet: Re: Splendide et Morbide [May]   Ven 28 Nov - 21:21

Un Jouet... Une allusion à ma petite taille ? Un simple mot pour insinuer mes probables faiblesses dûes à mon àge apparent ? Physiquement j'avais 11 ans, oui. A vrai dire je m'en foutais un peu, et puis je n'en savais rien. Mais je me méfiais. De plus en plus. Je n'appreciais pas vraiment les inconnus qui vous tombent dessus au detour d'une ruelle, vous proposent des choses en vous deballant clairement leurs idées, dardants sur vous des regards fouineurs. Oui, vraiment, je me méfiais. Cette jeune femme, cet Esprit, en l'occurence, ne m'inspirais aucune sympathie. Car je sentais en elle comme une totale absence de chaleur. Logique, evidemment. La vie l'avait quittée depuis des lustres. Elle buvait le sang qui ne coulait plus dans ses veines, le sang des autres. Peut-être eprouvais-je ce manque de confiance du fait que je n'étais pas d'accord avec elle. A peine rencontrés que nos avis divergaient. Après tout... peut-être les extrèmes étaient-ils capables de se ralier dans le pire.

Je m'agitai legrement, gardant pourtant mes bras croisés. Quoique du revers de ma main, j'essuyai vivement ma joue, avec nervosité. May avait jeté un regard sur la tâche de sang qui la salissait. Aussi m'en debarassais-je le plus vite possible. Je l'écoutais attententivement, mal à l'aise du fait de me trouver juste entre elle et le mur de briques. Il me fallait de l'espace. Tout le temps. Je haissais les endroits trop etroits. Je devais être un peu claustrophobe. Peut-être était-ce parce que je n'ai connu que les rues pour habitat. Jamais n'ais-je su les bonheurs d'un chaleureux foyer. Maintenant que je ne fais plus tout à fait parti du monde des vivants, je me balance bien de savoir si le mieux est d'avoir, ou non, un toit au-dessus de sa tête. J'etouffais. Sans trop m'en apercevoir, d'ailleurs. May me contredisait. Pour elles, ces trois femmes que je venais de tuer n'avaient que faire de leurs miserables vies, que leur mort était comme une solution. Je ris nerveusement en relevant le menton d'un air ironique.

- Pour bien faire, il aurait fallu les questionner... Auraient-elles été de ton avis ? Ou du miens ? May.

Je ne désirais rien prouver. Pourtant je sentais s'eveiller en moi la desagreable impression d'être mis à l'épreuve. Peut-être que c'était faux. Peut-être que j'étais le seul à ressentir cela. Mais vraiment, je me sentais fouillé de l'interieur, comme si May desirait trouver dans mes idées un déclic, un qeulconque point d'appui. Surement pour mieux m'embrouiller par la suite. Si j'avais pu, à cet instant, créer entre elle et moi un champ de force, une barrière ou je ne sais quoi d'infranchissable, je l'aurais fait sans reflechir. Pourtant j'étais coincé. Un piège se refermait sur moi, comme un étau. Mais bon sang, que me voulait-elle ? Pourquoi moi ? C'était idiot à penser mais pourtant... pourquoi moi ? Je me retins de le dire, bien entendu. Comment passer pour plus couard en lui posant cette question ? Je n'étais pas un poltron. Ni un dégonflé d'ailleurs. Aussi affrontais-je la jeune fille du regard tandis qu'elle s'exprimait toujours de sa voix trainante. Le moment que j'attendais. La proposition. Certes, je m'en étais douté. May me confia vouloir m'ouvrir d'autres horizons que ceux dans lequel je baignais déja. Sans pour autant me prendre sous son ailes. Surement parce qu'elle discernait de quoi j'étais capable... en cas de colère imprévues ou de decisions morbides préméditées. J'avoue n'avoir pas immédiatement compris où elle desirait en venir. D'accord, elle me proposait quelque chose d'allechant, de terriblement vicieux aucun esprit ne pouvait resister à l'appel du crime. Surtout quand on savait que sa comparse était aussi envoutante qu'elle l'était. Néanmoins, j'attendai.

Je ne cassais pas la phrase de May comme je patientais pour sa suite. Pour une première rencontre avec elle, je tremblai. Je tremblai d'une crainte furtive mais assez forte pour faire changer mon regard. Dans celui-ci passa un éclair surpris. May savait me discerner. Elle me discernait très bien d'ailleurs. Trop bien. Avait-elle abattue la carte du hasard, ou bien savait-elle déja ce dont j'aspirai le plus avant de me trouver ? Je penchai pour le hasard. N'importe quel Esprit foncerait tête baissée dans sa proposition. A ses côtés, les meurtres devaient posséder un goût terriblement délicieux... Peut-être était-ce pour cela que May était venue jusqu'à moi: Parce qu'elle savait qu'il fallait me convaincre. Que je ne faisais pas partie de ces monstres sans tête et sans clairvoyance, qui ne voient dans leur nature que le sordide et non le splendide. Moi, il fallait m'envouter, me persuader solidement, avant de pouvoir faire ce que l'on voulait de mes forces et de mes idées. May aimait surement le jeu, les défis. Pour cela, j'esquissai un nouveau sourire. J'étais haut comme trois têtes de mort, et la jeune femme était beaucoup plus allongée que moi. Pourtant, l'attitude mature que je pris à cet instant me fit grandir nettement. Mon regard, mes gestes et mes mots n'étaient pas ceux que pouvait posséder un enfant. Il ne fallait pas être stupide pour le savoir.

- Dois-je en déduire que tu connais mieux la ville de Nemausus que moi ? Je veux bien l'admettre, si c'est le cas. Hasard ou pas, tu es tombé sur un coriace. Un Esprit qui ne se laissera pas emporter vers n'importe quelle chimère. Justement parce que ce que tu me proposes là peut en être une.


Je me réveillais, je sortais enfin de ma torpeur cotonneuse. Mes sens s'affutaient. Je rajoutai en haussant les sourcils d'un air faussement vaniteux.

- Je suis quelqu'un de concret, si ça te convient mieux.

Certes, je retrouvais un peu de mes véritables caractères. Pourtant, ce qu'ajouta May suscita en moi une nette pointe de curiosité. Je fronçai légèrement les sourcils. Les anges ? Comment ne pas savoir qui ils étaient. Ces idiots, ces lèches-savates, ces soumis sans cervelle... Heureux de ne pas cuire dans les flammes de l'Enfer, ces oiseaux de malheurs se rattachent aux humains, comme une des moules sur les rochers, pour y puiser quelque sympathie ou je ne sais trop quoi de complètement niaiseux. Ce que je peux les détester ! Encore pires que les humains ! Car les humains eux, sont faibles, s'abandonnent à la moindre tentation, n'ont aucun avis constructif et se blessent sur chaque tranchant de la bêtise sans prendre à la peine de se méfier. On ne peut pas leur en vouloir. Mais les esprits... May avança vers moi ce sujet qui me mis immédiatement en rogne. Je craignais une nouvelle tempête incontrôlable. D'ailleurs je poussai un long soupir pour évacuer cette colère naissante. Bien entendu, si l'on désirait me rendre rageur, le meilleur sujet étaient eux. Ce que je veillais à ne pas citer. Une fois la colère retombée, je lançai un violent regard à la jeune femme. Je sifflai entre mes dents.

