Nemausus

Nemausus. 17ème siècle. Après un bal masqué ayant mal tourné, la ville perd peu à peu pied... supporterez-vous la volonté divine ?
 
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 L'ami du feu

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Setoru Hideki


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MessageSujet: L'ami du feu   Mar 24 Fév - 16:01

Seto s’arrêta en plein milieu de la place, déserte au petit matin ; l’aube avait clos les dernières ombres de la nuit et offrait au ciel ses couleurs roses, orangés comme la porte entrebâillée qui ne laisse pas le jour y pénétrer totalement. Une boule lui engourdissait la gorge mais il continuait tout de même de déballer le matériel qu’il avait apporté dans un sac en jute ; des bâtons de bois de toutes sortes de formes et de couleur étaient à présent étalés sur les pavées de la grande place. A cette heure, il n’y avait aucune âme qui vive ce qui lui permit de s’entraîner avec ses bouts de bois à jongler. Il débuta avec trois bâtons, puis quatre, cinq et enfin six ; habilement ses mains allaient de bâtons en bâtons, quelques fois son cercle aérien était détruit par la perte d’un élément tombant au sol. Il le ramassait alors et recommençait le jonglage jusqu’à ce qu’il vit un habitant ; ses quilles si l’on puisse les appeler comme cela tombèrent toutes en même temps. Presque en tremblant, il retourna fouiller dans son sac pour y sortir un pyrogène, sorte de petite boîte avec un grattoir sur le côté plus vulgairement appelé « porte-allumettes » (N.B : eh oui ! les allumettes existent depuis l’antiquité). Avec précaution, le jeune homme sortit un papier roulé en bâtonnet semblable à une brindille et d’un geste machinale, le frotta au côté de l’étrange boîte. Du feu y apparut qu’il déposa sur ses quilles qui s’enflammèrent une à une. Le pavé mouillé par la rosée du matin ne pouvait prendre feu et c’est ainsi que les quilles pouvaient restées sur le sol sans engendrer un incendie. Seto humidifia son doigt et le leva vers le ciel ; « pas d’vent » murmura-t-il avec satisfaction. Tout autour de lui, diverses curieux avaient fait leur apparition et s’étaient arrêtés pour l’observer. Seto avait un sourire non dissimulé pendu aux lèvres. En un geste soudain, il se dévêtit de sa veste puis de sa chemise dévoilant son torse musclé.
Commençons par les impressionner…
A peine cette pensée lui était venue qu’il brandissait l’une des quilles flamboyantes pareille à une torche et la glissait lentement dans sa bouche. Déjà les respirations s’étaient coupées dans la foule des spectateurs mais ils n’avaient pas tout vu. Son corps se tordit et son dos s’arqua ; de sa bouche levée en l’air jaillit une flamme qui fit sursauter la foule. Il soufflait avec tellement d’insistance qu’elle finit par s’accroître de plus en plus pour finir par exploser en des gerbes de lumière ; à cet instant il entendit des cris d’admiration et des applaudissements dans la foule. Il ramassa toutes ses quilles toujours allumées et commença à jongler rapidement de telle sorte que les flammes semblèrent s’unir pour ne former qu’une ronde flamboyante. Il jouait avec le feu sans que celui-ci ne le morde et les brûlures sur son torse nu n’étaient que la caresse des flammes qu’il avait domptées. Le feu n’était qu’un animal qu’il avait dressé, lui cracheur de lumière et ami des braises. La chaleur rougeoyante se reflétait dans ses yeux jaunes et ses mèches semblaient s’être embrasées. Déjà sur le sol il entendait le tintement des pièces ce qui le fit rire intérieurement ; il n’avait que faire de l’argent, ce qui comptait vraiment, c’était d’oublier. Ce pourquoi il avait choisi de se pavaner dans les rues, de faire du bruit à son sujet ; peut-être de cette attention espérait-il retrouver quelqu’un… Ou que quelqu’un ne le retrouve avant lui. La gourmandise du feu n’était qu’un leurre à sa vraie faim. Sa seule raison d’être ici était la vengeance… Mais quelque chose en lui l’attirait dans cet étrange bourg ; il ne pouvait quoi dire.
Une longue journée l’attendait mais il s’accorda une pause. La foule s’était dissoute peu à peu et des gamins en avaient profité pour dérober les pièces qui juchaient le sol. Il esquissa l’ombre d’un sourire et s’assit près de son sac, cherchant à l’intérieur un carré de tissu ainsi que de l’eau pour s’éponger le visage. Il resta un instant pensif devant la bouteille en verre remplie d’eau et la fit couler sur son front ; il avait longuement réfléchi à cela… Il n’allait tout de même pas s’asperger de vin ! Aussi vite sa face fut trempée qu’il l’essuya avec l’étoffe. Des images de son frère lui revinrent, comme à chaque fois que l’eau était à portée de vue ; si seulement il pouvait y avoir une ville sans eau ! Il en serait plus qu’enchanté. « Benedictus qui venit in nomine Domini, Hosanna in excelsis » récita-t-il tout en regardant le ciel qui prenait à présent des teintes bleues.
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Akuma Jigoku


