Nemausus

Nemausus. 17ème siècle. Après un bal masqué ayant mal tourné, la ville perd peu à peu pied... supporterez-vous la volonté divine ?
 
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 La diligente diligence (Nathaniel)

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Helena Hugel
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MessageSujet: La diligente diligence (Nathaniel)   Ven 26 Déc - 23:27

La neige tombait du ciel comme une kyrielle de broderie unique créé par mère nature, valsant l’air autour des visages des passants. Parfois des drames enneigés arrivaient sans que personne ne les remarques. Des flocons solitaires s’effleuraient au point de presque givrer ensemble pour former un autre plus gros puis les deux soupirants glacés se faisaient sauvagement séparer, l’un se faisant emporter par l’épaule d’un passant. Assise sur le toit d’une maison, Helena regardait ces morceaux de frimas cristallins se courtiser dans leur tournoiement céleste. Elle soupira avec dépit, même ces flocons trouvaient leur partenaire. Son arrivé datait de quelques jours ce qui faisait que son moral était encore bon malgré la solitude. Malgré tout, Helena ne pouvait se résigner à réintégrer le monde des vivants et interagir librement avec eux. Elle avait peur de leur réaction et peut-être de sa propre nature.

Voilà qu’elle était morte depuis un siècle et elle avait l’impression d’avoir cueillir les fleurs pour son ancienne boutique il y a quelques jours à peine. Son esprit lui jouait des mauvais tours pendant qu’elle regardait la foule passer. Helena croyait reconnaître de temps à autre des visages pour se rendre finalement compte que ces visages familiers ne devaient, logiquement, qu’être les descendants de ceux qu’elle avait côtoyés de son vivant. Esquissant une moue de déception à chaque coup, elle finit par se lasser et descendre de son perchoir afin de parcourir les rues, cherchant dans le regard des gens la personne qui devait être son élue. Elle rencontra quelques enfants qu’elle avait commencé à côtoyer, ces jeunes gens étant les seules personnes à qui elle apparaissait, préférant rester parfaitement invisible la plupart du temps.

Toujours nostalgique, elle traversa les rues et les faubourgs passant finalement devant l’établissement de fleuristerie qui avait été laissé en ruine puis généreusement rénové et remit sur pied. Quelques fois elle y était entrée avec une certaine nostalgie mais les choses avaient changé et ainsi elle se sentait moins attaché à cet endroit. Le cœur un peu lourd et maintenant plus pensive, elle continua son chemin solitaire, lunatique. Bifurquant ici et là, laissant le hasard et la chance la guide pour le mieux ou le pire, elle s’aventura dans un petit cartier ni trop pauvre, ni trop riche. Ici vivait des marchands humbles et de la petite bourgeoisie sans noblesse de lignée. C’était dans ce cartier justement que sa demeure avait été, la 3e maison de la rue proche du centre ville. Lorsqu’elle se rendit à cet endroit elle trouva l’écurie d’une auberge aisée. Le temps avait emporté avec lui bien des choses comme sa demeure de jadis. Elle pouvait aisément s’imaginer qu’après la mort de sa famille directe, ainsi que leur notaire, sa demeure avait tombé dans l’oubli. La ruine avait dût être racheté et remanié pour y loger les chevaux. Curieuse malgré elle, elle entra l’établissement et le visita, invisible à l’œil humain. Malgré que l’endroit était à erre ouverte et séparé de compartiment pour les montures, elle pouvait assez aisément reconnaître les différentes aires de son ancienne maison par quelques démarcation restante sur les murs. Elle voyait là, dans 4 compartiments, l’ancien emplacement de la cuisine d’été ou encore le salon, tout juste où certains palefreniers étaient assit devant un foyer que la majesté de jadis était maintenant rongé par l’environnement.

Un long soupir glissa entre ses lèvres sans qu’elle puisse s’en empêcher, une vague de mélancolie se propageant dans la pièce. Les palefreniers se retournèrent un peu vers un inlassable vide, seul une odeur fleurit légère leur parvenant. Pourtant, celle-ci était là, à peine à un mètre d’eux. Un peu attristée malgré sa bonne volonté, elle se détourna et trouva avec stupeur le vieil escalier pour le deuxième étage. Troublée, elle découvrit les pièces du deuxième habité par des employés de l’écurie. Toujours un peu dépassée, elle entra dans ce qui était sa chambre, il y a un siècle, pour trouver un homme ivre dormir sur une paillasse. La tapisserie qu’elle avait elle-même peinte à la main sur les murs de sa chambre ainsi qu’une vieille commode y était toujours. Seulement, la tapisserie avait perdu son beige nacré pour devenir brunâtre tacheté, tandis que les myriades de fleurs, elles, étaient noircies par le temps ainsi que la fumée de tabac.

Maintenant très attristée et troublée elle sortit d’un pas rapide et silencieux de cet endroit.

*Je dois oublier la vie que j’ai perdu, c’est inutile… M’en rappeler ne me fait rien de bon… pensa-t-elle*

Marchant maintenant dans les rues d’un pas à la fois rapide mais subtile, elle essayait de sortir le plus rapidement de cet endroit. Plongée dans son esprit, elle ne faisait qu’éviter les passants et marcher sans destination précise. C’est son invisibilité volontaire qui la perdit. Une diligence ne la voyant pas, puisqu’elle n’était pas visible à l’œil humain, fonçait dans la rue à ce moment. Helena prise dans ses pensées n’eut même pas le temps de réagir qu’elle fut expulsée assez violemment sur le côté de la route, le corps de sa petite personne étant projeté plus loin. Sa course dans les airs se fini par un atterrissage sur le flanc puis son être roula mollement jusqu’au rebord d’un mur. De cette jeune femme qui semblait apparue de nulle part, seule une silhouette toute encapé de beige fut visible, hormis sa main droite fragile qui dépassait inerte de sa cape, les doigts fins déposé vaguement contre la neige. Son visage et le reste de son corps était encore caché sous sa cape, rendant son identité ou son apparence indéterminable. Quelques cris furent entendus, ce genre d’accident étant plutôt troublant, et quelques personnes s’approchaient pour voir si cette « femme » était encore en vie. Mais, personne n'osa la toucher ou encore relever la cape pour voir qui elle était ou l’étendu des dégâts.
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MessageSujet: Re: La diligente diligence (Nathaniel)   Lun 29 Déc - 11:22

Ceux qui tombent entraînent souvent dans leur chute ceux qui se portent à leur secours.
(Stefan Zweig)



Respirer à nouveau l'air frais, être de nouveau ébloui par les rayons du soleil.. Avait-il vraiment quitté tout cela un jour ? L'incendie du bal avait-il seulement existé ? Evidemment, et l'on ne pouvait en douter. Pourtant Nathaniel, sûr de sa nouvelle condition, regardait avec étonnement tout autour de lui. Certes la ville avait changé, mais si peu pour l'oeil exercé du jeune homme. C'était bien les mêmes rues, mais avec parfois des maisons différentes, ce qui était extremement troublant. Il avait l'impression d'être dans une ville parallèle, ce genre de choses fantastiques qu'il avait lu dans des livres. Il aurait voulu être à nouveau humain, et décider de sa condition. Tiens, il aurait pu devenir jongleur, il avait toujours aimé cela. Et gagner son pain à la sueur de son front.

Quelqu'un qui lui fonça dedans lui rappela l'étrange réalité : il était invisible, il était ange. Il voulut renoncer à cette invisibilité. Pourquoi se cacher aux yeux des descendants de ses amis ? Seulement il ne pouvait décemment pas se matérialiser ici, en pleine foule. Il aurait provoqué un véritable petit esclandre, et ce n'était absolument pas son but. Tout dans la discrétion toujours, ne pas contrarier les gens, ne pas les gêner. Nathaniel n'avait finalement pas beaucoup changé. Il chercha donc un endroit sombre où il put se concrétiser en toute sécurité. Seuls les flocons le verraient apparaître, mais où pouvait tout dire à la neige. Il en attira même quelques uns, s'étonnant encore de pouvoir contrôler l'eau. Il les regarda voleter dans sa main, puis les relâcha brusquement. Il avait trouvé.

Nathaniel se tenait devant une écurie. Le bâtiment semblait appartenir à une auberge assez aisée. Il ne se souvenait pas de l'avoir jamais vu, peut-être était-elle toute récente. Enfin, d'environ un siècle.. Ce qui à échelle d'ange était assez bref. Il trouverait sûrement une botte de paille où il pourrait retrouver son apparence. Seulement quand il entra, il aperçut une nuée qui montait à toute vitesse un escalier. Un ange ne peut pas tromper un ange



(HRP : si je fais une grosse bourde, et que les anges ne peuvent pas se reconnaître entre eux, dis-le moi et j'éditerai !)


