Nemausus

Nemausus. 17ème siècle. Après un bal masqué ayant mal tourné, la ville perd peu à peu pied... supporterez-vous la volonté divine ?
 
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 Serait-ce une mauvaise idée ? [[Anselm - Evan - Samaël]]

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Nylënn d'Alycante
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MessageSujet: Serait-ce une mauvaise idée ? [[Anselm - Evan - Samaël]]   Lun 5 Jan - 0:15

Et bien... Une nouvelle journée, semblable à toutes les autres... Toutes les autres, maintenant si ternes aux yeux de la courtisane qui se plaisait presque - au début de son errance - à arpenter la ville de Nemausus, si attrayante et repoussante ; captivante. Ces rues pleines de gens dans la même situation qu'elle, ou légèrement différente, mais toujours cet amour mêlé pour la ville qui était maintenant sienne. Les passants ne semblaient pas tristes aux yeux de la jeune femme, simplement désorientés, troublés par cette attention non justifiée pour ce grand village au sein duquel se cotoyaient anges, hommes et autres esprits.

Et les hommes... Quoi de plus étonnant ? Depuis plusieurs jours que le ... cadavre ambulant de la venitienne foulait les pavés sans discontinuer, celle ci se plaisait à les admirer évoluer entre ces murs, dans ces ruelles et autre baraques. Elle ne s'en lassait pas... Regulièrement au détour d'un chemin, elle en croisait un - ou une - susceptible de l'intéresser, qu'elle pouvait prendre en chasse. La chose qu'elle aimait par dessus tout, c'était de ressentir le changement de caractère, les sentiments qui apparaissaient l'un après l'autre : la frustration, l'énervement, le stress, la peur. Car oui, la courtisane pouvait faire peur malgré sa grande beauté. Surtout à la nuit tombée... Elle se servait habilement de ses pouvoirs afin de créer le plus grand trouble dans sa proie, changeant l'aspect de ses yeux, faisant flamboyer encore davantage ses cheveux rouges ; faisant se soulever la poussière autour d'elle et de sa proie, créant des étincelles ou jouant avec les flammes de chandeliers alentour ; faisant s'insinuer dans l'esprit de la personne shoisie des pensées toujours plus effrayantes les unes que les autres...

La dernière en date était un bel homme, jeune, et bien trop sur de lui. A peine la courtisane avait-elle commencé à le suivre qu'il s'était cru magnifique et adulé... Grave erreur ! La jeune femme ne voulait que sa souffrance... Pourtant, cette fois-ci, elle allait changer de méthode. Elle allait jouer l'allumeuse, tout simplement, en attirant l'homme à elle gràce à son physique et ses vêtements, ce vert profond qui aimantant le regard et les hommes. Bien sur, il n'y coupa pas...

Alors que la venitienne était non loin de lui, apparement désintéressée, assise sur ces marches en regardant dans le vide, l'homme abandonna les quelques personnes avec qui il discutait pour venir la voir... Et passa ainsi pour un malade mental. En effet, elle avait décidé de ne pas se montrer aux autres humains, indignes de la voir. Quand il se plaça en face d'elle, la courtisane sussura d'une vois suave, plus pour elle même :


♦ Serait-ce une bonne idée... ?

Puis elle reprit d'une vois plus forte.

♦ Que désirez vous, messire ?

* Tu penses que c'est dans la poche, mon grand ? Tes illusions partiront bien assez tôt... *

Voulant sans doute se montrer poli envers une femme comme elle, l'homme nommé Allan - la courtisane pouvait aisément le deviner - se présenta inutilement avant de tendre sa main pour espérer baiser celle de Nylënn. La jeune femme la saisit mais, au lieu d'attendre que les lèvres de l'homme ne lui effleurent les doigts, elle se leva et échangea les situations, faisant s'asseoir Allan sur les marches qui lui servaient de siège quelques instant plus tôt. Un petit sourire en coin apparut sur leurs lèvres ; pervers pour les deux, mais dans un sens totalment différent.

La venitienne leva la main jusqu'au visage d'Allan, la posa sur sa joue et le descendit lentement jusqu'au desous de sa mâchoire, de façon à poser son index tout contre sa peau. Pendant ces caresses, la courtisane avait rassemblé discrètement une couche de poussière sur la partie charnue de son doigt, asez épaisse et compacte, sans que l'homme ne le remarque. Ce qu'il sentit, par contre, ce fut la nette chaleur qui se répondant le long de sa gorge. Qu'était-ce ? Bonne question... A laquelle il n'obtiendrait pas de réponse sans demander à la venitienne en face d'elle. Mais il ne pouvait pas parler... La jeune femme avait posé son doigt brûlant sous sa mâchoire, il était donc forcé de garder la bouche fermée pour ne pas accentuer la chaleur qui commençait déjà à devenir désagréable, mais avait en plus la tête posée contre le mur, lui coupant toute retraite


♦ Etait-ce une bonne idée ?

Et puis la flamme devint visible, projetant une lueur orangée au dessous de la tête de l'homme qui commençait à gémir, pleurer. Des cloques apparaissaient mais il était immobile, ne pouvant lutter, son esprit réduit au plus bas niveau possible par l'influence de la courtisane. Malgré l'intense chaleur que la venitienne ressentait sur sa main, elle restait supportable, car la poussière qu'elle avait rassemblée auparavant bloquait relativement bien sa morsure.

Et quelques minutes plus tard, voilà la courisane à nouveau debout bien droite sur ses hanches, s'éloignant de l'homme assis sur les marches qui se remettait de sa douleur après un léger baiser. Celui-ci aurait désormais bien du mal à parler... Un léger sourire en coin accompagna ses pas lors de celle fin de journée ; le même qui étirait les lèvres de la venitenne en cette matinée, après ces souvenirs très... Sympathiques. Malgré la centaine d'années à errer dans cette petite ville, la jeune femme ne la connaissait toujours pas... Elle trouvait, parfois, des endroits inconnus dans lesquels elle allait fourrer son nez. Mais peu importe la foule, peu importe le lieu, les gens restent les mêmes malgré leurs existances éphémères. Et peu importe le monde, peu importe l'endroit, la courtisane toujours reste à les observer.

Ce jour là, l'endroit était un bar... Une taverne, plus précisément, qui lui avait cette fois-ci attiré le regard alors que ce n'était pas la première fois qu'elle s'engageait dans celle rue. La courtisane, vêtue de ses plus beaux habits, eut envie de se mêler à la foule pour la première fois depuis longtemps...


* Serai-ce une mauvaise idée ? *

La jeune femme décida qu'elle serait visible aux yeux de tous, avant de pousser la porte en bois massif et de s'engagner dans le bâtiment. Advienne que pourra.




Dernière édition par Nylënn d'Alycante le Mer 7 Jan - 0:42, édité 2 fois
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Anselm Hellwig


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MessageSujet: Re: Serait-ce une mauvaise idée ? [[Anselm - Evan - Samaël]]   Mar 6 Jan - 19:50

Le temps passe…inévitablement. Il s’écoule lentement en emportant tout sur son passage. Mais quel est le pire, subir son influence ou en être exempt ?

Comme tous les jours, Anselm se baladait dans les rues de Nemausus, depuis le temps, il les connaissait toutes par cœur. Chaque pierre, chaque rue, chaque enseigne. Plus rien ici ne le surprenait. Pas plus que la lutte secrète qui se déroulait entre ces murs. Depuis le lever du soleil, jusqu’à ce que la lune se couche, tout n’était qu’une routine aux rouages bien huilés. Anselm errait dans les rues, ses yeux bleus cachés derrière ses lunettes rondes guettant le moindre signe, même le plus infime de son protégé. Chacune des ses journées étaient exclusivement consacrée à sa recherche. Il avait donc eu l’occasion de constater l’usure du temps sur les villes, sur les gens alors que lui restait inchangé, figé dans le temps, se tenant immobile dans un monde en perpétuel mouvement. C’était ce qu’il ressentait, en plus de la sensation terrible d’être un dépourvu de sens et incomplet. Tant qu’il n’aurait pas trouvé son protégé, il ne pourrait pas se sentir en paix. Même si ses recherches avaient été jusqu’ici infructueuses, il ne perdait pas espoir. Après tout que pouvait-il faire d’autre si ce n’était attendre et chercher ?

Ses yeux calmes et résolus se posaient sur chaque personne qu’il croisait, subrepticement pour éviter qu’on ne lui lance un regard en retour, ce qui l’aurait rendu mal à l’aise. Parfois son regard s’égarait si ces façades si familières, un peu austères mais avec tant de charme ! Ses yeux rencontrèrent ceux d’une jeune femme, qui semblait le regarder avec insistance. Là-dessus, il baissa les yeux et rougit.