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MessageSujet: Re: L'ami du feu   Mer 25 Fév - 15:56

Tant d’années ont passées, qui sont les nobles et les sages ?
Akuma déambulait le long des ruelles de pavés gris et humides. La solitude et l’ennuie sont les seules compagnies des âmes déchues….
Doucement, il leva les yeux vers les toits d’ardoise dont les cheminées, semblables à des tours de pierre déchirant le ciel rosé, étaient encore éteintes… Le soleil venait de ce levé, laissant couler ses rayons le long des corridors que formaient les bâtisses de la ville, et le jeune défunt profitait des derniers instants de solitude qui lui restait, avant que le monde des vivants ne se réveille… Il passa distraitement sa main dans ses cheveux ébène, l’esprit ailleurs, se laissant guider par ses pas. Quel sera sa prochaine proie aujourd’hui ? Le jeune homme en avait assez des meurtres inutiles… Bien qu’ils puissent rendre la justice en ce monde où chaque être vivant mérite la mort… Mais, cette fois, il voulait vraiment s’amuser ; trouver un humain intéressant, jouer avec lui, puis le tuer, comme l’on jetterait un objet cassé… Cependant, avant cela, il fallait trouver un humain assez naïf… et n’ayant pas l’affreuse compagnie qu’est celle des anges gardiens… Ce genre de personne puéril dont le but est de protéger leur prochain… Mais pourquoi ne pensent-ils pas à eut ? Qu’y a-t’il à protéger chez l’être humain ?
Soudain, le bruit de bâtons tombant au sol le tira de ses pensés. Ha ? Y’avait-il des humains se levant avant l’aube ? La journée du jeune défunt allait-elle enfin pouvoir débuter ? Sur cet espoir, il pressa le pas, dans le silence matinal qui régnait sur la ville. Qui sera la prochaine victime ? Une femme ? Un homme ? Quel âge ? Ho, pas trop vieux, cela serait parfait !
Akuma n’eut cependant pas le temps de se pos d’autres questions car la ruelle qu’il avait empruntée ne tarda pas à déboucher sur une grande place pavée au centre de laquelle s’était regrouper une foule de plus en plus compact. « Pff… Encore un pauvre musicien de rue… Ils feraient bien de tous crevés…. » Lâcha le jeune défunt entre ses dents, tout en commençant à se retourner. Mais une gerbe d’étincelles retint son regard. Des étincelles, suivit par des applaudissements provenant du regroupement de personne. Toujours à distance, le jeune homme avait désormais posé ses yeux bleu sombre sur le cercle de flamme qui dansait devant l’inconnu. De long cheveux roux, semblable au feu avec lequel il jouait, des yeux d’or perdu dans le vague, et un torse nu, finement dessiné, tout en étant musclé, et, surtout, pas la moindre odeur fétide d’un ange à ses côtés… Une proie parfaite ! Un beau garçon, sans la présence d’un affreux pigeon !!
Le jeune homme se rapprocha alors de lui, se mêlant la foule, sans cacher les grimaces de dégout qu’il laissait paraître sur son visage efféminé, chaque fois qu’il frôlait un être humain. Ils méritent tous de mourir… Par la suite, le jeune défunt ne regardait plus le feu danser, mais sa nouvelle proie… Sa nouvelle convoitise pour laquelle il se battra afin d’être son bourreau… Par le cliquetis de l’argent sur les pavés humides, Akuma déduit qu’on lançait des pièces au jeune jongleur …. Pff… Un plaisir de mortel… A quoi cela sert d’être riche? Pourquoi ne pas voler plutôt? C’est à la porter de tous !
Peu à peu, la foule était repartie voguer à ses occupations de pauvres êtres humains… Certains enfants étaient restés pour voler discrètement l’argent qui jonchait le sol. Pff… Des gamins et leurs jeux puérils…. L’inconnu aux cheveux de couleur sang s’était alors assit à côté de son sac, et avait commencé à s’humidifier le visage, avant d’essuyer prestement l’eau qui s’était mise à couler sur sa peau claire. Soudain, il murmura une prière en latin. Un sourire pincé s’étira sur les lèvres d’Akuma… Ha ? Alors celui-ci croyait en Dieu…. C’est encore plus intéressant ! Mais… Dieu viendra t-il le sauver quand le jeune défunt cèlera son destin ? Ou bien le laissera-t-il seul comme il l’avait laissé ?
Le jeune homme s’était alors approché de l’inconnu, par derrière, avec son habituel silence de mort. « Sympa ton p’tit jeu avec les flammes… » Akuma avait alors sourit en se passant distraitement sa main dans ses long cheveux ébène. Un sourire factice… Comme toujours… Un sourire dont il semblerait impossible d’oser douter de sa franchise… « Ça fait longtemps que tu bosse ici ? Je t’ai jamais croisé…. » Maintenant qu’il était en face de lui, le jeune défunt pouvait examiner chaque détail du jeune inconnu. Ses longs cheveux carmin… Ses yeux ambre… Sa peau pâle… Son torse musclé… Un garçon intéressant… Très intéressant…
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Setoru Hideki