- Oui je vois où tu veux en venir maintenant. Ta question n'attend pas de réponse j'imagine. Fort heureusement d'ailleurs, car je ne me vois pas le courage de contrôler ma haine si c'était le cas. Tu comprends, bien entendu. Je hais les Anges. J'avoue ne pas en avoir rencontré énormément. Les rares spécimens doivent certainement s'en souvenir. Mais seul... je ne parviens pas à les faire disparaître. Si tu désirais trouver une faille, un argument, la voici. Je te l'offre ! Je t'en épargne la recherche.
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MessageSujet: Re: Splendide et Morbide [May]   Dim 30 Nov - 21:12

Je ne pensais pas prendre une telle ampleur devant toi mais ta jeunesse et surtout ton manque d'expérience traduisait certainement le manque de confiance que tu avais en toi en ce moment. Je n'avais pas envie que tu t'aplatisses devant moi mais que tu parles et que tu t'exprimes bien en ma présence, même si je devais te pousser à bout. Collé contre ce mur de brique, tu restais stoïque malgré le fait que quelque uns de tes doigts tremblaient encore. Peut-être encore l'effet de ses meurtres car je pensais avoir été assez clair pour ton esprit sur ma venue et mes intentions. Après tout, je n'avais pas vraiment dans l'idée de te faire un lavage de cerveau et de t'octroyer des intentions qui n'étaient pas fondamentalement les tiennes.

Mais vois-tu Kim', tu as fais un choix en revenant sur Terre et particulièrement sur Nemausus. Certes, les raisons de notre retour à tous étaient encore méconnus mais nous avions intimement une quête à mener et plus sérieusement une certaine soif de vengeance à assouvir. Ton choix de revenir en tant qu'esprit et non en tant qu'ange se différait par l'aide que tu apportaient ou non aux humains. Et toi, tu as préféré être un obstacle avant tout et de faire ton propre chemin, celui qui n'a peut-être pas été écrit correctement car ce temple qu'on appelait église. Écoutant ta fin de phrase, je voyais que tu la ponctuais de mon prénom, comme pour mettre une certaine distance, m'interpeller également. Une contradiction qui se lisait sur chacun de tes traits tirés. Même si tes paroles prouvaient une certaine maturité que d'autres n'avaient certainement pas à ton âge, ton discernement était encore faible ... et ta jeunesse se lisait dans ton regard. Certainement la seule façon de t'exprimer et je la comprenais partiellement. Je n'étais pas divine pour lire dans tes pensées mais j'en discernais tes points faibles.


Les humains ont un avis tellement hasardeux qu'il vaut mieux écouter leur peur pour le savoir ... c'est leur lâcheté qui les guide sans arrêt, pourquoi pas ne pas abréger les souffrances qu'ils se causent ? Nous en avons les pouvoirs après tout, il serait dommage de ne pas en user.

Ta nervosité se lisait alors même dans tes tremblements sans que je puisse y mettre un certain sens. Le visage néanmoins clos, tu me laissais deviner que tu étais en proie à certains troubles dans tes pensées qui me fit sourire. Mes paroles prenaient-elles enfin un certain sens à tes oreilles? Je ne pouvais cependant savourer ma victoire pour autant car tu ne semblais pas être un esprit qu'on pouvait facilement ramener d'un coté. Au contraire des humains qui ne suivent les personnes comme des moutons, un esprit, et plus précisément toi, avait la faculté de pouvoir réellement penser. Alors sagement, j'attendis que le fil de ta conversation reprenne pour pouvoir en placer une.
Tu m'interpellais à nouveau, d'une façon presque irrité pour le coup. Non, peut-être pas irrité ... mais disons que tu comprenais doucement ce que je désirais venant de toi, même si je te laissais cogiter pour le moment. Le temps était à la réflexion et tu en prenais partie pour mieux réfléchir sur la proposition claire que je venais de te faire. Pourquoi toi Kim'? A vrai dire, tu es hors de commun. Peut-être ne le sais-tu pas encore mais je sais que je pourrais te faire découvrir toutes ses choses que tu ignores encore... et un esprit aussi jeune malgré la violence que tu m'as fait voir peut être très facilement amadoué par des anges vicieux et pervers.

Cette vision me fit sourire légèrement alors que la clarté de tes paroles te faisait grandir petit à petit. Tu me prouvais d'une seule phrase que tu savais être mature et que tes pensées pouvaient être logique. Même si elles étaient en contradiction avec ton attitude nerveuse, je savais alors d'une façon presque démesurée, que tu n'étais pas un goss comme tous les autres. Peut-être est-ce pour cela que ses 3 femmes s'étaient soudainement entichée de toi sans que tu ne bronches pendant un moment. Les attirer dans un piège pour mieux les surprendre ainsi. A vrai dire, j'ignorais un peu la façon dont ton cerveau avait réagit alors, peut-être t'a-t-il laissé un trou noir pendant ses instants. Mais l'avenir, il fallait certainement songé à y prendre sa nourriture et peut-être du plaisir par la suite ...


Ne va pas dans des conclusions aussi hâtive. J'ai une connaissance de la ville et tu as la tienne, la différence est que nos milieux ont été différent depuis. La réunion d'une force ne peut qu'être positive pour nous.

Je m'efforçais alors de te faire voir que nous étions tous différents. Nous avions tous une histoire comme bagage mais que nous en avons laisser partiellement derrière nous pour pouvoir revenir aussi léger. Nos esprits étaient vivant et le passé était mort dans cet incendie. A la différence des anges peut-être, nous avions choisit de revenir en acceptant notre mort pour en faire d'autres. Les anges ont choisit la facilité de la deuxième chance, boulet et plume d'oiseau qu'ils sont.
Ton point de vue sur ses derniers me fit sourire légèrement alors que ma main jouait légèrement avec mon parapluie me servant alors s'appuie. Intéressant ... me parles-tu de haine? Ton visage m'exprime tant d'autres choses beaucoup plus intéressante ... comme la soif de vengeance et la pitié leur concernant. Je sentais que ce sujet était lourd en point commun que nous partagions déjà. Cette haine que tu avais voué contre les humaines de cette ruelle, j'aurais beaucoup aimé la voir tourné vers eux. Ta puissance était contrôlable mais j'avais hâte d'en voir les dégâts. Voyant que tu gardais ton calme malgré des paroles qui auraient pu être dite par dépit et par une constatation sans fierté, je me redressais légèrement pour ne pas avoir à me penser davantage vers toi, te laissant plus d'espace pour soupirer encore une fois.