*Cette timidité maladive ne me quittera donc jamais ? *

Il savait très bien ce qu’elle voyait, et cette image n’avait rien d’exceptionnel et selon lui, rien de particulièrement beau. Un homme très grand, au long manteau noir, à la démarche légèrement voûtée et à la longue chevelure argentée. Son visage était lisse et pâle, ses yeux bleus comme des saphirs liquides envoûtaient contre sa volonté. Anselm remonta ses petites lunettes rondes, comme pour se donner une contenance et avança d’un pas vif, en manquant de trébucher, une nouvelle fois victime de sa maladresse. Au bout de quelques mètres, il put enfin retrouver son calme. Ce fut uniquement à ce moment là qu’il prit conscience à quel point il était fatigué d’avoir marché si longtemps. La rue dans laquelle il se trouvait était déjà moins fréquentée que la précédente et il reconnaissait parfaitement où il était. Après un court moment de réflexion, il estima qu’il serait plus sur qu’il se repose un peu.

*Après tout, je ne suis pas à un échec près…*

Il avait arrêté de les compter depuis longtemps ! Jusqu’à présent chaque jour avait été un échec cuisant. Néanmoins sa détermination restait inébranlable. Il poussa un soupir et se rendit dans la taverne la plus proche. Une fois les portes battant passées, Anselm se retrouva dans une ambiance « chaleureuse » si on peut dire. Le bois était l’élément maître de la construction de cet établissement et s’il n’était pas parfaitement propre, il était plutôt sympathique. Il était fréquenté par toutes sortes de personnes aussi différentes les unes que les autres. Cependant Anselm ne put s’empêcher de remarquer que la plupart étaient des hommes aussi épais que des gardes-robes. Malgré sa taille impressionnante et son statut, il doutait de pouvoir rivaliser avec de telles forces de la nature si l’occasion se présentait. Son entrée ne perturba personne, chacun étant absorbé dans une conversation tournant autour de la bière et des femmes, à première vue. Il s’avança jusqu’au comptoir où il s’affala sur un tabouret en soupirant. Le tavernier vint à sa rencontre, tout en essuyant un verre assez grand pou contenir un demi litre de liquide. L’homme était aussi musclé que les autres, mais sa barbe brune et ses traits rudes n’avaient rien d’hostile ?


-Qu’est ce que j’vous sers ?

Demanda-t-il en mâchant la moitié de ses mots.

- Un verre d’eau s’il vous plaît

Lui répondit Anselm avec un enthousiasme poli, accompagné d’un sourire innocent sur les lèvres. Le type le dévisagea un moment, supposant qu’il plaisantait .Attendant la chute de la plaisanterie, il finit par s’apercevoir qu’Anselm était sérieux et alla lui chercher sa commande. En revenant, il lui demanda l’air inquiet et les sourcils fronçés :

-Vous vous z’êtes perdu ?

Anselm lui répondit avec aplomb et bonne humeur

-Non, non, je sais parfaitement où je suis, monsieur.

Sur ces mots, les portes à doubles battants s’ouvrirent à nouveau, mais pas timidement comme le jeune homme, plutôt de manière théâtrale. Une sublime créature se tenait dans l’encolure de la porte et avançait à pas mesurés, presque félins. Anselm décela automatiquement l’aura de cette jeune personne.

*Un esprit. Pas de chance décidément. *

La jeune femme à la chevelure écarlate qui attirait tant d’attention était potentiellement dangereuse, le mot potentiel étant facultatif. Le visage d’Anselm se crispa. Quand bien même elle aurait aperçu cette réaction, elle le repérerait en un rien de temps avec l’odeur de ses plumes. A présent la seule chose qu’il pouvait espérer fut qu’elle évite de s’intéresser à son sujet et de porter atteinte à la vie des clients de la taverne.
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Evan MacTavish


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MessageSujet: Re: Serait-ce une mauvaise idée ? [[Anselm - Evan - Samaël]]   Mer 7 Jan - 2:00

Finalement, contrairement à toute attente et après une journée particulièrement pénible, c’est au Taï-Koh-Dor , où il avait plus ou moins ses habitudes , qu’Evan avait échoué en cette soirée. La journée avait été si chargée d’imprévus qu’il avait préféré remettre au lendemain la tache que son commandant lui avait confiée. Aussi, quand le caporal Lachlann lui avait proposé un petit détour par la taverne pour fêter leur retour à la ville, il avait bien évidemment accepté. Pour pas trop longtemps, vu qu’il lui faudrait se lever tôt le lendemain, mais on ne refuse pas un petit tour à la taverne, même si comme aujourd’hui, on était d’une humeur… très moyenne. Et ainsi, sans même avoir pris le temps de quitter leur uniformes pour des vêtements plus civils, ils s’étaient retrouvés installés à une table, à mi-chemin entre la porte d’entrée et le comptoir, devant des verres d’un mélange donc on aurait eu du mal à déterminer la composition, mais qui se laissait boire, malgré le fait que de toute évidence, ça avait été coupé avec de l’eau. Rien d’étonnant vu le prix et sachant que le patron était connu pour être très proche de son argent.

Sans trop savoir pourquoi, Evan avait parcouru rapidement la clientèle d’un œil maussade lors de son arrivée. Rien d’exceptionnel à première vue. Des habitants du quartier ou des paysans venus vider une chopine, un couple d’amoureux, une bande d’adolescents, un musicien au fond de la salle, et bien sur les deux ou trois poivrots de service affalés sur le comptoir… Bref un « paysage » assez classique de taverne. Par la suite, quelques autres clients sont entrés, mais Evan ne leur prêta pas attention.

Aussi, pendant une bonne heure, il avait parlé de tout et de rien avec son collègue, mais surtout des recrues qu’ils avaient entrainées pendant quelques semaines et de leurs mérites. Lesquels feraient de bons soldats et lesquels allaient abandonner. Les discussions avec Lachlann étaient toujours intéressantes, sauf justement dans les tavernes, du moins au bout de quelques instants. Car celui-ci avait un grave défaut aux yeux du sergent : il ne tenait pas l’alcool. Deux verres suffisaient amplement à le mettre dans le même état que six ou sept pour un homme normal, et comme ils en étaient actuellement à leur troisième… les capacités mentales de Lachlann commençaient à voler vraiment très bas. Bientôt, il s’endormirait, et Evan serait obligé de le ramener à la caserne, après à peine quatre verres… triste journée.

Subitement, la porte de la taverne s’ouvrit avec fracas. Bien que dos à la porte, Evan ne se retourna pas, personne ne semblait se souvenir en entrant que la porte claquait facilement de toute façon. Encore un maladroit.

Sauf que là, justement, il y avait quelque chose d’étrange. D’habitude l’arrivée d’un nouveau venu ne troublait pas l’assistance, mais là le volume sonore des conversations avait fortement baissé –on pouvait même entendre ce que le pauvre musicien jouait- et le sergent constata que tous les regards de la clientèle étaient braqués vers l’entrée, y compris celui de Lachlann dont les yeux déjà bien rougis par l’alcool semblaient prêts de s’éjecter de leurs orbites en balbutiant quelque chose d’incompréhensible. Il s’envoya son verre d’un trait, ce qu’il n’avait jamais réussi à faire jusqu’alors. Interloqué, Evan se retourna légèrement pour voir qui ou quoi pouvait à ce point attirer l’attention sur lui.

-« Bon sang, qu’est ce qu’on a là ? » murmurait-il une fois retourné.

Ah, ben oui, là forcément, il comprenait pourquoi. La femme qui venait d’entrer était d’une beauté incroyable. Un corps parfait mis en valeurs par de superbes atours, un visage envoutant, surmontée par une crinière flamboyante… Bon, c’est vrai qu’il avait toujours préféré les rousses, d’ailleurs c’était de famille. Mais là, celui qui prétendrait qu’elle n’était pas jolie serait soit de mauvaise foi, soit atteint de sérieux troubles mentaux. Ce n’était pas les piliers de comptoirs dont la mâchoire tombait qui allait dire le contraire, ni Lachlann, quoiqu’à ce moment précis il n’aurait pas pu dire grand-chose : terrassé par l’alcool, il s’était écroulé sur la table ; ni même les rares femmes présentes dont la jalousie était presque palpable.

