Nemausus

Nemausus. 17ème siècle. Après un bal masqué ayant mal tourné, la ville perd peu à peu pied... supporterez-vous la volonté divine ?
 
AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 On dit que c'est la chambre d'une maîtresse ... [Harsh]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Nolane Akrings
No one knows him
No one knows him
avatar

Masculin
Nombre de messages : 36
Age : 30
Age du Personnage : 22 ans
Date d'inscription : 05/03/2009

Fiche d'identité
† Protégé(e) de/par: Hito Nowaki
† Force Ange/Esprit:
0/0  (0/0)
Relation:

MessageSujet: On dit que c'est la chambre d'une maîtresse ... [Harsh]   Jeu 12 Mar - 0:05

Il pleut. Il faut dire que ce n'est pas si surprenant que cela en Ecosse, surtout en plein printemps. Il fait tout de même moins froid mais le temps reste traitre ... alors ce fut bien durant une promenade que je fus attaqué par une pluie aussi cinglante que des coups de fouets. Destination première? Les champs. Plan B: le premier bâtiment sur mon chemin.

Et ce fut dans les couloirs du château que je me retrouvais soudainement, mes pieds glissant sur le marbre beaucoup trop propre à mes yeux. Les lieux respiraient la splendeur et la folie de l'argent. Entretenu même après des années ... il s'agissait bien d'un patrimoine maintenant. Je me dirigeais à présent par mégarde dans une allée sombre, en espérant trouver une pièce réchauffée. Comment, je l'ignorais mais j'avais envie de voir les lieux ... autrement qu'avec un guide. L'ombre d'une porte ouverte se profila un peu plus loin, comme un appel à ma curiosité. Mes pas ralentissaient légèrement alors que quelques gouttes d'eau plongeaient vers le sol depuis mes longs cheveux rouges. Serait-ce une si mauvaise idée d'entrer comme par effraction dans un lieu? Personne ne m'en voudrait .. puisque les gardes étaient absents aujourd'hui. Soupirant d'aise, je fus rapidement embarquer dans la pièce, le spectacle me clouant par la rapidité que j'ai eu à y pénétrer.

Je ne sus dès lors comment passa le temps. Certainement très vite, comme à chaque lieu que je découvrais en dehors des murs de Sënlys le soir. Mon regard ne cessait de regard autour de moi, vaguant sur les tissus de soie qui suait le luxe et tous les plaisirs des sens. Entre une odeur de musc, la poussière semblait ne pas avoir sa place même après toutes ses années. Les draps du lit semblaient être plié avec soin, tout en conservant quelques plis. Au mur s'alignaient des portraits divers sans aucun nature morte que je trouve sans intérêt. Les miroirs étaient éternellement présent ... comme dans toutes les pièces du château, principalement dans le salon des masques. Ma veste retomba alors soudainement au pied de la porte alors que je l'enjambais dignement pour rentrer complètement dans la pièce. Elle m'était familière dans un point de vue qui m'était personnel, comme si je pouvais y trouver des repères propres à mes nuits. Je comprenais soudainement dans un logique imparable que cette chambre abritait à l'époque une femme bien coquette, ne servant que les hommes du château par son charme et une beauté que j'imaginais fatale.
Mes chaussures de fortunes quittèrent également mes pieds tandis que je me dirigeais par automatisme sur le lit, ouvrant les couvertures par mes mains frêles et encore mouillés par la pluie. Je prenais mes aises, sachant que personne ne me regardait par les grandes fenêtres, sachant que personne n'ouvrirait la porte pour que je le serve cette fois là. Non, pour une fois, je n'étais pas la pute d'un homme ou d'une femme d'un soir que je reverrais au coin d'une rue avec un ou une autre. Non, cette fois ci, j'étais seul et je demeurais seul.

Mais tremblant de froid, je commençais à sentir les effets du lieu qui m'abritait. Cette chambre de courtisane à domicile me donnait quelques tremblements, comme un manque de tendresse que je ressentais. Je me maudissais pour cette faiblesse, ce fardeau que je portais avec moi à chaque coup de reins que j'encaissais. J'étais éperdument amoureux de chaque personne que je touchais. Ou peut-être bon comédien. Peut-être même indifférent au fond.
M'étalant sur le lit, j'observais le plafond du lit baldaquin orné de petits miroirs qui reflétaient les éclats rouges des draps. Cette chambre était magnifiquement tentatrice à chaque regard que l'on pouvait poser dessus. Mes cheveux se bridèrent comme un éventail sur un des oreillers tandis que mes yeux se fermaient dans un naturel effrayant. La vision d'une magnifique jeune femme aux cheveux ébènes se déhanchant dans sa chambre pour se vêtir d'une magnifique robe de bal émeraude. Soudainement, une vision d'horreur s'imprégna devant mon regard, m'effrayant de la même façon pour me redresser les poils de l'échine. Cette femme était certainement morte durant l'incendie et j'étais à présent dans sa chambre, violant certainement son intimité.
Même décédé, je me devais de lui donner du respect sans prendre sa chambre comme la mienne. Me redressant sur mes coudes, je sentis alors un courant d'air frais qui n'avait rien à voir avec la frayeur que je me suis faite. Si j'avais cru que la chaleur de la pièce m'abriterait pendant un moment, en attendant que la pluie ne cesse, je devais à présent faire face à un certain inconnu que je n'avais pas prévu. Mes cheveux se collèrent alors sur mes bras nus alors que je me hâtais de prendre quelques couvertures pour couvrir mon torse dévêtu. Une posture qui aurait pu faire soupirer quelques femmes peut-être mais mon regard n'était qu'en alerte.

Je n'avais pas le temps de sauver une quelconque apparence pour le moment ... surtout que ce n'était pas ma priorité. Je me haïssais moi même d'exercer un tel métier qui m'enlevait toute ma fierté pour la remplacer par des peurs fondés.

Courant d'air, à nouveau.
Non, ce n'était pas normal.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Harsh


avatar

Nombre de messages : 29
Age du Personnage : 28
Date d'inscription : 10/01/2009

Fiche d'identité
† Protégé(e) de/par: ?
† Force Ange/Esprit:
30/100  (30/100)
Relation:

MessageSujet: Re: On dit que c'est la chambre d'une maîtresse ... [Harsh]   Jeu 12 Mar - 17:50

    Elle ouvrit les yeux, lentement. Ses paupières encore fatiguées de n’avoir rien accompli en ce jour, peinaient à rester ouvertes. La première chose qu’elle vit fut du gris. Un gris opaque, lourd de nuages. C’était donc cela qui l’avait réveillée ? La pluie, une goutte de pluie sur son front. Harsh aimait bien ce genre de temps, elle adorait. Oui, rester sur un toit à regarder la pluie s’abattre sur ces pauvres petites bêtes qu’étaient les humains, les voir courir, se mettre à l’abri, râler de devoir cesser leurs activités à l’extérieur. Elle aimait ces lourdes gouttes d’eau se mêler à sa longue chevelure, sentir ces nuages chargés de graves intentions. Elle aimait cette grisaille, cela la réconfortait, reflétait son obscur état d'esprit. Elle se sentait dans son élément. Elle s’était donc assise sur un de ses toits fétiches, non loin de l’abominable château où elle avait trouvé la mort. Souvenir plutôt douloureux. Ce n’était pas la partie du village qu’elle préférait mais elle restait attachée à l’endroit. Elle y était morte, peut-être, mais jouer du violoncelle durant le bal de Nemausus avait été son dernier acte en tant qu’humaine et cela l’avait rendue ivre de joie. C’était le seul souvenir qu’elle se permettait de conserver de sa vie. Le reste, mieux valait l’oublier, il ne lui servirait plus à l'évidence.

    C'était en réfléchissant à tout cela que le regard plutôt éteint de l’esprit vint être réanimé par une vision qui lui chamboula le système rétinien. Dans ce paysage d’un gris uniforme, elle vit se déplacer un point rouge. Il courait vers… Le château. Un humain surpris par la pluie parmi tant d’autres et qui choisissait le château comme refuge. Peu banal. Ce fut bien pour cela qu’elle se décida à suivre. Après tout, quand vous aviez l’éternité, il était bien normal de faire certaines choses inutiles, comme suivre un parfait inconnu sur le lieu de votre propre mort. Elle avait le droit de perdre son temps et la pluie l’avait mise dans une humeur encline au jeu.

    Il flânait un peu dans les couloirs. Oui, il. Malgré ses cheveux longs, derrière le point rouge se cachait un homme. Ou plutôt un jeune homme. Bien sûr, tout le monde était jeune par rapport à l’âge avancé de l’esprit mais quand même. Lui était particulièrement jeune, dans les alentours de l’âge de la petite Ana, la fille qu’elle avait rencontré au puits, certainement. Elle se détacha de lui quelques instants pour s’immobiliser. C’était la première fois qu’elle revenait en ce lieu et elle se sentit mal à l’aise. Trop de souvenirs. Elle secoua vivement la tête pour chasser ces mauvais fantômes et releva son fin minois vers là où aurait du se trouver l’homme. Le moucheron rouge avait disparu. Rapide. Elle déambula une ou deux heures dans les couloirs et en profita même pour aller dans la salle de bal où son violoncelle avait retenti pour la dernière fois. Son seul confident, son trésor. Il avait brûlé dans ce foutu carnage. Quelle perte ! Quel gâchis…

    Ce n’était pas qu’elle était pressée mais à la base, elle se trouvait ici pour chahuter un peu et effrayer la tâche rouge. Prendre du bon temps pour résumer. Elle se remit à la recherche de son inconnu, poussa quelques portes mais ne le trouva pas. Où avait-il pu donc bien passer ? Elle la trouva enfin. Une porte entrouverte. Une chance sur deux que le fuyard de la pluie ce soit réfugié là. Elle fit un effort extrême pour se souvenir de l’aile dans laquelle elle se trouvait, pour ne sélectionner que ce souvenir. Il lui semblait que c’étaient les chambres. Elle entra rapidement dans la pièce. Elle ne s’était pas trompée, c’était bien une chambre et plutôt luxueuse en plus, le gamin avait des goûts raffinés ou beaucoup de chance, au choix.