Non, tu ne t'ennuyais pas ... ce sujet pouvait durer longtemps mais tu préférais le garder pour toi pour m'avouer quelque chose que tu n'aurais pas fait en d'autres circonstances. M'accorderais-tu ta confiance aussi rapidement pour me relater ta faiblesse? Tu ne l'aurais certainement pas fait si un ange avait été présent devant toi. Aussi, j'inclinais poliment mon visage comme pour te saluer ou te faire comprendre que j'appréciais ton geste.


Seul tu n'y parviendras pas ... mais encore une fois, ensemble, on peut accomplir beaucoup plus de chose que tu ne l'imagines. Vois-tu, je suis venue à toi, muer par un instinct mais à toi maintenant de suivre le tien. Ce n'est pas un marché que je te propose mais une aide car je peux me débrouiller sans toi. Dans toute cette histoire, le bénéfice sera autant pour toi que pour moi et nous nous devrons rien mutuellement ... juste réunir nos haines et les mener à bout.
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MessageSujet: Re: Splendide et Morbide [May]   Ven 5 Déc - 21:07

Il est vrai que je pensais rarement aux être humains. Peut-être parce que je me moquais d'eux, que leur présence auprès ou loin de moi ne m'importait pas. Certes, je ne les portais pas dans mon cœur. A mes yeux, ils apparaissaient comme bêtes à mourir, voués à une existence trop conformiste à mon goût. Quoique certains arrivaient à s'éloigner du chemin de la droiture. Surtout ici, à Nemausus. Pour ceux-là, je gardais un avis plus appréciable. Mais je ne pensais que très peu à eux. Je fus humain, moi aussi. Petit gamin des rues, maigre, voleur, et espiègle comme un renard affamé. La faim, je l'ai toujours connue. Elle entaille mon ventre, me colle à la peau... Vivant, encore, je n'aspirais qu'à becter quelques morceaux de pains. Aujourd'hui, c'est l'appel de la mort, l'odeur du sang, les cris d'agonie qui m'attirent inlassablement, me propulsent vers des colères incontrôlables. Je ne suis pourtant pas innocent. Il y'a blanc, il y'a noir. Moi je suis noir, aussi noir que le néant ou une quelconque plume de corbak. Mais je savoure les morts méritées et non les injustices. Les injustices ont un arrière goût amer que j'ai de plus en plus de mal à supporter. D'ailleurs ce soir, je vomis ce que je ne peux encaisser de souffrance injustifiée au pied d'un mur. Violer un enfant de 11 ans est cruel et terriblement odieux de lâcheté. Mais ces femmes, ces trois femmes de joie avaient le droit de me faire du mal. Et avaient le droit de poser leurs mains trop grasses ou squelettiques sur moi. Parce que la souffrance était leur quotidien. Pour exorciser le mal, rien de tel que le mal. Je ne le sais que trop bien. Elles n'auraient jamais dues se baigner dans leur propre sang. May m'analysait, scrutait mes réactions de manière habile. Je sentais son regard caressant sur mon visage, comme la paume d'une main qui effleure... et qui étrangle ensuite. Je la laissais. Ma nervosité retombait peu à peu. Alors que je me devais d'être méfiant, sur mes gardes, je me relâchais, au contraire. C'est tout moi ça. Dans les instants cruciaux, je relâche mon attention. Aussi décroisais-je mes bras, en faisant exprès de passer ma main près du bras de la jeune fille. Un fin sourire étendit un coin de ma bouche. Mon regard se vissait dans celui de May tandis qu'elle m'exposait son avis sur les Humains. Elle me disait dommage de ne pas utiliser nos pouvoirs pour provoquer mort certaine sur les membres de cette pauvre race. Pas faux. Surtout que sans la mort autour de nous, esprits mauvais, nous ne serions plus là depuis fort longtemps.

- Je suis de ton avis. Et en même temps... J'avoue savourer les morts préméditées. Celles que l'on prépare, celles qui cassent de manière nette, celles qui soulagent et qui se veulent délicieuses une fois affligées. J'aime aussi les morts difficiles. Trois femmes sans armes... Trois femmes misérables. Quel plaisir tirer de ses crimes quand ils sont trop simples ?

Là dessus, j'étais pratiquement certain que May serait d'accord avec moi. J'aimais les défis. D'ailleurs, nombre d'Esprits devaient être comme moi. J'espérais que May le soit, en tout cas. En effet, cette jeune fille qui se tenait devant moi m'intriguait de plus en plus, je ne l'ignorais pas. A peine venue au devant de moi que l'impression de la connaître m'emplissait le crâne de drôles de pensées. Chacun de nous était mort de la même manière cela dit. Anges comme Esprits, nous avons tous un point commun. Ce bal... Peut-être May était-elle morte dans une scène magnifique et tragique. Moi je n'avais aucune vanité à dire que je m'étais trouvé dans cette soirée par hasard total, alors que je suivais les gens comme un pauvre gosse perdu dans les rues, emporté par la foule. Je tournais la tête sur le côté comme un bruit de pas attirait mon attention, brisant quelques secondes l'étrange fusion ressentie entre May et moi. Un passant, un vieil homme vouté et gémissant. Un pochtron qui ne vit pas le carnage à quelques mètres de lui. J'avais retenu ma respiration. Lorsque les pas se muèrent de nouveau dans le lourd silence, je tournais de nouveau la tête vers May. A chaque nouveau regard, il me semblait que son apparence changeait. A la lueur de la flamme qui dansait dans sa main, je me surpris à la trouver belle. Bien entendu, au bout d'un siècle il m'était très souvent arrivé de trouver des femmes attirantes. Mais jamais un Esprit. Je me maudissais d'être petit finalement. Trop mature, trop grand de puissance et beaucoup trop petit physiquement parlant. La poisse. Regarder les gens d'en bas était vraiment frustrant à force. J'aurais volontiers joué le jeu, un jeu charmeur et ambigüe en présence de May, si seulement elle ne faisait pas deux têtes de plus que moi... Elle me parlait. A voix assez basse pour ne pas que notre conversation ne résonne sur les murs et ne vienne alerter les quelques saoulards qui trainaient encore dans les rues voisines. J'inspirai longuement, et m'écartai de quelques pas lents, très lents, vers les trois cadavres démembrés par la violence. Le regard baissé, je répondis à May en détachant chacun de mes mots :

- Ce n'est pas l'instinct qui me guide. S'il m'avait guidé je ne serais jamais devenu Esprit. Mais ce sont mes envies. Et mes envies me conduisent vers un désir incessant de souffrance. Comme toi, comme tous les autres qui sont comme nous.

