Nemausus

Nemausus. 17ème siècle. Après un bal masqué ayant mal tourné, la ville perd peu à peu pied... supporterez-vous la volonté divine ?
 
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 Aarg c'est froid! (libre)

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Ana Vitria


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MessageSujet: Aarg c'est froid! (libre)   Sam 24 Jan - 13:23

Ana marchait en direction du puits. Il était assez éloigné de chez elle, et cela l'embêtait de devoir y aller toutes les semaines. Mais sa mère lui avait dit ce matin, d'un ton féroce:

-Va laver le linge!

Elle avait filé en direction du puits, un panier en bois sous le bras. Ana trouvait que c'était une perte de temps de laver les vêtements, puisqu'on se resalissait tout de suite après. Mais apparemment, c'était indispensable. Toujours vêtue de sa petite cape rouge, elle avait traversé rues et ruelles, donnant des coups de pied aux chats qui se trouvaient sur son chemin. Le froid était encore mordant, et Ana répugnait à devoir tremper ses mains dans l'eau. Au puits, il y avait comme d'habitude tout un tas de vieilles comère que Ana détestait. Elle ne se mêla pas à elles, et se mit tout de suite au travail, voulant finir le plus vite possible. Elle posa son panier rempli de linge sur la pierre du puits, et tira sur la corde pour faire descendre le seau au fond du puits. C'était un travail laborieux, puisque la corde était usée, et qu'elle arrachait la peau des mains. Mais Ana était habituée. C'est donc dans s'arrêter qu'elle remonta le seau. Tout en frottant les vêtements avec du savon , elle entendait les femmes discuter...

-Oui, c'est vrai cette rue-là est très malfamée, et c'est là que vit Regnette, cette femme aigrie.


-Vous avez raison. Et les gosses de cette femme sont d'une impolitesse. Elle ne sait pas élever ses enfants.


-Ces femmes-là, il faudrait les mettre en prison!


Ana pouffa. Elles ne savaient décidement faire que critiquer les autres. Tout en lavant ses vêtements, elle se dit que jamais elle n'aimerait devenir comme ça. Jamais elle ne serait une femme comme-ça. Elle n'aurait pas de mari à chouchouter et dont il faudrait s'occuper. Elle ne ferait pas la cuisine. Elle resterait seule toute sa vie, et se serait très bien comme ça. L'eau était vraiment froide, et quand Ana eut fini la moitié des vêtements, elle avait les mains rouges.
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MessageSujet: Re: Aarg c'est froid! (libre)   Mer 11 Mar - 18:50

    Harsh pour ne pas déroger à sa petite habitude, était allongée avec désinvolture sur un toit quelconque de Nemausus près du puits du village. Et qui disait village disait commérages, c’était bien connu. Elle n’écoutait qu’à moitié ces douces paroles remplies d’un venin dont seuls les humains étaient capables… Et elle-même. Oui, ces douces piques acides qui brisaient le cœur des plus fragiles et qui faisaient sourire les plus vils. Elle adorait cela. Le niveau de méchanceté de ces stupides humains n’étaient malheureusement pas de taille à ravir la belle et elle eut un grand soupire de lassitude. Elle s’amusait à jeter en l’air une pomme et à la rattraper dans un mouvement lent et monotone. Elle était invisible aux yeux de ces bêtes de foire mais pas la belle pomme jaune qui se balançait étrangement de haut en bas depuis un petit quart d’heure. Qu’importe ? Ils étaient tellement stupides ces cloportes qu’ils crieraient comme d’habitude « Au fantôme », comme cette femme, il n’y a pas si longtemps dans cette salle de musique… Depuis la soirée de la salle de musique d’ailleurs, où elle avait senti l’ivresse de l’horreur l’envahir et presque la faire mourir de bonheur si elle n’avait pas déjà été morte. Elle sourit à cette image grotesque et pourtant d’une véracité indéniable. Mais ce genre de petite overdose de plaisir avait ses conséquences et depuis ce jour, Harsh était plongée dans un ennui mortel. Il était vrai que la demoiselle s’ennuyait très souvent mais ce sentiment de manque était à son apogée. Elle avait besoin d’un élément nouveau qui lui permettrait de « vivre » de nouveau.

    -Oui, c'est vrai cette rue-là est très malfamée, et c'est là que vit Regnette, cette femme aigrie.
    -Vous avez raison. Et les gosses de cette femme sont d'une impolitesse. Elle ne sait pas élever ses enfants.
    -Ces femmes-là, il faudrait les mettre en prison!

    Le visage pâle de l’esprit se tourna vers les commères. Des femmes, évidemment, de toute façon l’idée qu’un homme puisse laver le linge lui paraissait quelque chose de très abstrait et de très absurde aussi. La femme, objet du désir et fonctionnelle quand il le fallait. Elle eut un affreux rictus sur son visage durant une fraction de seconde. Non, pas encore ces stupides souvenirs. Elle balança sa fameuse pomme dans la tête d’une des bonnes femmes mais cela ne la ravit pas. L’espèce humaine l’exaspérait de jour en jour.