    D’ailleurs quand on parlait de lui. Invisible à ses yeux, elle était en face de ce grand lit à baldaquin sur lequel le garçon s’était installé à son aise mais l’expression actuelle de son visage exprimait plus la peur qu’autre chose.

    Peur ?

    Peur de quoi ? Elle n’était même pas encore visible, peut-être sentait-il sa présence, il émanait souvent de Harsh, une onde malsaine. Enfin, c’est ce qu’elle pensait. Ses yeux se baladèrent avec froideur de la racine de ces cheveux flamboyants à ces mains frêles agrippant fortement ces couvertures pour se protéger avec le peu de fierté qu’il lui restait.

    Oh en temps normal, Harsh se serait délectée de cette peur, cela l’aurait nourri, lui aurait procuré un plaisir immense pouvant presque assouvir son appétit carnassier. Que l’homme était faible, attaché à des sentiments des plus inutiles. Oui, elle se serait beaucoup amusée.

    Mais le sentiment qui l’habitait à cet instant était l’horreur. Oui, l’horreur d’un passé remontant à la vitesse grand V. Un lit à baldaquin, une chambre feutrée et agréable, coupée du monde. Oui, de lourds rideaux rendant la pièce plus intime. Et puis, lui. Cet être chétif qui paraissait si perdu. Une colère indescriptible s’emparait d’elle. Cet insignifiant humain la ramenait à son ancienne condition. Femme soumise, abusée, humiliée. Cette crainte s’emparait de chaque parcelle de peau de l’esprit, la collant de tellement près. Cela la répugnait, cette peur ne pouvait pas la nourrir. Elle la détruisait. Plus elle le regardait, plus elle se voyait elle. Ce regard de la personne qui vous supplie de l'épargner... C’était insupportable.

    Toute envie de le terrifier la quitta, elle l'avait déjà apeuré sans se manifester et puis cela n'apporterait rien à Harsh, mise à part de la souffrance personnelle et elle détestait les sentiments. Elle s’accola au mur en face du lit et se décida à apparaître aux yeux de l’humain. Il serait encore plus effrayé certainement mais c’était cela où elle l’étranglait pour ne plus voir cette tête d'enfant soumis.

    Les yeux clairs de Harsh, d’une lueur presque jaune, se posèrent lentement sur le visage de son vis-à-vis. Elle cherchait son regard et avait croisé les bras :


    - Détends-toi. Je ne suis pas du genre à abuser des bonnes choses...

    Pas de présentation. Pas d’excuse à cette violation d’intimité ni même une explication sur cette fabuleuse apparition.

    Elle n’avait pas besoin de se présenter. Elle n’était rien de toute façon.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nolane Akrings
No one knows him
No one knows him
avatar

Masculin
Nombre de messages : 36
Age : 30
Age du Personnage : 22 ans
Date d'inscription : 05/03/2009

Fiche d'identité
† Protégé(e) de/par: Hito Nowaki
† Force Ange/Esprit:
0/0  (0/0)
Relation:

MessageSujet: Re: On dit que c'est la chambre d'une maîtresse ... [Harsh]   Ven 13 Mar - 15:17

Qui était-ce? Qu'était-ce que ce courant d'air dont je ne voyais pas la source? Les draps en soie se firent presque plus froid, malgré le vent inexistant. Les fenêtres étaient fermées mais il semblait que tous venait de la porte.
Pendant quelques instants, j'hésitais à me détendre, voulant comprendre qu'il s'agissait certainement d'une porte qui s'était ouverte par on ne sait quel phénomène. Peut-être que la pluie avait amassé du vent sur son passage. Mais je me décidais alors à me lever, écartant les pans de la couverture pour mettre un pied à terre, mon regard ne lâchant pas la porte. J'étais bien évidement sur mes gardes, je n'étais pas en position de force, il semblait qu'on me prenait sur le fait ... les soirs, j'étais préparer à ce genre d'intrusion, à cette vie que je menais dans le manoir. Mais en pleine journée, je perdais mes moyen. Je maudissais ma faiblesse.
Soudain, une figure pâle apparut au pied de la porte, me refroidissant sur place, quitte à hérisser les poils de mes bras nus. La couverture glissa par manque de pression de mes doigts et je me retrouvais alors torse nu devant une jeune femme au long cheveux noir qui dégringolait sur son dos. Mes yeux s'écarquillèrent alors subtilement sans oser la lâcher du regard par son étrange apparition. Qui était-elle, d'où venait-elle, que me voulait-elle? C'était certainement des questions très clichés mais l'envie de les poser n'osait traversé mes lèvres. Je les mordais à la place, tentant d'enregistrer les paroles de la jeune femme.

Outre son regard dur et son apparition, j'aurais alors à l'instant tout fait pour ne pas en prendre compte. Elle semblait ailleurs, comme si son sourire avait perdu de l'éclat depuis des années. Peut-être n'avait-elle pas sourit depuis longtemps. Je détaillais alors son visage en silence, n'osant bouger du lit qui semblait être le premier rejuge automatique sous la main. Des draps allaient-ils vraiment me protéger de l'inconnue?
Elle était belle ... par son visage aux traits fins et une bouche aussi fine que le reste, elle aurait pu me ressembler si elle avait mes cheveux. Mais je la trouvais belle par sa présence maléfique qu'elle venait d'apporter avec elle. Et cette venue ... je me posais à présent un tas de question. Elle ne s'était d'ailleurs pas présenter, m'apprenant simplement qu'elle n'était pas là pour abuser de moi. Abuser ... l'excès. Peut-être allait-elle simplement profiter de moi sans pour autant franchir une limite à elle. Je me relevais alors tant bien que mal, n'osant pourtant pas l'approcher. Elle se tenait dignement devant moi, tout en tentant par un regard plissé de me faire voir qu'elle ne me ferait pas de mal.

J'avais alors l'impression d'être un enfant battu qui demandait à un inconnu de ne pas lui jeter des pierres. Cette impression d'infériorité que je m'efforçais de ne pas avoir en plein jour car j'en subissais assez la nuit. Je n'avais pas envie d'être en mode esclave même en plein jour. Les nuits étaient assez rude pour cela. Mais aussi soudainement que mon impression, cette situation semblait convenir à une de ses soirées où un sentiment de protection pouvait m'envelopper à chaque passage. Des bras qui se renfermaient sur moi pendant une nuit, me procurant ainsi tendresse et innocence d'un soir. Foutaise ... je ne ressentais qu'attachement maladif mais inexprimé dans ses instants.

    Des bonnes choses? murmurais-je soudainement


Je ne me considérais loin d'être comme cela. J'étais à mes yeux un homme de chaire qui éprouvait plaisir et amour alors qu'il était nul l'instant de mélanger les deux. Pourquoi cette jeune femme venait-elle me retrouver maintenant, apparaissant aussi magiquement qu'une sorcière. Nemausus serait-elle une ville réellement maudite? On lui confère tellement de rumeurs insolites comme ses meurtres inexpliqués où les habitants périssaient carbonisé en laissant leur propriétaire dans un état intacte.
J'eus alors soudainement l'envie de fumer, par ce trop plein de sensations et de surprises. Cherchant dans les poches de mon pantalon, je me mis à la quête d'herbe sécher en tâtant des doigts mais me rendit compte que je n'avais plus de feuille. Bordel, j'en avais tellement besoin pour éloigner toutes ses questions et ses peurs fondées.


    Abuser, désabuser ... peut-être voulez-vous simplement en profiter.


Je devais me plier devant elle malgré tout car elle avait une énorme avance sur moi. Apparaître dans le vide sans aucune explication était étrange à mes yeux mais je lui conférais également un ordre de supériorité malgré tout. Sois, je pouvais me détendre si elle le voulais mais je n'étais pas en position de force. Surtout devant des yeux presque jaunes, presque irréelle. Que me voulait-elle vraiment?
Comprenant alors que j'étais presque à l'autre bout de la pièce, j'entreprenais quelques pas pour avancer vers elle, tout en marquant une distance raisonnable entre elle.
Arrivant à quelques mètres d'elle, je me stoppais en regardant ma veste et mon haut étalé par terre à ses pieds. Je n'étais pas présentable ... relevant alors mon regard vers le sien, je ne pus qu'admirer à nouveau sa présence froide, en totale contradiction avec tous ses hommes et ses femmes qui sont passé dans ma chambre.

Non, elle était différente de tous.
Et je sentais en moi à nouveau ce dangereux attachement.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Harsh


avatar

Nombre de messages : 29
Age du Personnage : 28
Date d'inscription : 10/01/2009

Fiche d'identité
† Protégé(e) de/par: ?
† Force Ange/Esprit:
30/100  (30/100)
Relation:

MessageSujet: Re: On dit que c'est la chambre d'une maîtresse ... [Harsh]   Ven 13 Mar - 17:18

    Il s’était levé subitement et la regardait avec une intensité qui aurait pu être dérangeante. Harsh n’en fit rien, elle se contenta de soutenir ce regard inquiet et curieux, il réussit même à lui arracher un faible sourire. Elle était toujours curieuse de la réaction de ses jouets préférés, l’espèce humaine. La chevelure rouge était torse nu, chose qu’elle n’avait pas noté de prime abord, trop aveuglée par sa très récente montée de colère qu’elle n’avait pas manifestée. Elle était d’une neutralité affligeante. Son regard ne pouvait être réveillé par une partielle nudité même si l’être pouvait être particulièrement enviable. Un humain resterait un humain. Faible et futile.