Si la partie purement masculine ne valait guère mieux que mieux celle des autres, il y avait quand même quelque chose qui le gênait. Une femme comme ça dans un bouge pareil, avec des hommes pas bien fin et imbibés… ça pourrait très mal finir. Et si ça arrivait, il faudrait bien qu’il intervienne. Et dans ce cas-là, ce serait vraiment…chaotique, surtout qu’il ne pouvait pas trop compter sur son collègue pour l’aider. Et vu la poisse qu’il avait aujourd’hui, ça allait surement arriver. C’est donc avec un peu d’appréhension et d’ennui qu’il assista à l’entrée de la ravissante femme. Et même si, comme les autres, il suivait des yeux chacun de ces mouvement -après tout, il n’était qu’un homme- il surveillait aussi du coin de l’œil que personne ne devienne trop… entreprenant.
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Samaël


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MessageSujet: Re: Serait-ce une mauvaise idée ? [[Anselm - Evan - Samaël]]   Mer 7 Jan - 23:43

Délicieuse journée pour flâner. Libre du regard maternel, que cette dernière brûle en enfer pour comprendre le sens de l'oppression dont elle avait fait preuve, il avait choisi de ne plus suivre les évolutions vestimentaires. Adieu la rhingrave bien trop bouffante à son goût. Heureusement cette dernière semblait en voie d'être abandonnée pour le justaucorps. Avec le temps, la sobriété avait été oubliée et le jeune homme eut l'impression que l'influence des précieux se faisait de plus en plus oppressante. Seul accessoire, qu'il s'était autorisé, un chapeau en feutre sur lequel quelques plumes de faisan se mêlaient à celle d'un paon. Le talon de ses souliers bruns claquait contre le sol. Autour de son cou, un discret foulard crème. Ses cheveux bruns, nullement cachés par une perruque, couraient sur son visage. Indifférent à la vie de la ville, Samaël s'était allongé dans un petit parc, un livre à la main. Sur la couverture en cuir légèrement usée était écrit Le Nocturne, John Donne. Un prédicateur, chef de file d'un mouvement littéraire, il y avait de quoi être intrigué. Malgré son éducation, il n'avait jamais eu d'affinités particulières avec la religion. D'ailleurs, il y en avait bien trop à son goût. Les gens se réclamaient d'une confession différente, se critiquaient bien évidemment mais leur prière n'était-elle pas adressée à la même entité ? En toute honnêteté, cela le rendait bien confus. Sa main finit par poser l'ouvrage ouvert sur son visage. Maintenant que le temps de vivre s'offrait à lui, il pouvait organiser ses journées comme bon lui semblait. L'envie d'aller ouvrir le caveau familial s'empara un moment de lui mais elle l'abandonna bien vite. Même les morts méritent le repos, n'est-ce pas ? Cela devait être le souhait de tout mort. Selon lui. Pourquoi chercher absolument un paradis ou un enfer ? Pourquoi ne pas s'accorder un véritable repos ? Seul. En paix. Sans aucune relation sociale. Sans société tout simplement. Oui, la mort devait avoir les accents du retour aux origines. Un paisible sentiment de bien-être. De détachement. Comment avait été sa mort ? Qu'avait-il réellement ressenti ? Voilà une chose dont il aurait aimé se rappeler. Ce fut sur cet appel à ses souvenirs que ses paupières se baissèrent l'emmenant vers un pays où tout était possible. Son chapeau trainait non loin de sa tête. Sur le sol.

Une sensation de froid balayant son visage. Les muscles engourdis. Un grognement émis. Sa main droite bougea légèrement. Ses doigts se saisirent maladroitement du livre. Quelle heure était-il ? Impossible de le dire. Il avait juste un étrange sentiment. Que la ville se faisait subitement plus vivante. Lentement, son corps se redressa. Un faible soupir effleura ses lèvres. Pourquoi ne pas se mettre en quête d'un endroit où se reposer ? Si possible, un endroit où il serait bien au chaud. De plus, il pourrait s'adonner à une de ses activités préférées. Changeant de position, Samaël croisa les jambes. Ses yeux observaient les alentours pendant qu'il établissait mentalement une liste des lieux qui pouvaient correspondre à sa recherche. Les endroits défilèrent petit à petit alors qu'il prenait le temps de songer à la distance à parcourir. Pris d'une lamentable paresse, le jeune homme préférait ne pas trop marcher. S'il mettait bout à bout toutes ses attentes, le lieu le plus proche était la taverne. Ses lèvres dessinèrent une grimace de dépit. Lieu peu connu pour son calme ! Supporter le bruit ou faire un peu plus d'efforts. Allons bon en réfléchissant ainsi, le choix était vite fait. Il apparaissait de lui-même. Dans son réveil, il avait oublié son livre. Ce dernier gisait les bras en croix sur le sol. En voilà une façon de traiter la littérature. Combien de livres avait-il amassé ? Combien de livres amasserait-il ? Ne pas trouver son protégé ne l'inquiétait pas. Au moment venu, il saurait qu'il s'agissait de la bonne personne mais pour le moment, seul son divertissement comptait. Il n'y avait rien de mieux que la compagnie d'un livre. Si. Sans doute celle d'un mort. Compagnon froid qui ne troublerait le silence. Aucune plainte. Aucune requête. Les morts étaient les meilleurs amis de l'homme qui n'estimait n'avoir besoin de rien. Avec soin, Samaël reprit le petit ouvrage et fit de même pour son couvre-chef qui reprit sa place puis se leva. Il s'étira puis glissa une main dans son dos, l'autre tenant ouvert le livre à la page où la lecture s'était arrêtée. C'est ainsi qu'il se mit en chemin.

La route menant à la taverne se révélait colorée. Pour un oeil autre que le sien sûrement. Les temps n'étaient plus les mêmes. Mais ces acteurs étaient identiques aux précédents. La vie de chacun créait la Vie. Un microcosme ayant une répercussion sur un macrocosme. Il était d'ailleurs amusant de voir comment les personnes réagissaient à cette idée... Soit les gens ne se rendaient pas compte, soit ils se dédouanaient en accusant le voisin, la Fatalité ou Dieu. La religion était la meilleure excuse ou raison d'agir de telle ou telle façon. Ne pas penser à la religion, bien difficile avec le choix de John Donne. Mais son intérêt n'était-il pas lié à son incompréhension ? Oui, il avait envie de comprendre ces hommes, leur croyance. Il aurait été mentir que de dire qu'il n'appréciait pas Descartes. Essayant de se concentrer sur sa lecture et éviter les passants, ses yeux quittaient de temps en temps les lignes noircies. L'imprimerie, magnifique invention, non ? Malheureusement, le peuple ne saurait pas forcément moins sot. Son corps s'écarta de justesse esquivant des jeunes enfants errant dans les rues. Heureusement sur lui, il n'avait que quelques pièces. Pas quoi attirer les convoitises. De plus, le jeune homme s'était habillé simplement. Du moins d'une façon relativement simple. Délaissant le poète, son esprit se focalisa sur la route. Ce n'était pas le moment de se tromper. Samaël avait beau connaître les dédales de la ville, il avait conscience que son cerveau pouvait toujours lui jouer des tours. Cette machine humaine n'était pas tout le temps fiable et sans un minimum d'efforts de sa part, n'importe quelle sottise pouvait arriver. Ah peut-être qu'il irait conter fleurette après s'être réchauffé, ou qu'il s'installerait sur un toit pour observer les habitants, commenter les faits et gestes. Il écouterait les enfants de choeur s'adresser au Tout-Puissant et il fredonnerait l'Ave Maria, alors qu'un sourire mystérieux serait peint sur ses lèvres. Ses jambes se hâtèrent. Ses pas se firent plus rapides. Plus grands. Bientôt l'entrée de la taverne se dessina. Non loin de cette dernière, un homme arborait une expression de peur. Comme si. Comme s'il avait vu le diable. Son visage était marqué par la douleur mais pas seulement. Étrange. Toutefois Samaël ne s'arrêta pas pour en savoir plus, bien que quelque chose commençait doucement à le gêner. Une désagréable sensation. La présence d'un esprit...

Un soupir. Allons bon, il venait d'arriver. Rebrousser chemin ? Sûrement pas. Au diable cette impression ! Fermant d'un mouvement sec le livre, l'homme ouvrit la porte. Par chance, il put entrer en toute discrétion. Pénétrant dans les lieux, sa première remarque fut les expressions dessinées sur les visage des personnes présentes. Un rapide tour de salle lui permit de déterminer la raison de de ces réactions. Le diable... L'homme de la ruelle lui revint en mémoire. Un lien ? Non, il était venu pour se reposer et non pour se lancer à corps perdu dans des ennuis. Pourtant si un esprit se trouvait à proximité. Un soupir agacé provint de ses lèvres.