Je m'arrêtais à côté des trois femmes, et m'abandonna un instant dans le silence, observant la scène une dernière fois. Mes pouvoirs d'Esprit gonflaient en moi, et je levais la main au dessus de corps, paume tournée vers le bas. La chaleur, insupportable pour un humain, jaillit de mes entrailles pour glisser le long de mon bras et s'échapper, soudainement, en gerbes de flammes ravageuses par chaque bout de mes cinq doigts. La lueur était aveuglante et je plissais les yeux tandis que le feu, sans bruit, engloutit les trois corps dans une crémation improvisée, si j'ose dire. Tout en effacent chaque trace du massacre à l'aide de mes dons, je conservais le silence. Les flammes s'élevèrent dans un silence magique, dévorant les chairs et le sang en propageant autour d'elles une monstrueuse odeur cadavérique dont je m'emplissais la narine. La chaleur se tassait entre les murs de l'étroite ruelle et quelques gouttelettes de transpiration perlaient à mes tempes alors que je souriais doucement, tremblant de plaisir devant la scène finale. Puis, de nouveau, je me tournai vers May, le regard brillant.

- Pour additioner nos haines... Je suis partant, May. Mais à une condition...

En quelques pas trainants je me trouvais devant elle. Bien que plus petit, ma présence me grandissait, et que je sois svelte ou plus haut qu'elle ne faisait alors aucune différence. Je penchai légèrement ma tête sur le côté, recouvrant d'un coup toute mon attention. Le pacte se posait. A son tour de le sceller avec moi. D'une vois grave, je plaçais mon pion à mon tour.

- Assure-moi une mort certaine. Assure-moi que nos haines apporteront ce que nous désirons le plus. Je ne jetterai pas vainement mes forces. Alors promet-moi qu'un ange mourra sous nos coups... Esprit May.
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MessageSujet: Re: Splendide et Morbide [May]   Lun 8 Déc - 16:20

Il fallait dire que j'étais assez satisfaite du fait que tu prenais en compte mes paroles pour pouvoir réfléchir davantage sur la condition qui nous était offerte. Car certes, ceci était une volonté divine mais elle n'en demeurait pas moins un don à mes yeux. Et le fait que tu puisses répondre à chacune de mes paroles me réconfortait dans un sens très précis, contrairement à un lavage de cerveau que l'on pourrait faire à un simple humain. L'esprit, cette âme qui réside encore sur Nemausus, était la base de tous ... cet esprit que même les humains ont, au delà du coté néfaste. Dans notre condition, nous n'avons fait que la développer, la muer pour la rendre plus grande, plus néfaste que jamais.

Et tu acceptais tous les discours pour pouvoir comprendre ce que tu avais en toi et pouvoir le sortir dans toute sa splendeur. Au contraire d'un lavage de cerveau, tu apprenais, tu comprenais et tu les mettais en pratique. La méfiance ne résidait plus dans ton regard et cette victoire, j'en pris le choix de ne pas te le faire savoir. Car au fond, tu étais potentiellement un bon esprit dans le clan que nous formions tous. Mon rôle n'était pas de recruter des non morts, ni vivant dans le plan que nous échafaudions mais simplement d'en voir leur pouvoir afin qu'ils puissent faire autant de dégâts que possible. Alors que tu décroisais les bras en me frôlant sans pudeur, je ne pus que sourire légèrement à ta rencontre, appréciant par ce geste que tu pouvais t'ouvrir à moi. Bien que tu ne le fasses beaucoup trop vite à mon goût bien évidement, car cela pouvait rapidement t'apporter préjudice par la suite. Mais en tant qu'esprit, il me semblait que tu n'avais rien à craindre et qu'aucun humain ni ange ne pouvait de perturber de la façon dont tes semblables pouvaient le faire. Et j'étais peut-être la première mais certainement pas la dernière. Ta réponse me fit sourire légèrement à nouveau alors que mes mains venaient frôler le mur humide où tu étais posée. Le feu qui résidait au bout de mes doigts vint éclairer les aspérités des briques où des tâches de sang s'étaient parsemé comme des éclaboussures. Brulant ce sang de ses 3 personnages, je virais un peu mon attention la dessus en sentant cette odeur de crémation d'un liquide qui m'avait été si précieux à une époque. Un sang qui ne coulait dans les veines d'aucun de nous.


Certes, cela était beaucoup plus facile ... mais parfois, il faut se contenter des choses simples avant d'expérimenter le meilleur.


Je te donnais raison tout en en en t'exposant d'autres. Ta volonté d'avoir d'autres meurtres plus préméditer, avec plus d'actions et plus d'adrénaline me plaisait et je ne pouvais qu'être conquis par ce désir malsain. Oh oui Kim', tu serais excessivement la bienvenue dans mes idées, je t'aimais déjà beaucoup par cette maturité malsaine que tu dégageais. Exactement ce que je voulais ... Les défis sont aussi pour moi une façon de repousser à chaque fois mes propres limites et savoir que tu avais aussi cet état d'esprit me plaisait.
Finalement, tu serais certainement une personne avec qui on pouvait apprendre également beaucoup de chose ... Une image furtive me vint alors à l'esprit. Et si nous convoquions tous les esprits possibles pour faire une grande battue dans le château, refuge de certains anges en proie d'une douleur gamine? Faire un appel était assez facile depuis le salon des masques et l'envie de vengeance et d'assouvir une haine commune ne pouvait pas être refuser quand on avait toutes les cartes en main ... Mes pensées furent rompu par un bruit dans la ruelle qui nous coupa momentanément nos souffles. Dans cette nuit ensanglantée, je pus également voir un charognard presque ivre descendre la rue en trainant les pieds. Mais la peur ne m'avait pas saisit alors que la tienne se voyait à des kilomètres à la ronde. Avais-tu peur qu'on te découvre ainsi? Tu ne le devais pas, tu pouvais au contraire en être fier. Et si tu avais un obstacle devant toi qui ne te permettait pas d'avancer, tu devais savoir l'éliminer. Un sourire carnassier envahit alors mes lèvres tandis que les pas s'atténuaient dans le silence qui s'était installé. D'un simple reste à l'aide de mon parapluie qui fut légèrement pointé vers l'homme de l'autre ruelle, je fis en sorte qu'il ne puisse plus bouger afin de pouvoir profiter de lui un moment.