    - D’où cela venez-il ? C’est encore un coup des mauvaises ondes de Regnette, femme à abattre, je vous le dis.

    Elle venait de s’accroupir au bord du toit et, les yeux plissés, maudissait cette idiote. Elle lui aurait bien tordu le cou… Mais elle vit une petite gamine pouffer non loin d’elles. Une gamine, tout était relatif mais par rapport à Harsh, cela était sûr. On ne rivalise pas avec une femme qui a plus de cent ans. Pour en revenir à la petite, elle n’avait rien de particulier mis à part un capuchon qui lui faisait penser à ce conte pour enfant où une gamine trop sotte se fait manger par un loup… Une ânerie dans le genre. Si elle avait pu avoir un enfant… Elle secoua la tête. Le passé était le passé, pourquoi s’entêtait-elle dans les souvenirs. Elle ne voulait pas se souvenir, cela était trop douloureux.


    De l’amusement. Vite.

    La petite serait la cible. Plus vulnérable à première vue qu’un groupe de harpies en colère et puis plus influençable. Voilà quelles étaient les belles pensées d’Harsh quand elle sauta du toit avec agilité, tout en redevenant visible. Elle secoua un pan de sa robe de bal, enlevant la poussière s’étant accrochée à son beau vêtement, ramassa sa pomme devant le groupe de femmes ahuries et leur lança sur le ton de la conversation « Désolée, c’était à moi. J’ai du l’égarer par inadvertance. J’espère que cela vous a fait mal. » Puis continua son chemin jusqu’à la capuchonnée.

    - On s’amuse bien mademoiselle ? Qu’est ce qui te fait autant rire ?

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Ana Vitria


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MessageSujet: Re: Aarg c'est froid! (libre)   Jeu 12 Mar - 18:08

Ana était toujours en train de laver le linge. Le vent devenait plus vif, et Ana aurait aimé s'en aller. Mais elle avait encore beaucoup de vêtements à laver. Si elle ne lavait pas tous ses vêtements, elle n'osait pas imaginer la colère de sa mère...elle finit donc sa besogne. Les femmes parlaient toujours, en lui lançant parfois des coups d'oeil moqueurs. Elle savait qu'elles la méprisaient, car elle ne jouait pas avec leurs filles, qu'elle était différente. Ana s'en moquait...qu'elles continuent, tant pis. Quand ses doigts ne purent plus bouger, elle les glissa dans sa poche, afin qu'ils se réchauffent. Alors qu'elle regardait le ciel, elle entendit un cri:


- D’où cela venez-il ? C’est encore un coup des mauvaises ondes de Regnette, femme à abattre, je vous le dis.

Ana se retourna. Une des femmes venait de se prendre un objet sur la tête, et se massait le crâne, tandis que les autres l'entouraient et comme elles ne trouvaient pas d'explication logique, elles mettaient tout ceci sur le compte de Regnette. Ana rie. Regnette était une femme acerbe, c'est vrai, mais elle ne faisait pas de sorcellerie. Elle était juste seule et différente elle aussi. Ana regarda de plus près l'objet qui était tombé sur la tête d'une des femmes: une pomme jaune. Elle n'avait rien vu arriver...elle retourna à son linge. Alors qu'elle lavait avec vivacité les vêtements qui restaient, elle se rendit compte que les commères s'étaient tus. Elle tourna la tête, surprise. Une jeune femme était en train de parler aux groupe de femmes

Désolée, c’était à moi. J’ai du l’égarer par inadvertance. J’espère que cela vous a fait mal. »

Ana en resta bouche bée. La jeune femme se dirigea ensuite vers elle, et Ana put remarquer comment elle était. Belle, tout comme sa robe. C'était une femme, mais rien à voir avec les commères. Elle dégageait quelque chose d'élégant et de spécial. Ana baissa les yeux vers son linge quand elle s'approcha d'elle.


- On s’amuse bien mademoiselle ? Qu’est ce qui te fait autant rire ?

Ana tressaillit. Pourquoi venait-elle lui parler? Elle leva les yeux vers elle, et s'apprêtait à s'en aller, mais la jeune femme lui inspirait confiance. Elle avait été méchante avec les autres femmes, et Ana avait aimé la façon dont elle leur avait parlé. Bien fait, ne put-lle s'empêcher de penser, comme une petite fille.