« - Le monde est rempli d'animaux... »

La taverne en était devenue l'exemple. Ses mots, il ne les dissimula pas. Il n'y avait rien de pire que de scruter quelqu'un ainsi. Jalousie. Envie. Désir. Pour les hommes, il avait l'impression d'être témoin de leur envie primaire. Les hommes, des mâles en mal de domination. Les femmes, des femelles qui craignaient l'arrivée d'une concurrente. Choisissant une table isolée, c'est-à-dire dans un coin de la taverne, Samaël se fraya un chemin parmi les consommateurs déjà présents. Certains lui parurent bien enivrés. Se saouler avec du vin de mauvaise qualité. Pitoyable. Enfin c'était ainsi. Un tel établissement ne pourrait servir le même vin que celui de la cour. Une personne s'approcha pour prendre commande. Sans adresser aucun regard et d'une voix sèche, il lança.

« - Un Scotch whisky. »

Un grognement suivit la commande. À cause de la formulation. Et non pas un Irish whisky d'ailleurs. Monsieur avait le palais délicat et avisé. Quant à la formule de politesse, elle resta coincée dans la gorge de l'homme. Il ne fallait tout de même pas exagéré. Dieu a dit, sois bon. Aime ton prochain. Mais en fait, Dieu avait oublié de préciser de faire subir tout ce que l'on souhaitait aux gens du moment qu'ils étaient aimés. Pour lui, aimer sans connaître équivalait à boire du poison en étant persuadé qu'il s'agissait d'une exquise liqueur. Livre et chapeau sur la table, Samaël se retourna pour regarder à nouveau attention la salle. Un homme aux cheveux longs et à la stature frêle éveilla sa curiosité. Il le trouvait terriblement déplacé dans ce paysage. Cependant il ressentit qu'ils étaient les mêmes. Réprimant une quelconque envie de s'informer, il reprit son tour de salle. Outre le diable en jupons, qu'il avait décidé de nommer ainsi, une autre table l'attira. Ce fut sans doute la vue de l'homme terrassé par l'alcool qui le fit sourire. Il plaignait sincèrement celui qui lui tenait compagnie. Il n'y a rien de pire que de devoir supporter un homme ivre. Néanmoins le mieux est souvent de l'être. Sa commande arriva et tout en étudiant le liquide, le brun songea à ce qu'il avait vu. Pensivement, il porta le verre à ses lèvres et laissa le whisky dévaler dans sa gorge. Bien pas d'erreur dans la commande. Satisfait, Samaël reposa son verre. Un étrange rictus ourla le coin de ses lèvres. Il devait être le seul individu à souhaiter que quelque chose se passe. Pourquoi ? Le divertissement bien entendu... Aucune crainte. Aucune peur. Juste de la pure curiosité malsaine. Vous savez, même Dieu aime ce qui fait mal... Il aime le venin...
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Nylënn d'Alycante
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MessageSujet: Re: Serait-ce une mauvaise idée ? [[Anselm - Evan - Samaël]]   Dim 11 Jan - 2:41

Les gens peuvent être étranges, parfois... C'était... Presque fou. Voilà une des rares choses qui plaisaient à la courtisane : pouvoir les observer sans l'être en retour. Dans sa vie à Venise, c'était toujours l'inverse. Les hommes la jaugeaient du regard, mais elle ne les leur rendait pas - ça aurait montré une trop grande attirance, et le prétendant n'aurait même pas pris la peine de la séduire. Il aurait cru qu'elle était à lui, et si ce n'était pas le cas, il allait tout simplement voir ailleurs. Et cela n'était pas envisageable... La courtisane avait sa fierté ! Aucun homme l'ayant aperçue n'eût pu aller voir une de ces minables poupées surfardées.

Dans ce bar bondé, pourtant, la jeune femme avait choisi de montrer sa présence. Elle voulait sentir les regards sur elle, comme avant ; seulement elle en tirait moins de fierté. Elle se lassait... C'est pourquoi elle espérait rencontrer des personnes qui ne seraient pas de banals hommes dirigés par leur libido, mais des créatues, comme elle - ou approchant. Malheureusement, en poussant les lourds battants avec détermination, les seules odeurs qui s'imposèrent à ses narines furent : alcool - hommes - femmes - drogues... Ange.


* Voilà qui est plus intéressant ! *

D'un simple et court regard, porté par ses yeux d'un vert/doré profond et indéchiffrable, la courtisane le découvrit accoudé au bar, un verre d'eau à la main, regardant discrètement dans sa direction. La jeune femme ne put retenir un sourire en coin qui alla rider ses faussettes en sentant qu'il était assez timide - et plutot dérangé. Mais pas dans le sens mental, non ! Dans celui où il n'était pas venu dans cette taverne pour chercher des embrouilles, mais plutot pour se reposer dans un lieu assez fréquenté. Tout le monde n'avait pas la même perception du mot "repos" apparemment... Il semblait nerveux, tandis que la venitienne s'approchait de lui, passant devant des tables qui puaient le mauvais alcool, et remonota d'un geste vif ses petites lunettes rondes sur l'arrête de son nez.

En se déhanchant du haut de ses petits talons, la courtisane laissa son regard se poser sur un homme massif assis sur un tabouret, qui la regardait fixement tandis qu'elle passait devant lui, et qui était apparemment assez occupé à soutenir un de ses collègues tombé sous l'emprise de l'alcool.

Elle alla tout d'abord à la rencontre de l'ange... Enfin. Plutot au bar, sur le tabouret à côté du sien, afin de commander à boir, elle aussi. Elle eut à peine le temps de s'asseoir que le barman accoura lui demander ce qu'elle désirait boire, avec une oeillade qui se voulait charmeuse mais qui n'en était que plus ridicule.


♦ Votre meilleur alcool, messire...

Etait-ce une impression, ou l'ange à sa droite était vraiment nerveux, gêné ? Apparemment, il voulait éviter tout problème, et il ne réagirait à aucune provocation... Aucun amusement ! Tandis qu'elle passait sa commande, la lourde porte s'était ouverte une nouvelle fois, et avec l'heure qui commençait à se faire tardive, il y aurait sans doute de plus en plus de monde pour bonder la pautre taverne déjà bien remplie. La bouche sensuelle de la courtisane ne manqua pas de s'étirer une nouvelle fois car, tandis qu'elle fixait Anselm assit à sa droite avec intensité, elle avait reconnu la même présence - un autre ange.

* Celui-ci sera-t-il plus intéressant ? Plus amusant ? *

Le barman lui apporta son verre dans la minute... Un temps record, apparemment... La courtisane finir par se désintéresser de l'ange à côté d'elle, qui manquait grandement de conversation, qui était trop timide, angoissé. Elle se leva et se dirigea gracieusement vers Samaël - quel prénom ironique ! - qui venait d'entrer. Celui-ci buvait à petite gorgée le même alcool qu'elle... Ou il avait du gout, ou il avait demandé son verre de la même façon que la venitienne... Peu lui importait. Cette dernière avait recommencé à amasser de la poussière, plus plus discrètement possible, tout contre ses paumes. Elle fit ensuite chauffer ces parties protégées - assez faiblement mais ce façon à ce que ça se sente. Simplement qu'il n'y ait pas de douleur.

La courtisane se pencha ensuite en avant - après avoir fini et posé son verre sur une quelconque table devant laquelle elle passait - et posa ses mains sur les cuisses de l'ange, tout en plantant son regard dans le sien, afin de voir sa réaction, pour commencer... Il était vrai qu'elle serait également déçue s'il manquait de réactions, tout comme Anselm, car la venitienne était avant tout une joueuse... Ces deux anges représentaient un défi. Celui de les pousser, de les combattre peut-être, peu importe les moyens. Mais déjà Samaël avait un regard qui lui plaisait - façon de parler - qui était déterminé et nullement intimidé. La jeune femme s'autorisa un sourire satisfait, celui d'avoir trouvé un concurent.
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Anselm Hellwig


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MessageSujet: Re: Serait-ce une mauvaise idée ? [[Anselm - Evan - Samaël]]   Lun 12 Jan - 2:07

Aussi loin qu’Anselm pouvait se souvenir, deux choses avaient régies sa vie , le faisant tour ) tour reculer ou avancer : l’amour et la peur. La peur, l’anxiété, l’appréhension doublé de sa timidité maladive l’avait toujours freiné dans chacune de ses entreprises. C’était pour cela qu’il admirait tant son frère Asher, il ne semblait avoir peur de rien. Il avait une telle assurance, un tel charisme que, à l’instar de cette jeune femme, personne n’était capable de lui résister. Anselm l’avait toujours considéré comme le meilleur d’eux deux. D’ailleurs si Dieu existait, il s’était trompé de frère pour accomplir cette mission.