    La jeune chose qui venait de quitter sa couche où il était à son aise quelques instants plus tôt fit enfin connaître sa voix. Une voix d’une sonorité tout à fait agréable et de ce fait plus qu’insupportable. Il fit entendre un écho des propres paroles de l’esprit, à l’évidence cela l’avait troublé. Pensait-il qu’elle parlait de sa personne ? Evidemment que non, elle ne se souciait guère de cet individu sinon pour le faire souffrir quoi que la conjecture actuelle prenait un tournant d’une saveur différente. Elle entendait par « bonnes choses » ce plaisir charnel que prenait le genre humain pour assouvir une soif personnelle de pouvoir. Pur égoïsme. Ce mécanisme qui voulait que deux corps inconnus s’emboîtent par pures pulsions animales la révulsait, la dégoutait. Elle en avait fait l’effroyable expérience lorsqu’elle était un être inférieur, quand elle se laissait encore dominer par des forces qui la surpassaient… Elle sentit un frisson tout le long de son dos remontant jusque dans sa nuque, cet homme lui rappelait vraiment de très mauvais souvenirs. Elle fut ramenée à la réalité par les tâtonnements de son interlocuteur. Il cherchait quelque chose. Elle ne lui demanda pas ce qu’il voulait, cette recherche n’avait pas grande importance dans la suite de leur échange, du moins pour Harsh.

    Abuser, désabuser ... peut-être voulez-vous simplement en profiter.


    Elle laissa la question en suspens, continuant d’observer la personne qui lui faisait face. Il fit un mouvement dans sa direction. Il n’était donc finalement pas si effrayé qu’il l’avait laissé entendre. Tant mieux, cela serait beaucoup plus intéressant comme cela. Il s’arrêta néanmoins à une distance raisonnable d’elle. Elle ferait donc l’effort de combler la distance qui les séparait. Elle s’était plantée en face de lui. Quel pouvait-être le nom de cet humain ? Qu’importe, nom ou pas, il resterait le même. Elle attrapa un de ses poignets d’une blancheur qui aurait pu rivaliser avec la sienne. Elle exerçait une légère pression, non douloureuse mais porteuse d’un message qui aurait pu se passer de parole. C’était une intention ferme, décidée. Elle l’avait choisi et il ne pourrait pas lui échapper.

    - Bien sûr que je veux en profiter mais peut-être pas comme tu l'entends... Pourquoi aurais-je pris la peine de te suivre sinon ?

    Elle balada son regard sur cette chevelure abondante. C’était vraiment singulier. Cela provoqua un léger rire chez l’esprit. Elle tira le jeune homme et le fit asseoir de force sur le lit qu’il venait de quitter. Elle s’était placée en face de lui et s’était accroupie pour être à hauteur de son visage.

    - Tu sais ce qu’on dit… Les gens naissant avec ta couleur de cheveux sont le signe du diable. Je ne t’aurai peut-être pas remarqué sans cette abondante couleur rousse.

    Elle attrapa d’ailleurs cette longue tignasse dans une de ses mains, l’autre tenant toujours fermement ce frêle poignet. Elle lui souffla dans le creux de l’oreille d’une voix joueuse et impatiente.

    - As-tu peur inconnu ?


    Elle serait celle qui dominerait dans cet affrontement. Elle n'avait pas beaucoup d'exigences dans sa routine de défunte révoltée mis à part celle de la puissance. Elle voulait tout posséder et que rien ne lui résiste parce qu'elle n'était plus cette jeune femme brisée, si faible et si pitoyable. Elle était devenue Harsh et comptait bien se servir de cette "force nouvelle". Elle ne supportait ni le compromis, ni être celle qui était "en dessous". Le jeune inconnu en aurait pour ses frais. Elle l'assurait.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nolane Akrings
No one knows him
No one knows him
avatar

Masculin
Nombre de messages : 36
Age : 30
Age du Personnage : 22 ans
Date d'inscription : 05/03/2009

Fiche d'identité
† Protégé(e) de/par: Hito Nowaki
† Force Ange/Esprit:
0/0  (0/0)
Relation:

MessageSujet: Re: On dit que c'est la chambre d'une maîtresse ... [Harsh]   Lun 16 Mar - 17:21

La peine de me suivre? Avais-je bien entendu que sa venue n'était pas du hasard comme son apparition? Je ne cessais de me poser les mêmes et éternelles questions qui demeuraient sans réponse. Même si je les posais, j'étais presque certains que la jeune femme ne me répondrait pas ... que me voulait-elle au juste? Je n'en avais pas la moindre idée mais ses intentions semblaient claires. Du moins, elles auraient pu être tout aussi évidente à mes yeux avant même qu'elle ne fasse un pas vers moi.
M'agrippant fortement la main et m'évitant de répondre à sa question à laquelle je n'avais pas un mot à dire, elle m'attira sur le lit pour m'y faire assoir. Un lit ... encore et éternelle couche que je n'avais voulu qu'éviter depuis le début de ma journée. Peut-être étais-je maudit jusqu'à la fin de mes temps pour n'y rester que clouer, sous les assauts de toutes ses femmes et hommes qui ne réclamaient que mes apparences. Cette comédie que je jouais et qui me rendait progressivement aussi vide qu'une loque. Du moins, après leur départ.
Je fus alors surpris de voir que la jeune inconnue s'installer à la hauteur de mes genoux à même le sol. Je ne sus alors comment prendre son acte et son comportement. Si ses intentions étaient là, elle aurait été peut-être plus forte, plus sauvage que cet acte désignant l'égalité. Elle se mettait à la même hauteur que moi, comme pour me montrer qu'elle n'en abuserait certainement pas. Si j'eus peur de sa provenance, je ne le fit point voir par mon regard qui restait désespérément vide de sentiments. Je ne pouvais pas en avoir, sa venue était la personnification même de l'improvisation et je ne savais quelle attitude adoptée. Devais-je être si décontracter face au danger qu'elle émanait? Ou faire preuve de professionnalisme?

Son regard parcourut mes longs cheveux rouges, comme tous les autres. Très peu commun, tare qu'on associé à un bâtard. Cette enfant illégitime, hors des normes sociales de la ville. Alors dans ce mystère planant de ma conception, il y avait ses questions. Alors lorsqu'elle m'apprit une nouvelle fois que mes cheveux étaient hérités du diable, je ne bronchais pas. Presque habitué à ce que l'on m'appelle autrement que par mon prénom. Peut-être qu'elle l'ignorait même ...


    Vous avez les yeux rouges, on pourrait en dire de même ...


Je remarquais alors que la jeune femme prenait ses aises en me tutoyant alors que je lui vouais un respect. Peut-être par sa présence chaude mais loin d'être chaleureuse. Elle semblait animé d'aucun sentiment d'amour et son poing renfermé sur ma main faisait office de preuve. Sa peau était froide. Froide mais douce en même temps. Comme un peau qui n'avait pas connu tendresse depuis longtemps. Mon regard retomba sur sa main, observant sa finesse et ses doigts. De longs doigts d'artiste. Jouait-elle d'un instrument pour qu'ils soient aussi bien formés?
Par ses simples détails, je croyais en apprendre un peu plus sur elle, au delà de ce masque froid sur son visage. Ce sourire inexistant qui avait peut-être besoin de se raviver. J'osais imaginer que je pouvais être celui qui le ferait. Dans ma naïveté et mon innocence qui n'avait pas prit une ride depuis. Je sentais que cette femme m'intriguait, que la peur qu'elle émanait n'était peut-être que superficielle à mes yeux. Le mystère l'entourait, dans chacune de ses cellules... cette envie peut-être d'en savoir ou de garder cette jeune femme aussi pure qu'elle le désirait.

Sa main saisissait alors ma mèche, s'agrippant de la même façon pour me retenir sur place. Assis sur le lit, je ne pouvais alors lui échapper et cette situation me rappela bien d'autres nuits. Certaines personnes avaient besoin de dominances lorsqu'elle n'en avait pas eu l'occasion par avant. Cette rébellion contre leur état de victime. Je ne m'en moquais pas ... ma vie, mon métier était de rassurer et de conforter les gens de toutes les façons possibles.
Sa voix s'engouffra alors dans mes oreilles, mélodieusement chaleureuse. Elle fut en tout point à l'opposée de sa chaleur froide corporelle. Je sentais alors que mon échine se redressait à nouveau alors qu'un vif battement de cœur me saisissait. Son approche était des plus intimidantes mais je ne devais faire aucun geste tant qu'elle n'en avait pas exprimé le besoin. Devais-je alors être sa victime pour un moment?


    Seriez-vous mon danger ? demandais-je en guise de réponse


Elle voulait jouer avec moi ... alors je ne voyais pas pourquoi je ne pourrais pas en faire de même. Son regard était froid mais ses intentions étaient bien réelles. Cette jeune femme m'intriguait, ses mains posées sur mes poignets et ma crinière rousse semblait déconnecter chacun de mes neurones à présent. Sa voix enjouée et plus qu'impatiente me rendait l'importance que j'avais à ses yeux à cet instant. Rien de mieux pour se sentir en vie et exister.

Soudainement, je tirais mon bras vers moi, l'entrainant de la même façon plus en profondeur au centre du lit. Peut-être la forçais-je à se lever mais je demeurais dominer par sa présence et son envie. Mes cheveux retombèrent de part et d'autres de mes épaules nues, glissant comme la soie des draps. J'observais l'obscurité de ses propres cheveux noirs qui contrastait à nouveau avec les miens. Mes doigts se baladèrent un instant dans l'air avant de saisir doucement ses doigts pour en gouter à nouveau leur douceur inexistante.


    Ou dois-je simplement vous donner ma soumission, inconnue?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Harsh


avatar

Nombre de messages : 29
Age du Personnage : 28
Date d'inscription : 10/01/2009

Fiche d'identité
† Protégé(e) de/par: ?
† Force Ange/Esprit:
30/100  (30/100)
Relation:

MessageSujet: Re: On dit que c'est la chambre d'une maîtresse ... [Harsh]   Mar 17 Mar - 0:38

    Elle ne trouvait qu’un regard éteint quand elle plongeait ses yeux dans ceux de l’homme. C’était troublant voir agaçant de savoir qu’elle ne produisait aucune lueur manifestant une quelconque émotion dans ces pupilles mortes. Elle aurait voulu lire l’effroi, l’incompréhension voir même peut-être une excitation face au danger et à l’inconnu. Cela l’aurait surprise certes, mais aussi réjouie de savoir qu’elle produisait un sentiment sur cet humain. Cela aurait voulu dire qu’elle était celle qui gagnait. Qui dominait. Mais apparemment ce n’était pas le cas, la peur fugitive de la « tâche rouge » du début paraissait ne jamais avoir existé. Aurait-elle été trompée par l’éclairage de la pièce ? C’était bien la première fois en tant qu’esprit qu’un humain témoignait d’aussi peu de sentiments à son égard. Il répondit même à sa futile provocation concernant les cheveux qu’elle agrippait fermement. Elle ne voulait pas cette situation. Il aurait du avoir la voix paralysée par la peur, il aurait du vouloir s’échapper de son emprise par tous les moyens mais il restait docilement prisonnier de son entrave. Pourquoi ? Cela la déstabilisait grandement que de n’avoir aucune réaction de la part du personnage, mise à part une répartie détestable et une légère ironie grinçante.