-C'est elles. répondit Ana à la question de la jeune femme, en désignant du doigt les commères qui regardaient maintenant la scène avec attention. Ana regardait les femmes avec un sourire sarcastique.
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MessageSujet: Re: Aarg c'est froid! (libre)   Jeu 12 Mar - 20:32

    Alors la petite riait de la bêtise humaine ? Malheureusement, elle faisait aussi partie de cette catégorie. Elle observait calmement la fille au capuchon et elle crut déceler dans son regard une pointe d’étonnement mais aussi de confiance. Fait étrange. Très étrange. A vrai dire, elle ne savait pas trop ce qu’était ce sentiment, le fait de pouvoir placer vos espérances et vos craintes en un individu, lui faire subir toutes vos humeurs quitte à faire preuve d’un égoïsme flagrant. Non, Harsh n’avait jamais eu l’occasion d’expérimenter l’amitié et encore moins l’amour si ce n’était celui subi. Elle savait pertinemment que son cher mari ne l’avait pas aimé, elle n’avait été qu’un engrenage dans la machine de son plaisir. Juste un outil, une chose superficielle dont on se débarassait après usage. Oui, pour Harsh, les sentiments n’étaient que des mots. Un seul dérogeait à présent à cette règle : sa haine viscérale pour le genre humain. D’ailleurs, cette petite l’agaçait à se croire son alliée, une personne avec qui elle pourrait partager une tranche de rire en se moquant de la bassesse de la catégorie « animaux de basse cour ». Harsh ne concédait rien, ne partageait rien, à part le malheur et la désolation.

    Le problème pour l’esprit était le lieu. D’apparence tout à fait normale si ce n’était son teint livide et ses yeux d’une couleur anormale, Harsh passait pour un individu presque banal. Il y avait toujours les ailes mais l’esprit avait trouvé le moyen de camoufler ces choses peu discrètes dans un découpage malin de sa robe, en un siècle, il y avait matière à réfléchir au petits tracas du quotidien.

    Elle ne pouvait résolument pas brutaliser voir torturer psychologiquement la gamine devant ce groupe de langues de vipère sans avoir des problèmes par la suite. Elle s’en sortirait, évidemment. Elle se savait beaucoup plus rusée que cette masse informe qu’était la plupart des habitants de Nemausus mais elle n’avait pas envie de dévoiler à tout le monde son « identité » particulière. La première étape serait donc de s’éloigner du puits ou du moins de trouver un endroit plus calme dans les environs.

    Harsh s’offrit un sourire totalement faux mais qui pourrait passer pour un malaise en société et se baissa vers l’oreille de la petite fille, chuchotant pour qu’elle soit la seule à l’entendre et pour agacer les mégères :


    - Ne nous abaissons pas à leur niveau intellectuel petite. Tu veux que je te ramène chez toi ? Ce linge à l’air très, très lourd. Et nous pourrions discuter de… Beaucoup de choses.

    Nouveau sourire parfaitement hypocrite. Harsh n’aimait pas les enfants. Peut-être parce qu’elle n’avait pas eu la chance d’en avoir un de son vivant pour combler ces journées si difficiles. Elle l’aurait aimé, c’était certain, mais la providence avait voulu qu’Harsh finisse seule. Du coup elle avait une répugnance particulière pour les très jeunes humains.
    Elle prit l’initiative de ramasser quelques linges et d’attraper la main de la petite fille.

    - Comment t’appelles-tu au fait ? Moi c’est… Claudia.

    Elle venait de voir une enseigne à ce nom un peu plus loin. Si elle s’était présentée en tant qu’Harsh, cela aurait été d’un goût douteux.

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Ana Vitria


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MessageSujet: Re: Aarg c'est froid! (libre)   Ven 13 Mar - 15:49

- Ne nous abaissons pas à leur niveau intellectuel petite. Tu veux que je te ramène chez toi ? Ce linge à l’air très, très lourd. Et nous pourrions discuter de… Beaucoup de choses.

Ah. Ana réfléchit: évidemment, elle pensait que les femmes étaient bêtes et elle ne les aimait pas. Mais la jeune femme à qui elle parlait lui semblait...bizarre. C'était surtout sa dernière phrase qui l'avait surprise. Ana ne voulait pas discuter, même si elle admirait un peu la jeune femme. Et son sourire...un peu trop gentil. Elle se demandait qui elle était, elle ne l'avait jamais vue. Avant qu'Ana réponde, la jeune femme avait attrapé du linge et lui avait pris la main. Ana s'était laissée prendre quelques secondes, puis s'était dégagée doucement de la poigne de la femme. Elle la trouvait très gentille de prendre son linge, mais lui tenir la main, non. Cela faisait bien longtemps qu'Ana ne prenait plus la main des gens, ce n'était plus une enfant, bien que son visage soit doux. Elle n'osa pas regarder la réaction de la jeune femme...


- Comment t’appelles-tu au fait ? Moi c’est… Claudia.

Ana la regarda quelques instants. Elle ne savait pas si elle devait se présenter ou pas.


-Je m'appelle Ana. J'aurai pensé que vous vous appelleriez autrement.