La présence de la jeune femme faisait des émules dans toute la salle. Elle ne passait pas inaperçu, même Anselm se surprit à détailler ses traits parfaits et sensuels. Elle venait pour être vue…Allez savoir pourquoi. Même si il ne pouvait s’empêcher d’être troublé par sa beauté et son assurance, chose qui lui faisait terriblement défaut. Il savait parfaitement qu’il devait se méfier des esprits. Il avait rarement eu l’occasion de les affronter, ou même de les rencontrer, mais cela faisait partie de ces choses instinctives qu’on sait, étant un ange. Tout dans sa démarche inspirait la séduction et Anselm ne pouvait pas le nier, elle avait un charme et une beauté indéniable. Il lui jetait des coups des regards discrets et à la fois un peu apeurés. Il voulait éviter les ennuis à tout prix. Elle sourit et s’avança malheureusement dans sa direction, avec cette démarche chaloupée.

*Non, non…*

Il ne parvenait pas à dissimuler sa nervosité. Il remonta ses lunettes et ses mains gantées se serrèrent autour de son verre. Il ne voulait pas chercher les problèmes...Et dans son esprit : esprit = problème. Elle s’assit sur un tabouret à côté de lui, Anselm déploya des efforts de concentration herculéens pour ne pas lui jeter un coup d’œil, et pour penser à autre chose. Il voulait éviter les ennuis à tout prix. Un esprit… c’est si imprévisible. Ils ne cherchent que le chaos…juste pour s’amuser. Le fixa intensément la surface de l’eau qui était un peu troublée avec le vacarme quand la voix du barman, empressée et intéressée s’adressa à la jeune femme pour lui demander ce qu’elle désirait boire. Il était évident que tous les hommes à ce moment précis désiraient l’esprit charmeur. D’ailleurs elle lui répondit d’une voix claire et désarmante qui aurait pu en faire défaillir plus d’un.

Pauvres fous…ils ne savent pas…

Il pouvait sentir son regard intense, fixé sur lui. Le rouge lui monta aux joues, comme à chaque fois qu’une femme lui lançait ce genre de regard. Il ne détourna pas le regard.Elle resta là un petit moment, puis lorsqu’elle s’aperçut qu’il n’y avait rien à tirer de cet ange si gêné, si mal à l’aise qu’il ne jouerait à aucune petit jeu avec elle. Elle devait sans doute se lasser de ce manque de réaction car elle quitta sa place pour rejoindre un autre client. Il lui jeta un dernier coup d’œil avant qu’elle ne s’en aille. Elle s’approcha d’un de ses congénères dont il avait perçu que faiblement la présence, quelques minutes auparavant. Quand elle quitta sa place, Anselm se sentit libéré d’un poids, comme si il venait de passer à côté du pire. Il en fut profondément soulagé, d’autant plus qu’elle venait de rejoindre un de ses congénères, qui serait plus à même que lui à réagir dans cette situation. Une personne dans la salle émit une sorte de protestations, à moins que ce ne fut un grognement indigné, Anselm n’avait pas bien compris ce qui avait été dit. Il tourna la tête vers la provenance de ce son, qui en fin de compte, était plus proche de l’animal que de l’être humain. Il aperçut une flopée d’hommes assez bien bâtis dont un d’entre eux semblait être assez éméché. Ca expliquait tout.
Il poussa un léger soupir de soulagement. Les esprit semaient la zizanie partout où il passaient, même dans l’esprit d’Anselm… Il en était profondément honteux. Il fixa son verre d’eau. Il n’y avait même pas touché. Il murmura pour lui-même :


-Ces cheveux…si…rouges…* comme elle… *

L’image de Rowan s’imposa à son esprit. Rowan à l’église, Rowan derrière le comptoir de la boutique de son père, Rowan lui souriant, ses yeux éméraudes brillants en l’aidant à ramasser un tas de livres… Rowan, radieuse et plus merveilleuse que jamais, l’accompagnant au bal…Ses yeux bleus se perdirent dans le vide. Il se sentait plus calme, apaisé maintenant. Il avait retrouvé son sang-froid et son discernement. Décidemment les esprits étaient capables de manipuler n’importe qui, même sans efforts. Anselm était assez facilement influençable. Mais maintenant que Nylënn s’était éloignée, il pouvait de nouveau réfléchir normalement.
Elle n’avait absolument rien à voir avec Rowan. C’était une créature ténébreuse, vénéneuse…Si elle n’avait pas eu cette apparence elle n’aurait jamais pu charmer aucun homme. Elle n’arrivait pas à la cheville de Rowan, au contraire elle était hideuse. Une créature dépourvue de cœur…et si ce n’était pas le cas, c’était encore pire.
Comment avait-il pu se laisser abuser par une telle illusion ?
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Evan MacTavish


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MessageSujet: Re: Serait-ce une mauvaise idée ? [[Anselm - Evan - Samaël]]   Mer 14 Jan - 21:50

Il avait du être écrit quelque part que la journée serait placée sous le signe de l’imprévu. C’était même sans doute une des journées les plus étranges qu’il ait jamais vécu. Ca avait commencé très tôt ce matin, ou plutôt cette soirée, peu après minuit, avec ces bruts étranges et inexplicables qui s’étaient élevés du château, paniquant ses hommes au plus au point, et l’ayant lui-même, il fallait bien l’avouer, quelque peu ébranlé. Ensuite, ça avait été le retour à la cité et la mésaventure du soi-disant recensement aux bureaux de la ville. Comme si on avait besoin de recenser des gens qui vivaient depuis toujours à Nemausus ! Ensuite, il y avait eu Ferg qui commençait à craquer et à lui cacher des choses, son meilleur ami, son frère. Et puis, la mission à la prison qui lui tombait sur les bras, et pour bien continuer, la rencontre avec cette femme, amnésique au beau milieu des près, autant dire au milieu de nulle part. Et maintenant, comme pour couronner le tout, l’arrivée de cette superbe créature au Taï-Koh-Dor qui, sans aller dire qu’il était mal famé, n’en était pas pour autant un lieu de rendez-vous pour les enfants de cœur ou les précieux de l’aristocratie. Evan était loin d’être le type le plus fin de la ville, ça il était le premier à l’avouer, mais il avait de l’instinct, et en ce moment-même, celui-ci lui murmurait, ou plutôt lui hurlait à l’oreille que cette simple présence allait déclencher quelque chose. Quoi exactement, il n’aurait su le dire, mais vu la journée qu’il avait eue, il ne pouvait que se tenir prêt, quoi qu’il arrive.

Bizarrement, la façon dont s’avança la rousse jusqu’au comptoir évoqua à Evan quelqu’un qui prétendrait éteindre un incendie avec des tonneaux remplis d’huile…Le moins que l’on puisse dire, c’est quel savait y faire, la ribaude ! Si jamais il y avait encore quelqu’un dans la taverne qui, par peur hasard, ne l’avait pas encore remarquée, c’était désormais chose faite. Presque tous les consommateurs avaient des flammes dans les yeux, que ce soit de convoitise ou de jalousie et, pour être franc, lui-même ne devait guère valoir mieux. Aussi, quand la beauté incendiaire passa près de sa table, le sergent se demanda s’il allait tenter ou pas. En général, quand il prenait l’initiative, ça se passait plutôt mal. Il faut dire qu’il était assez loin de correspondre à l’idéal précieux de ce début de siècle. Par contre, il restait des femmes qui appréciaient un peu plus de… virilité chez un homme, la plupart du temps des femmes dotées d’un certain caractère et qui n’hésitaient pas à… se servir soi-même. Du coup, il avait plutôt tendance à laisser venir à ce sujet-là. Et jusque-là, il ne s’en sortait pas trop mal, à la grande surprise et jalousie de ses collègues.

Maintenant, tout chez cette femme résonnait comme un appel, et ça aurait été vraiment dommage de rater quelque chose pour n’avoir pas essayé. Alors, tenter sa chance, serait-ce une mauvaise idée ? Elle arriva à son niveau et Evan hésitait toujours, lorsque Lachlann vint le tirer de ce dilemme d’une façon dont il se serait bien passé : en effet, le caporal ivre se mit à tanguer de gauche à droite, tant et si bien qu’Evan dut se résoudre à le redresser et à le caler comme il le pouvait contre sa chaise, afin d’éviter d’avoir à le ramasser par terre par la suite. Bon sang, il était ivre mort et ils étaient resté en uniforme, ce coup-là, ça allait faire des histoires si ça s’ébruitait…

Bien évidemment, pendant ce temps là, la femme ne l’avait pas attendu et était arrivée au comptoir, ou elle avait commandé son poison à un tavernier qui, malgré sa carrure plus que raisonnable, avait en ce moment tout du petit chiot qui veut faire plaisir à son maître. Puisque le destin avait décidé que rien de bon n’arriverait aujourd’hui, autant rester un peu pour voir comment tout cela allait tourner.