Mais Nathaniel était encore jeune dans son nouvel état, et ne comprenait pas bien ce qu'il avait sous les yeux. C'était, sous l'odeur de fleurs agréables qui l'embaumait, la silhouette d'une jolie jeune femme qui se dirigeait avec rapidité vers ce qui était sûrement les appartements des employés. Du moins les chambres. car "d'appartements" il n'était sûrement pas question. Nathaniel se surprit à regretter un instant la vie dorée et confiante qu'il menait auparavant.. Cela ne lui semblait pas si loin.. Hier encore, il était allé visiter Matthias.. Ou bien était-ce il y a un siècle.. ? Oui plus certainement. Il secoua la tête, comme pour chasser tout cela de ses pensées, et avisa enfin un petit recoin plongé dans l'obscurité fangeuse de l'écurie. Il s'y glissa, non sans une certaine répugnance, puis retrouve sa forme "humaine". Il attendit quelques instants et courut vers la sortie sans se faire repérer. Une fois dehors, clignant les yeux sous la lumière du soleil hivernal, il resta là, ne sachant ni où aller, ni quoi faire. Est-ce qu'il allait toujours autant s'ennuyer. Il était grand temps de trouver son protégé, sans quoi il se sentirait toujours aussi incomplet, et inutile.

Mais son attention fut à nouveau détournée de ses pensées premières, car la silhouette féminine de tout à l'heure sortait à présent de l'écurie. Mais personne ne semblait la voir. Nathaniel était pourtant absolument certain qu'elle était là. Etonné, ravi, il la suivit sans même s'en rendre compte, et avec une telle naïveté, qu'elle même ne remarqua pas le jeune inconnu qui marchait quatre pas derrière elle.

Nathaniel n'eut pas le temps de prévoir la collision, qu'elle avait déjà eu lieu. Crier n'aurait peut-être servi à rien, il n'y songea même pas. Il ne put que voir, hébété, la diligence rapide percuter la frêle silhouette, et celle-ci faire un bond assez dangereux pour se retrouver écrasée sur le côté de la route. Le conducteur était descendu prestement, le regard hagard. Sous le choc, la jeune fille semblait être visible aux yeux de tous. Nathaniel la voyait aussi clairement que tout le monde. Elle était d'une beauté certaine, mais Nat ne l'avait jamais vu en ville. Il n'aperçut son visage qu'un fragment de seconde, mais ne la reconnut pas. Quoi d'étonnant à cela ? Il ne connaissait personne des nouveaux descendants et quand à ceux de son temps, il n'avait jamais eu énormément d'amis et ne se souvenait jamais des visages croisés. Tout en se faisant ses considérations, il s'était approché à vive allure et écartant un peu l'attroupement, il s'agenouilla à côté du capuchon de la jeune femme.

"Est-ce que ça va ?"

Oh cette question était ridicule, après un tel choc. Certes. Néanmoins, il avait l'impression qu'elle était différente, peut-être même ange comme lui. Peut-être ne pouvait-elle plus souffrir. Il ne savait pas, il n'était pas ange depuis assez longtemps. Mais peut-être étaient-ils désormais protégés, tous les deux, tous les anges, des blessures humaines ? C'était donc autant pour son information personnelle que pour la santé de la jeune fille qu'il s'enquérait de son état. Mais comme elle ne répondait pas immédiatement, il eut un léger doute sur ses premiers espoirs, et voulut cette fois savoir véritablement ce qu'il en était.

Tout le monde est un peu ahuri.. Tu ferais mieux de me suivre dans un endroit plus calme si tu veux éviter les questions..

Et en esperant qu'elle le regardait, car il ne distinguait toujours pas son visage, il lui offrit un formidable sourire. Le même genre de sourire qui avait charmé des précédentes humaines. Sauf que maintenant il n'était plus question de séduction. Il ne voulait simplement pas qu'elle aille mal. Les dernières images humaines qu'il avait en tête étaient celles de l'incendie, et de cette kyrielle de gens qui souffraient. Il ne voulait plus endurer la douleur, et ne voulait plus que des personnes en soient les victimes sous ses yeux. Dans la tête de Nathaniel ne régnait plus qu'un seul objectif : rassurer la jeune femme et l'éloigner un peu si elle allait bien, la guérir si elle était blessée. Il attendit sa réaction avec hâte, mais ne disant rien de plus pour ne pas la brusquer ou l'apeurer.
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Helena Hugel
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MessageSujet: Re: La diligente diligence (Nathaniel)   Lun 29 Déc - 20:43

Le moment de la collision avait été violent et inattendu. À vrai dire, Helena avait à peine sentit sa course dans les airs et son dur atterrissage sur le sol car son esprit s’était déjà évadé par peur ou par douleur. Elle ne le savait pas exactement, même si la logique aurait indiqué la douleur en tant normal. Mais la normalité était, avec ce nouveau statut, une chose vague auquel elle ne devait peut-être pas se fier.

Au moment que son corps avait roulé mollement au sol, son âme avait déjà entreprit un voyage vers les confins de ses souvenirs.


---Souvenir---

Habillé d’une jolie robe mauve pâle et orné de broderie blanche, une Helena âgée d’environ 6 ans suivait une belle femme aux cheveux blond clair et coiffé d’un chapeau garnie de fleur fraîche. Elle-même était bien soignée: Ses cheveux avaient été élégamment remontés et une fleur avait été déposée dans le creux de ses cheveux couleurs nuits, une orchidée violette rappelant son étrange couleur d’iris.

C’était un beau matin en Nemausus ce jour là, l’odeur capiteuse de l’herbe réchauffée par le soleil et les rayons bienfaiteur de celui-ci faisaient sourire grandement la petite Helena. Sa mère, quant à elle, aimait beaucoup se promener en la compagnie de sa fille aînée, lui vouant une affection toute maternelle. Celle-ci croyait également qu’exposer un brin sa fille l’aiderait à trouver plus tard un bon prétendant. Mais aucune des deux ne savaient encore que l’avenir d’Helena serait sacrifié sur l’autel de la réussite familiale. C’est alors que la petite bambine aperçue un de ces magnifiques papillons visible dès le début de l’été. L’esprit léger et naïf d’une enfant, elle oublia tout ses apparats et la bonne conduite pour lever de petits bras excité vers la délicate créature coloré.

Ressemblant maintenant à une petite fleur de crinoline emportée par un vent de rire et de babillage, elle poursuivit le papillon, elle-même poursuivit par sa mère qui l’exhortait de revenir sagement à elle. C’est alors que le papillon, qui prenait pour sa part la voie des airs, traversa la rue. Excitée par la couleur et la beauté la petite fille le suivit presque hypnotisé quand une main solide se déposa sur sa frêle épaule. C’était un homme très grand et un peu inquiétant pour elle qui la regardait tandis qu’une carriole passa à vive allure quelques secondes plus tard à quelques décimètres devant eux. Quelques petites mèches rebelles et subtiles de la chevelure de l’enfant furent poussées de l’avant, engouffré par la bourrasque que la carriole dégageait. Il n’était pas dur à imaginer qu’elle horreur aurait eu lieu si la délicate bambine avait été piétinée par les puissants sabots.
La mère de celle-ci avait crié quelque seconde avant que l’homme rattrape l’épaule d’Helena, croyant pendant quelques secondes son enfant perdue. Maintenant, elle était soulagée que la course folle de sa fille se soit bien terminée et elle rejoignit celle-ci et l’homme, le remerciant encore et encore de son bon geste. Légèrement tremblotante, elle reprocha pendant le chemin de retour sa conduite dangereuse à Helena, lui faisant promettre de toujours regarder de manière réfléchie avant de traverser.
---


C’est alors qu’aux travers les paroles de sa mère, se mélangea une voix masculine. Cette voix lui dit : "Est-ce que ça va ?"

L’apparence de l’environnement de son enfance disparu pour faire place à un grand vide noir. Helena essaya de répondre, de dire : « Mais oui je vais bien, ne vous inquiétez pas ». Mais seul un souffle incompréhensible sortit de ses lèvres dans le monde réel et rien de sa gorge dans son inconscient. Qu’elle ne puisse parler la troubla légèrement et elle essaya de comprendre ce qui se passait. C’est alors que ses souvenirs lui revinrent pendant qu’elle réintégrait lentement son corps. La première chose qu’elle sentit, c’est qu’elle était affaissée et recouverte de sa cape. Son corps était lourd et la respiration était difficile. Était-ce une impression ou une réalité? Elle ne savait pas si elle ressentait ou éprouvait cette lourdeur presque douloureuse.

La voix rassurante l’interpella une fois de plus, celle-ci provenant visiblement d’un homme tout juste à côté d’elle.

« Tout le monde est un peu ahuri.. Tu ferais mieux de me suivre dans un endroit plus calme si tu veux éviter les questions.. »

*Tout le monde? Pensa l’ancienne fleuriste de manière confuse.*

C’est alors que tout lui revînt comme un éclair : Elle s’était fait percuter par une diligence. En se moment même, puisqu’elle s’était évanouie, elle devait être visible aux yeux de tous. Légèrement nerveuse, sa main fut parcourue d’un léger spasme. Helena reprenait enfin les droits sur son corps allongé contre le frima givré du sol toujours un peu étourdie et le torse étrangement pénible. Sa main visible bougea lentement avec ce qui semblait une certaine difficulté pour enfin retirer sa capuche de son visage et se laisser respirer. Le visage et la main visible de celle-ci étaient intacte du choc mais le reste du corps était encore caché contre le sol ou recouvert de sa cape. Elle tourna son visage vers lui avec un certaine faiblesse et souffla tout bas.