Ana se retient de ne pas se gifler. Elle se comportait comme une petite fille...mais elle n'avait pu retenir cette remarque. Elle qui était si discrète d'ordinaire. Mais Claudia...ça ne lui convenait pas du tout. Pourtant, Ana jugeait rarement les gens. Mais cette jeune femme ne pouvait pas s'appeler Claudia. Enfin si...mais elle...enfin bref. Elle suivit donc la jeune femme dans les rues, bien qu'elle ne savait pas trop pourquoi elle faisait cela. Elle n'avait pas besoin d'aide! Elle se retient de ne pas lui reprendre ses vêtements et de partir. Mais d'un côté, elle avait envie de rester avec cette femme...

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MessageSujet: Re: Aarg c'est froid! (libre)   Ven 13 Mar - 21:36

{Je suis bien méchante avec la petite Ana... x]

    Bien évidemment l’adolescente lui lâcha la main, la pudeur et la fierté idiotes des humains. Toujours et encore cette histoire de sentiments. Ils étaient si prévisibles. Bien sûr Harsh n’en était pas dénuée elle non plus mais certains n’existaient plus pour elle. Elle ne dit rien. Elle n’allait pas lui arracher le bras parce que la petite s’était dégagée de son emprise… Pour le moment. D’ailleurs, elle ne comprenait vraiment pas pourquoi cette jeune fille éprouvait cette confiance quasi sans faille à son égard. Avait-elle l’air engageant ? Elle en doutait fortement. Mais elle n’allait pas se plaindre, cela lui facilitait grandement la tâche et ce fut avec bonheur qu’elles commencèrent à s’éloigner de ce trou à rats. Tout en marchant, l’inconnue se présenta après une hésitation. Elle disait s’appeler Ana. Prénom simple et court, elle ne savait pas s’il était représentatif de la personne mais en tout cas cela sonnait bien… Ana.

    Elle eut un rire plutôt glacial en entendant les propos de sa nouvelle partenaire de jeu. Elle n’éprouvait donc aucune peur à son égard ? Même pas une once de soupçon concernant cette inconnue en robe de bal qui venait l’aborder et qui venait d’attaquer une petite vieille sans défense ? Etait ce vraiment le comportement des femmes de ce siècle pour qu'elle soit si peu étonnée ? Apparemment non. Qu’est ce que cela pouvait l’agacer. Elle détestait cette attitude de petite enfant candide. Elle eut une subite envie d’encastrer la tête de la petite Ana dans un mur. Chacun ses petites lubies. Elle ne montra pourtant pas son énervement et continua d’afficher ce petit sourire suffisant qui n’était là que pour sauver les apparences.


    - Ana, ma petite Ana… Moi non plus je n’aurai jamais imaginé m’appeler Claudia… Mais on ne choisit pas ses parents n’est ce pas ?

    Elle en savait quelque chose. Certaines fois des souvenirs de cette femme stricte et amère revenait dans son esprit. Sa mère. Austère et rigide, ambitieuse aussi. Qu’était-elle devenue ? Elle avait été allée au bal ce soir là. Ange ou esprit ? Et puis lui… Qu’était-il devenu ? Elle ressentit un rapide sentiment de peur qu’elle n’avait pas ressenti depuis une éternité.

    Elle devait se concentrer sur la petite. Il fallait finir de la mettre dans sa poche pour mieux pouvoir la détruire. C’étaient toujours les gens dans lesquels on avait le plus confiance qui nous faisaient le plus de mal. Elle continuait de suivre la jeune fille vers le chemin de sa maison mais la fit brutalement tourner à droite dans une petite ruelle aux aspects vraiment peu enviables. C'était parfait.


    - Je ne supporte pas le monde.

    Trois badauds dans une allée, l’excuse était un peu pitoyable mais pas totalement infondée et pu. Ana allait peut-être commencer à douter de la gentillesse de l'esprit. De toute façon, elle ne laisserait pas filer la demoiselle. Elle était sienne à présent.

    - Allez Ana, maintenant que nous sommes enfin seules… Ça te dirait de t’amuser un peu ? Quel âge as-tu ? Quand j’étais une jeune fille, je raffolais jouer à des jeux avec mes amis…

    C’était évidemment faux, Harsh anciennement Serenity Georgianna Lois n’avait jamais eu d’amis et encore moins d’amusement. Elle n’avait eu le droit de côtoyer que son professeur de musique, un vieil homme d’une gentillesse extrême mais ça Ana ne le savait pas et Harsh n’en avait aucun souvenir.


    - Qu’aimerais-tu faire ?

    Elle avait laissé tomber le linge d’Ana dans un coin et s’en éloigna, elle vérifia que personne ne passait à ce moment là et claqua des doigts. Les vêtements prirent rapidement feu et se consumèrent tout aussi vite pour finalement s’éteindre sur le dallage de cette petite rue.