* Bon, tant pis. On va rester quand même, qui sait, ça pourrait être drôle.*

L’aguicheuse de service commença donc à chauffer à blanc celui sur qui elle semblait avoir jeté son dévolu, à savoir un grand type aux longs cheveux d’une couleur singulière et portant ce qu’on appelait des lunettes, et qui étaient habituellement l’apanage des bibliothécaires ou des professeurs. Il avait à la main un verre qui contenait ce qui semblait être, à l’indicible horreur d’Evan qui en était presque déboussolé, de l’eau.

*Pas possible ! Qu’est ce que c’est que ce comique ?*

Si le sergent avait encore beaucoup de marge pour rejoindre les rangs des piliers de comptoirs –les meilleurs d’entre eux pensaient que l’eau ne servait qu’à se laver, les pires avaient du même oublier ne serait ce que l’existence d’un tel liquide– il avait quand même du mal à concevoir qu’on puisse consommer de l’eau dans une taverne, c’était presque une hérésie ou une insulte au patron.

Enfin bref, au vu de son comportement pour le moins hésitant et évasif, on pouvait facilement conclure que le type n’en menait pas large, ce qui, soi-dit en passant, ne paraissait guère surprenant venant de la part de quelqu’un qui ne buvait que de l’eau. Finalement, devant le peu de réaction de sa cible, le point de convergence de tous les regards de la taverne décida d’aller voir ailleurs si l’herbe était plus verte. Le type n’avait rien tenté et devait être idiot, en tout cas, qu’elle le laisse tomber était mérité, car, l’a-t-on assez signalé, il ne buvait que de l’eau !

La nouvelle cible de la femme semblait se trouver au fond de la taverne, ce qui apparemment ne plut à certains clients bien éméchés qui n’avaient manifestement pas étaient choisis. Evan ne put retenir un léger sourire. Avec un peu de chance, tout ça se terminerait en bagarre de taverne, chose qu’il considérait plutôt comme une activité sportive. Bien sur, il y avait une certaine personne qui risquait gros si jamais ça arrivait, mais bon, après tout elle n’avait qu’à pas continuer à jeter de l’huile sur le feu comme elle le faisait… Qui sème le vent…

Le nouveau jouet était un homme qu’Evan n’avait pas vu rentrer auparavant. Bien différent du premier. L’air plus sur de lui. Plus sombre aussi, si on pouvait dire. Et puis, au moins celui-là ne buvait pas de l’eau, il avait au moins quelque chose pour lui. Celui-là, il réagirait sans doute un peu plus que l’autre…
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MessageSujet: Re: Serait-ce une mauvaise idée ? [[Anselm - Evan - Samaël]]   Jeu 15 Jan - 0:45

Dans son petit monde, il avait fini par se désintéresser rapidement des évènements se déroulant dans la taverne. Lorsque quelque chose aurait lieu, son esprit reviendrait dans le présent. Alors la première partie de l'acte lui échappa mais ne lui manqua point. Les yeux rivés sur son couvre-chef. Empreint à des interrogations. Ses sourcils se froncèrent. Quelque chose n'allait pas. Le gênait. Une sensation inconnue le parcourut. Il avait le sentiment de sentir quelque chose. Quelqu'un. Pas l'ange accoudé au comptoir. Pas la rose flamboyante. Autre chose. N'ayant aucune inspiration, il vida d'une traite le restant d'alcool. Renonçant à parcourir la foule à nouveau, ses doigts avaient posé avec douceur le verre sur la table en bois. Des plus quelconques. D'ailleurs, le mobilier était grossier et au premier coup d'oeil, il était impossible de se tromper sur le commerce et à qu'il était destiné. L'aristocratie venait sûrement de temps à autre s'encanailler dans les parages. Cependant rien ne valait le château ou un endroit secret pour susurrer des mots doux à un coeur innocent. Les jeunes filles qui rêvaient d'aventure tout en étant incapable de voler de leurs propres ailes. C'était si mignon. Si tendre. Un délicat baiser sur la joue et cela suffisait à les émouvoir. Elles n'étaient pas des femmes. Juste des enfants fragiles. Une sensation de chaud le saisit. Ses yeux glissèrent lentement vers l'endroit d'où cela émanait. Une main. Ma foi de forts jolis doigts, fins donnant une touche de délicatesse. Ses yeux remontèrent petit à petit le bras et finirent par rencontrer, un décolleté avantageux. Loin de s'émouvoir à cette vue, son regard caressa sans honte la peau. Son grain semblait de ceux qu'on avait envie de faire saigner. Laisser quelques gouttes carmines venir perler dessus. Un mince sourire se dessina sur ses lèvres. Une crinière de feu et des prunelles semblable au brasier. Peut-être devait-il la nommer Lilith ? La présence d'une telle femme était synonyme de chaos. Aussi bien à cause de sa beauté qu'à cause de son état actuel. Ce genre de rose était bien moins dangereuse sans pouvoir. Enfin peut-être ne fallait-il point s'avancer.

Une femme peut sauver ou détruire un homme. Qui plus est, il aimait à dire qu'on épanouit pas une fleur en tirant sur les pétales. Dans le cas présent, il avait pourtant envie de les lui arracher lentement. La chaleur contre sa cuisse avait à la fois quelque chose de profondément déplaisant et en même temps, des accents plaisants. Depuis que son corps avait connu le brasier du château, il lui semblait qu'il ne réagissait plus de la même façon à la douleur. Elle ne devenait pas un plaisir. Mais elle était plus supportable. Ses yeux se plantèrent dans ceux de l'esprit. Samaël espéra secrètement que cette femme en aurait aussi. Cependant s'il la laissait faire, en plus d'abimer ses frusques, elle le blesserait. Tranquillement, sa main gauche disparut dans sa poche. Nouvelle sensation. Celle d'un métal froid. Ses doigts rencontrèrent l'objet de sa recherche. Doucement, ils l'extirpèrent. Pendant ce temps, son visage tendait à réduire la distance avec celui de la jeune femme. Succomber ? Non. Elle n'avait pas le plumage du moineau mais celui du rapace. Les femmes au tempérament de feu étaient de plaisantes compagnes, mais de bien compliquées amantes. Raison pour laquelle, il préférait laisser ses mains loin de l'oiseau. Il aurait aimé la qualifier d'oiselle. Toutefois cette rose ne possédait rien de la candeur d'un jeune bouton. Elle ne se fanerait pas non plus. Quel dommage... Son visage s'approcha doucement. La tentation, il l'avait tellement connue auprès des jeunes bourgeoises. Auprès des demoiselles de la cour. Que maintenant, il savait se contrôler. Il n'y a pas de meilleur lieu pour apprendre à mentir, à se dissimuler, à changer de masque au grès de ses envies que la cour. L'important, l'instant. Celui que l'on doit être. Pas celui que l'on veut être.


« - Madame, le feu n'éteint pas les passions, il ne fait que les exacerber... »

Pas d'agacement. Pas de trouble. Juste du calme. Des mots qui s'échappaient avec fluidité. De l'amusement résonnait dans son intonation. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas eu droit à un peu distraction. Longtemps... Ce mot paraissait presque dénué de sens. Reculant son visage, il détailla à nouveau l'esprit. Une belle femme. Avait-elle été courtisane ? Avait-elle connu les faveurs de la cour ? Tout en sondant son regard, il laissa ses doigts approcher le petit objet du dessus de la main. D'un geste brusque, il laissa le métal se presser contre la peau fine. Métal. Un objet précieux. Ancien. La chevalière de son père. Dessus, une orbe autour de laquelle un serpent s'entourait avait été gravée. Samaël affichait un sourire tranquille. Mais au bout d'un moment, il cessa et éloigna précipitamment la main de la femme, alors que sa main gardant la chevalière la rangeait dans la poche de sa veste. Sa cuisse n'avait guère apprécié le traitement. Toutefois, le jeune homme espérait bien que sa petite marque reste un moment. Qu'elle considère cela comme un souvenir. Se moquant de ce qu'elle penserait de se petit cadeau, si cela pouvait être appelé ainsi, il se redressa. Coup d'oeil à la salle. La plupart des regards étaient tournés vers eux. À croire qu'ils donnaient une représentation. Deux acteurs dans un endroit bien rempli. Cela ne lui convenait pas. Il fallait davantage de personne pour rendre ce spectacle encore plus amusant. Certaines personnes préféreraient sans aucun doute rester à l'écart. Très bien. Son choix était déjà fait. Sourire en coin. Quelques mots soufflés enrobés de malice.