-Vôtre attention est très gentille…Pourriez-vous m’aider à me relever? Je manque un peu de force je le crains…

La vue encore légèrement trouble, elle essayait de voir les traits de celui-ci avec ses grands yeux améthystes empreint d’une douceur un peu mélancolique. Lorsqu’elle le vît enfin, elle fut intérieurement surprise. Elle ne s’attendait pas qu’une aussi élégante personne ne se penche sur son cas. Déjà reconnaissante de cette largesse à son égard, elle essaya de se relever avec difficulté, visiblement affaiblie par cet événement. Une fois relevé avec bien des misères, elle referma calmement sa cape, ne laissant pas un seul instant son torse visible. Elle ne savait pas s’il était blessé ou non et elle préférait pour l’instant cacher ce fait. S’il l’était, des enfants seraient effrayée à son passage, s’il ne l’était pas, ce serait peut-être le reste de la population qui le serait. C’était différent pour l’homme qui l’avait interpelé cependant. Une étrange énergie se dégageait de lui et elle recommençait à avoir tout ses sens alertes, du moins assez pour le ressentir.

Un peut timide et visiblement blême elle chuchota.

-Je vous suis messire, dit-elle le regard rivé au sol avec humilité.

Ce fut peut-être avec un pas incertain mais toujours aussi délicat qu’elle suivit Nathaniel loin de ces regards curieux.
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MessageSujet: Re: La diligente diligence (Nathaniel)   Lun 29 Déc - 23:41

Il n'y a guère que le sublime qui puisse nous aider dans l'ordinaire de la vie


C'était tout naturellement que Nathaniel avait volé au secours de l'étrange inconnu. Il l'avait vu se faire percuter de plein fouet par la diligence, et n'avait pu l'empêcher. Mais sa bonne nature, et peut-être même sa nouvelle essence d'ange le porta à aider la jeune fille. Il voulait la protéger de tous ces regards qu'il sentait sur elle. Car il avait bien vu qu'elle était invisible aux yeux des autres. Du moins avant l'incident. Si elle souhaitait rester masquer, il devait lui permettre d'éviter l'attention concentrée sur elle. C'est sur ces bonnes raisons qu'il lui adressa la parole sans aucune gêne. Il sourit en songeant qu'à l'époque de sa jeunesse, il se serait fait sévèrement réprimander pour secourir une fille dans un quartier presque pauvre. Il pouvait presque entendre la voix de son père "Nathaniel tu me déçois.. Te compromettre avec ces graines de dissidents.. je ne nie pas leur gentillesse, mais enfin.." Ce souvenir le fit sourire, son père n'étant pas parmi ceux qu'il regrettait le plus.

Mais très vite son attention se reporta sur la jeune femme, qui trouva enfin la force de lui répondre, après avoir baissé son capuchon. Il se rendit compte avec ahurissement qu'il l'avait tutoyé. Qu'est ce qui lui était donc passé par la tête ? Lui si plein de bonnes manières, quoi qu'on en dise, venait d'adresser la parole presque familièrement à une demoiselle qui l'intriguait. Incroyable. Confus de sa bévue, ses joues se colorèrent vaguement pendant qu'il écoutait les paroles de l'inconnue. Elle demandait de l'aide. Il était tout à fait prêt à lui en offrir, c'est même pour cela qu'il était agenouillé à ses côtés. Nathaniel n'avait jamais été très costaud, mais il fut surpris par la légereté de la jeune femme. Elle chancelait sur son bras, et il la serrait contre elle, absolument sans penser à mal. Il sagissait de la remettre sur pieds assez vite, pour s'assurer de son état.


Bien sûr, appuyez-vous sur moi.

Elle avait le regard brouillé et perdu, il en profita pour observer discrètement sa silhouette. Certes elle était réellement charmante, mais ce n'est pas ce qu'il cherchait. Il voulait s'assurer qu'elle n'était pas gravement atteinte. Mais l'inconnue gardait sa cape fermée contre elle, et le regard de l'ange se perdit dans les plis du tissu, sans pouvoir aperçevoir une quelconque trace de blessure. La jeune fille semblait abasourdie en sa présence. Elle aussi, quelle soit humaine ou non, devait être consciente des préjugés et des règles à suivre. le costume de Nathaniel, et jusqu'aux intonations de sa voix trahissait son ancien prestige. Cela l'horripilait plus qu'autre chose, quand il y songeait. Il ne voulait pas avoir l'air d'un bienfaiteur sublime. Quoique.. A bien à réfléchir.. Le nouveau Nathaniel était toujours là. Plus orgueilleux, plus sûr de lui que dans son adolescence humaine. Il aimait être une lumière étrange qui éclairait soudain la journée de l'inconnue. Prétentieux tout ça ? Si peu..

Perdue dans ses considérations, il agissait presque mécaniquement, quand il remarqua que la jeune femme était à nouveau sur pieds, bien que le visage blême et le pas hésitant. Où pouvait-il donc la conduire, pour la mettre à l'abri des regards d'une part et s'assurer que tout allait à peu près bien d'autre part ? Et puis peut-être discuter, pour en savoir un peu plus long sur ce qui l'intriguait chez elle. "Discuter avec ce genre de péronelle ? Mais mon fils sais-tu au moins ce qu'elle fait dans la vie ? Je ne connais même pas sa famille". Décidément, le retour à Nemausus affectait particulièrement le jeune Nat'. Les préceptes de sa famille lui revenaient sans cesse à l'esprit. Il aurait voulu rejeter toute son ancienne vie d'un coup, en bloc, et ne plus penser à cela.

Un flocon glissa sur son nez, et Nathaniel sourit. Il jeta un long coup d'oeil à la jeune femme. Il se sentait libre, aussi libre que l'air et que ses morceaux de neige qui voletaient au rythme des nuages. Il était là, sans contraintes familiales, sans contraintes tout court, portant assistance à une jolie créature intriguante, plus sûr de lui que dans ses souvenirs. cette nouvelle assurance lui fit se redresser de tout son long pour s'adresser à la foule :

Mon amie est légèrement blessée, je la ramène chez elle. Merci à tous, ne vous en faites pas.

Et il se retourna vers l'inconnue, pour la rassurer un peu. Elle ne semblait vraiment pas apaisée. Non pas qu'elle eut peur, elle n'avait pas l'air. Mais son esprit avait l'air d'être aux prises avec une foule de pensées qui la troublaient. Balbutiante, regardant le sol, elle se mit à accepter de le suivre. Trahissant ainsi d'elle-même sa condition. Qu'elle soit humaine, ou ange comme lui, ou bien pire, elle était liée par les règles à se soumettre à lui, du moins dans certaines apparences. Il était un homme, fortuné, et elle était apparemment le contraire. Pourtant elle l'intriguait toujours autant. Ses pas, bien que mal assurés, étaient légers et délicats, comme ceux d'une princesse. Quelle étrangeté aussi dans son regard. Il était presque violet. Etait-ce ainsi depuis son enfance ? Il faillit lui poser la question immédiatement, mais c'eut été bien impoli.

Je vous prie de m'excuser, pour le terme "mon amie". Mais c'était tellement simple ..

Il lui adressa un charmant sourire, comme si elle était réellement une amie. Puis il se dit qu'après tout, il pouvait toujours se présenter, cela n'engageait à rien, avec un nom comme le sien, au pire à plus de respect encore. Seulement voilà.. Son nom de famille, il n'avait plus aucune raison de le porter. Ses ascendants, ses descendants, tous avaient déjà péri. Il était donc Nathaniel, simplement. Pouvait-il décemment se présenter ainsi ? Ou mentir sur sa condition et décliner son ancien nom, sa preuve de fortune ? Soudain une idée lui traversa l'esprit. Si la belle étrange était ange ou esprit, elle le reconnaitrait à cette absence de nom de famille, et c'était un moyen sûr de lier ce contact qu'il désirait tant. A cette réflexion, le jeune homme n'hésita pas bien longtemps et s'inclinant légèrement, il dit d'une voix douce, retrouvant presque les intonations enfantines de sa jeunesse :

Enchantée damoiselle.. je suis Nathaniel.

Et, emporté par cette bonne humeur naïve qui ne le quittait jamais bien longtemps, il poursuivit sans réfléchir :

Mais vous pouvez m'appeler messire mon sauveur.

