Nemausus

Nemausus. 17ème siècle. Après un bal masqué ayant mal tourné, la ville perd peu à peu pied... supporterez-vous la volonté divine ?
 
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 Insomnie Tardive.. (Suite) [PV Hawkins]

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Selena Tleïkva
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MessageSujet: Insomnie Tardive.. (Suite) [PV Hawkins]   Ven 23 Jan - 1:00

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Comme un rêve.
C’était un peu comme un rêve. Ce monstre, cette taverne, ce plateau qui se fracasse au sol, tout cela ..comment savoir, comme se rappeler les détails d’auparavant si ce n’est en créant une amalgame de scènes générales ? Peut être juste, en serrant plus fort sa main.
D’ailleurs, je ne sais pas depuis combien de temps je traîne des pieds, murmure des indications, bafoue des ‘gauche-droite’ incertains, en ayant ma main dans la sienne. Je me souviens juste d’avoir eu très peur.

N’est-ce pas des plus raisonnables que de céder progressivement à la pire des angoisses, lorsque le brouillard s’ajoute à vos sens annihilés, et qu’on vous demande de retrouver votre appartement ? A plus juste titre : de-vous-repérer-dans-ce-monde-cauchemardesque ? Oui..c’est pour le moins compréhensible. Pourtant, j’ai essayé. J’ai essayé de me contrôler, de passer outre cette panique, de reprendre contenance et pousser mon corps à ne plus trembler telle une vulgaire feuille dans la tempête. Mais mon moral, mais mon esprit, mais ma propre détermination..ce n’était pas assez. Alors, j’ai fait la chose la plus naturel qui me semblait être. J’ai attrapé la main gelée du libraire, et j’ai marché..

Sans le regarder, sans même lui parler. Je m’attendais, la peur au ventre, à ce qu’il se dégage subitement de ma poigne tremblante, qu’il me donne une bonne claque et s’en aille..que sais-je. Mais non. Peut être que ma façon d’avancer l’a interpelée. Peut être que je zigzaguais suffisamment pour qu’il ressente trop de pitié, trop de désarroi et ne se décide me lâcher..
Je ne sais pas. Mes propres pensées sont floues et s’échappent en une volute qui se balade entre mes doigts engourdies, sans que je n’arrive à les saisir.. Comment pourrais-je alors comprendre ce que ressent l’homme à mes côtés, ce dernier qui n’a pas bronché et qui m’a suivie, concentré par un but que j’avais peur de ne jamais atteindre. Je suis bien trop saoule, je me l’avoue bien assez à moi-même, pour réussir à sonder les sentiments des autres. Rien que les sons me furent absents pendant un laps de temps inconnu..je serais donc incapable de réfléchir convenablement à ma situation, à la sienne, à tout.
Ou presque.

Parce que, après un silence de mort qui dura plusieurs minutes ; après s’être aventurés dans une ruelle plus sombre que n’importe quelle autre, après le bruit lourd des battements de mon cœur, j’ai reconnu. J’ai reconnu pour la première fois depuis mon retour, une pancarte, une vitrine, puis..une allée similaire..à la mienne. Et maintenant je suis là, toujours immobile.
La bouche légèrement entrouverte, le visage aussi pâle qu’un cadavre, mes yeux fixés sur une bifurcation peu éclairée. Dans ma tête un furieux combat fait rage entre deux questions fondamentales : est-ce un mirage qui se profile devant moi ? Ou bien , tout ceci est-il bien réel ? Est-ce vraiment ma ruelle, menant vers mon appartement lugubre, qui est là , à quelques mètres ?

A côté de moi , Hawkins me regarde. J’évite ses prunelles inquisitrices, sûrement interrogatrices face à mon arrêt soudain et à mon visage maladif. J’aurais trop peur de lui parler pour me rendre compte que ceci n’existe pas et que je ne suis qu’au fin fond de la bonne vieille rue noire et gelée, qui nous accompagnait depuis cette nuit. Après tout, j’ai marché dans toutes les directions, sans me référer à des lieux précis, des petits indices qui me mettraient vers la voie de mon appartement. J’ai juste avancé une jambe devant l’autre, pour m’éloigner au plus vite de ma peur, pour la laisser derrière.. Serait-ce alors possible que , de mes incertaines démarches, j’ai pu retrouver mon chemin ? Ce serait complètement fou..et pourtant.

Je me décide finalement à reprendre ma marche, notre marche. Je tire sur la main du libraire, qui répond à mon geste et me suis. Aux alentours, le silence pèse plus lourd encore que le brouillard d’auparavant, qui à disparu depuis. A l’horizon qui rase les immeubles bas, j’aperçois un infime liseré qui peint les nuages d’un bleu revanchard, contrastant avec le noir du ciel sans étoiles..Et est frappé de constater que dans quelques heures, le soleil sera sûrement là. Je n’avais plus conscience de la réalité lors de cette cavalcade. C’était comme si on m’avait enfermée dans un dôme , qui supprimerait le temps , la perception des choses : la vie en elle-même. Et voilà que tout me revient , doucement, avec une lenteur qui s’estompe, et laisse place à une rapidité affolante, déstabilisante.
Même si pour l’instant je suis encore trop chamboulée pour y prendre gare, elle tâte le terrain et avance vers mes défenses. Si bien et si vite, que je commence presque courir dans ce qui me donne l’impression de n’être qu’un couloir sans fin.
Je n’ai plus à me poser de question cette fois-ci. Je sais, et ce malgré l’alcool toujours présent, que je suis bel et bien arrivée.
Ce qui bien sûr a tendance à me rendre encore plus affaiblie.

N’avez-vous jamais remarqué que ce n’est qu’une fois proche de la porte d’entrée de votre maison, que tout se déclenche ? La fatigue, l’empressement ou tout simplement… le stress ? Il suffit que vous posiez votre pied sur la paillasse, pour que ca s’intensifie..Que votre tête se mette à tourner plus vite, que votre cœur bataille très fort dans votre poitrine, que la nausée vous prenne jusqu’au nez, jusqu’ à ne plus pouvoir regarder devant soi..Jusqu’à défaillir .

Instinctivement, pour puiser mes dernières forces, mes doigts fins s’empressent de serrer la main de l’homme, bien que je n’ose encore le regarder. Il me tarde de croiser ses yeux trop similaires aux miens, pour accrocher un mince sourire sur mes lèvres bleuies et lui dire que tout va bien. Mais ca ne va pas très bien, et il le sait, et il me voit, et je ne veux pas ralentir.. Mes pieds dérapent, j’ai failli me prendre le mince trottoir mais fais mine de n’être qu’empressée.. Mon pouls accélère, ma respiration sifflante devient douloureuse pour finalement..cesser. Je cesse tout parcourt. Et baisse ma tête vers l’arrière pour regarder en hauteur une fenêtre qui me fait face, à deux ou trois mètres de hauteur.
Et alors , sans réfléchir, je lâche un seul mot :

« - Ici.. »

C’est tout.
C’est ici. Mon appartement, mon logis, mon gîte, ce qui me sert de maison et accessoirement de protection contre le monde de dehors..c’est ici. La fenêtre un peu à gauche, assez haute, juste en dessous de l’entrée qui nous fait fasse..c’est là, que j’habite.
Ancrée dans un soulagement qui déborde de mon corps et m’avale, je plonge enfin mes prunelles dans celles d’Hawkins. Son regard me répond en silence, créant un spasme dans mon cerveau qui me fait prendre conscience à quel point j’ai mal..à quel point je suis fatiguée. Tellement, que j’enlève ma main de la sienne en grimaçant, sous l’effort prodigué. Le front moite, mes cheveux collés contre mon visage, je ravale des hauts le cœur plus violents et qui s’accentuent à mesure que les secondes défilent. Puis, à nouveau incapable de bouger alors que quelques minutes auparavant je bondissais comme une gazelle , je me force à sourire à l’adresse du libraire. Mais ma mince euphorie qui fleurit sur mes lèvres se meurt bien vite lorsque, main sur le ventre, je me retiens tout juste de vomir. Légèrement pliée face au jeune homme, j’inspire pesamment pour revigorer mes poumons et donner à mon estomac la force de ne pas se révulser devant mon sauveur.
Incapable d’être totalement droite, je pose ma paume contre ma joue et frissonne.


« - Qu'est-ce.. »
et ma voix défaille un peu au moment de lâcher ces mots « Qu’est-ce que.. je peux faire pour vous..remercier »

Les yeux fermés et en ayant l’impression que ces mots ne conviennent que peu à la situation -et d'être une totale idiote..-, je tends néanmoins l’oreille.

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