« - Présentement, il se trouve des gens d'un certain caractère avec qui nous pourrions nous commettre*. Il est un goût délicieux à entrainer les autres dans certaines situations. »


Sans attendre, Samaël quitta Lilith, surnom qu'il trouvait bien mieux et plus court que le diable en jupons. Le vrai de prénom de l'esprit ? Il s'en moquait éperdument. Qu'est-ce qu'un nom ? Une personne se résumait-elle à cette simple dénomination ? Quand bien même, il n'avait aucune raison de s'y intéresser. Ne prêtant aucunement attention aux coups d'oeil menaçants, ses jambes le menèrent au comptoir. Sa place, il la choisit avec soin. Juste à côté de l'ange bien trop timide. Pourquoi voulait-il se faire aussi discret ? Ce type de caractère n'aurait sans doute pas tenu longtemps à la cour. Là-bas, il fallait s'attendre à être dévoré à tout moment. Un jour vous étiez dans les bonnes grâces de telle personne, le lendemain, vous étiez un paria. Le gérant lui lança un regard interrogateur. En économisant un maximum de salive, le jeune homme lui fit comprendre qu'il désirait à nouveau un irish whisky. Pendant que le nouveau verre se remplissait, il se tourna vers l'autre homme. Ses yeux sombres en disaient longs pour une fois sur ce qu'il pensait. Toutefois, il était profondément intéressé par sa présence. Pas parce qu'il s'agissait d'un ange. Mais à cause de son profil bas. Ses doigts se saisirent du verre nouvellement rempli. Sa langue claqua contre son palais. Un geste qui s'adressait à l'homme aux cheveux longs. En voilà au moins un, qui ne devait pas se soucier de porter une perruque tiens.

« - Seriez-vous un honnête homme ou un homme de bien ? Ou auriez-vous le tempérament de celui qui ne souhaite plaire et ne déplaire à personne ? Est-ce que… tous les chiens de Dieu sont-ils ainsi ? »

La succession de questions importait peu. La dernière avait été murmurée avec discrétion. Provocation. Était-il un croyant sincère ? Ou était-il croyant pour être laissé en paix ? Comme lui. Combien de fois sa mère l'avait-elle obligé de se rendre au confessionnal... Pourquoi ne s'était-elle jamais remise en cause ? À sa dernière question, sa voix avait pris un accent d'interrogation presque indignée. Était-il un de ces bons catholiques romains ? Ou bien un membre de la Kirk ? Ou peut-être même un anglican ? Ah la religion... Tellement de divisions que cela pouvait en devenir risible. Pour sa part, Samaël était anglican mais avec des origines juives. C'était ainsi. Enfin les histoires de famille sont toujours compliquées. Surtout si on ajoutait les amours, les tromperies et autres petites choses. En tout cas, si tous les dits représentants célestes se montraient aussi discrets, il comprenait mieux la situation. Accoudé, il but son verre cul sec avant de le reposer en face d'un tavernier médusé. Il n'avait tout de même pas l'intention de lui demander un troisième verre ? Un sourire. Non, non, soyez rassuré monsieur. Délaissant l'homme aux lunettes rondes, ses pas le glissèrent auprès d'une table. Celle où deux officiers avaient déjà bien entamé leur consommation. Pourquoi celle-là et pas une autre ? Pour une raison idiote, celle du parce que. Parce qu'il lui paraissait être l'un des hommes le plus sobre des lieux. Se glissant derrière l'homme, mains dans le dos, Samaël se pencha et souffla.

« - Tentez votre chance officier ! Ce soir, votre coeur se consumera peut-être... De plaisir, d'amour ou de douleur... »

Au vu du rapace, il affirmerait de douleur mais on ne savait jamais. Cette attitude n'était certainement pas digne de celle d'un ange. Et alors ? Ils devaient protéger les humains des esprits, cela, il l'avait très bien compris. Toutefois s'il ne tentait pas un peu le pauvre diable, il allait mourir d'ennui. De toute façon, n'était-il pas un de ces hommes que l'on pouvait qualifier de grand gaillard ? Un tel homme ne devait pas avoir peur de grand chose ! Allons, allons, il avait du en voir bien d'autres ! Des femmes et des dangers. Il ne devait pas craindre beaucoup de choses. Surtout pas une telle rose, n'est-ce pas ? La réponse viendrait rapidement. Ses sourcils se froncèrent. Son corps se redressa immédiatement ou d'elle même plutôt. Tempérant son amusement, il n'éprouvait aucun remords à pousser le pauvre erre au bûcher. Remords, remords, voilà un bien drôle de terme. Dont il avait volontairement oublié le sens. S'il l'avait connu un jour. Ses yeux semblaient fouiller les silhouettes présentes. Une présence. Un visage qui se fit plus net dans son esprit. Devait-il être heureux ou mécontent ? Décidant de reléguer cette révélation au rang de détail, il ne put se retenir de chuchoter pour lui-même.

« - Il me semble l'avoir trouvée... »

Dubitatif. Il commençait à peine à apprécier sa nouvelle vie qu'il allait devoir faire avec une autre personne. Tout en se murmurant ces paroles, son esprit se reporta sur Lilith. Que pouvait-il lui réserver ? Il ne put résister à l'idée d'essayer éteindre le feu de la rose. Et bien sur qu'utilise-t-on pour éteindre le feu ? Cependant avant de commettre son méfait, Samaël décida d'aller caler son corps dans un coin. Juste pour pouvoir apprécier la scène. Coup d'oeil à droite, coup d'oeil à gauche. Ma chère, voyons si la rosée conviendra à vos pétales. Une rosée. Cela aurait été fort gentil de sa part. Cependant l'eau n'avait rien d'une petite pluie fine. On aurait pu même dire qu'il s'agissait d'une brusque averse. Les gouttes pénétrèrent avec joie dans le tissu de la robe et la chevelure rousse. Les courtisanes sont bien moins attrayantes lorsqu’elles sont proches de jeunes volailles mouillées. Pas un rire. Pas un large sourire. Non, non, un gentleman ne se moquait jamais, du moins ouvertement. Tout le monde se lançait des regards en s'interrogeant sur la provenance de cette eau. Au sein de la taverne. La toiture avait-elle un trou ? Fugace, l'eau disparut en moins d'une minute mais le résultat convenait parfaitement à Samaël. Elle avait ruiné son bas. Sa robe en était de même. Enfantin ? Mais parfois, il n'y avait rien de plus amusant que les jeux d'enfants.

[* se commettre = se quereller]
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MessageSujet: Re: Serait-ce une mauvaise idée ? [[Anselm - Evan - Samaël]]   Dim 1 Fév - 23:03

Après que la courtisane ait offert la chaleur de ses paumes à l'ange assis derrière son verre vide, elle prit le temps de le contempler. Il était beau. Il n'arborait pas un air niais ou timide, ni enfantin, mais plutot décidé, comme s'il vivait au jour le jour sans se focaliser sur des détails d'une importance futile. Mais c'était plutot évident, vu son êtat... Les anges ou esprits, désormais presque éternels, étaient presque forcés de ne pas faire de plans, de projets... Car ils vivaient au milieu d'humains, qui étaient quand même la population la plus présente de Nemausus, mais que leurs vies s'éteignaient telles des flammèches dans un brasier - éphémères. On ne pouvait que les contempler, essayer de les apprendre au fur et à mesure que leurs visages se creusaient par le temps. Les jours passaient comme des minutes, et leurs pensées étaient tellement confuses et compliquées que même en déchiffrant les plus superficielles d'entre elles une vie d'observation ne suffisait pas à comprendre un de ces êtres. Et pourtant... Malgré le fait que la venitienne ait souvent envie de démembrer ces individus, elle se surprenait parfois à vouloir en suivre quelques uns. Rien n'était plus simple, évidemment ! Cependant elle était parfois frustrée de ne pas pouvoir les comprendre à coup sur, d'être forcée à faire des suppositions sur leurs actes et pensées. Bon... Forcément, après un certain temps d'apprentissage, Nylënn pouvait commencer à anticiper certains de leur gestes au vu de leur routine. Elle avait également remarqué que tous, après un certain âge, faisaient des projets, qu'ils partageaient avec leur moitié. Celle ci avait leur âge, disparaissait aussi rapidement qu'eux, s'accrochait à tous les objets futiles qui pouvaient constituer une preuve de leur amour...