On pouvait alors entendre quelques bruits sourds mais pas assez fort, ressemblant à des mottes de terres qu'on remuait. En effet, le passage où se trouvait à présent l'homme venait de prendre l'apparence d'une terre labourée et lorsque nous allions le rejoindre dans quelques minutes, tu verras alors que des mains de terre avaient emprisonné ses jambes pour l'immobiliser. La nature d'ivrogne de l'homme ne pouvait pas lui faire comprendre ce qui se passait et il croirait probablement qu'il venait de se coincer les pieds dans des racines.
Mon regard vira à nouveau vers ton visage, éclairer par mes mains dont les flammes léchaient chacun de mes doigts. Leur lueur vint briller dans tes iris noirs d'un façon que j'avais pu connaître bien avant. La beauté ou peut-être l'aura que je dégageais. Pourtant, je ne pris pas en compte ce simple détail lorsque tu te détournas de moi pour faire des 3 corps un tas de cendre sans relâche entre d'autres flammes que tu avais alors fit naître. Mon estime pour ta personne remonta alors en flèche, faisant oublier cette peur que tu avais eu lorsque l'homme était passé près de nous. Ta volonté d'éradiquer complètement ses 3 femmes était revenu en avant et le spectacle que tu avais choisi de m'offrir à ce moment là ne pouvait que me faire plaisir.
Dans cette odeur de crématoire qui naissait dans notre ruelle, tes paroles que tu avais murmuré avant restèrent dans le creux de mes oreilles comme un doux scintillement. Vengeance, désir, souffrance. C'était parfaitement les grandes lignes de notre destiné à présent. Dans cet acte, j'avais pris le partie de ne pas te couper par mes mots qui ne pourraient que te faire voir mon exaltation face à tes gestes. J'aurais pu alors dire que j'étais aux anges mais cette image m'aurait arracher une grimace de dégouts. Non, c'était plutôt embrasé par l'idée de ce feu qui pourrait faire fuir dans de plumes ailleurs ... cette peur du feu que nous n'avions pas et qu'ils avaient tous.

Il est temps pour nous d'accomplir de grandes choses ...

Pourtant, tu te tournais vers moi dans un acte que je n'espérais pas. Un pacte. Voilà qui était intéressant, après tout j'en avais déjà un avec Azraël, même si la nature de cet accord était assez différent. Entre la vengeance, il y avait le désir de possession qui nous avait muer à le faire. Mais pour toi, le pacte était tout autre ... le pacte était une promesse et j'en avais horreur. Du moins, durant ma période de vie car dans cette nouvelle mort, les promesses pouvaient toutes être tenue. Mon visage se détendit alors à l'énonciation de la mort d'un ange pour assouvir ce que nous désirions le plus à cet instant. Et il fallait dire que cette expérience était rare mais tellement bénéfique qu'il fallait toujours la retenter. Lorsqu'on tuait un ange, on tuait son protégé et le gain de pouvoir et de force était alors énorme ...
Tu revenais te poser devant moi dans une allure digne d'un grand homme malgré l'assurance que tu voulais avoir auprès de ma réponse. Aussi, rabaissant mes doigts pour faire disparaître les flammes, je ne pus que les tendre vers toi et prendre les tiens pour sceller le pacte aussi simplement mais vivement que possible.


Il y aura même beaucoup plus qu'un ange Kim'

Mon ton était sans équivoque et pouvait alors aisément te faire deviner toutes ses images qui me passaient pas la tête. Ses plans qu'on pouvait alors échafauder me revinrent en tête tandis que je voyais les ailes d'un ange se consumer par le feu qui brulait notre désir de vengeance. Cette quête immuable qui était né depuis notre retour semblait être possible depuis longtemps ... et j'avais à présent les cartes en main pour te passer également la façon dont il était possible de procéder. Bien évidement, j'écouterais aussi les tiennes pour que l'on puisse mener à bien cette promesse ... et dans tous cela, nous n'étions pas les deux seuls esprits.

J'ai un petit cadeau pour toi ...

Une lueur maligne vint empourprer mon regard alors que je le déviais vers la ruelle d'à coté où l'on pouvait entendre maigrement quelques gémissements au delà des crépitements des corps en feu. Jetant un dernier regard au sublime carnage que tu venais de faire, je fis glisser ma main vers ton épaule pour te retourner légèrement vers l'homme qui était emprisonné derrière le mur. Alors que je quittais la ruelle en tournant des talons en espérant que tu me suivais, je me disais calmement qu'il fallait à présent laisser cet endroit vide pour pouvoir passer à d'autres beaucoup plus rempli. D'un pas élégant, je bifurquais vers la ruelle en question pour me retrouver devant l'homme qui nous tournait le dos, essayant vainement de détacher son pied du socle de main. Le fait de pouvoir contrôler la terre était un don que j'aimais particulièrement usé. Surtout lorsqu'il s'agissait parfois de banales illusions pour me jouer des humains beaucoup trop craintifs.

Certes, il n'a pas de plumes mais ce sera pour un peu plus tard ...
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MessageSujet: Re: Splendide et Morbide [May]   Sam 20 Déc - 17:09

Il était évident que May n'allait pas faire fi de l'accord posé entre elle et moi. Parce que c'est moi qui venait de le poser justement. Et parce qu'elle était venue vers moi de son plein gré. Aussi y répondit-elle. Prévisible, je ne laissai filer aucune réaction. Peut-être parce que je pensais à trop de choses pour pouvoir retirer de mes embrouilles une quelconque réaction précise. En effet j'étais à la fois surpris, encore, de cette venue étrange. Paradoxalement j'étais très excité à l'idée d'avoir en face de moi des milliers d'options, arrivées via cette jeune Esprit qu'il me tardait de connaître. Pouvais-je lui faire confiance ? Ou ses belles paroles n'étaient-elles que barrière pour défendre ses véritables intentions ? J'étais prêt à tuer, à faire souffrir. Mais à quel prix ? A celui de ma faible existence parce que May m'avait dupée depuis le début ? Mes paroles ne valaient rien et pourtant je préférerais encore crever de honte plutôt que de me faire berner aussi simplement. Car peut-être cet Esprit était plus puissant que moi. May était plus grande, surement plus agile. Ses pouvoirs s'accordaient donc avec son physique, j'en étais certain. Mais moi... Moi j'étais frêle. La mort lors de ce bal ne m'a laissé pour corpulence que celle de mon enfance. Et jamais plus je ne grandirais maintenant que surgissais ma nouvelle existence. La fatalité m'apparut alors que la jeune fille m'affirmait sans détour que de grandes choses nous attendaient. Peut-être mes dons allaient causer ma perte. Mais alors je périrais dans de glorieuses conditions. Façon de parler... Glorieuses pour un Esprit. Je me fis la promesse de ne jamais perdre son sang froid face aux épreuves, de n'importe quelle nature qu'elles soient. Tant pis si mon physique ne suivait pas mes pouvoirs. Au moins je pouvais conserver ma fierté. Cette fierté d'ailleurs, qui me força à ne pas ciller devant cette jeune Esprit. Me prenait-elle pour un gamin ? Faisait-elle devant moi toute une scène pour détourner mon attention ? Après tout, j'étais surement tombé sur plus tordu que moi.