    - Je peux faire plein de choses drôles dans ce genre... Tu apprécies ?

    Elle lui fit un énorme sourire, un air malsain et satisfait s’affichant sur son visage d’une pâleur extrême. La petite crierait peut-être à la sorcière mais Harsh avait l’avantage, son invisibilité lui offrait un confort certain.
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Ana Vitria


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MessageSujet: Re: Aarg c'est froid! (libre)   Sam 14 Mar - 12:02

Cette jeune femme en qui Ana avait vu quelque chose de spécial était vraiment trop différente. Son rire quand Ana avait dit que Claudia ne lui correspondait pas était glacial. Ana en avait presque eu peur. Alors qu'elles marchaient, Ana ne la regardait pas. A chaque fois qu'elle levait la tête vers elle, elle avait ce sourire qui paraissait gentil. Ana commençait à se rendre compte que ce sourire sonnait faux.

- Ana, ma petite Ana… Moi non plus je n’aurai jamais imaginé m’appeler Claudia… Mais on ne choisit pas ses parents n’est ce pas ?


Ana ne dit rien. C'était une évidence. Ana n'était pas assez psychologue pour faire des hypothèses sur le passé de Claudia. Celle-ci bifurqua à droite dans une petite ruelle au lieu d'aller vers la maison d'Ana. Ana avait un peu peur, il faut l'avouer. Cette femme...elle ressentait encore un peu de confiance en elle, mais elle se dissipait petit à petit.

- Je ne supporte pas le monde.


L'excuse.

-Pourquoi restez-vous avec moi alors?

Ana avait dit ça de manière naturelle. Elle même n'aimait pas le monde. Elle s'était sentie proche de la jeune femme, parce qu'elle s'était moquée des femmes au puit. Mais maintenant, elle se sentait mal avec elle. Elle avait envie de la laisser là, de faire comme si rien ne s'était passé.

-J'ai 14 ans. Je ne sais pas si j'ai envie de jouer....


Des amis...Ana n'en avait pas. Tant pis...quand Claudia lui avait proposé de jouer, elle avait encore ressenti une lueur d'espoir, mais Ana s'était vite rappelée à elle. Ana refusait de jouer, Ana était adulte. Alors qu'elle voulait répondre qu'elle ne voulait pas jouer, Claudia avait claqué des doigts. Les vêtements dans le panier d'Ana s'embrasèrent. Ana regarda le carnage, épouvantée.


- Je peux faire plein de choses drôles dans ce genre... Tu apprécies ?


Ana resta ébahie. Que faire? Les sorcières, ça n'existent pas. Oui mais, alors qui était cette femme? Ana voulait partir à toutes jambes, rentrer chez elle, ne jamais revoir cette femme. Mais elle se doutait que Claudia ne la laisserait pas partir si facilement. Son sourire était maintenant cruel...

-Je ne trouve pas que brûler le linge des autres soit un acte qu'on peut apprécier...

Ana avait essayé de jouer à l'ironique. Elle se doutait que ça ne resterait pas sans conséquences. Mais elle ne voulait pas s'enfuir. Malgré sa peur, elle éprouvait une sorte de curiosité. Elle voulait savoir qui était cette femme...
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MessageSujet: Re: Aarg c'est froid! (libre)   Lun 16 Mar - 23:23

{Han désolée pour la médiocrité !

    Evidemment, l’adolescente avait commencé à se poser des questions sur la véritable nature de Harsh et sur ses réelles ambitions. Sa confiance sans faille envers l’esprit avait commencé à s’effriter au fur et à mesure des actes et des paroles de cette dernière. Harsh put quand même par la suite se délecter de l’épouvante, de l’horreur qui émanait à présent du doux visage de poupin d’Ana. Les enfants étaient vraiment sa cible préférée et elle ne regrettait aucunement d’avoir brûlé les affreuses nippes de l’adolescente. Cela lui procurait une joie immense et nourrissait ce si grand vide qui comprimait la plupart du temps sa poitrine, qui s'immisçait dans tout son corps. Cette peur de l'inconnu ne satisfaisait cependant que très peu son appétit débordant. Mais cela fut vite arrangé par les paroles d'Ana :

    - Je ne trouve pas que brûler le linge des autres soit un acte qu'on peut apprécier...

    Harsh fut prise d’un fou rire incontrôlable. Presque délirant. Qu’est-ce que ces paroles étaient vaines et futiles ! Qu'est ce qu'elle était drôle ! Ce constat pitoyable ramenait la petite Ana inexorablement à sa basse condition d’humaine. C’était tellement candide, tellement puéril. Harsh après quelques instants de pure folie furieuse à rire comme une belle diablesse, réussit à reprendre le dessus sur ce bonheur offert si naïvement. Elle essuya ses yeux embués d’un revers de main et se concentra de nouveau sur le visage d’Ana, sur ce minois terrifié qui essayait de contenir sa peur. Elle attrapa le menton de sa chère petite victime entre ses longs doigts effilés et l’embrassa sur la joue. Un contact glacial et plutôt sordide qui aurait pu faire frissonner le plus courageux des hommes.