Tous les humains regardaient les choses comme acquises, et jamais la possibilité qu'elles ne leur échappent ne leur effleurait l'esprit. Et ça, cet aspect des biens, c'était quelque chose que les pseudo immortels comprenaient de mieux en mieux. En effet, il arrivait forcément un moment dans leur errance ou quelque possession ne leur fut arrachée, c'est pourquoi la plupart - comme Samaël certainement - ne s'encombraient pas de choses inutiles, ne prévoyaient rien, ne s'amourachaient guère. Pourtant...

La courtisane repensa à quelque chose qu'on lui avait raconté. Il s'agissait d'anges qui s'éprenaient de pauvres humains, mortels, si rapidement et facilements éteins. On disait que ces anges passaient leur existance entière à les protéger, tenter de rester avec eux, à les aimer... Et que se passait-il si le protégé mourrait ? De mort naturelle, s'entend... Peut-être l'ange mourrait aussi, peut-être sombrait-il dans le désespoir. Dans tous les cas, il était hautement stupide de s'amouracher ainsi d'âmes éphémères qui ne réalisaient sans doute pas leur chance de cotoyer des êtres si exceptionnels.

La question de savoir si Samaël avait lui aussi trouvé un ou une personne à aimer et protéger lui effleura l'esprit. L'autre ange assis au bar l'intriguait également... Il était évident qu'ils ne pourriaient pas s'entendr, qu'ils agissaient en bon défenseurs de la paix et tenteraient donc de la supprimer, ou au moins lui faire perdre ses moyens. Il serait donc intéressant de constater si les protecteurs disparaissaient en même temps que leurs protégés.

Les yeux verts et vifs de la courtisane, un instant ternis par sa perte dans les tréfonds de ses pensées, s'animèrent alors qu'un événement inatendu arriva. Celle ci avait tout raté des actions qui s'étaient déroulées après qu'elle se soit assise à la place de l'ange, lequel s'était levé. Mais maintenant, la réalité semblait l'avoir rattrappée, tel le nuage du présent qui ne laissait de place aux songes. Le nuage... Elle n'aurait trouvé de mot plus approprié. La situation se résumait d'ailleurs à ce seul mot : le nuage noir de la venitienne semblait l'avoir rattrappée et déversait ses trombes rageuses sur sa tête, ses épaules son corps entier. L'eau qui en sortait était froide, délicieusement revigorante, et imbibait lentement mais surement la robe tellement travaillée de la courtisane.

Quelques minutes plus tard, la pluie comme le brouhaha qui résonnait dans la salle stoppèrent, et le seul bruit qui se faisait entendre était le tintement des verres que les clients reposaient sur la table, certainement dans l'attente de l'explosion qui n'allait pas tarder à venir de la part de la courtisane. Mais celle ci savait se métriser, bien que son mécontentement fut très visible. En effet, sa peau et ses vêtements commencèrent à chauffer de plus en plus, à la limite du supportable, faisant s'évaporer l'eau de la courtisane. Pourtant, même une fois sèche elle ne laissa pas retomber sa chaleur et se leva vers l'homme auquel Samaël avait sussuré quelques mots.


♦ Vous dansez, messire ?

La musique était certes inexistante, mais la venitienne serra Evan dans ses bras, le réchauffant de par sa peau brûlante, et dansa avec lui devant les cliens de l'auberge qui en comprenaient plus vraiment ce qui se passait...


Je suis vraiment désolée du retard T.T
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Anselm Hellwig


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MessageSujet: Re: Serait-ce une mauvaise idée ? [[Anselm - Evan - Samaël]]   Ven 6 Fév - 21:14

« - Seriez-vous un honnête homme ou un homme de bien ? Ou auriez-vous le tempérament de celui qui ne souhaite plaire et ne déplaire à personne ? Est-ce que… tous les chiens de Dieu sont-ils ainsi ? »

Ces questions résonnaient dans sa tête, son esprit semblant analyser et répéter chaque mot comme pour mieux en comprendre le sens. Il s'était tut bien entendu. Que pouvait-il répondre à ça ? Rien qui n'aurait pu pleinement satisfaire son interlocuteur vu son besoin d'agiter "tout ce qu'il y a dans la boîte" juste pour mieux admirer les réactions et s'enchanter de voir les dégats qu'il venait de causer. Un agitateur, rien de plus. Néanmoins ces réflexions le laissaient perplexe comme toujours. Il ne comprenait pas pourquoi l'ange avait agi de cette façon, à vrai dire c'était assez troublant. Non pas qu'Anselm n'eut jamais à faire à des personnes de son genre mais cela le surprenait que cela vienne d'un ange. Etrange, voire intriguant, tout comme le jeune homme. En réalité tout ce qui se produisait ici lui échappait, leurs buts étaient obscurs ou bien était-il trop naïf pour pouvoir les comprendre ? Les deux explications se valaient. Quoiqu'il en soit il n'aimait pas trop ça, il se sentait pris entre deux feux, juste avant qu'un orage éclate. Et c'était franchement désagréable.

Il s'égara de nouveau dans ses réflexions personnelles. Il songea de nouveau à ces mots là. Samaël les avait prononcé dans la seule intention de le troubler, de le faire réagir. En tout cas il avait réussi son petit effet. Même si il restait passif, comme toujours, l'onde de choc était partie, secouant tout sur son passage, sans doute tel que Samaël le voulait. Anselm songea qu'il ne pouvait pas prétendre être quelqu'un de bien, pas vraiment. Il avait commis trop d'erreurs, avait laissé passé d'autres occasions et avait gâché la vie des deux personnes qu'il aimait le plus. Il les avait emporté avec lui...Quel désastre. Honnête peut-être, mais un homme de bien sûrement pas. A vrai dire il essayait plutôt de se racheter, même s'il n'y croyait pas trop. Anselm ne s'était même pas offusqué quand il l'avait traité de chien de Dieu. Il fut juste étonné que ce soit si évident que la religion était importante pour lui. Enfin la religion...ou à défaut la foi. En Dieu ou en l'être humain, bien qu'aujourd'hui elle semblait être mise à rude épreuve. Il voulait cesser de se demander pourquoi, cela commençait à le fatiguer. Tout comme ses faiblesses qu'il ne pouvait surmonter. Il pouvait avoir honte de lui, de rester aussi passif, aussi fermé, aussi inactif, imparfait, incomplet et surtout inutile. Qu'attendait-il pour agir ? Il songea que de là haut, son frère devait avoir honte de lui et il avait certainement raison. Soudainement pris d'une grande lassitude, il s'accouda au comptoir et passa une main dans ses cheveux ébouriffés pour les tirer vainement en arrière. Dans un soupir il murmura pour lui même :


-Quoique que je fasse...ou quoique je dise, cela leur paraîtra insensé...

En voilà une excuse pitoyable, songea-t-il de nouveau. Décidemment il ne faisait rien de bon. Il fut rapidement interrompu par une pluie mystérieuse. Il leva bêtement les yeux au plafond avant de déterminer l'instigateur de ce spectacle. Evidemment l'eau avait pris pour cible l'esprit, qu'Anselm avait un peu chassé de ses pensées depuis peu. Cet ange ne voulait donc qu'attiser la discorde ? Il n'en comprenait pas la raison, s'amusait-il de cette mascarade ? Il trouvait cela mesquin et malsain. La jeune courtisane fut trempée de la tête au pieds, et contrairement aux attentes d'Anselm, elle fut capable de maîtriser sa rancoeur, à moins que ce petit jeu ne l'amuse aussi. Quelques secondes plus tard elle fut sèche. Il ne faisait aucun doute qu'elle avait usé de ses dons particuliers à ces fins. Heureusement l'ensemble des clients de la taverne ne semblait pas avoir remarquer cette espèce de guerre sous-jacente. S'il savaient...

Alors la jeune femme, s'empara littéralement de l'homme assis au bar. Pour une danse disait-elle. Sans musique...? Que comptait-elle faire de ce pauvre homme ? S'agissait-il d'une forme de vengeance ou d'une plaisanterie subtilement perverse ? Mais qu'avaient-ils tous dans la tête, étaient-ils devenu fous ? Anselm se heurtait à la dure réalité des esprits et de leurs méthodes, ainsi que de celles parfois si étranges des anges qui s'amusent de ce genre de "divertissements". C'en était presque révoltant. "Mais pourtant tu ne fais rien, lui rappela une petite voix. Tu te contentes de regarder, toi aussi." C'était insupportable.
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MessageSujet: Re: Serait-ce une mauvaise idée ? [[Anselm - Evan - Samaël]]   

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Serait-ce une mauvaise idée ? [[Anselm - Evan - Samaël]]
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