- Dans ce cas j'accepte de te croire.

Sur ces mots, lâchés sans crainte, May entrelaça ses doigts avec les miens. Un léger frisson me parcourut l'échine comme j'étais plus habitué aux déchirements qu'aux doux contacts. Trop fier, je gardais mes vives émotions par devers moi. Ô grand jamais montrer ses sentiments. Envers May, ceux-ci étaient plutôt péjoratifs. La méfiance dévorait tout ce que je pouvais ressentir de bon, c'était une manie chez moi. Souvent cette manie m'avait plusieurs fois sauvée la vie, tirée de mauvaises situations. Et maintenant ? Maintenant je ne savais plus trop, la tête me tournait. Mes habitudes étaient chamboulées, pauvre de moi. May détacha ses mains des miennes que je laissais ensuite retomber le long de mon corps, celui-ci crispé par une macabre impatiente. Mon regard se voulait trop perçant, presque malpoli, mais mieux valait être impoli que découpé en plusieurs morceaux par cause d'une inattention soudaine. Je gardais la jeune Esprit au centre de ma clairvoyance. Rien ne m'échappait. C'est immobile que je la regardais s'avancer vers un homme, un pauvre homme qui avait stoppé sa marche dans la rue principale. J'avais le don du feu, de la colère. Visiblement, May possédait celui de la Terre. Elle avait piégé le malheureux qui tentait vainement de se débattre de son emprise à la jambe. Mon regard passait sur lui. La jeune Esprit m'annonça sournoisement qu'elle avait un présent pour moi. Je m'avançai lentement, lui laissant le champs libre pour m'offrir ce "cadeau" en question. Tordue, j'en étais certain maintenant. May lâcha à demi mots qu'il ne possédait pas de plume, qu'il n'était pas un ange. Un léger sourire effleura mon visage barbouillé, comme je me détendais peu à peu.

Un pacte entre deux Esprits n'annonçait rien de bon. Mais peut-être nos caractères découlaient à présent l'un dans l'autre comme deux vases communiquant. Si tel était le cas, alors May pouvait facilement ressentir la méfiance que j'éprouvais envers chacun de ses gestes et la lucidité que je déployais pour décortiquer chacune de ses paroles. Je me fichais bien de savoir si elle m'en voulait ou non. Après tout, je n'avais rien à lui prouver. C'était à elle de me montrer que ce pacte n'avait pas été fait sous le coup d'un hasard. D'ailleurs je ne croyais pas au hasard. Pour moi, chaque événement passé était fait pour s'encastrer dans un autre. Les actes n'étaient pas des électrons libres à mes yeux mais les maillons d'une chaine qui rythme une vie. Aussi May engendrait chez moi une certaine curiosité qui me fit légèrement pencher la tête sur le côté. Comme je paraissais faiblard, vraiment. Gringalet, les manches recousues, les jambes toutes écorchées. Et les yeux... Mes yeux, trop innocents pour tant de massacres commis. Une moue enfantine, derrière laquelle se planquaient mille et une grimace de rage. Lorsque j'étais encore vivant, je rêvai souvent de devenir tout puissant, de briser ceux qui me brisaient, de faire régner la loi. Ma loi. Celle qui faisait que j'étais le plus respecté pour ma vaillance et mes belles paroles. Respecté mais craint, bien entendu. Aujourd'hui ces chimères me font sourire. Peut-être que je touchai mon rêve du doigt. Ou alors je me plantai sur toute la ligne. Oui, ce devait être ça ; je me plantai royalement.

- A peine rencontré et déjà un présent... Est-ce de la chance d'avoir croisé ta route, ou est-ce la pire des choses qui me soit jamais arrivée !?

Je n'attendais pas de réponse. Cette interrogation était surtout adressée à moi-même. Pourtant, dans mon regard fila une lueur malicieuse comme je me demandais si May allait y apporter une remarque constructive. Je serais ravis de connaître sa réaction. Ce serait toujours une occasion supplémentaire de mieux la connaître, elle et ses tournures habiles.
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MessageSujet: Re: Splendide et Morbide [May]   Mar 6 Jan - 23:38

|hj: Je suis absolument désolée du retard de ma réponse. Néanmoins, je te souhaite une bonne année, toujours avec ce même retard|


Il était évident que tu n'étais pas du genre à te faire amadouer aussi rapidement et aussi simplement que par mes dires. Trop de paroles ne feraient qu'élever ta suspicion qui n'avait pourtant pas lieu d'être. Alors ce fut calmement que je t'éloignais momentanément de cette ruelle qui n'avait fait que te donner des regrets et des remords inutiles. Loin de moi la pensée de te prendre comme un vulgaire gamin qui n'avait aucune maturité pour accepter ce qu'il était devenu. Dans ta présence un siècle après l'incendie qui nous avait tous exterminé, je ne voyais que ton choix d'être revenu sans être un ange, choix qui n'est jamais fait sur un coup de tête pour deux destinés radicalement différentes. Je ne considérais pourtant pas moins le fait que tu restais relativement jeune d'esprit pour commencer à accepter les choix que tu faisais. Il s'agissait certainement une forme de jugement que j'avais là mais je me doutais que cela n'atteindrait pas ta fierté pour autant. Tu étais ce que tu étais, dans l'ampleur de tes actes quelques secondes même avant que je n'arrive sur les lieux.

L'accord était donc à présent sceller, comme tous les autres accords que j'avais déjà mit en place avec bon nombre de connaissance que j'avais à présent. Maigre pour le moment mais ma notoriété était telle que je devais la regagner. Après tout, j'étais et je resterais May, la célèbre courtisane de Nemausus. Morte ou pas, je gardais ce glorieux passage de ma vie pour la faire durer éternellement. Entre tous cela, je te regardais avancer vers cette rue où j'avais pu immobiliser le premier passant qui venait de croiser notre route. Et personne ne sait combien il pourra y en avoir par la suite ... tu me faisais alors dos et pendant ce temps là, mes propres pensées divaguaient autour de ce que je venais de faire et ce que tu ressentais. Ce n'était ni une joie, ni une protection que tu venais d'assurer auprès de moi, mais une simple envie d'accomplir à nouveau ses actes sur des personnes qui l'auraient alors vraiment voulu. Beaucoup plus que sur des simples humains, tu t'étais lancé le défi d'en faire de même avec les anges, exploitant alors au mieux de pouvoir que tu ne maitrisais pas encore. Alors naturellement, je n'allais pas te faire venir le premier ange qui me tombait sous la main puisque pour cette tâche là, nous devions aller les chercher sur place. A moins qu'il faille les voir dans un instant d'imprévu ...

J'entendais alors les paroles que tu venais de maugréer. Une question que tu posais à voix haute et dont je n'en voyais pas encore l'utilité d'y répondre. J'ignorais si le ton était parfaitement ironique ou si tu venais actuellement de te plaindre de la situation que je t'offrais. Peut-être était-il beaucoup trop tôt pour cela ou peut-être que cela ne correspondait vraiment pas à tes attentes. Mais je ne t'offrais pas tous l'or du monde dans un plateau pour le moment, il s'agissait d'acquérir une expérience que tu venais à peine de comprendre. Pourtant, ton regard se tourna vers moi au bout d'un instant, comme si tu espérais une réponse de ma part. Restant sur place, j'étirais alors mon bras pour sortir un porte cigarette d'une mince poche de ma robe et la porta à mes lèvres, sans pour autant chercher tous le reste de l'attirail pour me détendre quelque peu. La situation n'avait rien de très complexe mais ta réticence se faisait de plus en plus voir avec le temps. Comme de simples oscillations, tu montrais de plus en plus de signes de réflexion. Alors je m'avançais vers toi, dans un sourire qui se voulait généreux. Pourtant, à la vue de l'ombre de l'humain, je ne pus qu'esquisser un sourire carnassier. Mon regard refléta à nouveau les lueurs rouges sang qui coulaient encore le long du mur.


Non ce n'est pas une question de chance ... mais de conséquences des choix que l'on prend


La satisfaction et l'arrivée d'une attente que l'on espérait depuis longtemps n'était en aucun cas une question de chance et de hasard. Tous ce que l'on entreprenait était une conséquence directe des choix et du chemin que l'on avait choisit de prendre. Je ne savais pas si cela pouvait répondre à ta question mais je devais à présent faire mon nécessaire pour te faire voir que tu n'avais pas de doute à avoir sur le pacte et sur ma présence maintenant. La rencontre n'était pas du hasard et cet homme n'était pas là par hasard. Les gens savaient-ils qu'ils battaient sa femme et sa fille le soir, après avoir bu comme un tonneau troué le soir dans la taverne? Non, le secret des quartiers bas s'enterraient petit à petit. Un homme de plus à abattre pour le respect qu'il manquait de donner à sa famille. Ce dernier mot n'avait pas de signification pour mon esprit mais le respect en avait énormément, ne serait-ce que pour la vie que j'ai mené et que je mène encore. M'approchant alors de l'homme par derrière en prenant soin de te garder à l'œil pour ne pas te devancer dans le cadeau que je t'offrais, je le contournais habillement en sautant dans les airs, prenant la terre comme un tremplin pour me retrouver devant lui. Ma robe virevolta un instant dans les aires avant de retomber contre mes jambes, laissant apparaître l'espace d'un instant, une légère dague coincé contre un de mes mollets.

Ainsi, l'homme prit comme un vulgaire sandwich entre toi et moi n'avait aucune possibilité de fuir. Entre les sangles de terre qui le retenait prisonnier, il était à ta merci et à ton entière disposition. Allumant par la même occasion une cigarette que je posais sur le porte chose dans un claquement de doigts près du bout, j'aspirais légèrement la fumée qui en sortait pour la souffler sur le visage de l'homme qui me regarda d'un air paniqué.


« Qui êtes-vous, que me voulez-vous, relâchez-moi » ... toujours les mêmes questions, toujours les mêmes demandes ... imitais-je premièrement avant de murmurer le reste d'une façon plus mesquine

Regardant par dessus l'épaule de l'homme qui ne cessait de s'agiter devant mes yeux, je t'observais un moment avant de te faire comprendre que tu avais encore à nouveau le choix de profiter de ton cadeau ou pas et que ta décision n'engendrait aucune perte pour la suite. Un jugement que je n'aurais jamais par la suite serait de voir que tu es trop faible alors que tu m'as montré seulement un dixième de tes pouvoirs envers ses jeunes femmes. Mais tes pouvoirs face à d'autres anges seront certainement beaucoup plus intéressant à voir alors que face à cet homme, je ne les estimerais pas.
Il s'agissait là d'un simple cadeau sans intérêt bénéfique. Autant pour toi que pour moi.
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MessageSujet: Re: Splendide et Morbide [May]   Sam 17 Jan - 23:18

Ben voyons. Sur quelle charmante conséquence étais-je donc tombé ! Certes que bon nombre d'anges devaient se mordre les doigts de ne pas être devenus Esprits face à un membre aussi charmant que l’était May. La vision d'un ange crevant d'envie de devenir l’un des nôtres me décrocha un sourire amusé. Je me détendis, aussi étrange que cela pouvait paraître. Oui, je décidai de me détendre. A quoi bon dresser des barrières autour de moi en sachant qu'elles ne tiendraient pas debout ? Il est vrai que ce pacte avait été quelque peu rapide. Mais qui dit rapide ne veut pas dit irréfléchi. Mes actes n'étaient pas toujours murement pensés. Preuves étaient ces femmes que j'avais chaudement éventrées. Pourtant, en présence de May, une confiance gonflait en moi en même temps qu'une forte dose d'excitation impatientée. Cette jeune femme me promettait bien des choses. Des choses, des vies. Des vies, des âmes puissantes et fragiles à la fois. Puissantes de par leurs nombreux pouvoirs, et faibles de par leurs rattachements aux Hommes. Les anges... Qu'est-ce que May pouvait donc bien avoir en tête à me promettre chose aussi belle pour nous, Esprits, qu'une vie désirable d'ange ? Je ne savais pas les sensations que devait nous procurer la mort d'une de ces bêtes à plumes. Mais ces sensations devaient être inoubliables.

Et dans ma misérable existence, des sensations inoubliables ne pouvaient être ignorées. Aussi, rien que pour cela je me jetai dans les bras de May, ou dans la gueule du loup. Au choix. J'étais doté d'une force incroyable. Dans n'importe quel cas, j'étais capable de détruire ou de faire mal. May ne devait pas se moquer de moi, auquel cas elle le paierait cher. Autant moralement que psychiquement. Auprès d'elle, je sentais s'accroître mes forces. Et surtout, je percevais leur origine. Chacun de nous était lié à un élément. Cette jeune fille maîtrisait celui du feu. Et surement celui de la Terre. Mais pour moi ? Lequel était-ce ? Je m'approchai de May, un peu comme envoûté. Je répugnais de devoir me lier à quelqu'un pour connaître le centre de mes forces, aussi beau était ce quelqu'un. Cela prouvait, quelque part, que je n'était pas capable de le faire moi-même. Pourtant je n'étais plus vraiment maître de moi-même en cet instant. Même ma voix semblait dérailler vers un but que je ne saisissais pas vraiment. Je frôlai doucement May avant de me placer près du pauvre homme prisonnier. Je grognais.