Et il sourit gentiment, esperant qu'elle ne le prendrait pas pour un fou. Tous les riches personnages étaient plus ou moins déjantés, à force de passer trop de temps dans leur château, ou leurs grands appartements. Et avec la seule compagnie de personnes de leur milieu, qui ne se jugeait que sur une apparence factice. Il ne voulait pas paraître pour un de ces énergumènes dépravés, un de ces Matthias quelconque.. "Ah mon petit Nat si seulement tu prenais un peu d'épaules, tu saurais enfin porter le costume, et tu pourrai peut-être prétendre m'égaler auprès des filles".. Voilà ce que son cher compagnon d'escrime avait laissé échapper un soir de match.. Et ce serait lui le demeuré ? Absurde. Il secoua lentement la tête, pourvu que cette jeune femme l'apprécie un tant soit peu. Il avait besoin de discuter. Il s'en rendait compte seulement maintenant. Voilà ce qu'il recherchait tout à l'heure, en vagabondant dans la ville. Quelqu'un à regarder, d'abord. Faire connaissance. Ces deux petits mots avaient-ils encore du sens pour un ange aussi complexe que Nathaniel ? La suite allait peut-être lui dire.

Tenez, je vous ramène à votre écurie, il y fait chaud.

Et avec un sourire mystérieux, il la regarda, pour vérifier qu'elle avait compris. Oui Nathaniel était à ses côtés depuis longtemps..
Un ange gardien pour un ange, quel étrangeté. Ou bien était-ce l'inconnue qui était l'ange gardien ? Car elle venait réellement de sauver Nathaniel de l'ennui..
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MessageSujet: Re: La diligente diligence (Nathaniel)   Mer 31 Déc - 23:33

Helena avait dans son enfance rêvée à bien des choses, ces petits rêves un peu bidon que toutes jeunes filles se faisaient un jour ou l’autre. La raison et la sagesse acquise avec l’âge l’avait poussé à ne plus croire ou espérer ces choses que les adultes matures appelaient « sottise ». Pourtant, aujourd’hui un inconnu plus qu’élégant aux gestes un peu chevaleresque était venu l’aider à se sortir d’un sale pétrin.

Il fallait dire qu’Helena était plus qu’intimidé pours plusieurs raisons. Premièrement, l’ancienne fleuriste avait eu une vie recluse sacrifié à son entreprise familiale de petite bourgeoisie marchande et n’avait jamais, ou presque, côtoyé de si proche un membre de la gente masculine autre que son père ou un frère. Deuxièmement, jamais personne, sauf des enfants, étaient venue à son aide.Ce n'était pas nécessairement par méchanceté ou dédain mais simplement que l’opportunité ne s’était jamais présenté. Troisièmement, les seuls hommes avec qui elle avait eu des discutions fréquentes, de son vivant, étaient des clients de leur fleuristerie qui venaient chercher des fleurs pour leur belle ou une future conquête. Finalement, celui-ci était, probablement, une personne fort bien éduqué : bonne stature, bon maintenu et bonne manières. Qu’un simple paysan l’aide aurait été plus commun, Helena ne se parant jamais d’atout attrayant ou de robe trop fastueuse, elle passait bien pour de la pauvre personne. Ces éléments en place, le malaise un peu maladroit de celle-ci était plus que normal et surtout elle se demandait : Pourquoi?


C’est alors que le charmant jeune homme, ou ce qu’elle soupçonnait être un ange, la serra contre lui. Helena n’était pas assez insolente ou arrogante pour même supposer que ce geste était déplacé en quelconque manière. Il devait vouloir l’aider à la sortir de là mais elle devait l’avouer que cela la troublait. Jamais un homme ne l’avait serré contre lui de manière amicale ou autre. Cette sensation raviva en elle quelques vieilles amertumes lointaines qu’elle fit taire avec un sourire faible afin de rassurer son interlocuteur. C’est alors que celui-ci dit de sa voix un peu hypnotisante pour la jeune ange un peu perdue :

« Bien sûr, appuyez-vous sur moi. »

Cet homme était réellement tout à fait charmant et elle ne savait que dire. Si elle n’était pas aussi confuse à cause de la douleur et du choc, Helena aurait probablement été en train de se répandre en remercîment sincère. Des pensées rationnelles l’envahir de manière presque brutale par la suite, lui clouant les pieds sur la terre ferme.

*Allons Helena tu n’es plus une de ces jouvencelles rêveuse. Revient sur terre ma pauvre, cet homme n’a que de bonnes et pures intentions empli d’innocence ou de logique. Probablement qu’il ne désire pas qu’une de ses congénère se fasse prendre au grand jour pour ne pas courir de risque lui-même… Oui ce doit être la raison, pensa-t-elle l’esprit troublé et le corps vilainement douloureux.*

Sans trop réagir et plutôt un peu légère, pendant qu’une douleur plus persistante se faisait sentir dans son flanc droit, elle entendit les paroles de celui-ci sans sursauter ou s’étonner.

« Mon amie est légèrement blessée, je la ramène chez elle. Merci à tous, ne vous en faites pas. »

Celui-ci semblait vouloir la rassurer mais elle était angoissée, sentant quelque chose de chaud et poisseux se répandre un peu contre son flanc pendant qu’elle marchait. La douleur était tenace mais Helena était pour certaines situations une personne forte. Étant habituée à garder silence et ne pas se plaindre, elle n’en fit rien malgré la souffrance mordante, espérant simplement que sa robe imbibe assez son sang jusqu’à ce qu’elle arrive à un endroit plus tranquille. Le regard un peu nerveux, elle jetait de temps à autre un regard en arrière pour s’assurer qu’elle ne tâchait pas la blanche neige de son liquide vital. Le séduisant jeune homme s’adressa une fois de plus à elle, la sortant de ses pensées, avec la plus gentille courtoisie et osant même s’excuser à une personne aussi simple, à ses yeux, qu’elle.

« Je vous prie de m'excuser, pour le terme "mon amie". Mais c'était tellement simple.. »

C’est alors qu’il lui adressa un sourire des plus charmant rempli de cette belle amicalité. Il fallait dire que ceci subjuguait un peu Helena, n’étant pas la personne la plus habituée à tant de largesse et de générosité à son égard. Pourtant, bien des gens auraient dit que c’était la moindre courtoisie mais c’était justement une chose qu’elle avait profité que rarement au cours de sa solitaire existence mortelle.

C’est avec une voix douce avec quelques notes enfantines qu’il se dénomma avec la plus désarmante simplicité :

« Enchantée damoiselle.. je suis Nathaniel. »

Nathaniel? Seulement un prénom sans s’étiqueter de sa lignée? Voilà une chose qui fit comprendre à Helena que ses soupçons étaient bien fondés. Il était plus que probablement un ange. C’est alors que celui-ci dit les paroles suivantes avec une naïveté très amusante.

« Mais vous pouvez m'appeler messire mon sauveur. »

Rire, voilà une chose bienfaisante qui ne lui était pas arrivé depuis longtemps. C’est en entendant ces paroles charmeuse mais empreinte d’une cocasse naïveté qu’elle se mit à rire de bon cœur, déposant avec une délicatesse toute naturelle le bout de ses doigts contre ses lèvres pour rester le plus posée possible. Le rire d’Helena était une chose plutôt attendrissante, sa voix étant déjà timide et douce, son rire prenait les notes d’un rire d’enfant mélangé à la sonorité plus mature d’une jouvencelle. Clair, franc et cristallin, son rire fut tout de même bref, celle-ci reprenant sur elle avec une douce discipline. Ces mouvements répété de son torse lui ramenèrent par la suite la vive douleur qu’elle avait ressentit plus tôt. Loin de vouloir inquiéter son interlocuteur, elle ne la mentionna pas, souriant plutôt de manière calme. L’ancienne fleuriste n’avait jamais été une personne qui se plaignait de ses maux et elle n’allait certainement pas commencer dans sa deuxième vie.

Retournant son pâle visage vers l’ange qui lui avait porté secours, elle le regarda dans les yeux avec ses iris hypnotisant, surmontant sa timidité envers la gente masculine pour un moment.

-Je m’appelle Helena Hugel… dit-elle avec une légère difficulté à la fin, comme si son torse était compressé.

Elle s’arrêta de marcher quelques secondes, déposant une main fatiguée contre son front.

-Que suis-je bête… je m’appelle Helena, simplement. Il n’y a plus lieux pour mon nom de famille désormais... souffla-t-elle tout bas.

Hugel, cette famille de bourgeoisie marchande qui coopéraient au luxe des bals grandioses du roi. Leurs talents et leurs dévotions avaient élevé leur richesse, honorer leur nom et creuser une belle place parmi la bourgeoisie dénué de lignée directement noble de sang. Sans pouvoir se flatter d’une lignée sanguine noble, ils pouvaient se gonfler d’orgueil face au fait qu’ils travaillaient pour Sa Majesté et le côtoyait à quelques occasions. Ce n’était peut-être pas la famille la plus prestigieuse de Nemausus à l’époque mais ils n’étaient pas non plus des paysans quelconques.

Se redressant avec douceur, elle lui fit un sourire doux, amical et empreint d’une gentillesse indéniable. Pendant qu’elle le regardait, Nathaniel prononça quelques mots plus que troublant pour Helena.

"Tenez, je vous ramène à votre écurie, il y fait chaud."