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MessageSujet: Re: L'ami du feu   Mer 25 Fév - 18:25

A vrai dire, Seto ne s’était pas attendu à cela ; un garçon un peu plus grand que lui le cernait d’un regard mystérieux… Et d’un faux sourire, il ne pouvait se tromper en cela ; il avait appris qu’un vrai sourire se suivait dans le rabaissement des paupières, hors celles du jeune homme n’avait pas bougé d’un poil. Il se releva avec prudence et dévisagea l’inconnu avec circonspection ; la confiance qu’il accordait aux autres se faisait très rare depuis la mort de son frère. Le jeune homme en face de lui n’était sûrement pas l’un des assassins de Reikun, mais quelque chose dans ses yeux d’un bleu sombre était singulier ; on aurait dit que la lueur de ses ceux-ci était voilée d’un nuage sanglant.
« Bosser ne convient pas tout à fait… Disons que je… M’occupe ; ce n’est pas l’argent qui manque » A ses mots il tapota son crucifix en argent incrusté de rubis et commença à éteindre ses quilles une à une du bout du doigt. Il n’avait aucunement envie de parler avec lui ; rien en son attitude ne lui inspirait au respect. Le garçon avait un fin visage lui rappelant son frère et des cheveux couleurs ébène qui brillaient au soleil. « Quel est ton nom ? » fut la seule chose qu’il réussit à dire par la suite, s’empêchant de partir une fois le matériel dans le sac. Ce qu’il recherchait était trois meurtriers et non un garçon voulant faire causette, néanmoins quelque chose l’intriguait en lui mais ce n’était sûrement pas de la sympathie.
Pourquoi ai-je rangé mon matériel ? C’était juste une pause… Décidément, Seto avait vraiment la tête ailleurs, il soupira et ressortit ses quilles ; il avait l’habitude de voir des réactions étonnés sur le visage des gens lorsqu’il se livrait à ce manège étrange, ce pourquoi il évita de regarder comment se comportait l’inconnu. Il ressortit sa petite boîte d’allumettes et en alluma une pour faire danser les flammes sur ses doigts ; c’était son frère qui lui avait appris ce tour, lorsqu’enfants tout deux allaient errer sur les marchés, provoquant la furie de leur père.
« Et unam, sanctam, catholicam et apostholicam Ecclesiam Confiteor unum baptisma in remissionem peccatorum et exspecto resurrectionem mortuorum et vitam venturi saeculi » ses mots s’entrechoquaient, butaient les uns contre les autres comme s’ils se cognaient contre sa foi, tout en récitant ses yeux fixaient le vide, le jeune homme entre lui et le néant semblait ne pas exister. « Pardon Seigneur, pour mes pêchés » il alluma à nouveau les torches et jongla prestement avec sur son visage une expression de colère. Et les quilles passaient de mains en mains, étaient lancées si haut qu’elles tournaient en une boule flamboyante mais atterrissaient toujours dans le cercle de feu. Une ronde folle dont la cadence s’accroissait à mesure que Seto prenait de l’aise. Puis il les lança toutes en l’air pour en rattraper une en équilibre sur la tête, sur un genou, sur un bras, sur un pied, sur une main et une autre sur son torse ; inutile de vous dire que les six quilles nimbées de flammes léchaient la peau du jeune homme qui pourtant ne semblait s’en soucier ; il faisait tout pour éviter le silence, tout pour ne plus avoir à regarder cet insolite étranger. Aller, venez… Venez dans mon filet ! A nouveau des gens s’étaient groupés autour d’eux ce qui fit échapper un petit rire satisfait au jeune homme. Et dans son vain spectacle dont il y mettait toute sa puissance, tout son être rien ne survenait. Il voulait tout oublier sauf son frère, et jouer avec les flammes pour calmer ses nerfs. Pourquoi diantre aucun brigand ne se montrait ? Seto en avait complètement oublié la présence du jeune homme… Ce dernier n’avait probablement pas répondu à sa question mais même s’il l’avait fait, il s’en contrefichait ; le décès de Reikun l’avait rendu tellement distant. Pourtant contre toute attente, lorsque le soleil atteignit son point culminant et qu’il fit à nouveau une pause, il n’était pas seul sur la place. Il sortit à nouveau la bouteille en verre et la coula sur ses brûlures sans pousser quelconque cri de douleur ; les coups de fouet l’avaient rendu plutôt coriace. Il fouilla dans son sac à la recherche de sa serviette mais ne la trouva pas. Son regard balaya la place rapidement ; rien.
N’ayant pas l’intention de rester avec de l’eau sur le corps il chercha sa veste pour s’y sécher mais la trouva trempée de l’humidité du matin. Poussant un grognement mécontent il alluma pour au moins la dixième fois de la journée une torche et la passa à quelques centimètres du long manteau pourpre. Pour ainsi dire il préférait avoir le torse mouillé que de resté une seconde de plus sans veste. Tout en la séchant, il se demandait où était passé le carré de tissu qu’il avait glissé dans son sac ; serait-ce un voleur ? Pour voler si peu, cela l’intriguait. Sa croix d’argent glacée pesait sur sa peau ; sa vie de jeune larron lui revenait en tête constamment. Soudain par inadvertance le feu prit à une des manches de son manteau qu’il s’empressa d’étouffer ; il y réussit mais une grande tache de brûlure y occupait maintenant la moitié gauche … Un manteau neuf ! Il soupira et l’enfila. Midi était l’heure pour manger mais il n’avait pas faim. Aucune utilité de manier le feu à l’heure où tout le monde chercherait de quoi se mettre sous la dent plutôt que de balancer des pièces à un riche fou. Il décida donc d’attendre, essayant de ne pas faire attention à la présence en face de lui ; il était hors de question qu’il reprenne la conversation, aussi petite fut-elle.
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