    Le regard de Harsh, dont il avait remarqué la singulière particularité, se durcit. Elle le plantait obstinément dans celui du jeune homme espérant de façon plus qu’ardente, voir s’allumer chez lui une once de sentiment. Elle était capable de tout t’accepter pour nourrir sa soif de misère et de désolation. Tout, mais pas l’indifférence, elle devait susciter l’horreur chez chaque humain. C’était son énergie pour survivre et elle se sentait défaillir devant ses deux yeux insondables et cette absence de combattivité.

    Elle sentit enfin cette réaction tant souhaitée quand elle voulut mesurer son degré de confusion et d’anxiété à l’aide de ces simples mots
    « As-tu peur inconnu ? ».

    Seriez-vous mon danger ?

    Elle resta un instant immobile, sondant toujours de ces mêmes yeux d’une lueur dorée, la personne en face d’elle. Quelle était cette question candide et des plus provocantes à son égard ? C’était tout ce qu’elle lui inspirait ? Pas de tremblement dans la voix… Rien.

    Légèrement troublé par cet humain qui ne voulait pas se plier à ses règles du jeu, elle n’eut pas le temps de réagir quand celui-ci la tira assez brusquement dans l’intimité de la couche. Elle se leva tout aussi brusquement et failli presque par malheur basculer sur l’humain. Elle se retint, en prenant appui sur un de ses genoux. Il se jouait à présent d’elle autant qu’elle s’était jouée de lui. La plupart aurait était allumé par ce genre de scène, de situation. N’aurait-pu résister à l’appel sensuel qui émanait de l’homme depuis qu’elle avait eu le désir de l’approcher. Mais elle, elle en éprouva une sainte horreur. Des contacts physiques qu’elle pouvait avoir avec les autres, elle ne se permettait que les siens, prohibant tous ceux pouvant venir de l’extérieur. Même maintenant qu’elle était esprit, elle n’avait pas pu dépasser cette sainte horreur ainsi que cette peur enfouie de l’autre. Elle prenait comme une attaque chaque mouvement à son égard.

    Sa main qui retenait quelques instants auparavant les cheveux de l’homme vint être agrippée délicatement par celle de cet agaçant inconnu. Elle déglutit avec difficulté, gênée par la chaleur de l'humain qui brûlait presque sa peau glaciale.

    Ou dois-je simplement vous donner ma soumission, inconnue?

    Un cri. Un cri de fureur et d’incompréhension. Elle connaissait pourtant tous les rouages de l’être humain, ce qui le terrifiait et ce qui pouvait l’emprisonner dans un état de trouble profond. Pourquoi celui là s’obstinait-il à être si docile, si peu étonné ? Etait-ce en rapport avec sa condition « d’homme de joie » qu’elle avait deviné à cause de son affreuse expérience personnelle? Elle était tellement peu habituée à de tels comportements, qu’elle ne savait plus réellement ce qu’elle voulait. Qu’il se soumette ou qu’il se débatte ? Elle voulait la peur, voilà tout ce qu’elle savait.

    Il osait même reprendre ses expressions pour les tourner à son avantage. Elle n’aimait pas du tout la conjecture actuelle et le fit savoir. Elle attrapa le visage de l’humain entre les doigts d’une de ses fines mains et l’obligea à la fixer elle, qu’il ne puisse pas échapper à sa colère.


    - Je ne veux pas de soumission. Je veux sentir que tu as peur, que chacune de mes paroles te transportent dans une angoisse sans limite. Je veux t’entendre crier et supplier que j’arrête de te torturer. Je veux que chaque parcelle de ta peau frémisse d’horreur. Est-ce que tu comprends ?

    Elle approcha son visage livide près du sien et le ton de sa voix plutôt neutre jusqu’à présent, s’éleva avec plus de force, elle fit transparaitre sa colère profonde, ses mots trahissaient son incompréhension grandissante.

    - Quel est ton problème humain ? Comment peux-tu te laisser dominer sans réagir, en étant aussi calme ? Ses yeux se plissèrent et elle cracha, véhémente. Je vous hais tellement humains. Votre condition me répugne.

    Parce qu’inexorablement cette condition lui rappelait la sienne.

    - Cela ne te fait donc rien de savoir que je peux franchir à tout instant la barrière de ton intimité et te souiller ? Sa respiration s’était accélérée à cause de sa subite colère. N’as-tu donc pas un minimum de fierté comme tout tes idiots de semblables ?

    Elle relâcha le visage qu’elle avait fortement emprisonné et soupira. Elle regarda vaguement l’étrange personnage et lui posa une question ou plutôt lui donna un ordre qu’elle n’avait jamais posé à aucun humain, évidemment elle avait déjà demandé des noms ou des âges mais là c’était radicalement différent et cela lui demanda un effort considérable que d'avouer qu'elle ne s'intéressait plus seulement à la personne en face d'elle à cause de la peur qu'elle pouvait lui procurer :

    - Je veux savoir qui tu es.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nolane Akrings
No one knows him
No one knows him
avatar

Masculin
Nombre de messages : 36
Age : 30
Age du Personnage : 22 ans
Date d'inscription : 05/03/2009

Fiche d'identité
† Protégé(e) de/par: Hito Nowaki
† Force Ange/Esprit:
0/0  (0/0)
Relation:

MessageSujet: Re: On dit que c'est la chambre d'une maîtresse ... [Harsh]   Lun 23 Mar - 16:46

Je ne pus alors plus longtemps cacher ma consternation lorsqu'elle cria. Elle criait alors que je lui avais pris la main. Je n'en avais pas fait de même lorsqu'elle avait pris la mienne, lorsqu'elle m'avait agrippé cette mèche de cheveux rouge. Je subissais son assaut soudain alors qu'elle n'en faisait pas de même. Peut-être devrais-je rester impassible devant sa présence mais je ne le pouvais pas.
Mes yeux s'écarquillèrent alors devant le seul son qui sorti entre ses lèvres alors qu'elle s'était déjà dégagé de son emprise, préférant lui prendre à nouveau le menton pour que je la regarde.
Mais je ne faisais que cela, la regarder pour ne pas la perdre de vue à nouveau. Elle qui était apparu comme un ange, je la voyais comme une femme voulant posséder la moindre parcelle d'air que j'avalais avec difficulté à présent. Elle semblait avoir un objectif bien précis en venant me voir, objectif dont je commençais soudainement à en voir les traits. Elle ne me voulait que du mal sans en abuser. Comme toutes ses femmes et hommes qui passaient sur ma couche pour en tirer profit sans même comprendre une seule seconde toutes les contradictions qui me passaient en tête.

    De la peur ?


Ce fut le seule mot que je retenus dans son monologue. Dans sa demande d'une descente en enfer avec elle, où elle n'en tirerait que son plaisir. Où je n'en tirerais qu'une déception, une nouvelle fois. Alors qu'elle parlait de ma condition comme d'une nouvelle nouvelle tare, je sentis mon visage s'empourprer, contrastant avec violence avec ses doigts et son attitude froide et égoïste. Comme un virement de situation ou peut-être d'une explosion que je retenais depuis trop longtemps, j'enlevais sa main de son visage comme une brulure inconnue.


    Vous ne souhaitez qu'en profiter sans comprendre notre nature même. L'égoïste vous renferme dans votre monde sans voir que nous savons aussi réfléchir et faire face à la vie qui n'est pas rose. Regardez un peu la votre avant de parler de la mienne.


Je me dégageais tout aussi brutalement, l'once de sentiments généreux et d'innocence s'évaporant aussi rapidement qu'elle était venue. Elle ne me voulait que du mal, par ses gestes, son regard et son attitude malsaine qui me déplaisait. Mes amants n'étaient pas ainsi ... ils étaient doux pour la plupart, faisant battre un cœur qui n'avait pas plus de raisons que cela. Leur chaleur me manquait soudainement face à cette jeune femme dont j'ignorais tous. Mais je commençais à comprendre que son rôle de consciente était mal placé à mon égard.

Elle semblait comprendre et haïr ma condition par la moindre de ses mots. Elle me blessait intimement par ses paroles plus que par ses gestes. Peut-être au même niveau cependant ... sa présence me donnait froid dans le dos, sa présence commençait à se faire indésirable. Pourtant, même dans sa colère qui n'avait pas une justification profonde, je ne pouvais m'empêcher de la regarder, par ce manque d'humanité cruelle qui émanait d'elle. Elle parlait des humains comme si elle n'en faisait pas partie, cette attitude hautaine qu'elle avait me faisait voir qu'elle se sentait bien supérieur aux autres. Mais elle ressemblait à toutes ses femmes et ses hommes qui ne pensaient qu'à eux.
Elle n'était pas différente des autres et cette réalité en totale contradiction avec mes premières pensées me déçut. Elle n'était pas différente. Je regardais soudainement ailleurs, cherchant probablement à quitter ce lieu pour ne pas avoir à converser avec elle. Elle ne m'inspirait rien de bon et je n'avais pas envie de passer une seule autre seconde avec une personne qui ne cherchait pas vraiment à avoir une réponse à toutes ses questions. Elle ne faisait qu'en poser sans même avoir l'air de vouloir une réponse qui lui conviendrait. Je vis l'entrebâillement de la porte ainsi que quelqu'un de mes vêtements gisant à terre. La fuite n'était pas mon luxe mais je ne trouvais que cette solution pour échapper à sa rengaine. Pourtant, sa dernière phrase retenue mon attention, enfumant toutes mes autres pensées.
Ce n'était pas de la peur que j'éprouvais mais une certaine aversion à l'intolérance dont elle me faisait part. Si elle ne comprenait pas ma condition, elle n'avait qu'à le dire sans éprouver une telle véhémence pour mon existence. Je vivais tel qu'elle parce que je n'avais pas le choix. Parce que pour vivre dans un monde, ma fierté n'avait plus de place. Je l'avais laissé envoler à chaque coup de rein, chaque battement de cœur qui m'était interdit d'avoir pour un autre. Pour chacun de ses battements sentimentales qui se brisaient lorsque je revoyais ses mêmes personnes perché aux bras des autres. Cet espoir que je nourrissais innocemment à chaque fois.