Le sourire mystérieux qu’il esquissa lui signifia une bien étrange chose : il l’avait vu entrer dans son ancienne demeure. Un peu perturbée, elle le fixa un moment. Il l’aurait suivit? Ou serait-ce le hasard? Le coté plus pessimiste et négatif d’Helena lui chuchota que ce n’était que le hasard, après tout jamais un homme ne la suivrait selon elle. Secouant vaguement la tête et souriant de nouveau avec un certain amusement un peu mélancolique elle murmura pour elle-même tandis que sa pensée complétait sa phrase.

-Allons…

*Allons un homme de sa stature trouverait probablement plus intéressant à suivre qu’une vieille fille de 18 ans. Il y a maintes fraîches et douces jouvencelles en Nemausus.*

Elle releva la tête, le regard un peu anxieux ou lourd mais toujours avec ce sourire chaleureux sur ses lèvres, le genre d’expression qui incite à ne pas s’inquiéter ou se déranger pour elle.

-Oh…vous? Enfin… C’était avant une petite villa…Mais oui c’est une écurie maintenant, dit-elle avec un regard lointain.

Elle enchaîna ensuite, le souffle court :

-C’est très généreux de vôtre part.

Grâce à l’aide de Nathaniel, elle se rendit finalement proche du bâtiment de l’écurie. C’est alors qu’une idée lui traversa l’esprit. Derrière ce bâtiment, il y avait une petite remise qui servait jadis à l’entrepôt des graines. Malgré le temps, Helena avait foi que cette place existait encore, probablement pour entreposer les céréales et le foin pour l’alimentation des bêtes.

-Nous…….. nous devrions essayer de.. enfin passer inaperçu aux autres gens. Je…..

Parler à un « inconnu » la rendait visiblement timide. Ce n’était pas comme si l’inconnu avait été n’importe qui ou un vanupied des rues. Non, la personne qui lui offrait de l’appui avait un visage des plus charmants et des manières tout à fait avenantes à son encontre. Elle lui jetait parfois un regard, un bref sourire tout à fait amicale mais il lui fallait du temps pour être « apprivoisée » ou à l’aise avec les nouvelles connaissances. Une fois cette étape passée, elle était quelqu'un de gentil, ouvert, dévouée et joviale, une personne simple à vivre.

-Enfin vous comprenez ce que je veux dire, dit-elle avec un certain sous entendu dans sa voix.

Lorsqu’elle crut que celui-ci avait bien saisit ses paroles, elle se laissa disparaître de la vue humaine. Son odeur et son énergie étant toujours présente, elle se déplaça vers la cour arrière, passant par un petit chemin sur le côté de l’établissement. Cependant, une odeur inquiétante et âcre se mélangeait à son parfum fleurit, donnant à l’odeur d’orchidée délicieuse une fragrance plutôt préoccupante. Au sol, était visible maintenant quelques petites gouttelette sanguine où elle était resté immobile un moment, trahissant bel et bien ce qu’elle cachait avec sa cape aussi obstinément. Malgré tout, la demoiselle ne semblait pas paniquée mais sa peau blême trahissait un visible mal.

Soulagée d’être enfin arrivée à la porte, elle laissa échapper un soupire de soulagement en voyant la vieille même porte ainsi que la vieille même serrure. D’une main habile et assuré, elle glissa celle-ci entre deux planche, ne craignant pas le moins du monde les araignées bien dodu qui s’y terrait. Elle en ressortit calmement une vieille clé un peu rouillé avec laquelle elle ouvrit le plus silencieusement possible la porte, laissant le passage libre à celui-ci pour y entrer. Une fois les deux à l’intérieure, elle referma la porte tout aussi silencieusement.

L’endroit était tiède et silencieux, un large tas de foin sec était plus loin vers le fond ainsi que quelques sacs de grains. L’odeur sèche de la paille et des céréales donnait à cet endroit un baume paisible. Cette place devait probablement servir aux réserves en surplus. Sans être chauffée directement, le petit entrepôt restait tiède grâce à la chaleur lui était transmise par la proximité de l’écurie. Une fois assurée qu’elle était en sécurité, elle soupira et déposa un genou au sol n’en pouvant plus. D’un geste gracieux et patient, elle dégagea sa cape afin de voir elle même ce qui lui faisait si mal.

Surprise et légèrement terrifiée, elle vit qu’un morceau de bois, qui avait un bon diamètre de 5 centimètre, était planté dans son torse. Sa robe et son corset, autrefois verte bordé d’un jolie tissu blanc soyeux et élégant, était maintenant largement imbibé de sang. Elle saignait mais beaucoup moins qu’un humain normal ne l’aurait fait et elle semblait drôlement bien y survivre. Ce qu’Helena ne savait encore, et Nathaniel non plus, c’est que les anges ne pouvaient mourir de blessure mortelle ou du genre. Mais n’étaient pas immunisé contre celle-ci, un ange pouvait être blessé et saigner sans pourtant en mourrir. Sur le coup, lorsqu’elle faisait trop d’effort, la douleur lui revenait de manière vive. Mais sinon, la blessure cherchait à se fermer de manière presque miraculeuse et arrêtait de saigner.


Légèrement tremblante elle chuchota :

-Seigneur…

Presque défaillante à cause des émotions fortes, et cette vision un peu trop sanglante pour une personne qui a été gardé loin de toute violence pendant sa vie, elle resta assise là au sol, les yeux rivés sur l’objet qui l’empalait. Chose certaine, c’est qu’il fallait un moment ou un autre lui retirer. Toutefois, la fragile demoiselle semblait plus sur le choc qu’autre chose, proche de l’évanouissement.
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MessageSujet: Re: La diligente diligence (Nathaniel)   Ven 2 Jan - 15:38

L'aspect du sang n'est doux qu'au regard des méchants

(Hugo)



Deux anges dans une rue... Voilà une image qui semble assez idyllique. On imagine deux créatures volant l'une à côté de l'autre, invisibles au regards humains, dégageant des ondes positives sur tout ce qui les environne... Malheureusement, la situation de Nathaniel était tout autre. Il n'était non pas entre les nuages, mais à terre, et l'inconnue était même allongée au sol. Ils étaient tous deux visibles aux yeux des curieux, et surtout, l'une était extremement mal en point. Du moins son esprit fonctionnait toujours vaillamment. Elle le regardait, regardait autour d'elle, et semblait comprendre exactement ce qui se passait. Même si elle était très probablement dépassée par les évènements. Se faire renverser par une diligence n'est déjà pas si courant, mais se faire soutenir par quelqu'un de la condition de Nathaniel ne devait pas non plus lui arriver si souvent. Ou lui être arrivé si souvent..

Car Nathaniel n'était pas absolument certain de qui elle était. Il pressentait la magie, et elle semblait si tendre, qu'il ne pouvait s'agir d'un esprit. Mais il n'osait trop espérer. Il avait tellement désirer rencontrer quelqu'un de sa condition.. Et voilà qu'il tombait sur elle, mais dans des conditions très peu propices à la discussion. Dans une autre vie, il aurait presque pu tenter la séduire.. Mais depuis sa transformation, Nathaniel avait l'impression que tout cela n'était plus pour lui.. Ces petits jeux innocents auxquels ils s'étaient adonnés lui paraissaient bien trop futiles pour un ange. Pourtant, il aurait presque aimé éveiller chez elle cet élan de sympathie de gêne provoqué par tout jeune homme bien fait.. C'est donc mitigé qu'il se leva, la présentant comme son ami, pour l'éloigner. Certes c'était tout d'abord et certainement pour la mettre à l'abri des regards. Il ne voulait pas qu'on découvre qui elle était, ni même sa blessure, si blessure il y avait. Il ne voulait pas non plus qu'on le soupçonne d'être lui aussi une créature magique.. En la sauvant, il se protégeait. Certes c'était tout cela. Mais en même temps, l'idée d'être avec l'inconnue loin du regard des autres lui plaisait. Il goutait une joie enfantine à s'imaginer discuter avec elle.

C'est donc avec une douce voix qu'il se présenta. Sans son nom de famille, pour attirer son attention. Jamais un jeune homme habillé comme lui ne se serait présenté sans rappeler sa lignée, à travers sa nom. Lui le pouvait maintenant. Puis pour détendre un peu l'atmosphère, il se risqua à la faire rire. Et les sons qui s'échappèrent de sa bouche étaient si cristallins, si purs, que si elle n'était pas humaine, elle ne pouvait qu'être un ange. Elle reprit doucement contenance, ne se laissant pas vraiment aller. Quelle modestie et quelle douceur dans tout ce qu'elle faisait ! Il avait l'impression, à ses côtés, d'être un humain balourd absolument inutile à son bon rétablissement. Mais le cours de ses pensées se focalisa bien vite sur autre chose.


-Je m’appelle Helena Hugel… dit-elle avec une légère difficulté à la fin, comme si son torse était compressé.