- Mes choix... Parlons-en de mes choix. Regarde-moi May ! Je tremble comme une feuille, je suis trop frêle pour ces pouvoirs qui grondent en moi.

Et c'était vrai, bien entendu. Je m'en rendais compte au fil des jours. Depuis l'instant où j'eu remis pied sur terre. Car c'était comme je n'étais jamais parti de Nemausus vers un autre univers. Peut-être aurais-je mieux fait de me consumer totalement, qui sait. Mais la sentence divine, ou du moins une force immatérielle m'en a empêché. Et je me retrouve ici. Entre deux choix, entre deux personnes. Mon regard croise celui de May dans un éclat. Elle pourrait me tuer, elle. Je suis puissant mais si je me laisse faire, cette jeune fille ne pourrait faire qu'une bouchée de moi. Mon attention se porte sur l’humain. Et lui... Je suis capable de le tuer d'un seul mouvement. Quel putain de cercle... Vraiment, que faire maintenant ? Ou me faire tuer par May, effacer mes crimes en me laissant disparaître. Ou bien tuer cet homme froidement, et ainsi je découvre l'origine de mes pouvoirs et vers quoi ils convergent tous. Bien entendu que je ne dois pas me poser de question. Et pourtant... Une seconde d'hésitation. Ou deux peut-être. En tout cas c'est trop énorme pour me le cacher ; Une appréhension résonne dans mon crâne comme un avertissement. Suis-je donc trop fou ou trop courageux ? Je m'avance vers cet homme dont la voix plaintive amuse visiblement la jeune Esprit. Je me place face à lui et darde mon regard flamboyant dans le sien, éperdu.

- J'vous en supplie... Ch’uis pas un mauvais homme, j'ai une femme ! Une p'tite fille ! Pitiééé ! Ayez Pitié !

Je baissai la tête et fermai mes yeux en me forçant. Mes poings se serraient, je ne devais pas penser à ses paroles. Autant m'endurcir de suite. Oui, je suis loin d'être un gosse, une mauviette. Je suis un Esprit, engendré pour détruire, rien que pour détruire. Sous le nez du bien et de la justice, surtout je ne dois pas plier. Les détresses de ce vieil homme me font chaud et froid à la fois. Mon souffle devient irrégulier, s'accélère tandis que se débat vainement le présent de May. May… Que pense-t-elle de cela ? Est-elle en train de rire ou se concentre-elle sur mes choix, sur le moindre de mes gestes ? Je n'en sais rien. Mais loin de moi l'idée de m'en foutre. L'envie me vient alors, brutalement. Celle de connaître mes pouvoirs. May est liée au flammes. Et moi ? Je relève alors la tête, convaincu, grandit par les forces qui font vibrer mes muscles. Mon regard se plante dans celui du bougre. Surement dois-je être effrayant à cet instant car le vieil homme arrête de couiner. Il reste bouchée bée, tremblant. Il attend. Le temps se suspend un instant. Le silence plombe l'atmosphère et je retiens mon souffle. Il se passe quelque chose. Je le sens, partout en moi. Quelque chose de rapide, de violent est en train de se passer dans ce très court laps de temps. Quelque chose, entre lui… et moi. Je ne rêve pas. Soudain, tout en moi se met à hurler et mes entrailles se déchirent de manière douloureusement délicieuse. Je hurle en même temps que cet homme devant moi. Lequel de nous deux souffre le plus en cet instant ? Lui forcement.

Sans savoir ce qui se passe je sens mes mains se tendre d'un seul coup devant moi. Et mon geste finit d'achever le bougre alcoolique qui s'écroule au sol. Moi-même, au final de mes cris, je vacille. Je me sens vide et remplit à la fois de cette impression confirmée. Mes pouvoirs... Je sais à présent. Je sais tout. Il n’aura fallut qu’un meurtre. Un de plus. Un décisif. Seulement le temps n'est pas aux réjouissances : Je tombe à genoux sur le pavé. Tout tangue autour de moi. May devient immatérielle. Peut-être ne le sait-elle pas. Mais elle vient de m'offrir un cadeau inestimable. Ou bien... peut-être savait-elle tout depuis le début. C'était donc ça. Plus rien ne sera plus jamais pareil. A genoux, les bras sans force, ma tête retombe, lourde de sens. Mes yeux restent entrouverts malgré tout, et me permettent de voir cet homme allongé sur le pavé. Je l'ai tué. D'un seul coup. Et je sais pourquoi. Pour une fois dans ma piètre existence d‘Esprit… je sais pourquoi. Sa couleur de peau devient translucide. Il s'est vidé de son sang d'une seule et unique pulsion de ma part. Mon pouvoir... est celui du sang. Je suis capable de contrôler le sang de chaque individu. Il ne m'a suffit que d'un geste pour que les veines de ce malheureux s'assèchent aussi vite qu'une goutte d'eau sous un Soleil de désert. Je suis un Esprit, l'Esprit du sang ? Mais dis-moi May... Les anges saignent-ils ? Je me sens fort. Pourtant je parais si misérable tout à coup. A moitié allongé par terre, mes cheveux masquant mon visage s'étant éteint de toute couleur comme la fatigue coule en moi tel un poison. Je me sens bien. Incroyablement bien. Un très fin sourire se dessine sur mon visage imperceptible. Ma voix est faible. Trop faible.

- Merci May... Merci.

Je possède la capacité de contrôler le sang des Hommes. Dès lors que cet homme fut tué de mes propres forces, tout défila dans mon crâne à une incroyable vitesse. Assécher les veines. Les faire exploser. Geler le sang, l'enflammer, le faire tourner à cent à l'heure dans les artères d'une victime. La rendre folle. Voila pourquoi mes yeux se voilaient de pourpre lorsque je ne pouvais plus me contrôler. Voila pourquoi l'odeur du sang m'envahissait telle une drogue à laquelle je ne résistais jamais. Je contrôlais le sang. Je pouvais bien faire d'horribles missives. Mais les anges ? Le sang ne coulait pas dans leurs veines. Non... Mais dans celles de leurs protégés, si. May... est-ce donc pour cela que tu acceptes de t'associer à moi ? May...

- Savais-tu tout cela ? Connaissais-tu mes pouvoirs depuis le début, alors que je les ignorais ?
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