    Vous venez de vous auto répondre avec ses questions, que souhaitez-vous savoir de plus ?


Je ne lâchais pas ma défense pour autant. Malgré tout, son affirmation, son but avait été exposé avec un calme qui différait de toute la colère que je venais de subir en l'espace d'un seul instant. Etait-ce pour m'amadouer ou le désir de comprendre malgré tout qui j'étais. Pourquoi je pouvais réagir de façon si passive? Un instant de doute s'insinua en moi alors que je la regardais à nouveau. Ses yeux rouges vinrent s'imprimer dans mes prunelles chocolats, tentant de comprendre sa nouvelle intention. Mais je n'arrivais pas à cerner la jeune femme, elle qui voulait ma peur et moi qui ne voulait que la connaître. La froideur de mes paroles me revint alors en tête, regrettant à sa dernière phrase que j'y suis peut-être allé un peu trop fort. Mais elle semblait si insensible et en même temps si colérique que je doutais de sa stabilité. Celle qui m'attirait le plus en fin de compte ...

    Je ...


Un prénom n'était rien ... j'étais Nolane Akrings, mais qu'allait-elle faire de ce détail?

    Je ne suis pas la peur que tu veux que j'éprouve ...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Harsh


avatar

Nombre de messages : 29
Age du Personnage : 28
Date d'inscription : 10/01/2009

Fiche d'identité
† Protégé(e) de/par: ?
† Force Ange/Esprit:
30/100  (30/100)
Relation:

MessageSujet: Re: On dit que c'est la chambre d'une maîtresse ... [Harsh]   Sam 11 Avr - 14:37

{Gnih... C'est en retard... Désolée.


    Vous ne souhaitez qu'en profiter sans comprendre notre nature même. L'égoïsme vous renferme dans votre monde sans voir que nous savons aussi réfléchir et faire face à la vie qui n'est pas rose. Regardez un peu la votre avant de parler de la mienne.

    Il l’avait repoussé violemment comme si elle n’était que répugnance. Et c’était ce qu’elle était. Un être vide qui ne demandait qu’à se nourrir. Il parlait de « leur » condition, d’une vie. Mais quelle vie ? Comment pouvait-elle comprendre, elle qui n’était plus rien à part ce doux souffle âcre et amer qui envahissait chaque sens du plus banal humain pour finalement l’engouffrer dans des abysses de peur sans fin. C’était son quotidien, sa routine, sa dépendance. C’était une machine qui ne pouvait pas s’arrêter, qui ne pouvait plus s’arrêter. Elle ne pensait pas qu’elle serait confrontée à cette colère. On ne lui avait jamais tenu tête depuis qu’elle était esprit. Bien sûr, il y avait eu quelques protestations avant de succomber à son autorité. Mais jamais elle n’avait été dans cette position. Celle de la personne qui subit plutôt de celle qui faisait subir. Elle profitait du faible et du démuni pour rendre sa tâche plus aisée. Elle s’était lourdement trompée, avait lourdement sous-estimé. Ce jeune humain avait la prétention d’être égal à sa personne. Et finalement, qu’est qui pouvait l’en empêcher ?

    De simples mots. Quelques mots sans grande signification qui assemblés les uns derrière les autres formaient des phrases creuses sans impact. Celles de l’homme ne faisaient pas exception pourtant elle se sentit mal. Elle le comprit aussi, le détachement soudain de l’être en face d’elle. Elle ne lui inspirait plus ni peur, ni colère, ni même curiosité. Son regard avait glissé autre part et ne cherchait plus le contact du sien. Elle sentait qu’il s’éloignait. Elle n’avait plus d’emprise sur lui.

    Elle avait échoué.

    Elle sentit une boule se créer au niveau de son ventre et un vide profond l’envahir. Que deviendrait-elle si elle n’était même plus capable de faire la seule chose qui la retenait « en vie ». Pourquoi était-elle devenue ça ?

    Première remise en question.


    Vous venez de vous auto répondre avec ses questions, que souhaitez-vous savoir de plus ?

    Elle ne l’écoutait que vaguement. Les mots passant sans être compris. Que voulait-elle savoir ? Voulait-elle réellement comprendre ? Il avait parfaitement raison dans son jugement : Elle ne réfléchissait que pour elle et que dans ses propres intérêts, ne s’inquiétant jamais de la personne d’en face : Enfants, adultes, femmes, hommes, riches ou pauvres, ils devenaient tous pour Harsh des cibles à abattre. Elle le savait, elle l’avait toujours su. Pourquoi alors aujourd’hui sa neutralité passait-elle à la trappe ? Elle était affectée par ce constat.

    Malgré les réticences que l’homme avait l’air d’avoir à son égard à présent, son regard raccrocha le sien. Il la sondait, elle soutenait. Qu’arriverait-il à lire dans ses billes jaunes inexpressives qui lui servaient d'yeux? Elle était comme amorphe, l’envie de se battre, d’abattre n’existait plus. Elle rendait les armes pour aujourd’hui.

    Nolane Akrings


    Les pensées superficielles de chaque humain passaient dans l’esprit de Harsh. Malgré cette capacité qu’avaient les esprits d’entendre ce genre de choses, Harsh n’était pas des plus douées pour cela. Elle était fermée à la connaissance d’autrui. Cela l’a surpris même d’entendre les échos de la pensée de l’homme. Il savait qu’elle n’en ferait rien et ne l’avait pas prononcé. Il avait compris certains rouages de sa personnalité. C’était assez affligeant.


    Je ne suis pas la peur que tu veux que j'éprouve ...

    Rejetée par celui qui se nommait donc Nolane, elle se retrouvait au sol, en tailleur, le corps légèrement penché en avant. Voulait-il l’induire en erreur ou était-ce la réalité ? Du moins le respect à sens unique qu’il lui témoignait depuis leur singulière rencontre venait de s’envoler. Il l’avait tutoyé mais pas parce qu’ils se trouvaient maintenant dans une certaine intimité. C’était histoire de lui montrer qu’elle n’était pas seule maître dans cet art. Elle ne broncha pas et laissa passer. Elle avait bien compris ce qu'il avait dit. Elle aurait pu lui faire très peur pourtant. Les pouvoirs distrayants qu'elle possédait lui aurait sans doute fait changer d'avis mais à quoi bon...

    - Nolane… Je ne connaissais pas ce prénom avant. Je ne pense pas qu'un prénom puisse avoir de l'influence sur une personnalité. Je ne me souviens plus du mien... On m'appelle Harsh.

    Elle le regarda. L’animosité de l’instant avait laissé place au calme. Elle ne savait pas ce qu'elle préférait : qu'il reste ou qu'il parte. Elle, elle n'avait pas la force de bouger pour le moment. Elle resterait.

    - Ton regard a cherché la sortie. Tu veux partir ? Je n’ai rien à perdre. Aujourd’hui ou demain c’est insignifiant pour une personne comme moi. C’est assimilable à une seconde, j’ai le droit de faire une pause… Je n’ai rien à perdre en te laissant t’échapper mais je ne pense pas que tu aies à gagner en restant à mes côtés.

    Maintenant, il fallait attendre.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nolane Akrings
No one knows him
No one knows him
avatar

Masculin
Nombre de messages : 36
Age : 30
Age du Personnage : 22 ans
Date d'inscription : 05/03/2009

Fiche d'identité
† Protégé(e) de/par: Hito Nowaki
† Force Ange/Esprit:
0/0  (0/0)
Relation:

MessageSujet: Re: On dit que c'est la chambre d'une maîtresse ... [Harsh]   Mar 14 Avr - 16:05

[ne t'en fais pas ^^]

Cette jeune femme semblait être quelqu'un d'extra ordinairement déroutant. Par son imprévisibilité qui semblait elle-même la toucher. Qu'avais-je de si spécial pour pouvoir la déstabiliser ainsi? Bien sur, je ne m'appropriais pas son changement, bien que je lui avais tendu la perche d'une certaine stabilité entre nous. Je n'avais tout simplement pas envie d'une autre relation tumultueuse. J'aurais simplement voulu un peu de calme ... juste du calme. Alors que je parlais, pour la première fois aussi longuement à quelqu'un sans que certains gestes soient présent, elle s'était tranquillement installé alors que je l'avais tout bonnement repoussé. J'avais repoussé son acte qui m'était encore trop incertain pour y mettre un nom. Peut-être voulait-elle jouer de moi et pas avec moi ... mais c'était un jeu qui m'avait fatigué durant toute la semaine.

Sa réponse me surpris alors, surtout que ce n'était pas réellement une question. Je lui avais fais entendre qu'elle n'obtiendrait pas une peur néfaste depuis mes entrailles, que cela ne ferait que baisser la curiosité que j'avais à cet instant là. Mais elle le releva d'un cran lorsqu'elle m'apprit que mon prénom ne signifiait pas un caractère en particulier. En tout contradiction avec ses paroles concernant la couleur de mes cheveux. Certes, il s'agissait d'une croyance populaire, celle qui l'avait certainement mené à moi par ce temps de pluie ... mais le plus effrayant à cet instant là, c'est qu'elle se présenta.