Elle s’arrêta de marcher quelques secondes, déposant une main fatiguée contre son front. Mais Nathaniel ne le remarqua pas tout de suite. Helena Hugel.. Elle était donc humaine ? Très troublé, il la regarda et aperçut alors cette difficulté qu'elle avait à marcher aisément. Il ne pouvait la questionner ici en pleine rue, mais il était temps de trouver un endroit plus calme. Pouvait-elle en mourir ? Voilà la première pensée qui traversa l'esprit du jeune homme. Il avait une peur bleue de la mort depuis l'incendie, dont des images lui revenaient parfois par bribes. Il n'avait réussi à sauver personne, trop occupé par ses quelques amis et sa petite personne. Aujourd'hui, il était hors de question qu'il voit mourir quelqu'un sous ses yeux. Mais la jeune femme souffla autre chose.

-Que suis-je bête… je m’appelle Helena, simplement. Il n’y a plus lieux pour mon nom de famille désormais...

Un grand vide se fit dans l'esprit de Nathaniel. Ainsi donc, sans scrupules, elle confirmait ses intuitions. Il n'y avait plus lieu pour son nom de famille. Quel était-il déjà ? Hugel..Ce nom ne lui était pas inconnu, peut-être l'avaient-ils entendu dans la bouche de ses parents, parlant de leurs affaires et des transactions qu'ils avaient avec les grandes familles marchandes. Mais il n'en savait pas plus, et son esprit était concentré sur autre chose. Son sourire plein d'une franche gentillesse le rassura. Elle était bien un ange, il ne pouvait plus y avoir aucun doute. Un ange tel qu'il les rêvait dans son enfance. Doux, attentionné.. Un ange au regard hypnotisant. Violet. Et dire que ses yeux a lui prenaient des nuances rouges. Quel couple étrange formaient-ils, pour les humains qui les regardait encore ! Il était de plus en plus temps de trouver un endroit à l'écart. Nathaniel ne connaissait pas beaucoup la ville, et voulait encore la surprendre. Il eut donc l'idée de la ramener à l'écurie qu'elle avait visité.

"Tenez, je vous ramène à votre écurie, il y fait chaud."

Cela sembla assez la surprendre, mais il ne sut pas immédiatement ce qu'elle pensait, car elle ne murmura qu'un simple petit mot

-Allons…

Cela semblait plus ou moins annoncer une phrase, mais la phrase ne vint pas. Nathaniel aurait aimé être l'ange des contes, à qui il attribuait tant de pouvoirs. Il aurait pu pénétrer son esprit, savoir ce qu'elle pensait. De quelles idées mystérieuses ce petit "Allons" était chargé. Il aurait eu le pouvoir de la guérir en un instant. Car bien que son sourire sincère le rassura, il était certain qu'elle était mal en point. Et même si le fait qu'elle soit un ange le rassurait un peu, il ne savait pas combien elle pouvait souffrir. Elle semblait gênée dans ses mouvements, voilà tout ce qu'il était en état d'observer.

-Oh…vous? Enfin… C’était avant une petite villa…Mais oui c’est une écurie maintenant, dit-elle avec un regard lointain.

Elle enchaîna ensuite, le souffle court :

-C’est très généreux de vôtre part.

Ils marchèrent donc un instant, sans dire un mot. Il n'avait même pas su quoi répondre à cette qualité de générosité qu'elle lui attribuait. Il n'était pas généreux, et il aurait voulu lui dire. Il était curieux d'abord, et intéressé. Il voulait qu'elle aille mieux pour discuter avec elle.

*Je suis un être vil et hypocrite !*

Voilà ce qu'il aurait aimé lui dire. Et ce qu'il faillit lui dire, d'ailleurs. Je ne veux pas te voir souffrir petit ange, certes, mais c'est pour mon bonheur personnel. Je n'aime pas la mort, je n'aime pas la souffrance depuis l'incendie. Et c'est par égoïsme que je veux que tu ailles mieux. Tu ne peux pas comprendre cela toi qui semble si pur.. Tu es le véritable ange dans l'affaire, et je suis là par hasard. Je n'ai ni la méchanceté des esprits ni la douceur des anges.. Alors je suis qui ? Pourquoi je ne suis pas en train de pourrir dans mon tombeau ? Ce serait tellement plus simple.. Et me voilà dans les rues de mon enfance, à chercher un endroit pour une ange blessée.. Qu'on me pince si je ne suis pas dans un conte..

-Nous…….. nous devrions essayer de.. enfin passer inaperçu aux autres gens. Je…..

-Enfin vous comprenez ce que je veux dire,


Nathaniel fut tiré de ses pensées par la voix douce de l'ange blessée. Il n'y avait plus aucun doute désormais. Elle lui proposait ni plus ni moins de se rendre invisible. C'était quelque chose qu'il ne faisait pas souvent, il n'était donc pas très habile dans cet art. Et elle, blessée, ses facultés n'allaient-elles pas être amoindries? Fort heureusement, il la vit soudain disparaître, et ne distinguait plus qu'une légère brume, comme tout à l'heure lorsqu'il l'avait aperçu dans l'écurie. Quelle ironie, ils se retrouvaient exactement tous deux comme tout à l'heure. Sauf que désormais elle était consciente de sa présence, et blessée. Sans plus réfléchir, il s'enveloppa de cette invisibilité magique et la suivit. Il eut un haut le coeur en découvrant quelques gouttelettes de sang à l'endroit où elle était restée quelques instants. Ce qu'elle cachait avec sa cape devait être un bien singulière plaie.. Et la couleur de sa peau n'était peut-être pas naturelle, comme Nathaniel l'avait cru tout d'abord. Ni ce parfum âcre qui se dégageait de son corps. Bien au contraire, il semblait en dominer un autre, plus léger.

Ils arrivèrent devant une petite porte. Avec une assurance étonnante, elle sortit une clé et fit jouer la serrure sans aucune difficulté. Il devait certainement s'agir d'un endroit pour entreposer la nourriture nécessaire à l'écurie. Il y régnait une chaleur assez agréable. Le moment de s'occuper de la blessure de la demoiselle était venu. Il voulut lui rappeler, mais elle devait déjà y songer, car elle dégagea sa cape. Nathaniel inspira un grand coup avant de regarder, il n'avait jamais été un grand héros masculin pour ce genre de choses.. Il se souvenait encore d'une fois où une aiguille avait crevé la joue d'un de ses amis.. Il avait mis quelques longues secondes à faire quoi que ce soi. Bref, il ouvrit les yeux.

Pour les refermer aussitôt. Puis les rouvrit doucement. Ce n'était pas une vision. La jeune femme s'était faite littéralement empalée par un morceau de la diligence. Se concentrer sur autre chose, regarder ailleurs. Mais pour ne pas paraître lâche, il focalisa son attention sur le tissu du vêtement. Comme s'il regardait la plaie. Le tissu était vert foncé à cause du sang, ce n'était pas tellement plus ragoutant que la blessure. Il prit enfin sur lui, en entendant la jeune femme soupirer comme un appel à l'aide miraculeux.


-Seigneur

Il n'était certes pas en mesure de répondre à cet appel, mais au moins il savait ce qu'il fallait faire. La blessure essayait de cicatriser, mais en était empêché par l'ouverture béante du bout de bois. Un seul remède à tout cela : ôter le bois. Ce qui signifiait toucher la blessure de la jeune femme. Sûrement la faire souffrir. Arracher le plus délicatement possible le gros morceau de diligence. Sourire. Ne pas faire de faux mouvements, ne pas trembler. Nathaniel se rendit compte qu'il n'avait pas dit un mot depuis longtemps.

Je suis un peu dépassé par les évènements je crois..

Puis, toujours plein de cette confiante tranquillité quelle que soit la situation, il amena vers elle un gros sac d'avoine.

Si tu as trop mal, mords là dedans pour ne pas faire de bruit. je vais ôter tout ça.

Il l'avait dit. Il fallait donc le faire. Mais qu'est ce qui lui avait prit de dire cela ? Il aurait voulu ne jamais suivre l'inconnue. Ah, vraiment ? Regrettait-il d'être là où il était ? Non. Si seulement elle avait fait attention en traversant la route, nom d'une pipe en bois ! Tiens à propos de bois.. Le morceau était toujours bien là, et la demoiselle devait se demander ce qu'il attendait pour passer à l'action. Sans rien ajouter d'autre, il positionna une main sur le bout de bois, l'autre sur le ventre de la fille, au niveau de la plaie. Et doucement, il tenta d'extirper le morceau de bois. Ah tout aurait pu bien se passer, comme dans les histoires. Et en un clin d'oeil, c'eut été arrangé. Et voilà que le morceau résistait. Car la plaie avait commencé à se refermer autour. Alors que faire ? Continuer à tirer, au risque de détruire certains tissus de la peau ? Nathaniel ne voyait pas d'autres solutions. Il concentra toutes les ondes positives qu'il restait en lui, essayant d'apaiser la jeune femme par une quelconque magie. Il l'enveloppa d'un courant d'air chaud, ça il le maîtrisait. Rafraichit la plaie. Il le pouvait aussi. Et continua à ôter le bout de bois. Il y parvenait, mais c'était moins évident. Sa main tremblait.

Quand enfin il eut entre les mains le bout de bois en entier, il s'allongea. Ce n'était pas très distingué, mais il voulait juste se reposer. La jeune femme à côté de lui était presque évanouie.

Voilà. Maintenant je laisse votre magie faire son travail. Vous ne pouvez pas mourir.

Ce n'était vraiment pas rassurant ce qu'il disait, mais il était complètement perdu. Il s'était imaginé qu'une fois la blessure à peu près guérie, ils pourraient converser tranquillement, mais il était trop sous le choc. Et il se rendait bien compte qu'il n'avait pas tout fait comme il faut, qu'il n'était pas à la hauteur. Peu importe. Nathaniel renonçait à apparaître comme messire le sauveur. Qu'elle le prenne pour un richard inutile n'importait plus. C'était terminé, il voulait juste être en paix. Il se contenta de dire, comme en s'excusant.

Il faudrait vous passer un gant frais sur le visage.. Et trouver un bandage pour la plaie.. Je n'ai rien de tout cela.

Et il ferma les yeux. Il s'en voulait un peu de paraître si inapproprié. Mais une question tournait encore dans sa tête. Et cette fois ce n'était pas du pur égoïsme.

Comment vous sentez-vous ?

Il avait honte d'être allongé, alors que c'était elle qui souffrait. Honte de n'avoir pas pensé à acheter sur le chemin un bandage ou autre tissu permettant de panser la blessure. Honte de paraître tel un gamin aux yeux de la jeune ange. Ses pupilles rouges étaient devenues brunes. Comme s'il n'était plus vraiment ange. Comme s'il était le petit gamin incapable qu'il avait bien souvent été lors de sa vie sur Terre. Il aurait voulu se justifier, dire qu'il avait fait du mieux qu'il pouvait, mais c'aurait été bien pire. C'aurait été s'humilier, se rabaisser alors que ce qu'il avait fait était déjà fort généreux de sa part. Du moins c'est ce qu'il se disait pour se rassurer, justifier sa faiblesse actuelle, et ses jambes en coton.

Comment connaissiez-vous cet endroit ?

Il aurait voulu qu'elle aille mieux, et que sa douce voix résonne à nouveau à ses oreilles, lui faisant oublier les tracas de la journée. Qu'elle lui raconte son passé. Mais il se dit qu'elle était sûrement trop mal en point. Et retrouvant enfin son sourire charmant il ajouta :

Oh je ne me formalise pas si vous n'avez ni la force ni l'envie de me répondre..

Il repuisait dans son repos un peu d'énergie, ses yeux brillaient à nouveau de lueurs rouges en se posant sur Helena. Il était presque prêt à parler de lui. Car il avait remarqué qu'elle était un peu timide en sa présence. Il aurait pu lui parler de son enfance, de ses journées depuis qu'il était ange, la mettre en confiance, l'assurer qu'il s'en irait dès qu'il n'aurait plus besoin de lui. Il l'observa. Si en effet il se troublait, c'est ce qu'il ferait, avec la plus grande joie. Et sans peur aucune de l'ennuyer. Nathaniel était ainsi, et ne doutait jamais que les gens eurent toujours une oreille attentive aux récits des plus naïfs.
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MessageSujet: Re: La diligente diligence (Nathaniel)   Mer 7 Jan - 20:09

L’horreur ou le dégout, voilà une chose qui avait passé un bref instant dans les yeux du élégant jeune home en voyant la plaie de son torse. Laissant retomber sa tête légèrement en avant avec dépit, exaspérée de causer autant de trouble et d’émoi inutile. Elle resta quelques instants silencieuses le regard rivé au sol avec une quasi honte. Elle maudissait son côté lunatique qui avait donné naissance à cette vision d’horreur et se martelait mentalement de reproche sévère.

«Je suis un peu dépassé par les évènements je crois..»

*Qui ne le serait pas? Pensa-t-elle durement envers elle-même*

Hésitante, elle allait poser sa main contre le morceau de bois et lui demander de se retourner pendant qu’elle ferait l’horrible tâche de se libérer de ce corps étranger dans son torse. Mais celui prit de l’avance sur sa propre initiative, approchant déjà avec un sac d’avoine à sa rencontre.

«Si tu as trop mal, mords là dedans pour ne pas faire de bruit. je vais ôter tout ça.»

Helena le considéra un moment, allait-il vraiment l’aider à retirer cette chose de son torse? C’était une tâche des plus ingrates, combien elle se sentait mal pour lui. Dans son esprit fusait déjà des paroles toutes confuses et divers argument pour l’en dissuader, lui dire qu’elle pouvait le faire et qu’il ne devait pas se salir les mains sur elle. L’ancienne fleuriste le trouvait déjà bien large de supporter la vue de cette plaie immonde, elle ne voulait pas lui causer d’avantage de haut le cœur. Une chose était certaine cependant, peut importe la douleur qui allait suivre, Helena ne craignait pas. La douleur physique était à ses yeux éphémère, une simple et désagréable sensation tandis que la douleur mentale, elle, elle ne disparaissait pas nécessairement avec le temps.

Étrangement docile, elle le laissa poser une main sur elle pour retirer le bâton. Que faire de plus ou de moins? Elle n’était pas en position de refuser de l’aide et encore moins le genre de personne à repousser de manière barbare les gens. Elle détourna un peu la tête et ferma les yeux.

Le supplice commença malgré qu’il semble y mettre toute l’attention qu’il fallait et même d’avantage selon elle, la douleur était simplement terrible. Pourtant Helena ne cria ni ne gémi, gardant ce genre de silence digne et posé. Ses petits poings serrés tremblaient légèrement cependant, trahissant une douleur plus que véridique. Une pause suivit ce premier essai où Nathaniel sembla jauger la plaie et réfléchir. Pendant ce léger répit, elle laissa échapper un soupir un peu douloureux mais très bas, à peine audible tout en chassant avec promptitude, délicatesse et subtilité une vague larme de douleur. Cette larme, elle en avait presque honte. Ce n’était pas le temps de se mettre en émoi tandis que ce jeune homme l’aidait avec autant d’amabilité. Probablement que le charmant jouvenceau se serait surprit à quel point elle se faisait de lui un portrait pur et élogieux, lui donnant les qualités célestes que tous anges auraient dût avoir et qu’elle croyait faillir à détenir.

Celui-ci revint ensuite à la charge, dégagea maintenant des forces surnaturelle. Un courant d’air chaud l’enveloppa telle une étreinte et la détendit pendant qu’une fraîcheur envahie sa plaie. Mollement pendant quelques seconde, elle sembla absente un peu comme si elle avait été hypnotisée par la chaleur. La main de celui-ci agrippa de nouveau le morceau de bois, légèrement tremblante, et continu l’horrible besogne. Pendant quelque seconde de ce combat entre le bois, sa chaire et l’ange qui semblait vouloir la soulager de son mal, Helena déposa une main légèrement crispée contre l’épaule droite de Nathaniel, sans serrer ou essayer de le blesser pour autant. Elle avait simplement sentit le besoins de tenir quelque chose afin de rester lucide ou consciente, son esprit délirant vaguement mais son silence restant irréprochable. Elle le lâcha rapidement cependant, un peu comme si elle s’était reproché ce geste trop « cavalier » de sa part.


Le morceau de bois enfin retiré, il s’allongea au sol pour reprendre des forces ou ses esprits tandis qu’elle-même était proche de l’évanouissement. Ah le remord, terrible remord. Voilà qui envahissait le cœur de l’ange. Quelle monstre elle était d’ainsi le vider de son énergie! Quelle vilaine créature elle faisait de l’éreinter à ce point!

«Voilà. Maintenant je laisse votre magie faire son travail. Vous ne pouvez pas mourir.»

Ces paroles la surprirent légèrement mais lui semblèrent bien véridique. Avoir été mortelle il y a un siècle, si un accident tel que celui-ci lui serait arrivé, son corps fragile se serait brisé et elle en serait probablement morte. Étrangement paisible et pensive, elle tenait une main contre sa plaie pour ne pas qu’elle saigne d’avantage.

*Tout ce rouge organique, quelle disgrâce de ma partpensa-t-elle en regardant sa robe et le morceau de bois.*

Avec lenteur, Helena posa un regard bienfaiteur et protecteur sur celui-ci. Il était là, non loin d’elle, étendu contre le sol. Qui veillait sur qui à présent? L’étrangeté de la scène et son coté surnaturelle donnait à cet instant une dimension surréelle. La douceur et le calme réintégrait enfin pleinement l’âme de celle-ci, le violent événement s’évaporant maintenant de ses scrupules. Le regard feutré et serein, elle le fixa pendant qu’il s’adressa à elle.

« Il faudrait vous passer un gant frais sur le visage.. Et trouver un bandage pour la plaie.. Je n'ai rien de tout cela. »

Helena joint légèrement les mains ensemble avec un regard un peu désolé, l’envie de lui dire qu’il en a fait bien assez et qu’il était déjà très généreux de sa personne lui brûlait presque les lèvres. Mais il continua ses gentilles paroles à son égard, la gardant muette de reconnaissance et de douce timidité.

«Comment vous sentez-vous ?»

L’ange le regarda un moment sans rien dire mais souriant avec sérénité. Puis, sa voix se fit entendre à nouveau dans cet endroit calme, fraîche et douce à la fois.

-Je vais très bien, dit-elle avec une délicatesse indéniable dans son ton et sa manière d’articuler. Je vous remercie pour m’avoir aidé avec autant de largesse de vôtre part, messire Nathaniel.

Toujours attentive aux paroles de celui-ci, elle écouta sa question avec une certaine mélancolie subtile, gardant un sourire rassurant.

« Comment connaissiez-vous cet endroit ? »

Puis il enchaîna.

« Oh je ne me formalise pas si vous n'avez ni la force ni l'envie de me répondre.. »

Helena ne put s’empêcher de fermer légèrement les yeux et esquisser un sourire amusée. Quelle courtoisie il lui portait, c’était presque inhabituel. Certes les gens n’avaient pas été tous des goujats à son encontre de son vivant. Mais la plupart des discussions qu’elle avait eu, étaient alors orienté affaire ou très superficiel tel que la pluie et le beau temps.

Toujours aussi paisible, elle retira légèrement sa main de sa plaie pour découvrir un simple trou de tissu derrière laquelle sa peau de satin blanche semblait s’être refermée sans la moindre trace. Seul le sang de ses vêtements et le morceau de bois non loin trahissait l’existence de ce qui s’était passé. Se levant avec douceur, elle se déplaça dans la pièce avec calme et sembla chercher quelque chose. Quelques pas plus loin, elle se pencha vers un baril et déposa ses mains contre lui
.

-Cette place était l’entrepôt des graines des fleurs rares lorsque j’étais mortelle, dit-elle avec nostalgie.

Helena se retourna vers lui, la cape à nouveau fermé pour lui épargner la vue du sang sur ses habits.

-Ma famille étaient fleuriste pour le roi…dit-elle en baissant les yeux de manière pensive.

Ne laissant pas les souvenirs trop sombres lui revenir ou son expression habiller le masque de la mélancolie, elle releva la tête vers lui et sourit.

-Nous avions un bel éventail de fleur exotique et recherchée. Je venais souvent ici prendre soin des graines et m’assurer qu’elles ne sèchent ou ne perdent pas pendant les hivers comme celui-ci.

Calmement, elle retira un liège du baril et bougea une main proche de l’ouverture. Bientôt, quelques filaments d’eau vinrent se déposer dans la paume de celle-ci. Avec patience, elle ouvrit légèrement sa cape, dos à Nathaniel, et s’évertua à nettoyer son vêtement à l’aide de l’eau. La liquide frais imprégna les fibres du tissu et le gorgea, se mélangeant avec le sang. Une fois l’eau bien imbibé et mélangé avec le liquide écarlate, elle ramena une fois de plus l’eau à sa main. Celle-ci était maintenant teintée d’un rouge-rosé pendant que son vêtement avait prit une teinte plus rassurante et semblait presque sec. Pour une raison qu’elle ne comprenait pas encore totalement, l’eau avait semblé l’élément qui lui était le plus familier et le plus facile à contrôler, presque inné.

L’ange se retourna vers lui, avec un léger sourire, peut-être un peu timide, et s’approcha à pas lent imprégné de délicatesse.

-Je crains cependant que ma vie mortelle a été bien banale comparé à bien des gens de la bourgeoisie, messire. Je n’ai aucune grande intrigue ou drame fascinant et romanesque à raconter. Vôtre vie a probablement été une œuvre bien plus fascinante.

Helena rit avec douceur, se moquant gentiment d’elle-même sans sembler s’en déranger. Toujours aussi posée et polie, elle s’agenouilla humblement sur le sol et souleva une dalle de pierre dans laquelle il y avait une petite cavité. Légèrement surprise, elle sortit d’une main une large boîte de bois qu’elle avait du s’imaginer en décrépitude, mais qui, étonnamment, semblait avoir passé ce siècle sans trop en souffrir. Gardant encore l’eau rosé-rouge dans une main, concentré, elle passa la boîte et sembla tourner une autre dalle au fond du trou afin d’atteindre la terre meuble. Avec attention, elle laisse tomber l’eau contre terre, au fond de cavité, et se faire agglomérer. Pensive, elle se redressa et empoigna le morceau de bois et le déposa au fond dans la terre pour ensuite retourner la dalle du fond et sceller les traces de l’accident.

Se redressant, elle tourna son visage gentil vers celui-ci, lui souriant avec toute l’amabilité que sa personne était capable de dégager.


-Puis-je me permettre de vous demander comment vous vous sentez..?

Tout en le fixant, elle ouvrit la boîte dans laquelle des vases de verre contenaient des petits morceaux noircis, cornu et sec qui s’apparente à des graines. Le tout était entouré d’une étoffe épaisse de très bonne qualité qui avait su traverser le temps grâce à l’environnement sec dans lequel il était coffré. Helena prit l’étoffe, ferma la boite ainsi que ses graines centenaires et redéposa l’objet dans la cavité, calfeutrant le tout avec la première dalle de pierre.

Faisant preuve d’ingéniosité, l'ange prit l’étoffe et recouvrit un petit tas de foin afin d’en faire une place plaisante à s’asseoir, s’imaginant bien que le sol devait être dur et inconfortable pour celui-ci. Certes, cette place n’était plus réellement sa demeure, mais en quelques sortes, elle le voyait un peu comme un ôte qu’elle devait prendre un minimum de soin attentif. Soucieuse de ne pas le déranger, elle marcha à pas silencieux jusqu’à lui et s’assit avec simplicité mais finesse à ses côtés.


Elle était là, tout juste penchée auprès de lui en train de le contempler respectueusement et de voir si elle ne pouvait lui être utile. La tête légèrement penchée sur le côté, elle le couvrait d’un regard doux et protecteur tandis que ses cils fins battaient parfois lentement l’air avec une placidité réconfortante. Une œuvre étrange aurait put sortir de cette scène : Une femme baigné dans l’éclat bleuté de l’hiver qui rentrait par une fenêtre non loin et habillé de la couleur des feuilles de l’été veillait sur un personnage aux habits sombres comme la nuit mais détenait malgré ses sombres apparats le visage noble d’un ange.

-Vous m’avez grandement aidé, dit-elle soudain sur un ton calme hypnotisant, presque prophétique.

Helena ferma un peu les yeux, sa sérénité embaumant l’endroit tandis que son odeur d’orchidée reprenait ses droits sur l’odeur âcre qui avait siégé plus tôt.

-Laissez-moi vous aider en retour, souffla-t-elle, l’air légèrement absente tandis que ses yeux violets velouté se perdait dans un horizon que seul son imaginaire devait contempler.

Les ailes de celle-ci apparurent avec lenteur, quelques plumes s’éparpillant paresseusement dans la pièce. Il avait prit de son énergie positive pour la soulager, elle allait lui partager la sienne. Elle ne savait pas s’il avait trouvé son élue, la personne qu’il devait protéger et qui aurait la capacité de le revigorer. Peut importait. Elle allait lui faire don d’une partie de sa propre énergie afin qu’il ne souffre pas lui-même de sa largesse. C’est avec calme et douceur qu’elle se pencha au dessus de Nathaniel, déposant une main protectrice sur son front. Une énergie bienfaisante se dégageait de la paume de celle-ci, une sorte de baume apaisant et sécurisant qui avait une grande chaleur humaine, une profonde bonté.

-Je suis désolée que vous toucher ainsi soit un peu cavalier de ma part, murmura-t-elle pendant qu’elle lui octroyait une partie de son énergie. Mais je ne puis le faire à distance…

Les ailes d’Helena entouraient la scène, filtrant de leur blancheur duveteuse la lumière immaculée de cette journée d’hiver. Nathaniel pouvait observer à de temps à autre quelques plumes légères tomber avec douceur, faisant courir sur le visage de celui-ci une ombre éphémère. Le visage d’Helena était pour sa part plongé dans une pénombre presque mystique créer par ses propres ailes, son expression exprimant une sorte de communion avec l’environnement. Mais ce moment irréel ne dura que quelques instant et bientôt Helena retira poliment sa main douce et fraîche, tandis que ses ailes disparaissaient tout aussi finement qu’elles étaient apparue. L’ange ouvrit les yeux complètement, semblant refaire surface de cette demi transe, et baissa son regard vers celui de Nathaniel.

-Cette étoffe et ce foin ne sont pas une installation de grande finesse, mais je crois que ce sera plus acceptable que le sol pour vous non..? dit-elle en appuyant ses paroles d’un sourire un peu timide mais très aimable.

Assise là auprès de lui, elle attendit la réponse de celui-ci avec un regard qui trahissait une certaine pureté ou innocence charmante.

[HJ: Désolé pour le temps de réponse, j'ai eu un petit contre temps.]
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