    - Ma petite Ana… Qu'est ce qui est appréciable finalement ? Qu'est ce qui fait que vous les humains soyez guidés si aveuglément par de stupides sentiments ? Où se situe la limite infranchissable ? Elle marqua une pause et finit par répondre à une des questions antérieures de la jeune fille. Je reste avec toi pour la simple et bonne raison que je veux te faire mourir de peur… Les gens "comme moi", n'ont que ça pour "survivre".

    Elle commençait à introduire sa condition auprès d'Ana. Commencer à faire s'immiscer le trouble et le doute dans l'esprit de la jeune capuchonnée. Elle la lâcha ensuite pour lui demander sans une pointe de curiosité dans la voix :

    - Pourquoi restes-tu auprès de moi si je te fais éprouver de tels sentiments d'anxiété et d'angoisse ? Bien sûr, tu ne peux t’échapper mais pourquoi contiens-tu ce flots de sentiments ? Dois-je me montrer plus démonstrative pour qu'enfin tu cèdes à mes caprices ?

    Elle avait plus qu'envie de détruire cette chrysalide de fierté dans laquelle s'enfermer encore la jeune Ana. Elle voulait l'entendre hurler de peur, la voir pleurer en la suppliant d'arrêter cette torture. Elle n'avait encore presque rien fait que la petite était déjà effrayée. Elle se mordit la lèvre inférieure, impatiente de connaître jusqu'où la petite était capable de se contrôler.

    La partie pouvait enfin commencer.
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MessageSujet: Re: Aarg c'est froid! (libre)   Mar 17 Mar - 19:09

[Mais non c'est très bien!]

Ana avait peur . Elle se jurait mentalement de ne pas le faire voir, mais tout en elle trahissait ce sentiment. Elle tremblait. Surtout après le rire hystérique de la jeune femme aux longs cheveux: un rire cruel et long. Ana se demandait ce qui la mettait dans un tel état: ses paroles? Elle ne les trouvait pas drôles, elle étaient simplement vraies. Tant pis si ça l'amusait.
Elle ne disait rien, quand Claudia s'approcha d'elle, et de ses longs doigts, attrapa le visage d'Ana et l'embrassa sur la joue. Ana tressaillit: elle avait eu l'impression de recevoir un seau d'eau glacée partout. Elle resta paralysée.


- Ma petite Ana… Qu'est ce qui est appréciable finalement ? Qu'est ce qui fait que vous les humains soyez guidés si aveuglément par de stupides sentiments ? Où se situe la limite infranchissable ? Elle marqua une pause et finit par répondre à une des questions antérieures de la jeune fille. Je reste avec toi pour la simple et bonne raison que je veux te faire mourir de peur… Les gens "comme moi", n'ont que ça pour "survivre".

Ana se demanda ce que pouvait bien signifier la dernière phrase. Elle ne réfléchit pas longtemps: cette femme n'était pas une humaine. Ou peut-être était-ce une leurre? Ana ne le pensait pas: était-ce alors une sorcière? Ca n'existe pas! Des paroles de personnes lui revinrent alors en mémoire:

"dangereux...esprits...ne me croie pas...je ne dors plus.

Ce pouvait-il que cette femme soit un esprit? Non, ce n'était pas possible. Pas logique. Pourtant, Ana ne pouvait plus se rassurer: les paroles de cette femme restaient gravés dans son esprit. Des gens comme elle... Ana se sentit mal. Est-ce que c'était vrai. Elle voulait dire à cette femme que les esprits n'existaient pas, que c'était une invention des humains. Mais quelque chose l'empêchait de le dire. Elle savait que c'était vrai. Elle se mordit la lèvre pour éviter de flancher, et elle dit:

-Pourquoi avez-vous besoin de me faire du mal pour vivre?

A peine avait-elle dit ça qu'elle eut envie de disparaître. Elle était suicidaire...elle voulait garder un peu de fierté, de curiosité, d'affront...mais le regard de cette femme était maintenant si méchant....si froid.

- Pourquoi restes-tu auprès de moi si je te fais éprouver de tels sentiments d'anxiété et d'angoisse ? Bien sûr, tu ne peux t’échapper mais pourquoi contiens-tu ce flots de sentiments ? Dois-je me montrer plus démonstrative pour qu'enfin tu cèdes à mes caprices ?

-Je n'ai pas peur...dit Ana.