Je n'étais pas habitué à ce que les gens se présentent à moi. A Senlys, ils ne faisaient que me regarder avant de sauvagement me prendre pendant la nuit. Il murmurait un prénom, certainement celui de l'être réellement aimé tandis que mon cerveau ne sonnait pas. Harsh ... elle se présentait à présent comme mon égal, comme si elle avait compris le sens de ma phrase. La consonance de son prénom me fit légèrement sourire alors que mon regard ne semblait plus intéressé par la porte. Non, cette jeune femme aux longs cheveux noirs semblaient avoir capté mon attention. Mes yeux parcoururent doucement son visage aux traits si fins et si tiré. Il me semblait qu'elle avait fait un effort monstre pour me considérer comme un égal. Que côtoyait-elle de si mauvais pour me considérer comme un sous genre de l'espèce? Elle ne cessait pourtant d'émaner une lueur rouge sang dans son regard mais pourtant éteinte depuis que j'avais prononcé mes dernières paroles. Assis sur le lit, je recroquevillais mes genoux pour m'y installer en tailleur, maintenant une distance raisonnable entre nous. Pourtant, elle semblait si attirante lorsqu'elle semblait blessée. Je ne considérais pas ce fait comme une pitié où je devais m'en aller la consoler. Mais une jeune femme n'avait pas le droit d'être déçu. Devrais-je alors finalement être ce qu'elle voulait?

Ses dernières paroles furent alors plus énigmatique que jamais. Que voulait-elle vraiment dire par le fait que j'aurais à y gagner? Certes, il y a quelques secondes, j'aurais voulu courir vers la porte pour quitter ce lieu qui m'étouffait en sa présence. Mais elle semblait maintenant m'ouvrir une porte d'air frais sans que je sache réellement d'où elle provenait. Voulait-elle me mettre à l'aise pour mieux me mordre par la suite?
Des éternelles questions revinrent au galop tandis que je me redressais soudainement, attiré par ce qu'elle voulait me dire. Pourtant, aucun son ne sortie de mes lèvres pendant un moment avant que je m'extirpe du lit pour me retrouver à genou devant elle. Elle voulait m'offrir quelque chose dont j'ignorais la source. J'ignorais totalement si cela me ferait du bien. Mais ses yeux me hantaient à présent.
M'approchant d'elle, je ne pus me permettre de caresser les traits de son visage pourtant je levais la main. A quelques millimètres de sa peau, je dessinais alors ses contours, respectant ses pommettes et son menton. A ses quelques millimètres, je sentais le froid entrer par le bout de mes doigts, un froid qui aurait alors pu me bruler. Ce qu'elle voulait me dire, je n'en savais rien mais je brulais d'envie de connaître l'alternative qu'elle me proposait.


    Ce n'est pas moi qui part ... ce sont toujours les autres. Alors explique ce que tu as à m'offrir et ce que je peux te donner en échange...


Je ne me rendais pas compte que j'agissais exactement de la même façon qu'avec mes clients. Leur demander ce qu'ils voulaient, ce que je devais faire, ce que je ne devais pas faire. Harsh semblait rayonné d'un mal dont je ne trouvais pas le nom et ma seule envie était de lui procurer une chaleur plus vivante. Pâle, j'avais envie de lui redonner une couleur. Cette jeune femme était tout simplement attirante par son vide que je voulais combler. Inlassablement, irrémédiablement. Et à chaque fois, ce sentiment me perdait.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Harsh


avatar

Nombre de messages : 29
Age du Personnage : 28
Date d'inscription : 10/01/2009

Fiche d'identité
† Protégé(e) de/par: ?
† Force Ange/Esprit:
30/100  (30/100)
Relation:

MessageSujet: Re: On dit que c'est la chambre d'une maîtresse ... [Harsh]   Ven 17 Avr - 16:53

    Le silence. C’était quelque chose de vraiment subjectif. Le silence existait-il vraiment ? Il y avait toujours un bruit pour venir troubler ce qui aurait pu être si agréable. Pourtant, elle eut l’impression, fausse bien sûr, que le temps avait marqué une pause. Elle ne sentait pas les variations temporelles, quand on vivait pour l’éternité, il était difficile de faire la différence entre aujourd’hui ou demain. Mais, il était vrai qu’elle avait ce sentiment étrange d’être passée dans quelque chose d’intemporel. Cela fut bousculé par un changement de position de la part du jeune homme aux cheveux rouges, il avait l’air autant pris par ses pensées qu’elle. Aucun mot ne venait troubler l’ordre qui s’instaurer au fur et à mesure et c’était cela finalement le plus troublant.

    Il vint s’agenouiller à ses côtés. Elle était septique sur ce soudain rapprochement, lui qui l’avait repoussé quelques instants auparavant. Elle était paradoxale, en résultait peut-être l’indécision du garçon qui pourtant ne se démontait pas depuis son entrée dans la chambre. Il encaissait chacun de ses écarts, les réprouvait parfois. Et, il restait. C’était si particulier.

    Il avait approché sa main du visage de Harsh. Elle répudiait tellement tout contact physique, elle garda ses yeux ancrés dans les siens, ne pouvant se permettre de montrer une telle faille chez sa personne. Il ne la toucha pas cependant, se contentant d’esquisser les traits de son visage. Elle sentit cette chaleur humaine la frôler. C’était grisant, elle ressentait toujours au plus profond d’elle, cette répugnance envers l’humanité qui était le propre de chaque esprit mais il y avait aussi autre chose, d’indéfinissable. Cette chaleur aurait même pu faire rougir sa peau si pâle, mais aucune trace de ce genre ne marqua son visage. Nolane brisa le silence en lui posant une question qui prit quelques secondes avant de prendre un sens concret dans le cerveau un peu confus de l’esprit.

    Son regard se durcit, posant une question muette à son vis-à-vis. Ce qu’il disait si simplement possédait un ton presque fataliste. Elle lui avait pourtant fait comprendre qu’elle n’était pas le genre de personnes qui pouvait lui apporter ne serait-ce qu’un sentiment quelconque. Ni joie, ni peine. Elle ne savait distribuer que la peur et elle ne voulait pas jouer à ce jeu aujourd’hui. Et puis, elle ne lui demandait rien en échange. Etait-il stipulé dans la charte humaine que toute chose offerte se devait d’avoir un retour ? Elle n’attendait jamais rien pourtant, preuve que l’humanité avait disparu de son être.

    - Pourquoi ne pas échanger les rôles pour une fois dans ta vie Nolane ?

    Elle attrapa la main suspendue en l’air de l’homme pour la ramener le long du corps de ce dernier. Le contact fut particulièrement éprouvant et elle ne put s’empêcher de frissonner. Les pensées de l’homme l’avaient frôlé faiblement, elle ne pouvait entendre que des brides de son envie actuelle. Elle s’avançait sur un terrain qu’elle n’avait jamais réellement
    exploité, cela en était presque effrayant. Elle ne comprenait pas parfaitement ce qu’il lui voulait et ce qu’elle voulait de lui.

    - Dis moi plutôt ce que toi tu voudrais parce que… Je n’avais que l’angoisse à t'offrir.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nolane Akrings
No one knows him
No one knows him
avatar

Masculin
Nombre de messages : 36
Age : 30
Age du Personnage : 22 ans
Date d'inscription : 05/03/2009

Fiche d'identité
† Protégé(e) de/par: Hito Nowaki
† Force Ange/Esprit:
0/0  (0/0)
Relation:

MessageSujet: Re: On dit que c'est la chambre d'une maîtresse ... [Harsh]   Jeu 7 Mai - 12:25

Elle me posa sa question comme si elle était fatiguée de mes réactions, de mes demandes muettes et de l'attente que j'espérais ou que je n'espérais plus d'elle. Elle semblait, en fin de compte, avoir les idées claires pour embrouiller les miennes. Peut-être en demandais-je vraiment trop de son coté, chose qu'elle n'était pas capable de m'apporter en échange. Mais je compris par la suite qu'elle ne voulait pas un partage. Elle voulait me donner autre chose, quelque chose qu'elle n'avait pas su donner auparavant. Voulait-elle ainsi apprendre à me comprendre? Ou était-ce simplement un besoin dont je ne voyais pas encore l'intérêt.

Son visage semblait se fermer au fur et à mesure que ma main s'était rapproché d'elle. Je ne pouvais pas la toucher, elle ne m'en avait pas encore donner le droit. Mais mes doigts me brulaient presque à son contact alors qu'un léger frissonnement s'empara de mon échine. J'avais ce besoin de connaître sa peau, de savoir si elle était aussi chaude que mes impressions ou froide comme son apparence. Je ne savais quoi croire et mon attitude ne me surprenait même pas. J'étais entrain de faire exactement la même chose qu'avec tous mes clients qui me cognait dans les pensées. Je voulais la connaître d'un regard, d'un geste. Pourtant, elle s'empara de ma main pour la faire dévier de mon chemin initial. Harsh se contenta alors de me faire comprendre de cette façon qu'elle ne voulait pas que je l'approche plus de cela. Alors comment voulait-elle qu'on échange de place si elle n'acceptait rien de mes gestes ?
Mais je ressentis ses mains sur les miennes, cette pâleur effrayante qui aurait pu se confondre avec la mort elle-même. Entre le chaud et le froid, je ne savais discerner les sentiments de se contact en lui même, tant il était désemparant. Si elle aurait pu prendre ma main pour la repousser au loin, ce ne fut pas le cas. Je ne pus que ressentir sa douceur et sa fermeté dans tous ses gestes. De frustration, je ne me laissais pas faire, prenant légèrement le dessus sur la situation en la regardant dans les yeux, relevant en même temps ma main vers son visage.


    Je veux te toucher Harsh. Laisse moi te toucher ...


Ce n'était pas une plainte. Ni même un désir absolu qui ne pourrait être combler. Mais si elle voulait échanger nos places, il fallait que je me mette dans la peau d'un minable client qui voudrait toucher sa proie. La jeune femme n'était pourtant pas ma victime, il s'agissait au contraire d'une femme entière en tout point que j'avais envie de toucher, peut-être d'en caresser la peau. J'en ressentais encore ses doigts qui avait emprisonné mes poignets pour les rabattre le long de mon corps.
Je ne m'arrêtais pourtant pas en si bon chemin, prétextant ce besoin en me rapprochant d'elle. Ma main s'était déjà avancer vers la sienne, de longs doigts caressant subtilement les siens pour en découvrir leur texture, leur douceur et leur raideur. Tel un enfant, je découvrais l'autre sous un autre angle dans une situation des plus décalée. Dehors, un orage éclata alors, annonçant presque les beaux jours dans les semaines à venir. Mais je m'en foutais royalement ... j'avais Harsh devant mes yeux, ses longs cheveux noirs cascadant sur ses épaules en touchant presque le sol.


    Veux-tu découvrir que tu as autre chose à m'offrir ... Harsh?


Je ne cessais de répéter son prénom, tel qu'elle me l'avait apprit. Il s'agissait dans mon esprit d'un besoin absolu d'avoir son attention à cet instant là. Mon ventre le soulevait presque à chaque intonation de son prénom, comme si je revoyais à chaque fois son regard traverser le mien. J'en était totalement épris sans once de fierté.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Harsh


avatar

Nombre de messages : 29
Age du Personnage : 28
Date d'inscription : 10/01/2009

Fiche d'identité
† Protégé(e) de/par: ?
† Force Ange/Esprit:
30/100  (30/100)
Relation:

MessageSujet: Re: On dit que c'est la chambre d'une maîtresse ... [Harsh]   Ven 8 Mai - 2:34

    Sa respiration s’affola légèrement. Elle se retrouvait dans une confusion des sens la plus totale. Pourquoi Nolane avait-il ce besoin charnel, que trouverait-il en apprenant les contours de son visage ? Des rapports physiques, elle ne retenait que ce que son singulier mari avait bien voulu lui laisser connaître : la souffrance, la peur, l’humiliation. Elle n’avait pas trouvé d’issue originale à cet écœurement de sa personne, à cette envie criante de pouvoir se mouvoir dans une autre peau. Il fallait croire que le destin avait voulu lui faire une fleur, et elle avait eu le droit de quitter la vie en faisant ce qu’elle aimait : jouer du violoncelle. Elle avait compris qu’elle allait mourir quand elle avait senti la chaleur étouffante envahir chaque pore de sa peau, rendant moite ses habits, laissant perler des gouttes de sueur sur son front. Funeste bal de Nemausus. Elle n’avait jamais été révoltée par sa propre mort. Cela lui avait permis de pouvoir oublier un temps ces malheurs ridicules d’humaine, se forger une nouvelle identité. Les premiers temps, lorsqu’elle errait encore dans un flottement qu’elle ne saurait décrire, elle pouvait aisément avouer qu’elle s’était plus que réjouie de sa vie post-mortem, tout se compliqua lorsqu’on lui proposa de protéger un humain. Protéger cette race qui l’avait tant rabaissée ? Toute la caractéristique de Harsh c’était forgé à ce moment là. Elle était allée à contre pied de ce qu’on lui proposait. Elle ce qu’elle serait, ce serait le cauchemar ambulant des âmes souillées, de ces vivants possédant tant de prétention. Tout le monde y aurait le droit, personne n’y échapperait. Au début, elle n’effrayait que ceux qu’elle jugeait mauvais, souvent à l’image de son défunt mari, lui aussi emporté par les flammes du bal. Mais très vite, son cerveau dégénéra, et elle se mit en tête de châtier toute forme d’être sur terre, jusqu’à finalement ne plus pouvoir sans passer et de terrifier seulement par dépendance. Cela alimentait sa nouvelle vie d’esprit, elle ne pouvait pas s’en détacher.

    Nolane était la faille dans cette routine affligeante. Sentait-il qu’elle n’était pas comme lui ? Définitivement, ils n’appartenaient pas au même monde, en témoignaient ses ailes comprimées dans sa robe, offrande à tous les esprits et à tous les anges. En parlant d’ange, Harsh ne sentait pas la présence d’un protecteur au côté de l’homme. L’air ne puait pas la bonté et l’envie de sauver coûte que coûte quelque chose qui finalement ne serait qu’éphémère.

    Avaient-ils échangé leurs rôles comme elle l’avait elle-même stipulé ? Il fallait croire que Nolane menait maintenant « le jeu ». Il voulait seulement la toucher, l’effleurer d’un revers de main. Quelque chose de tellement insignifiant. Pourtant elle n’arrivait pas à se résoudre à ce simple geste. Il s’était approché d’elle, pour lui assurer que son envie était concrète. Elle serra la main qui jouait avec ses doigts de façon abrupte, l’arrêtant d’un coup net, tout son corps se raidissant. Un siècle gâché. Un siècle pour revenir au commencement. Elle avait peur.

    Ses ongles s’étaient légèrement enfoncés dans la main de Nolane. Elle dut fermer les yeux pour calmer sa respiration qui s’emballait. Elle eut un bref regard vers les grandes fenêtres de la chambre. Le ciel était d’une obscurité incroyable. Faisait-il déjà nuit ? Nolane ne devait pas comprendre son attitude si difficile, son visage se voulant le plus souvent neutre n’était pas marqué à vie par le viol de son abominable homme.

    Nolane était-il différent ?

    La lueur de ses yeux n’avait pas l’air animé par les mêmes attentions malveillantes qu’elle pouvait avoir. C’était autre chose. Elle relâcha avec raideur la pression qu’elle exerçait sur la main de Nolane sans pour autant la lâcher, elle la porta à son visage et la libéra enfin de son étreinte. Cela le contentait-il de seulement connaître la texture de sa peau ? Elle avait l’impression de marquer sa joue au fer rouge, quelque chose qu’elle n’aurait jamais du faire mais qu’elle avait quand même fait. Se laisser aller à une faiblesse inutile et sotte. Elle ne se posait pas les questions qu’un humain aurait du se poser en présence de Nolane. Elle n’avait pas honte d’être à ses côtés, il ne serait pas un secret inavouable, elle ne savait pas ce qu’elle pouvait représenter pour lui, ni même si son esprit était occupé à autre chose qu’elle, elle ne le considérait même plus comme l’esclave de ses envies.

    Ses yeux cherchèrent ceux de Nolane. Il faisait sonner son nom en fin de phrase, le mettant en valeur, le faisant résonner. Ce nom âpre qu’elle n’entendait jamais prononcer. Elle n’était pas sûre du sens de ce que disait l’homme. Devait-elle dire oui, devait-elle s’opposer à cette proposition ? Que pouvait-elle découvrir avec cet humain ?

    Elle savait que si elle ouvrait la bouche, elle refuserait l’offre proposée, que sa raison prendrait le pas sur le reste. Elle resta donc obstinément muette. Elle fixa longuement le visage de Nolane avant de faire un léger signe de la tête affirmatif. Sa confusion ne faisait que s’accroître, à ce mélange de sentiments et à ce temps qui voulait jouer à leur confrontation venaient se mélanger son attirance même pour Nolane, il la répugnait à cause de son humanité qui était rejetée en bloc par sa caractéristique d’esprit et c’était cela qui la faisait aussi rester dans cette chambre.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nolane Akrings
No one knows him
No one knows him
avatar

Masculin
Nombre de messages : 36
Age : 30
Age du Personnage : 22 ans
Date d'inscription : 05/03/2009

Fiche d'identité
† Protégé(e) de/par: Hito Nowaki
† Force Ange/Esprit:
0/0  (0/0)
Relation:

MessageSujet: Re: On dit que c'est la chambre d'une maîtresse ... [Harsh]   Lun 11 Mai - 11:28

Je ne pouvais deviner entièrement les pensées de la jeune femme. Comme un conflit intérieur, elle passait d'un extrême à l'autre, d'une instabilité qui me séduisait de secondes en secondes. Ses rôles que l'on échangeait, au fond, je n'avais pas vraiment une idée précise de ce que je voulais. J'aurais pu lui demander d'être ma courtisane d'un soir, de me toucher comme si elle était l'amante que j'aurais perdu. La forcer à avoir des sentiments éphémères le temps d'un contact, de murmurer mon prénom dans une plainte ou autre. Mais au delà de cet aspect, je ne pouvais lui demander d'être moi. Je ne savais pas être elle, je ne savais demander une faveur à quelqu'un. Alors quel était le but réel de notre rencontre dans cette chambre?
Alors qu'elle serrait ma main à nouveau, l'emprisonnant dans ses doigts fins, je sentais le bout de ses ongles effleuré la paume de ma main, alors qu'elle y plantait ses griffes. Etait-ce un avertissement pour ne pas réitérer ma demande? Ou peut-être un moyen de contrôler ce qui se passait. Je devinais aisément que la situation n'était pas ce qu'elle espérait en premier lieu. L'improvisation, la liberté de pouvoir s'adapter à une autre conjoncture. Je ne savais si elle était apte à s'y faire, à comprendre réellement ce que j'attendais, malgré moi. Ce besoin de la toucher, de la sentir vivre sous mes doigts le temps d'un instant.
Une expérience en plus peut-être, un contact en plus. Je ne pouvais rentrer en me disant que je pourrais recroiser peut-être cette jeune femme dans les bras d'un autre, riant peut-être, souriante plus qu'avec moi. La voir avec un autre sans avoir pu lui apporter autre chose que de la peur. Je ne connais pas la peur ... je connais la méfiance, la tendresse perdue, l'étreinte sans fond. Mais tout aussi soudainement, Harsh porta ma main à son visage, comme si elle acceptait enfin que je la touche. Sa main fut soudainement plus tendre alors que les traits de son visage se résignait à ce contact. Se forçait-elle? Non, elle aurait très bien pu repartir si elle ne voulait pas.