Ce qui sur le moment était vrai. Dans un instant de bravoure, Ana avait décidé de tenir tête à la jeune femme. Et elle avait parlé sans trembler. Elle s'était dit que si elle ne montrait pas ses sentiments, la jeune femme ne pourrait peut-être pas prendre du plaisir à la harceler: néanmoins, après avoir dit sa phrase, Ana se remit à trembler.
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MessageSujet: Re: Aarg c'est froid! (libre)   Sam 21 Mar - 12:57

    - Pourquoi avez-vous besoin de me faire du mal pour vivre?

    Elle ne s’attendait pas à ce genre de questions. Elle tira ses bras vers le ciel pour s’étirer et jugea la jeune humaine. Elle avait peur, c’était indéniable mais pas que, elle sentait une immense curiosité derrière ces yeux verts. Elle n’était pas idiote la gamine. Du moins, plus éveillée que ses semblables de cloportes nauséabonds. Si elle avait fait preuve d’un minimum de sentiments, cela l’aurait peiné de s’attaquer à ce genre de personnes. Le problème avec Harsh, c’était que justement les sentiments n’avaient pas lieu d’être. Et seul le plaisir était de mise.

    Elle laissa s’installer un silence. Pesant. Cherchant une réponse à cette question si simple et pourtant complexe dans sa réponse. Elle renifla et croisa les bras. Elle eut un mouvement rapide de tête pour chasser quelques mèches rebelles de son visage cadavérique et posa ses yeux dorés sur le sol comme si ce dernier avait la réponse à cette question.

    - Cela nourrit mon existence… Tu manges pour survivre… Moi, c’est pareil. Je me nourris de la peur des autres pour me sentir exister.

    Son regard se planta dans celui d’Ana. Toujours aussi froid. Toujours aussi distant. Elle lui affirmait qu’elle n’avait pas peur. Un doute plana dans l’esprit de Harsh. Perdait-elle de sa superbe ces derniers temps ? Son ivresse en salle de musique l’avait-elle rendue plus tolérante ? Pourtant la jeune Ana se remit à trembler. Elle lui tenait tête, écrasée et étouffée par des sentiments contraires. Elle aurait pu la comprendre mais ne s’en donna pas la peine. Elle eut un faible sourire qui n’avait rien de charmant et de chaleureux. Juste une fente qui déchirait son visage en un tableau hideux. Elle n’avait rien d’élégant sur le moment, rien d’enviable. Elle ressemblait à ce qu’elle était devenue. Une âme en peine.

    - Ana… Arrête de tourner autour de ta véritable question. Tu sais comme moi que les sorcières n’existent pas… Malgré ton jeune âge, ce n’est plus de ton ressort que de croire à ce genre de choses pourtant…

    Harsh claqua des doigts et ouvrit ses mains pour faire découvrir sa paume. Une flamme dansait à l’intérieur.

    - Comment expliques-tu ceci ?

    Elle soupira devant son effort d’explications et d’indulgence.

    - La rumeur court partout dans Nemausus. Plus rapide que le plus vif des oiseaux. Ana… Ne me dis pas que tu n’as jamais entendu parler des esprits?

    Elle se mordit la lèvre inférieure et finit sa petite révélation.

    - Voilà ce que je suis. Un être décharné qui n’a pour seul but que de voir tomber la race humaine. Elle referma sa main pour éteindre cette lueur qu’elle avait fait apparaître. Tu me vois désolée de t’avoir choisi comme cible, mais je pense que ton parcours s’arrêtera à la fin de cette journée jeune Ana. Si cela te chagrine ou si tu as peur de te sentir seule dans la mort. Dis-moi où habite ta famille et je me ferai un plaisir de leur faire faire le même voyage que toi.

    Ces paroles crues et immondes sortaient de la bouche de Harsh comme on disait bonjour ou merci. Cela ne lui faisait ni chaud, ni froid. Elle se contentait de dire la vérité. Sa vérité.

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Ana Vitria


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MessageSujet: Re: Aarg c'est froid! (libre)   Lun 23 Mar - 19:13

C'était donc ça. Se nourrir des autres pour exister. Ana ne mettait pas en doute les paroles de Claudia. Ana sentit une angoisse monter en elle, mais elle se força à rester neutre, bien que les paroles de la femme l'ai terriblement choquée. Puis elle dit que les sorcières n'existaient pas, et Ana voulait réfléchir, découvrir qui était cette femme, mais son cerveau restait éteint. Il n'arrivait plus à marcher. Et Ana, impuissante, vit la femme faire apparaître une flamme dans la paume de sa main. Elle aurait pu être impressionnée, mais c'était plutôt l'horreur qui résistait en elle. La femme lui offrit un horrible sourire. Elle n'était plus belle. C'était quelqu'un d'hideux. Et Ana eut peur, se sentit mal. Elle resta debout malgré tout.

- La rumeur court partout dans Nemausus. Plus rapide que le plus vif des oiseaux. Ana… Ne me dis pas que tu n’as jamais entendu parler des esprits?

Et Ana resta pétrifiée. Elle regardait toujours la flamme dans la main de la femme. Et des paroles qu'elle prononça après, Ana ne retient que: seule dans la mort. Elle se mit à pleurer. Cette femme était un esprit, et elle allait la tuer. Et Ana ne voulait pas mourir, et pourtant, elle n'avait aucun moyen de défense. Elle allait mourir...ses sanglots reprirent de plus belle avant de s'arrêter. Elle avait comme une fierté, à moins que ce ne soit de l'espoir. Si elle devait mourir, autant que ce soit en emportant pas un mauvais souvenir. Autant essayer quelque chose, quitte à souffrir.


-Je vous crois. Vous êtes un esprit. J'en avais déjà entendu parler, mais je n'étais pas sûre. Tuez-moi. C'est dommage que vous n'aviez pas d'autres moyens de survie...
[i]
Les paroles d'Ana étaient un peu embrouillées, mais elle regardait la femme avec des yeux embués de larmes. Elle allait être courageuse. Et elle mourrait dignement, et elle...ses pleurs reprirent. Elle ne voulait pas mourir. Elle n'avait rien connu: sa mère, c'est tout. Et elle aurait tellement aimé faire quelque chose d'autre...elle n'avait rien connu.

-S'il vous plaît...je peux aller embrasser ma mère?

Aucune idée d'échapatoire. Elle se doutait que l'esprit trouverait ça ridicule, étant donné son mépris pour les sentiments humains. Mais Ana voulait partir en laissant une bonne image d'elle à sa mère, une image de fille qui peut aimer.
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Harsh


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MessageSujet: Re: Aarg c'est froid! (libre)   Lun 13 Avr - 13:07

    Elle avait compris la petite Ana, en témoignait les larmes qui roulaient à présent le long de ses joues. Harsh aurait pu comprendre parfaitement ce sentiment. Comment réagir quand on vous annonçait de façon aussi banale que votre vie allait s’arrêter de façon aussi nette ? Elle était jeune en plus, très jeune cette humaine, Harsh ne savait même plus si elle s’était déjà attaquée à aussi jeune. C’était navrant d’en arriver à ses extrémités et dire que cette jeune fille éprouvait de la confiance et presque de l’admiration pour son être décharné. Le monde était bien cruel et les apparences si trompeuses. Ana n’avait même pas eu le droit à une petite leçon de morale, ni même à l’erreur avant de se faire avoir par ce genre de pratiques douteuses. Pourtant, malgré son jeune âge, la demoiselle vainquit ses pleurs et se montra presque digne en face de son bourreau. Elle ne reculait pas devant la mort qu’Harsh lui offrait si généreusement. L’esprit fut presque soufflé par cette détermination nouvelle chez la jeune fille. Elle le fit savoir par un long sifflement admiratif. La petite faisait preuve de ressources insoupçonnées et Harsh aimait ça.

    Cette preuve de courage ne fut hélas qu’éphémère et Ana se remit à pleurer et demanda une dernière faveur à l’esprit : embrasser sa mère. Harsh tiqua. Ses souvenirs qu’elle refoulait existaient toujours quoi qu’elle fasse et le souvenir de sa mère n’était pas heureux. Sa dernière requête si elle avait su qu’elle perdrait la vie dans ce maudit bal aurait été de jouer de son instrument et c’était ce qu’elle avait eu le droit de faire. Elle n’aurait jamais souhaité voir son affreuse mère, que son visage soit la dernière chose qu’elle aurait emporté. Mais chaque être était unique paraissait-il. L’esprit croisa les bras et sembla réellement réfléchir à ce qu’Ana lui proposait. Si elle lui permettait d’être heureuse avant sa mort ça n’avait aucun intérêt mais voir l’angoisse de la mère était peut-être un parti à prendre. Les yeux jaunes d’Harsh toisèrent la jeune fille et lui fit savoir ce qu’elle pensait :

    - As-tu conscience que le fait d’aller rejoindre ta mère n’est peut-être pas judicieux et que je pourrai lui faire du mal ? Veux-tu être coupable des souffrances que je vais infliger à l’être qui t’est certainement le plus cher ?

    C’était tellement plus simple de l’achever ici mais Harsh n’aimait pas plus que cela donner la mort aux humains, elle ne recherchait que la peur. Une fois qu’elle avait eu ce qu’elle voulait, elle laissait la personne en vie. C’était tellement plus affreux comme punition : la vie. La mort n’était qu’une échappatoire exquise, effrayante certes mais facile. Tout cela évidemment, Harsh se garda bien de le faire savoir.
    Elle soupira, son regard toujours posé sur Ana :

    - Bien. Qu’attendons-nous jeune fille ? En route ! Allons retrouver ta maternelle.
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