Au fond, nous étions peut-être un peu tous les deux perdus par une occasion qui ne s'était pas présenté par avant. Mon échine se redressa presque lorsque mes doigts atteignirent sa joue, touchant pour la première fois sa peau qui semblait si parfaite. Une peau douce, froide et à la fois chaude. Des traits réguliers, des lèvres qui auraient pu se mouvoir en un rire peut-être. Ou peut-être que dans un contrôle immense, ils ne feraient que trembler par ce nouveau.
Je ne fis certainement pas part de ma légère joie lorsqu'elle accepta mon geste, malgré le fait qu'il avait été dur de la convaincre. Je n'avais aucune idée de l'effort qu'elle faisait, mais le simple fait que nous avions tous les deux changés d'attitude depuis notre entrée prouvait d'un grand revirement de situation. Je prenais sa place, elle prenait la mienne. Mais de façon plus tendre, mêlant peut-être ce que j'aurais voulu avoir chaque nuit. Serait-ce ce que les hommes appellent ainsi un fantasme? Elle chercha alors mon regard entre cette tendre caresse, cherchant certainement mes prétentions, mes intentions. Si j'en avais des plus belles, je lui en aurais fait part. Mais à mes yeux, elles étaient si simple que je redoutais sa réaction. Les traits de son visage n'étaient pas les seuls que j'aurais voulu toucher de mes doigts.

Alors je tentais de poser mon autre main de l'autre coté de son visage, sans pour autant l'emprisonner. Je lui donnais toujours l'occasion de pouvoir partir si elle le souhaitait. Je me redressais alors doucement pour ne pas l'effrayer d'un mouvement brusque, comme si Harsh était devenu un joyau que je devais protéger pour cette journée. Je la voulais ... je la voulais d'une façon plus humaine, plus affectueuses, sans savoir qu'elle ne voudrait peut-être pas de ce coté là. Elle ne semblait pas « habitué » à vouloir partager une légère joie, comme elle a pu me le dire maintes et maintes fois. Mais j'avais pris en main le fait qu'une femme avait toujours un bonheur à partager.

Elle restait pourtant muette, se contentant de me fixer comme pour attendre la réponse à mon affirmation. Des preuves qu'elle pouvait apporter bien autre chose que de la peur pour s'en nourrir. Harsh était une femme, et une femme était un éclat d'amour à ne pas détruire. Je ne savais pas quel événement elle avait pu passer pour se dire qu'elle n'était pas apte à accepter ce genre de contact mais les courtisans comme moi avaient aussi ce rôle à endosser parfois. Je ne m'autoproclamais pas digne de pouvoir redonner confiance à qui que ce soit, mais le rôle de consolation, de comblement nous revenait toujours. Nous prenions que les restes d'erreurs peut-être. Un peu comme le fossé que l'on tente de remplir. Certes, je n'avais pas la prétention de me dire que je guérirais Harsh mais surtout celle de pouvoir lui faire voir l'étendu d'une toute nouvelle découverte.
Doucement, j'entrepris de l'allonger à même le sol, tentant de reposer doucement son corps sur le tapis pour ne pas la blesser. Je ressentais de plus en plus cette vague d'air comprimant qu'elle émanait, se mêlant à ma propre chaleur que je ne calculais plus. Prenant les rennes, je ne m'allongeait pas entièrement sur elle, préférant m'accouder pour qu'elle ne supporte pas mon maigre poids. C'est alors que mes cheveux rouges sang se mêlèrent aux siens noir corbeau, les deux couleurs jurant progressivement. Je voulais me mêler à elle, prendre sa main, qu'elle la serre dans la mienne. Je voulais être son amant, échanger ce rôle sans lui faire mal.


    « Me feras-tu confiance, le temps de quelques heures? »


Un murmure au creux des oreilles telle une confidence sur l'oreiller. J'avais envie qu'elle se sente à l'aise, lui prouvant ainsi que ses réactions m'importait. Il ne s'agissait pas seulement de mes envies mais aussi des siennes, camouflé derrière un silence que je n'arrivais pas à distinguer.

Je voulais être son amant, échanger ce rôle sans lui faire mal.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Harsh


avatar

Nombre de messages : 29
Age du Personnage : 28
Date d'inscription : 10/01/2009

Fiche d'identité
† Protégé(e) de/par: ?
† Force Ange/Esprit:
30/100  (30/100)
Relation:

MessageSujet: Re: On dit que c'est la chambre d'une maîtresse ... [Harsh]   Mar 12 Mai - 19:43

    Tous les hommes avaient-ils la même démarche ? Elle se souvenait qu’il avait emprisonné son visage entre ses mains, fermement, qu’elle avait du plonger son regard dans le sien, qu’elle avait été contrainte à ce jeu sordide. Elle allait de nouveau régresser en repoussant Nolane, des images qu’elle ne voulait pas voir se superposer sur le visage de l’humain arrivant rapidement à son cerveau, mais celui-ci ne semblait pas vouloir la brutaliser. Il lui faisait comprendre par des gestes choisis, qu’elle aurait toujours la possibilité de se retirer. Elle eut un sursaut de fierté, elle ne voulait pas passer pour quelque chose de faible. Elle ne voulait pas être en position d’infériorité comme par le passé. Elle sondait toujours Nolane d’un regard interrogateur, attendant chaque geste dans une nervosité qu’elle ne connaissait pas. Elle avait compris qu’il était celui qui exaucer bien des souhaits, qu’il se pliait aux volontés de chacun. Finalement, il la considérait peut-être comme une cliente capricieuse et se résignait à être celui qui comblerait ses attentes. Elle n’était pourtant pas venue dans cette optique, son statut à ce moment-là, elle n’en avait pas grand-chose à faire. Elle se mordit la lèvre inférieure. Elle ne devrait pas s’encombrer de telles pensées.

    Peut-être que le métier était tellement entré qu’il faisait preuve de mécanismes qui le faisait paraître précautionneux et doux. Sa vigilance baissait, il réussissait à l’apprivoiser de façon déconcertante.

    Cette tiédeur inhabituelle ne faisait qu’accentuer son trouble. Il n’y avait aucun empressement chez Nolane. Il avait l’air de savoir ce qu’il devait faire, il semblait même confiant. Il l’avait allongée sur le parquet de la chambre, elle avait senti ses mains pencher son corps. Elle était encore dans une torpeur qui la laissait presque inanimée. Elle avait l’air plus spectatrice que réelle actrice de ce qui se passait, se demandant encore si c’était bien elle, la femme presque fragile se laissant manipuler avec docilité par les mains expérimentées de Nolane, les yeux presque embués par une émotion ridicule. C’était tellement irrationnel. Presque humiliant pour un caractère aussi prétentieux que Harsh. Son esprit se débattait farouchement lui rappelant l’essence même de ce qu’elle était. Comment pouvait-elle seulement attendre quelque chose de cet être si jeune, qui ne serait qu’une seconde dans son éternité. Elle ne serait certainement elle aussi qu’une parenthèse parmi les multiples qu’il pouvait se créer chaque jour, chaque nuit.

    Elle eut tout le temps de remarquer chaque singularité du visage de Nolane, ce dernier étant au dessus d’elle sans pour autant lui imposer sa position de légère supériorité, elle était comme protégée par le rideau de ses cheveux flamboyants. Cette chevelure qui l’avait fait sourire sarcastiquement quelques instants plus tôt. Cette chevelure qu’elle avait agrippée avec violence, voulant tout posséder. Le posséder. Cette envie avait-elle réellement changé ? Elle se maudissait d’être aussi fébrile.

    Elle avait senti son souffle au creux de son oreille, telle une confidence qu’elle devait être la seule à connaître. Comment devait-elle faire pour ne pas céder et tout concéder lorsqu’un simple murmure la perturbait au plus haut point. Sa main se perdit dans la chevelure de l’homme jusqu’à se coller dans la nuque de Nolane. Elle se redressa sur un coude, pour se relever légèrement. Ses yeux dorés brillaient d’un feu étrange, au-delà de la peur qui la tiraillait au point de la faire souffrir, de ses hésitations, elle avait besoin de connaître Nolane. Elle en avait envie.

    A la question de ce dernier, elle offrit comme toute réponse un rapprochement soudain de leurs visages. Elle ne connaissait pas les codes de ce langage, ne savait pas ce qui était adéquate. Elle était secouée par des pulsions qui n’étaient certainement pas les bonnes. Elle posa ses lèvres dans le cou de Nolane, s’enivrant de son affreuse odeur humaine, sentant sous ses lèvres sa peau dont elle apprenait la texture.

    Si elle devait être une parenthèse, elle eut un moment la prétention d’être celle qu’il retiendrait. Elle fut saisit par ses propres pensées, ayant évacué l’espace d’un instant la peur viscérale qui la rongeait. Elle ne chasserait pas complètement la Harsh qu’elle avait bâti au fil des années. Mais, elle s’égarait.

    Avoir confiance. C’était beaucoup lui demander, surtout avoir confiance en l’âme humaine. Elle plongea une énième fois son regard dans celui de l’homme. Elle avait besoin de voir ces deux pupilles, de les chercher, de les trouver. Elle entrouvrit la bouche pour la première fois depuis un long moment, cherchant ses mots. Elle ne savait rien, sauf qu’elle voulait qu’il reste mais elle était encore bien trop fière pour avouer ce « crime » qui se matérialisait dans sa tête. Elle effleura de ses doigts, la clavicule qui se laissait deviner sous la peau de Nolane et remonta le long de son cou pour venir caresser son visage. Elle était proche de son visage, presque perdue dans le regard de son interlocuteur, Sa bouche se fendit en un maigre sourire fermé.

    - Je pense que tu n’as pas besoin de réponse Nolane.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: On dit que c'est la chambre d'une maîtresse ... [Harsh]   

Revenir en haut Aller en bas
 
On dit que c'est la chambre d'une maîtresse ... [Harsh]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Un pot de Chambre, signé Jean Erich René
» Chambre des députés / Fin de Mandat / « Qu’ils partent », soutiennent la société
» Démission de la vice présidente de la Chambre de commerce
» La Chambre Basse veut voler au secours de la population et renvoyer Alexis
» A PLATEFORME ALTERNATIVE SEMBLE EMPÊCHER L'INITE DE CONTROLER LA CHAMBRE BASSE

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Nemausus :: . [Chateau] :: . Pièces et Salles secondaires-
Sauter vers: